Quand le matérialisme s'en mêle…

La désobéissance civile encouragée à Kiev

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 21 janvier 2014

Kiev Coktail MolotovÀ Kiev, depuis déjà plusieurs semaines, les prolétaires sont dans la rue et combattent les forces de l’ordre. Les médias occidentaux passent en boucle, appuyés de nos politiciens, des messages de soutien à ces forcenés.

N’est-il pas étrange que ces débordements lointains soient encouragés par le sénateur John McCain ou même, le ministre John Baird alors que dans leur pays respectif, ces débordements mériteraient la correction du siècle, une correction que les mêmes médias cités ci-haut sauraient nous faire percevoir comme bien méritée?

Il n’y a là aucune anomalie. Les États bourgeois se sont toujours affrontés et en ces jours de guerre où la Syrie, sujette en partie aux bourgeoisies russes, fait subir les revers aux divers terroristes et mercenaires qui jonchent les rangs de l’ASL organisée par l’OTAN (regroupement d’autres bourgeoisies compétitrices), celle-ci désire se venger outre ce théâtre de combat perdu honteusement. D’ailleurs, Moscou accuse déjà l’alliée de l’OTAN, l’Arabie Saoudite, d’être derrière les attentats meurtriers de Volgograd, pour ces mêmes raisons.

Bref, ce qui serait mal ici, devient bon là-bas. Un peu comme ce terrorisme en Syrie, qu’on peut déceler non pas aux travers des lentilles des médias de connivence, mais via celles du régime ou de ses supporteurs, ou même, de quiconque serait neutre et marxiste dans ses observations. Ce que soutient l’OTAN en Syrie, ce n’est rien de moins que son orchestration, que son propre Coup d’État à peine déguisé contre un vassal d’un ennemi non pas de classe, mais de même classe, qui lui fait compétition sur les marchés internationaux.

Ne soyez pas dupes prolétaires, vos confrères et consœurs de Kiev sont manipulés et ne se battent en rien pour leurs intérêts de classe. Ils font valoir celles des bourgeoisies de l’Europe, faisant valoir elles, celles d’une communauté de cette classe minoritaire et parasitaire outre les océans. Ils n’y gagneront rien qui vaille et se prendront la répression de l’État bourgeois dans les dents.

N’empêche, il est pénible d’imaginer et de constater un seul instant que nos chers dirigeants occidentaux, condamnant tantôt le terrorisme à tel ou tel endroit, puissent le soutenir en Syrie, en Libye, en Iran et tantôt, en Chine et en Russie. Ils bafouent ces mêmes lois qu’ils vous imposent, au nom du droit et de la liberté d’expression dit-on, sauf pour Dieudonné…

Alors peut-être que la solution est dans la lutte armée après tout, comme à Kiev. Mais si cette lutte armée doit avoir lieu, ce ne sera pas sans organisation, sans programme révolutionnaire qui vaille que les prolétaires y laissent leur peau, comme à Kiev. Certes la lutte sera armée, quand la bourgeoisie ne la tolèrera plus.

Mais il n’est pas vrai que nous irons lancer des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre de Montréal, de Québec ou d’Ottawa, simplement parce que Vladimir Putin, Sergei Lavrov ou je ne sais quel autre suppôt de la bourgeoisie russe ou chinoise nous y encouragera. Cette lutte doit avoir lieu pour nos intérêts, et non les leurs.

Les prolétaires de Kiev se sont fait avoir. Mais retenez ceci. Nos dirigeants encouragent la lutte armée dans ces contrées lointaines, où leurs employeurs bourgeois n’ont pas pied, mais ici, ils condamnent une simple manifestation dont le parcours n’aura pas été partagé aux forces de l’ordre.

La cohérence n’est certainement pas capitaliste, ni ici, ni ailleurs.

Il est important de comprendre que ces troubles en Ukraine sont organisés, entre autre par un parti nazi, le SS Galicie, dont les médias occidentaux ne parlent évidemment pas. Étrangement, l’antisémitisme de ces derniers ne dérange pas autant que celui supposé de Dieudonné et les États-Unis d’Amérique sont les principaux banquiers de ces néonazis.

http://www.mondialisation.ca/ukraine-les-milices-de-svoboda-mobilisees-pour-lemeute/5365690

DIEUDONNÉ M’BALA CELUI PAR QUI LA RÉSISTANCE S’ORGANISE/Publié par Robert Bibeau

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 8 janvier 2014

DOUBLE QUENELLE

La classe ouvrière de France mène la guerre pour la liberté d’expression

La classe ouvrière choisit ses combats et c’est son droit. Depuis quelques années la classe ouvrière de France a choisi de mener la lutte sur le front idéologique de la lutte de classe pour le droit d’expression, le droit de réunion, le droit d’opposition, le droit d’organisation et  contre le délit d’opinion.

Quand le Ministre français de l’Intérieur exprime publiquement son aversion pour un artiste et suggère qu’il pourrait user de son titre ministériel pour poser des gestes inconstitutionnels comme d’interdire les spectacles à venir – non encore rédigés – d’un humoriste apprécié, l’accusant par contumace et par anticipation, d’être présumé coupable avant que d’avoir sévit ; on atteint des sommets de déraison que l’on aimerait voir condamné par le Président de la République pas encore fasciste. On voudrait entendre le Premier Ministre, patron de ce Ministre délinquant, rappeler à l’ordre ce garnement.

Au contraire, le collègue du précédent, Ministre de l’Économie et des Finances, empêtré dans la crise économique, le chômage et les scandales financiers, en rajoute et invite les citoyens à empêcher l’artiste de gagner son pain. Il signe même de sa main les affidavits administratifs de poursuite destinés à ce citoyen lambda somme toute plutôt moyen. Le Ministre n’avait pas pris cette peine dans l’affaire Bettencourt multimilliardaire héritière de la fortune l’Oréal ;  ni dans l’affaire Depardieu, multimillionnaire fuyant le fisc parisien ; non plus qu’à propos d’Arnault, première fortune de France, s’éclipsant vers la Belgique.

Comme le souligne Dieudonné, comment va-t-il  payer plus d’impôt si le Ministre des finances milite activement pour le boycott de ses propos ? Une question tout aussi irritante me tourmente : depuis quand un Ministre des finances tient-il inquisition et joue-t-il les censeurs contre les spectateurs ?

Et voici s’avancée au milieu de la mêlée, au centre de l’allée des strapontins ministériels, la daube noire de service, désignée à la Justice, miss Christiane Taubira, fraichement coopté Garde des Sceaux parmi les marguillers en procession vers l’Élysée. La fugace Ministre tient mordicus à apporter sa contribution dans la guerre contre le trublion, celui par qui la résistance s’organise. La dame appel au lynchage public de l’inconscient, professe des menaces et exige des sanctions toujours plus salaces. La Ministre de la Justice, redevable devant 66 millions de français, s’épand d’une déclaration dans les médias internationaux à l’encontre d’un commettant, affirmant sa résolution à faire taire l’insolent. Mais consciente de la guerre de classe en cours elle s’en prend également au public du troubadour, créant séance tenante le délit de perversion humoristique : «Faut-il que son talent soit stérile pour qu’il n’ait d’autres motifs pour faire s’esclaffer des esprits irresponsables ou incultes ou pervers, qu’une tragédie, un génocide (…)». La Dame des bayous,  «Garde des Sceaux», en rajoute : «Il faut donc descendre dans l’arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l’espace de vie commune, faire reculer cette barbarie ricanante (sic) la refouler, occuper le terrain par l’exigence et la convivialité.» (1). Depuis quand le lynchage, l’acharnement juridique, l’invective d’une Ministre de la Justice contre le public français sont-ils les instruments exigés de la convivialité? Assurément il y a quelque chose de pourri au royaume de  Sacha Guitry (2).

Force est de constater qu’il y a bien une affaire Dieudonné M’bala un humoriste né en France de mère française et de père camerounais. Trois questions nous interpellent avec insistance. La première : quels sont les sources et les motifs de l’affaire Dieudonné ? La deuxième : quels en sont les protagonistes ? La troisième : Où espère-t-on aller à l’Élysée avec cette persécution publique contre Dieudonné ?

Quels sont les sources et les motifs de l’affaire Dieudonné ?

Pour répondre à cette question il faut convenir de quelques prémices, jamais affirmé mais toujours appliqués sans mots dires en ce royaume autocratique poujadiste.

  1. La société française est une société extrêmement hiérarchisée, normée, régulée, engoncée dans des protocoles imposés par des poncifs qui se cooptent sans jamais avoir été accrédités par la populace. La nouvelle oligarchie gouvernementale vient nécessairement des Grandes écoles et pour mériter la notoriété de maire-député le candidat doit avoir passé par ces «Tours d’Argent» obligées. Les aristocrates de la langue – plastronnée à l’Académie française – imposent leur diktat sur la langue parlé par des millions d’individus. La communauté francophone du monde entier traine ce boulet d’une grammaire imaginée à une époque où l’aristocratie conservait compliqué l’expression écrite comme son fief exclusif. Nous savons aujourd’hui ce que les jeunes font de ce fourbi. Combien de fois n’ai-je entendu hébétée un africain aliéné, plus français qu’un métropolitain, s’écrier que tout citoyen doit respecter le Président de la République que ce dernier soit un saint ou un vaurien. Un crétin en autorité devrait conserver sa renommée !
  2. De l’axiome qui précède, il découle que chaque classe sociale et chaque segment de classe joue son rôle social global. Il ne viendrait pas à l’idée d’un petit-bourgeois de durement critiquer son Président sur les ondes sous peine d’être saqué. Les dernières entrevues téléguidées par Sarkozy montraient cette animatrice se contorsionnant pour ne pas poser la question qui tue à son ami et Président
  3. La société française entretient une relation singulière avec la culture et les médias censés propager la culture élitiste. Il est là aussi des règles non-écrites mais respectées par tous (ou presque). L’une d’elle dit que le terrain des médias à la solde est la chasse gardée de la petite-bourgeoise intellectuelle qui ne doit en faire usage qu’au bénéfice de ses maîtres. Ceci étant admis – les chefs d’antenne, les directeurs de pupitres, les éditorialistes, les animateurs radio et télés peuvent exposer toutes les insignifiances qu’ils voudront à condition que la classe ouvrière n’y soient jamais représentée – la vie d’un esclave salarié n’offrant rien de palpitant pour les téléspectateurs aliénés qui doivent être abreuvés des péripéties de la vie de Johnny et de la propagande-informative – prédigérée – analysée et interprétée,  ne laissant que les onomatopées à déclamer par le spectateur passif et compassé.Les artistes, les écrivains, les journalistes, les politiciens sont soumis à cette loi d’airain tout comme l’animateur télé dont le rôle est de leur faire faire leur tour de piste, chacun selon son cirque : «Parlez beaucoup pour ne rien dire ça devrait suffire, de toute façon le temps d’antenne vous est compté».
  4. Ce pattern d’ensemble ne souffre aucune incartade – aucune initiative intempestive – aucune saute d’humeur non approuvée par les autorités et aucune originalité incontrôlée sur les plateaux fragilisés où à la fin on vous dira que cette salade a toujours été servi aux différents publics desservis qui ne réclament rien de plus exquis. Les audimats (côtes d’écoute) identifient celui qui déroge à cette routine et qui le paie par des tarifs publicitaires en déprime. Comme ceux qui réclament et ceux qui achètent la réclame sont les mêmes – la machine programmatique et l’appareil de propagande fonctionnent en tandem, de la façon convenu, ce que confirment les sondages. Jusqu’au jour où un grain de sable se glisse dans l’engrenage. En France aujourd’hui ce grain de sable a pour nom Dieudonné M’bala M’bala.

Qui sont les protagonistes de cette controverse idéologique ?

Un artiste, un humoriste, un journaliste, un politique, un intellectuel déviant (Jean-Paul Sartre pendant sa phase maoïste étant l’exemple probant) qui ne respecte pas ce code d’éthique inédit – jamais dit mais toujours admis – complique la vie des Égéries. Arrive Dieudonné croyant naïvement à la liberté d’expression, faisant fi des tabous – des non-dits, manquant de respect envers les intouchables-innommables, ceux dont on ne prononce le nom qu’après avoir fait génuflexion, négligeant le fait que cette immense machine de propagande n’est pas faite pour informer mais pour désinformer et pour tromper en ayant l’air d’interroger des commentateurs ignares – venus faire la promotion de leur dernier manuscrit – toujours prompt à retourner l’ascenseur à l’animateur lui-même éditeur de quelques pensées plagiées.

Qu’un débutant s’enfarge faute de maîtriser le rituel du cérémonial télévisé; qu’il dise des choses non admises, à la limite du proscrit, il n’y a là rien d’inédit. L’animateur lui présentera une question complémentaire accompagné de la réponse à braire – ou alors un autre intervenant sur le plateau, planquer là pour ce boulot, se chargera de rappeler le béotien à l’ordre de la pensée unique – prête à consommer et au service des riches.

La sélection des privilégiés du quotidien et de l’antenne ayant lieu avant-scène, Il arrive rarement qu’un artiste, un journaliste, un analyste, un politique fasse la sourde oreille et continue à déblatérer pour faire croire que les médias sont là pour informer. Car aussitôt l’amicale des chacals – animateurs, chef de plateau, éditorialistes et plumitifs – lance le mot d’ordre de boycott général – et si certains ne semblent pas avoir compris alors un thuriféraire accrédité – un intellectuel abouché avec les autorités – lance une «fatwa» contre le malfrat. Jusqu’ici inutile d’ameuter les Ministres et les plénipotentiaires accrédités auprès des chancelleries.

C’est ici qu’un humoriste, coupable d’outrage au pouvoir idéologique despotique, devient le «cas Dieudonné». Et plutôt que de faire amende honorable et de se taire après s’être confondu en décharge, jurant de ne plus jamais récidivé – l’humoriste tient tête et en remet. Le voici qui use du droit d’expression, d’opinion, de réunion, d’organisation, d’opposition, sans restriction et sans autorisation. C’est la profession même de meneur d’antenne, de faiseur d’opinion, de créateur de consentement, de lèche culs des puissants et de leurs adjudants que cet artisan du spectacle joue à la roulette des audimats.

Où va l’État bourgeois français si tout un chacun peut émettre et diffusés publiquement des idées non normées – non politiquement approuvées ? Si n’importe quel hobereau peut quitter son studio et monter sur le plateau pour être entendu par la multitude des frustrés, des enragés paupérisés qui n’attendent que cela pour maugréer contre le pouvoir dépravé ? Pire, avec les nouveaux moyens de télécommunication un artiste comme Dieudonné peut déposer une vidéo sur Youtube  qui sera visionnée par quelques millions de révoltés. Le monopole de la parole n’est plus respectée et même la ligue des biens pensants – accrédités parce qu’assujettis – ne parvient plus à colmater l’hémorragie de la pensée libérée.

Où espère-t-on aller à l’Élysée avec cette persécution contre Dieudonné ?

Les salariés de France ne s’y sont pas trompé, qui se mobilisent pour défendre le droit d’expression et d’opinion de Dieudonné, pour défendre le porte-parole des sans voix, comprenant parfaitement que ce sont les droit d’opinion, d’expression, d’opposition, de réunion et d’organisation qui sont remis en question. L’État policier ne doit pas imposer le délit d’opinion. C’est un niveau de conscience populaire qui ne fait pas l’affaire des thuriféraires qui se liguent et appel au boycott totale du résistant afin de rétablir leur autorité despotique malmenée. Encore un peu et leurs patrons exigeront des comptes à ces poltrons incapables de faire taire l’humoriste grégaire et populaire.

Voilà pourquoi chacune de ses paroles est devenue une affaire d’État policier. C’est le pouvoir de manipulation de l’information et de l’opinion qui sont en jeux et la propagation de cette  fronde populaire menace l’édifice étatique capitaliste. L’intervention du CRIF et de la section sioniste du patronat et des banquiers français n’est que fortuite. Pour des raisons historiques cette section du grand capital français est mieux organisé et plus prompte à se mobiliser pour une répartie planifiée. Dieudonné a même eu le courage de prendre fait et cause pour le valeureux peuple Palestinien attirant de ce fait l’opprobre du contingent sioniste et de tous les autres segments des capitalistes français.

La rancœur gronde à Matignon. Une exécution médiatique et artistique sommaire a échoué. L’affaire est en train de prendre des proportions internationales. Ce sont les  coolies du stylo, du clavier et des plateaux qui ont appelé les apparatchiks gouvernementaux à la curée afin d’étouffer cette fronde sociale pour le droit d’expression, d’opinion, de réunion et contre le maintien de l’hégémonie des riches sur les idées véhiculées dans la société.

Le crime de Dieudonné ce n’est pas l’antisémitisme, pas même l’antisionisme, c’est la résistance flamboyante au despotisme idéologique des riches. Pour ces milliers de coolies de la radio, des journaux et des plateaux, perdre la guerre Dieudonné c’est de voir contesté leur autorité et se vider l’auge où ils ont l’habitude de se goinfrer.

Pour les ouvriers et les salariés paupérisés et révolté, la quenelle et Dieudonné sont devenus des symboles de résistance populaire contre l’oligarchie honnie. La guerre de classe est engagée sur le front idéologique d’une lutte à finir. Les ministres Vals, Moscovici, Taubira ne s’y sont pas trompés et lancent l’offensive afin de faire taire ce pestiféré, gênant pour la puissante machine de l’État policier. Mais ce faisant, chaque agression menée contre le citoyen Dieudonné montre la fragilité de l’État tétanisé. Pensez donc, un homme seul contre tout un gouvernement et une coterie de médias propriétés de milliardaires déchaînés. Mais en réalité ce que Dieudonné est en train de démontrer c’est qu’un homme ostracisé par les célébrités, qui ose affronter l’appareil de répression gouvernemental et médiatique, trouve des milliers et des milliers de salariés pour le secondé et l’appuyer.

Désormais, chaque exaction contre Dieudonné, y compris «l’anataxe-shohananas», agrandira et galvanisera le cercle de ses amis qui ira en s’élargissant tandis que la quenelle ira en s’amplifiant. Je crois que 2014 verra l’effondrement de ce gouvernement délirant, battu par «David» M’bala M’bala à la quenelle géante et insolente.

  1. http://www.huffingtonpost.fr/christiane-taubira/christiane-taubira-dieudonne_b_4534918.html?utm_hp_ref=france
  2. http://allainjules.com/2014/01/03/dieudonne-quand-christiane-taubira-le-ouistiti-entre-dans-larene-du-lynchage/
  3. http://www.youtube.com/watch?v=q9sYwdkw9ok

Le contrefeu égyptien, paru le 28 janvier 2011…

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 21 août 2013

ImageIl pourrait y paraître qu’il se produit des évènements semblables à ceux de Tunis à Caire, mais il n’en est probablement rien, bien que les médias parlent d’une potentialité révolutionnaire. Voyons un peu les faits, mais surtout, l’intérêt des voyous de Washington et de leurs acolytes pour s’en convaincre.

D’abord, rappelons que le dictateur Ben Ali fut mis en place en 1987 par les États-Unis d’Amériques, lesquels, jusqu’à récemment, le soutenaient. Il fut mis en place pour des intérêts mercantiles et stratégiques, puisque d’emblée, il appliquait une économie majoritairement privatisée et qu’il entretenait des liens privilégiés avec Israël.

Jusque là, jusqu’à ce que le peuple prenne conscience des failles de la dictature, Washington dormait tranquille. Elle ne voyait pas venir la montée populaire d’une grogne inévitable et elle ne voyait pas venir non plus, la popularité des partis d’opposition, dont celle du parti communiste et ne croyait tout simplement pas qu’on s’apercevrait que ses pantins de rechange allaient être écartés eux aussi, puisqu’identifiés. L’idée du retour d’une dictature amie à Tunis étant donc écartée, Washington se vit empressée d’emboîter le pas, ou plutôt de le précéder en Égypte, où le dictateur Hosni Moubarak allait bientôt être mis à mal, lui aussi.

Et c’est là que Washington entre en jeu, présentant, avec la complicité des médias occidentaux, El Baradai comme alternative viable, mais le problème, c’est que ce dernier n’est qu’une autre marionnette de la bourgeoisie états-unienne. S’il a mal mené l’administration Bush dans le dossier des armes de destruction massive irakienne, il n’a pas moins fermé les yeux sur les ADM israéliennes, dont sur ses ogives nucléaires qui ne sont pas déclarées. Il n’a pas daigné questionner que ses agents soient repoussés systématiquement  des frontières israéliennes, ni l’appui illicite de Washington à cet État voyou.

Il s’agit bel et bien d’un contrefeu. Le principe est simple. Pour diminuer les avancées ravageuses du feu, une ligne de pompiers crée un rempart de flammes, brûlant précocement le terrain où le feu d’envergure se serait sinon, propagé. Il s’agit ici du même principe. Washington, voyant que la révolution se transporte de pays en pays dans le Proche-Orient, et voyant conséquemment  ses pions se faire descendre les uns après les autres, anticipe ce mouvement en Égypte, où les apparences trompeuses nous donneront l’impression qu’un changement a eu lieu, avant que la population ne l’ait même exigé.

Ne nous laissons pas avoir,  la révolution égyptienne n’en est pas une. C’est le contrefeu de la maison blanche, sur SES terres stratégiques.

 

Privatiser les profits, nationaliser les torts, les pertes et les coûts…

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 9 août 2013

Les chroniqueurs de droite sont tout près de l'oiseau en haut, leur merde est plus fraîche!Encore une fois, le privé ne peut pas éponger ses propres torts, ses propres dégâts. Pendant des années MMA aura été la bienvenue, la bienvenue pour faire des profits sur le dos des gens et de leur sécurité. Mais quand vient le temps de payer pour des pots cassés, pour ses responsabilités, elle se dissout puis laisse l’État, donc les contribuables et ses propres employés avec les misères et les miettes.

Alors comme pour les autres fois, le propriétaire de l’entreprise privée se défile et se déresponsabilise. Ce seront encore les salariés de tout acabit qui paieront, sans distinction de leur responsabilité, via les impôts. Les travailleurs sont toujours responsables des torts du privé, c’est connu…  Les Rémoras le disent tout le temps sur leurs tribunes, ça doit être vrai.

Quant aux profits, ils sont vite privatisés, derrière le mur de lamentations des médias privés qui n’attendent que vous les critiquiez, c’est leur mandat de défendre l’idéologie qui les avantage également.

Même quand les banques flanchent, ce sont les salariés qui paient. Rappelez-vous la crise des banques et les milliers de milliards de dollars qu’elle a coûtés aux contribuables états-uniens, voire du monde entier. Et c’est là sans parler des dommages collatéraux; perte d’emploi, perte de la maison, bris de couple, amis, suicide, etc.., puisque la dépression s’en mêle, quasi assurément.

Qui a perdu le plus durant la crise bourgeoise de 2007-2009? Depuis que la fameuse crise des banques a eu lieu, le FMI et ses laquais ont imposé une austérité sans pareille aux pays du monde entier, surtout aux pays où les salariés s’étaient donnés au fil d’années et de luttes difficiles, de bonnes conditions de travail que les revenus de l’employeur permettaient. Ce sont ces travailleurs et leur syndicat, qui ont vu leur labeur détruit en un claquement de doigts. Les dogmes du capitalisme ont en effet pris le dessus sur la raison, même si aujourd’hui le FMI avoue avoir été trop loin et imprudent. Le but n’était que de briser la solidarité des salariés et leur rempart syndical, pour aller vers un asservissement du prolétariat au patronat, question d’être plus compétitif avec les salariés misérables que ce capitalisme débridé a créés dans les autres pays qui se sont pliés aux dogmes de ce système d’exploitation de l’homme par l’homme.

Alors pendant des années la MMA aura été la bienvenue, la bienvenue pour faire des profits sur le dos des gens et de leur sécurité. C’est terminé, elle a pris ce qu’elle avait à prendre. Les dégâts, ce n’est pas pour elle, elle n’en a pas les moyens… Nous non plus, parce que notre réseau est privatisé depuis plusieurs années et que notre gouvernement s’est également déresponsabilisé, mais il l’a fait pour donner à ses amis du privé un autre palier de revenu assuré par les besoins essentiels de la population, comme pour la santé qu’on tente de privatiser certainement pour les mêmes raisons. C’est payant, pour eux, pour cette minorité parasitaire.

Chaque fois qu’un employeur ne peut plus rendre de comptes, il n’a qu’à plier bagages et prétexter qu’il a créé de la richesse, même si au fond ce sont ses employés qui ont fait fructifié celle-ci, via leur labeur conjugué aux moyens de production que seul l’employeur pouvait payer, grâce à un capital préalablement disponible pour ce, un capital que le capitalisme s’assure de concentrer au sein de cette minorité possédante, ironiquement.

Bref, le système est ainsi fait pour concentrer les richesses et les pouvoir, tout en dégageant les responsabilités du devoir de ceux qui amassent le butin. Ces gens, parasites des salariés, ne veulent que les fruits du long et dangereux labeur accompli par ces salariés sans qui, tout ça serait impossible. Et vous trouverez des libertariens pour vous affirmer que le propriétaire mérite les profits du labeur des autres sous prétexte qu’il a investi un capital X dans son entreprise, mais n’en trouverez aucun qui pourra argumenter cette affirmation dogmatique qui fait fi du manque de partage initial dans le système capitaliste, ne permettant donc pas à toutes et tous d’entreprendre, comme on le prétend. C’est tout simplement, du totalitarisme.

Alors que fait-on? On accepte la facture de la MMA? On paie les pots cassés, encore une fois, de ces indécents, de ces irresponsables, de ces criminels? Volez une pomme au supermarché et vous aurez plus de troubles qu’un propriétaire d’entreprise en faillite qui ne risque au fond, que de tomber là où d’autres gens l’attendent déjà, dans les abysses du système capitaliste! Et encore, on sait tous pertinemment que ces gens ont des coussins pour bien atterrir…, ils ne prennent pas de risque du tout à vrai dire, ils laissent ça aux salariés et aux contribuables!

Avez-vous remarqué que les radiopoubelles ne se sont pas offusquées de cette absurdité? Le voilà, le rempart de cette bourgeoisie médiocre et pédante. Ce sont eux, leurs chevaliers, prêts à prendre des baffes du peuple pour soutirer ne serait-ce qu’un avantage médiatique et monétaire de pacotille pour et de cette pourriture. Le mercenariat moderne…

Responsabilisons-nous! Mettons fin au système qui permet ce parasitisme! Mettons fin au capitalisme et responsabilisons les entrepreneurs dans un nouveau système, où les parasites ne seront pas les bienvenus! Et de grâce, cessons de faire vivre les paresseux qui bourrent les couches pleines de ces médias complaisants du privé!

Qu’est-ce qu’un Remora? …………………………….par Sylvain Guillemette

Les chroniqueurs de droite du Québec s'accrochent au prédateur pour de meilleures fientes.Le Rémora est un petit poisson particulier. Il se nourrit d’excréments de bêtes plus grosses et puissantes que lui. Mais pour ce, il doit suivre au pas ses hôtes d’une tactique sans quasi pareil… Le Rémora s’agrippe grâce à une ventouse.

Ne trouvez-vous pas que certains acteurs de notre société ressemblent étrangement à ces petits parasites utiles, pour les plus gros prédateurs de notre société?

Ne trouvez-vous pas que certains chroniqueurs pour ne pas être trop précis, lancent dangereusement des appels à la haine envers ceux et celles qui pendant des décennies, ont pavé les bases solides de tout ce qui a permis nos avantages sociaux indéniables au regard des autres nations de ce monde?

Je les vois, de ma classe de salarié, prétendre que l’Union des miens est futile, puérile et qu’elle puisse nuire à l’économie. Autant dire que les équipes dans tous les sports ne servent à rien non plus…

Tout en prônant d’une autre voix l’union de la minorité parasitaire qui depuis plus d’un siècle, amasse le butin ironiquement fructifié par les salariés qui au terme, le quémandent tout en se tapant le lynchage de ces fameux petits poissons, faibles, mais bien gardés d’une assurance salariale et d’une couverture médiatique positive.

Mais ras-le-bol. On n’est plus en 1950, ni en 1920, encore moins au temps où les salariés devaient affronter le mousquet, ce qui les a conduit nous le savons, à la syndicalisation. Les syndicats, s’ils sont appelés à disparaître, le feront parce que la bourgeoisie les y forcera et non pas parce que les prolétaires s’en trouveront tout à coup, désireux du chacun pour soi.

Un salarié averti en vaut 10 et les Rémoras le savent et ce sont ces gens qui précisément, appellent à notre dissolution, à notre éparpillement, à notre division, pour que leurs hôtes puissent régner sans entrave, vers l’asservissement total des forces laborieuses que nous sommes.

Ce n’est pas le syndicalisme qu’il faille abolir, mais le capitalisme qui combat quotidiennement, les intérêts des peuples laborieux de cette Terre.

À bas les masques.

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(Vidéo) Thierry Meyssan : un massacre ordinaire de l’ASL par Thierry Meyssan

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 4 août 2012

Après avoir échoué à se maintenir à Homs et avoir perdu la bataille de Damas, l’Armée « syrienne » libre a lancé une attaque contre Alep.

L’ASL a réussi a prendre le contrôle de deux quartiers de la ville et d’un vaste parc public. Elle s’est emparée de plusieurs commissariats, massacrant tous les policiers.

La majorité de la population des quartiers concernés s’est réfugiée dans la partie de la ville contrôlée par les loyalistes. L’ASL voudrait ériger un Émirat islamique dans le quartier d’Al-Nereb comme elle le fit à Baba Amr, un quartier de Homs. Pour cela, elle a expulsé les résidents non-sunnites restés sur place, non sans avoir massacré au préalable les familles jugées « favorables au régime ».

Sur cette vidéo, filmée par l’ASL le 31 juillet 2012, 15 membres de la famille bédouine Al-Berri sont alignés contre un mur et fusillés. On notera l’état d’extrême excitation des islamistes qui, pour la plupart, sont sous l’emprise de drogues.

Les journalistes occidentaux « embedded » dans l’ASL, qui sont entrés illégalement en Syrie avec les combattants de l’ASL stationnés en Turquie, ont été ramenés à la frontière depuis plusieurs jours déjà pour ne pas assister aux exactions. Ils n’auront été baladés que quelques jours par les services de Relations publiques de l’OTAN, ne voyant que ce qu’on avait décidé de leur montrer et que l’on avait parfois mis en scène pour eux. Ils persistent à décrire la situation comme une révolution populaire et démocratique bien qu’ils aient constaté par eux-mêmes que les combattants venaient de Turquie et n’avaient d’autre soutien en Syrie que des groupuscules de fanatiques religieux.

(Photo : Ali Zein al-Abidin Al-Berri, le chef de la tribu, avant son assassinat par les junkies de l’Armée « syrienne » libre.)

 

 

Source: Voltaire

 

Syrie : l’incroyable aveu de Laurent Fabius (mondialisation.ca)

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 16 juillet 2012

Selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les grandes puissances préparent déjà l’après El Assad. Elles ont même réfléchie à trouver un successeur au président syrien, au mépris de la souveraineté du peuple. Pierre Levy «se frotte les yeux».

Chaussures, bagages et valises de luxe. Voilà quelques-uns des articles que les Vingt-sept ont placés sous embargo à travers la énième vague de sanctions contre Damas. On aurait presque envie d’en rire (on avait en effet cru comprendre que les dirigeants européens souhaitaient la fuite du président syrien) si la situation n’était si tragique. Cette énumération surréaliste (figurent également cigares, caviar, eau de vie et bijoux…) illustre l’insondable suffisance qui domine à Bruxelles, où l’on semble considérer Bachar el-Assad comme une marionnette s’accrochant au pouvoir pour le plaisir de «massacrer son propre peuple» entre deux orgies.

En tout cas, on peut être rassuré sur un point : la propagande de guerre n’a rien perdu de son allant. Ainsi la BBC (modèle de rigueur journalistique, dit-on) a-t-elle mis à la une de son site la photo d’un massacre syrien… prise quelques années plus tôt en Irak. Quant à la tuerie d’Houla – des familles entières achevées à l’arme blanche – qui a été présentée comme un «tournant dans l’horreur», ses auteurs ne semblent pas être les affidés du président, mais bien ses adversaires armés ; c’est en tout cas ce qu’indiquent les indices et témoignages recueillis par un reporter chevronné, et publiés dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung , qui ne passe pas pour être un suppôt du président Assad.

Le régime de ce dernier serait-il alors blanc comme neige ? Certes non. Mais cela est l’affaire du peuple syrien, qui semble loin d’être majoritairement acquis à l’opposition. En réalité, les souffrances de celui-ci sont bien la dernière des préoccupations des chancelleries : celles-ci tentent de déstabiliser la Syrie afin d’affaiblir l’Iran, contre qui l’étranglement économique vient de monter d’un cran. Pour l’heure, une intervention armée directe n’est pas à l’ordre du jour : Moscou et Pékin semblent cette fois décidés à garantir le principe de non-ingérence, seul fondement d’un ordre international qui ne soit pas la loi du plus fort. Et quand bien même ce verrou sauterait, il n’est pas certain qu’une invasion soit envisagée avec enthousiasme par les alliés atlantiques, tant le terrain est miné. Ce qui n’empêche nullement les livraisons d’armes occidentales, ainsi que la présence de forces spéciales (notamment sous couvert qatari et saoudien) aidant les rebelles armés, qui multiplient les attentats.

«Un pouvoir doit avoir un successeur»

Le ministre français des Affaires étrangères assume un soutien officiel à la rébellion, confirmant en la matière la parfaite continuité entre les deux locataires successifs de l’Elysée. Mais Laurent Fabius ne s’en tient pas là. Appelant à ce que «le tyran (soit) dégagé au plus tôt», il a précisé au micro de France Inter : «un pouvoir doit avoir un successeur ; donc il y a des discussions très précises et très difficiles». On se frotte les yeux : pour la première fois ouvertement, un responsable avoue que les grandes puissances entendent non seulement abattre un régime, mais choisir qui le remplacera. Le plus extraordinaire est qu’une telle déclaration soit passée quasiment inaperçue, comme s’il s’agissait d’une chose finalement très naturelle.Après tout, n’étaient-ce pas déjà Bruxelles, Berlin et Paris qui avaient organisé la mise à pied de l’Italien Berlusconi et du Grec Papandréou, puis nommément introduit leurs successeurs ? Plus discrètement, un double règlement européen (baptisé «pack de deux») est actuellement en discussion entre le Conseil et le parlement européens, qui permettrait de placer directement sous tutelle (et sans son aval) un pays qui se montrerait incapable d’«assainir» suffisamment ses finances publiques. La banalisation, en quelque sorte, de l’expropriation politique que subissent Grecs, Portugais et Irlandais.

La raison d’être des empires a toujours été d’imposer leurs choix. En cette ère postmoderne, les armes, selon les circonstances, sont celles des services spéciaux ou de l’Otan ; ou bien de la BCE, de la Commission et du FMI.

On n’en a décidément pas fini avec les derniers des Troïkans.

Pierre Lévy

Pierre Lévy : Rédacteur en chef de Bastille-République-Nations, mensuel progressiste radicalement eurocritique.

Source: http://www.centpapiers.com/syrie-l%E2%80%99incroyable-aveu-de-laurent-fabius/100853

Le Pentagone établit que l’avion turc a été abattu dans l’espace aérien syrien

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 10 juillet 2012

Le Pentagone a confirmé au Wall Street Journal que l’avion turc abattu par la Syrie, le 22 juin 2012, a bien été descendu par une batterie anti-aérienne et non par un missile sol-air.

Le département US de la Défense invalide ainsi la version turque et crédite la version syrienne de l’incident.

Le Pentagone a précisé au quotidien que le rayon d’action limité d’une batterie anti-aérienne laisse supposer que l’avion a bel et bien été abattu dans l’espace aérien syrien. La version du F-4 Phantom détruit est généralement utilisée pour des missions de renseignement. En outre, a-t-il poursuivi, la décision d’actionner cette batterie ressort d’un commandant local, tandis que celle de tirer un missile relève du commandement militaire national.

Sur la foi de la version turque, le Conseil atlantique a vivement condamné l’action syrienne, stigmatisant le « mépris des autorités syriennes pour les normes internationales, la paix et la sécurité, et la vie humaine ». Les révélations du Pentagone interviennent postérieurement à cette condamnation. Aucune réunion du Conseil atlantique n’est prévue pour réviser la position de l’OTAN sur la base de ces nouvelles informations. Bien que démenti officiellement, le mensonge est donc appelé à durer.

 

U.S. Contradicts Turkey’s Jet Story”, par Julian E. Barnes, Adam Entous et Joe Parkinson, The Wall Street Journal, 2 juillet 2012.

Drones assassins pour la « kill list » par Manlio Dinucci

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 15 juin 2012

C’est à un bien étrange rituel auquel se livre quotidiennement le prix Nobel de la paix. Chaque jour dans son bureau ovale, Barack Obama coche la liste de personnes à assassiner : hommes, femmes, adolescents, enfants, « révèle » le New York Times. Comble du cynisme, dans un pays où le lobby militaro-industriel est tout puissant et où l’on interprète toute volonté d’apaisement comme un signe de faiblesse, il est parfois payant, quand débute une campagne électorale, de faire savoir qu’on est un « tueur ».

Les États-Unis doivent se défendre de ceux qui les attaquent, déclare le secrétaire à la Défense Leon Panetta, rejetant les protestations sur l’augmentation des attaques de drones étasuniens au Pakistan.

Selon Panetta, les Pakistanais doivent comprendre que les Predators sont là aussi pour leur bien : ils volent au dessus de leurs têtes, téléguidés depuis les USA à plus de 10 000 kilomètres de distance, pour frapper avec leurs missiles Hellfire (Feu de l’enfer) les dangereux terroristes nichés en territoire pakistanais.

Conclusion opposée, après une visite au Pakistan, de Navi Pillay, Haut Commissaire de l’Onu pour les Droits de l’homme : les attaques par drones, qui ont lieu en moyenne tous les quatre jours, « provoquent les morts indiscriminées de civils, qui constituent une violation des droits humains ». Elles soulèvent en outre de graves questions de droit international, en ceci qu’elles sont menées « en dehors de tout mécanisme de contrôle civil ou militaire ». Pillay demande donc l’ouverture d’une enquête officielle. Accusation sèchement rejetée par le président Obama, lequel assure que les attaques par drones —effectuées aussi en Afghanistan, Irak, Yémen, Somalie et autres pays— « ne provoquent pas de grosses pertes civiles ». Elles sont en fait « sous contrôle très étroit ».

Personne n’en doute. Comme le rapporte le New York Times [1], c’est le président lui-même qui effectue les « nominations top secret » des présumés terroristes à tuer, pour la majeure partie avec des attaques de drones. La «  kill list » —comprenant des personnes du monde entier qui, jugées nocives pour les États-Unis et leurs intérêts, sont condamnées secrètement à mort sous l’accusation de terrorisme— est mise à jour chaque semaine par « le plus étrange des rituels bureaucratiques » : la téléconférence, gérée par le Pentagone, de plus de cent responsables de la « sécurité nationale », lesquels retirent les fiches des tués et en ajoutent d’autres dans une sorte de jeu macabre qu’un fonctionnaire compare à celui des figurines des champions de base-ball. La liste est ensuite soumise au président pour approbation. Surtout quand « en même temps que le terroriste, qui sera touché par le drone, il y aura sa famille », « l’évaluation morale finale » revient au président. Quand celui-ci a donné son autorisation, l’opérateur, commodément installé aux États-Unis à la console de commande du drone, lance les missiles contre cette maison au Pakistan, indiquée comme refuge du terroriste. De toutes façons, dans l’explosion, les enfants ne se voient pas.

Voici ce qu’est la « guerre non conventionnelle » menée par l’administration Obama. On développe pour elle des drones de plus en plus sophistiqués : comme celui à propulsion nucléaire, en mesure de voler de façon ininterrompue pendant des mois, et un petit « drone kamikaze » qui plonge sur l’objectif en le détruisant avec sa charge explosive. Des affaires en or pour les industriels (General Atomics, Northrop Grumman et autres) : le Pentagone a décidé d’augmenter de 30 % sa flotte actuelle de 7 500 drones, en dépensant 32 milliards de dollars. L’Italie participera à la dépense à hauteur de 4 milliards de dollars pour cinq drones fabriqués aux États-Unis, déployés par l’Otan à Sigonella (Sicile), et achètera des missiles et des bombes de précision pour ses propres drones, eux aussi made in USA. Cela, souligne le Pentagone, servira à « protéger » non seulement l’Italie mais aussi les États-Unis.

À quand une « kill list » italienne ?

par Manlio Dinucci

Source Voltairenet.org

 

Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 14 juin 2012
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Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie.
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards !  ».
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats.
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire.
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et «  la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanThierry Meyssan : Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Professeur de Relations internationales au Centre d’études stratégiques de Damas. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).