Quand le matérialisme s'en mêle…

(Vidéo) Thierry Meyssan : un massacre ordinaire de l’ASL par Thierry Meyssan

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 4 août 2012

Après avoir échoué à se maintenir à Homs et avoir perdu la bataille de Damas, l’Armée « syrienne » libre a lancé une attaque contre Alep.

L’ASL a réussi a prendre le contrôle de deux quartiers de la ville et d’un vaste parc public. Elle s’est emparée de plusieurs commissariats, massacrant tous les policiers.

La majorité de la population des quartiers concernés s’est réfugiée dans la partie de la ville contrôlée par les loyalistes. L’ASL voudrait ériger un Émirat islamique dans le quartier d’Al-Nereb comme elle le fit à Baba Amr, un quartier de Homs. Pour cela, elle a expulsé les résidents non-sunnites restés sur place, non sans avoir massacré au préalable les familles jugées « favorables au régime ».

Sur cette vidéo, filmée par l’ASL le 31 juillet 2012, 15 membres de la famille bédouine Al-Berri sont alignés contre un mur et fusillés. On notera l’état d’extrême excitation des islamistes qui, pour la plupart, sont sous l’emprise de drogues.

Les journalistes occidentaux « embedded » dans l’ASL, qui sont entrés illégalement en Syrie avec les combattants de l’ASL stationnés en Turquie, ont été ramenés à la frontière depuis plusieurs jours déjà pour ne pas assister aux exactions. Ils n’auront été baladés que quelques jours par les services de Relations publiques de l’OTAN, ne voyant que ce qu’on avait décidé de leur montrer et que l’on avait parfois mis en scène pour eux. Ils persistent à décrire la situation comme une révolution populaire et démocratique bien qu’ils aient constaté par eux-mêmes que les combattants venaient de Turquie et n’avaient d’autre soutien en Syrie que des groupuscules de fanatiques religieux.

(Photo : Ali Zein al-Abidin Al-Berri, le chef de la tribu, avant son assassinat par les junkies de l’Armée « syrienne » libre.)

 

 

Source: Voltaire

 

Syrie : l’incroyable aveu de Laurent Fabius (mondialisation.ca)

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 16 juillet 2012

Selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les grandes puissances préparent déjà l’après El Assad. Elles ont même réfléchie à trouver un successeur au président syrien, au mépris de la souveraineté du peuple. Pierre Levy «se frotte les yeux».

Chaussures, bagages et valises de luxe. Voilà quelques-uns des articles que les Vingt-sept ont placés sous embargo à travers la énième vague de sanctions contre Damas. On aurait presque envie d’en rire (on avait en effet cru comprendre que les dirigeants européens souhaitaient la fuite du président syrien) si la situation n’était si tragique. Cette énumération surréaliste (figurent également cigares, caviar, eau de vie et bijoux…) illustre l’insondable suffisance qui domine à Bruxelles, où l’on semble considérer Bachar el-Assad comme une marionnette s’accrochant au pouvoir pour le plaisir de «massacrer son propre peuple» entre deux orgies.

En tout cas, on peut être rassuré sur un point : la propagande de guerre n’a rien perdu de son allant. Ainsi la BBC (modèle de rigueur journalistique, dit-on) a-t-elle mis à la une de son site la photo d’un massacre syrien… prise quelques années plus tôt en Irak. Quant à la tuerie d’Houla – des familles entières achevées à l’arme blanche – qui a été présentée comme un «tournant dans l’horreur», ses auteurs ne semblent pas être les affidés du président, mais bien ses adversaires armés ; c’est en tout cas ce qu’indiquent les indices et témoignages recueillis par un reporter chevronné, et publiés dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung , qui ne passe pas pour être un suppôt du président Assad.

Le régime de ce dernier serait-il alors blanc comme neige ? Certes non. Mais cela est l’affaire du peuple syrien, qui semble loin d’être majoritairement acquis à l’opposition. En réalité, les souffrances de celui-ci sont bien la dernière des préoccupations des chancelleries : celles-ci tentent de déstabiliser la Syrie afin d’affaiblir l’Iran, contre qui l’étranglement économique vient de monter d’un cran. Pour l’heure, une intervention armée directe n’est pas à l’ordre du jour : Moscou et Pékin semblent cette fois décidés à garantir le principe de non-ingérence, seul fondement d’un ordre international qui ne soit pas la loi du plus fort. Et quand bien même ce verrou sauterait, il n’est pas certain qu’une invasion soit envisagée avec enthousiasme par les alliés atlantiques, tant le terrain est miné. Ce qui n’empêche nullement les livraisons d’armes occidentales, ainsi que la présence de forces spéciales (notamment sous couvert qatari et saoudien) aidant les rebelles armés, qui multiplient les attentats.

«Un pouvoir doit avoir un successeur»

Le ministre français des Affaires étrangères assume un soutien officiel à la rébellion, confirmant en la matière la parfaite continuité entre les deux locataires successifs de l’Elysée. Mais Laurent Fabius ne s’en tient pas là. Appelant à ce que «le tyran (soit) dégagé au plus tôt», il a précisé au micro de France Inter : «un pouvoir doit avoir un successeur ; donc il y a des discussions très précises et très difficiles». On se frotte les yeux : pour la première fois ouvertement, un responsable avoue que les grandes puissances entendent non seulement abattre un régime, mais choisir qui le remplacera. Le plus extraordinaire est qu’une telle déclaration soit passée quasiment inaperçue, comme s’il s’agissait d’une chose finalement très naturelle.Après tout, n’étaient-ce pas déjà Bruxelles, Berlin et Paris qui avaient organisé la mise à pied de l’Italien Berlusconi et du Grec Papandréou, puis nommément introduit leurs successeurs ? Plus discrètement, un double règlement européen (baptisé «pack de deux») est actuellement en discussion entre le Conseil et le parlement européens, qui permettrait de placer directement sous tutelle (et sans son aval) un pays qui se montrerait incapable d’«assainir» suffisamment ses finances publiques. La banalisation, en quelque sorte, de l’expropriation politique que subissent Grecs, Portugais et Irlandais.

La raison d’être des empires a toujours été d’imposer leurs choix. En cette ère postmoderne, les armes, selon les circonstances, sont celles des services spéciaux ou de l’Otan ; ou bien de la BCE, de la Commission et du FMI.

On n’en a décidément pas fini avec les derniers des Troïkans.

Pierre Lévy

Pierre Lévy : Rédacteur en chef de Bastille-République-Nations, mensuel progressiste radicalement eurocritique.

Source: http://www.centpapiers.com/syrie-l%E2%80%99incroyable-aveu-de-laurent-fabius/100853

Drones assassins pour la « kill list » par Manlio Dinucci

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 15 juin 2012

C’est à un bien étrange rituel auquel se livre quotidiennement le prix Nobel de la paix. Chaque jour dans son bureau ovale, Barack Obama coche la liste de personnes à assassiner : hommes, femmes, adolescents, enfants, « révèle » le New York Times. Comble du cynisme, dans un pays où le lobby militaro-industriel est tout puissant et où l’on interprète toute volonté d’apaisement comme un signe de faiblesse, il est parfois payant, quand débute une campagne électorale, de faire savoir qu’on est un « tueur ».

Les États-Unis doivent se défendre de ceux qui les attaquent, déclare le secrétaire à la Défense Leon Panetta, rejetant les protestations sur l’augmentation des attaques de drones étasuniens au Pakistan.

Selon Panetta, les Pakistanais doivent comprendre que les Predators sont là aussi pour leur bien : ils volent au dessus de leurs têtes, téléguidés depuis les USA à plus de 10 000 kilomètres de distance, pour frapper avec leurs missiles Hellfire (Feu de l’enfer) les dangereux terroristes nichés en territoire pakistanais.

Conclusion opposée, après une visite au Pakistan, de Navi Pillay, Haut Commissaire de l’Onu pour les Droits de l’homme : les attaques par drones, qui ont lieu en moyenne tous les quatre jours, « provoquent les morts indiscriminées de civils, qui constituent une violation des droits humains ». Elles soulèvent en outre de graves questions de droit international, en ceci qu’elles sont menées « en dehors de tout mécanisme de contrôle civil ou militaire ». Pillay demande donc l’ouverture d’une enquête officielle. Accusation sèchement rejetée par le président Obama, lequel assure que les attaques par drones —effectuées aussi en Afghanistan, Irak, Yémen, Somalie et autres pays— « ne provoquent pas de grosses pertes civiles ». Elles sont en fait « sous contrôle très étroit ».

Personne n’en doute. Comme le rapporte le New York Times [1], c’est le président lui-même qui effectue les « nominations top secret » des présumés terroristes à tuer, pour la majeure partie avec des attaques de drones. La «  kill list » —comprenant des personnes du monde entier qui, jugées nocives pour les États-Unis et leurs intérêts, sont condamnées secrètement à mort sous l’accusation de terrorisme— est mise à jour chaque semaine par « le plus étrange des rituels bureaucratiques » : la téléconférence, gérée par le Pentagone, de plus de cent responsables de la « sécurité nationale », lesquels retirent les fiches des tués et en ajoutent d’autres dans une sorte de jeu macabre qu’un fonctionnaire compare à celui des figurines des champions de base-ball. La liste est ensuite soumise au président pour approbation. Surtout quand « en même temps que le terroriste, qui sera touché par le drone, il y aura sa famille », « l’évaluation morale finale » revient au président. Quand celui-ci a donné son autorisation, l’opérateur, commodément installé aux États-Unis à la console de commande du drone, lance les missiles contre cette maison au Pakistan, indiquée comme refuge du terroriste. De toutes façons, dans l’explosion, les enfants ne se voient pas.

Voici ce qu’est la « guerre non conventionnelle » menée par l’administration Obama. On développe pour elle des drones de plus en plus sophistiqués : comme celui à propulsion nucléaire, en mesure de voler de façon ininterrompue pendant des mois, et un petit « drone kamikaze » qui plonge sur l’objectif en le détruisant avec sa charge explosive. Des affaires en or pour les industriels (General Atomics, Northrop Grumman et autres) : le Pentagone a décidé d’augmenter de 30 % sa flotte actuelle de 7 500 drones, en dépensant 32 milliards de dollars. L’Italie participera à la dépense à hauteur de 4 milliards de dollars pour cinq drones fabriqués aux États-Unis, déployés par l’Otan à Sigonella (Sicile), et achètera des missiles et des bombes de précision pour ses propres drones, eux aussi made in USA. Cela, souligne le Pentagone, servira à « protéger » non seulement l’Italie mais aussi les États-Unis.

À quand une « kill list » italienne ?

par Manlio Dinucci

Source Voltairenet.org

 

Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 14 juin 2012
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Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie.
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards !  ».
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats.
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire.
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et «  la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanThierry Meyssan : Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Professeur de Relations internationales au Centre d’études stratégiques de Damas. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

Les conservateurs canadiens: Les champions de l’interventionnisme!

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 30 mai 2012

La patience des conservateurs

En à peine 5 jours, les Conservateurs d’Ottawa ont trouvé suffisante, la durée des négociations entre le «Canadian Pacific» et ses employés, pour arbitrairement trancher en faveur de l’employeur. En effet, contre toutes attentes quant au discours idéologique du laisser-faire capitaliste habituel des conservateurs, bien au contraire, ces derniers brandissent aujourd’hui «l’économie», comme raison valable d’une telle intervention, dite «spéciale» de l’État dans un litige employeur/employés.

Mais alors, si l’économie est une bonne raison pour l’intervention de l’État, pourquoi les conservateurs n’appliquent-ils pas irrémédiablement ce principe dans tous les autres contextes? Tout simplement parce que les conservateurs ne sont que les valets de ceux qu’ils défendent bec et ongles, ce sont les laquais des employeurs et non ceux du peuple, comme ils se devraient pourtant d’être, vu leur titre d’élu «populaire». Ils n’appliquent d’ailleurs leur idéologie, que lorsque cela avantage leurs amis bourgeois et leurs intérêts limitrophes qui, sait-on, pourraient allonger leur carrière après celle-ci, sinon les commodités d’une retraite bien dorée. Mais n’est-il pas ironique et sensé de dire que : Les conservateurs, en brisant les retraites des travailleurs, arrangent la leur?

Les rois de l’économie gaspillent les fonds publics sans compter…

Les conservateurs se disent champions de l’économie, mais ce n’est pas ce qu’ils défendent, de toute évidence. Un employé qui se voit diminué en salaire, ou en pension de vieillesse, ne voit pas son pouvoir d’achat grandi, tout au contraire et il n’est pas nécessaire d’être comptable pour s’assurer d’une telle équation. Il m’apparait clair que le pouvoir d’achat réduit des travailleurs, ne peut que les limiter dans leurs dépenses, donc dans leur devoir respectif de consommateurs –aux yeux des capitalistes-, faisant rouler l’économie. Mais voilà que les conservateurs vident les coffres de l’État, pour refiler aux travailleurs, le fardeau de leurs services perdus au public, que ces derniers devront retrouver, plus coûteux per capita, au privé.

Et pourtant, les conservateurs arguent que l’économie est leur priorité absolue, ce qui cache mal, quand on aperçoit le gaspillage étatique depuis leur arrivée à Ottawa, la vérité absolue. F-35, lac artificiel et tout le tralala au G-20, et une panoplie de petits et grands scandales chez la députation conservatrice, quant aux montants d’argent illégalement redistribués dans les circonscriptions lors de campagnes électorales. Sinon la mission libyenne, un Coup d’État plutôt, qui aura coûté bien plus cher que prévu, tant en vie humaines, que les conservateurs disent chérir, qu’en deniers publics. Et de fait, cette agression de l’OTAN n’aura servi qu’à troquer un régime pour un autre, à la saveur des conservateurs celui-là. Mais encore, n’oublions pas les prisons, les impôts baissés au maximum pour les grandes entreprises et la facilitation pour les minières et les pétrolières, du pillage de nos richesses naturelles…, et j’en passe.

Les conservateurs ne peuvent plus se cacher derrière un masque, ils ne peuvent plus se prétendre le parti du p’tit peuple, le parti des régions, ni le parti de l’économie, puisque ce n’est visiblement pas ce qu’ils défendent dans les faits. Les conservateurs ont un autre agenda, que celui de servir ceux et celles qui les ont élus. Ils ont décidé de porter l’étendard patronal au parlement, comme d’autres portent le carré rouge dans la rue. Ce sont les champions de l’interventionnisme économique et ils se tiennent très loin de leurs promesses en ce sens, que les conservateurs veulent le moins d’État possible. Tout compte fait, ce n’est pas l’État que les conservateurs détestent, mais bel et bien le peuple auquel il était destiné et pour lequel et par lequel, il a été créé. Les conservateurs détestent les syndicats également, soit des associations populaires, issues du peuple, elles aussi. Les conservateurs détestent les mouvements sociaux, sauf quand ils appellent au retour à la peine de mort et à la condamnation de l’avortement, ce qui ne les empêche pas de larguer des bombes sur les femmes enceintes, des pays où le peuple tient véritablement l’État.

Le masque

Bref, les conservateurs portent un masque. Celui de la «démocratie», celui de l’«économie» et celui de la dignité humaine. Mais il n’en est rien. Là où les Humains quémandent, les conservateurs balaient de leur inconscience, de leur insouciance et de leur indifférence, surtout. Les conservateurs se fichent du peuple, comme ils se fichent d’être incohérents, avec leurs beaux discours sur les droits humains, alors qu’en même temps, ils collaborent avec des dictatures, sinon, en installent de nouvelles avec leurs alliés de l’OTAN.

Le courant libertarien devra attendre un autre poulain, pour voir ses rêves se réaliser. Stephen Harper n’a que faire, de leurs principes utopiques. Sinon, c’est que leur utopie risque de se confronter à la réalité capitaliste, laquelle n’a pas besoin d’État pour converger les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise, contrairement à ce que prétendent ces hurluberlus d’une autre époque.

Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr (Par Thierry Meyssan)

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 28 février 2012

Plusieurs journalistes sont retenus dans la zone close de Baba Amr. Selon les dirigeants atlantistes, ils sont empêchés d’en sortir par l’armée syrienne qui pilonnerait le bastion rebelle. Présent sur place et témoin privilégié des négociations, Thierry Meyssan rend compte de la réalité : les journalistes sont prisonniers de l’Armée « syrienne » libre qui les utilise comme boucliers humains. Le Croissant Rouge syrien a été empêché par les rebelles de les évacuer.

 

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Édith Bouvier et William Daniels

Nos confrères Marie Colvin (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) ont été tués mercredi 22 février 2012 dans la zone rebelle à l’intérieur de Homs.

Selon des agences de presse occidentales citant l’Armée « syrienne » libre, ils ont été victimes du pilonnage du quartier par les forces de Damas. Cependant, l’Armée nationale n’a fait usage de lanceurs de roquettes multiples que pendant une très courte période pour détruire des postes de tir, et à aucun moment après le 13 février. En outre, si la ville était pilonnée depuis 21 jours, comme l’indiquent les agences de presse, il y a longtemps qu’elle ne serait plus qu’un tas de ruine sans âme qui vive.

Au moins trois autres journalistes sont encore présents dans la zone rebelle : Édith Bouvier (Le Figaro Magazine), William Daniels et Paul Conroy (Sunday Times), ainsi probablement que Javier Espinosa (El Mundo).

Dans une vidéo postée sur Internet, Édith Bouvier, qui est blessée à la jambe, et William Daniels appellent à un cessez-le-feu et à leur évacuation vers un hôpital au Liban. Immédiatement, une intense campagne de communication a été organisée en leur faveur, incluant la création de plusieurs groupes Facebook et de tonitruantes déclarations d’Alain Juppé.

Il n’y a plus de couverture GSM ou G3 à Homs, et les lignes téléphoniques filaires de la zone rebelle sont coupées.

Il n’échappera à personne que si les journalistes ont pu uploader une vidéo pour appeler au secours, c’est qu’ils ont bénéficié d’une liaison satellite. Et s’ils n’ont pas pu téléphoner à leurs proches, à leurs employeurs et à leurs ambassades, c’est que ceux qui détiennent cette liaison satellite le leur ont refusé. Ils ne sont donc pas libres de leurs mouvements, mais détenus prisonniers.

Pour comprendre cette séquestration, il convient de la replacer dans son contexte.

 

La situation militaire

Les généraux syriens ont considéré la bataille de Homs gagnée dès le 13 février et ont rendu compte au président Bachar el-Assad qu’elle était terminée, jeudi 23 février à 19h.

La victoire n’a pas le même sens pour les civils et les militaires. Les premiers rêvent d’un retour à une vie paisible. Les seconds la proclament à la manière dont un chirurgien annonce qu’il a réussi une opération. Il n’en reste pas moins que le blessé est encore astreint à des mois de soins et à des années de rééducation. Concrètement, la fin de la bataille signifie pour eux que les rebelles sont isolés dans une zone entièrement ceinturée et ne représentent plus de danger pour le pays.

Les principales artères de la ville sont rouvertes à la circulation, mais elles sont hérissées de chicanes sur des kilomètres. Les voitures ne peuvent qu’avancer au pas en zigzaguant. La ville, vidée de la grande majorité de ses habitants, reste une ville fantôme.

La bataille de Homs s’est déroulée en trois temps :
- Les premiers jours, les troupes syriennes ont été empêchées d’entrer dans les quartiers rebelles par des tirs de missiles antichars, notamment des missiles Milan.
- Puis, les troupes syriennes ont bombardé les postes de tir anti-chars, au prix d’importantes pertes collatérales parmi leurs concitoyens, tandis que les rebelles se sont repliés dans une zone unique qu’ils se sont appropriée.
- Enfin, les troupes ont ceinturé le bastion rebelle, sont entrées à l’intérieur et ont commencé à libérer chaque rue, une à une. Pour éviter d’être pris à revers, l’armée syrienne avance en ligne, ce qui ralentit sa progression.

La zone encerclée était jadis habitée par 40 000 personnes. Elle abrite aujourd’hui un nombre indéterminé de civils, surtout des vieillards qui n’ont pas pu fuir à temps, et environ 2 000 combattants de l’Armé « syrienne » libre. Derrière ce label, on trouve des groupes rivaux répartis en deux tendances principales : d’un côté les takfiristes, qui considèrent non seulement que la démocratie est incompatible avec l’islam, mais que les alaouites (dont Bachar el-Assad) sont des hérétiques et qu’ils doivent être privés de toute responsabilité politique en terre musulmane ; de l’autre côté des repris de justice qui avaient été recrutés pour renforcer la dite Armée « syrienne » libre. Ces gangs, n’étant plus payés, ont repris leur autonomie et n’ont pas la même logique que les takfiristes. La plupart des combattants étrangers ont quitté Homs avant le bouclage du bastion. ils se regroupent actuellement dans le Nord du pays, dans le district de Idlib.

L’ensemble des rebelles de Baba Amr dispose d’un stock considérable d’armes et de munitions, mais dans la situation actuelle, ils ne sont plus réapprovisionnés et finiront un jour ou l’autre par devoir se rendre –sauf, intervention militaire étrangère–. Leurs arsenaux incluent des fusils Dragunov-snipers à vision nocturne aussi bien que des mortiers de 80 et 120 mm et quantités d’explosifs. Ils ont aménagé des entrepôts dans des sous-sols et ont parfois constitué des caches d’armes dans des égouts. Contrairement à ce qui a été dit, ceux-ci sont des boyaux trop étroits pour leur permettre de circuler. De même, les tunnels qui ont été creusés à l’époque où ils disposaient de la protection de l’ex-gouverneur de Homs, ne sont plus ventilés et ne peuvent donc plus être utilisés. L’ex-gouverneur, quant à lui, s’est réfugié depuis longtemps au Qatar où il jouit paisiblement du salaire de sa trahison.

La population a soutenu un moment les rebelles, mais leur sert aujourd’hui de bouclier humain. Les civils qui veulent fuir sont abattus par des francs-tireurs. Ils n’ont aucun moyen de se révolter, d’autant que la plupart sont âgés.

On peut penser qu’à moyen terme, la division de l’Armée « syrienne » libre, l’absence de soutien populaire, et la perte d’espoir en des renforts internationaux conduira une partie des rebelles à se rendre. Cependant, les takfiristes pourraient décider de se battre jusqu’à la mort.

Pour le moment, les rebelles empêchent les civils de fuir leur zone et dynamitent les maisons vides, au rythme d’environ une dizaine par jour. En outre des commandos, situés hors de la zone bouclée, harcèlent les campements de l’armée régulière pour la désorganiser et desserrer l’étau. Ils recourent pour cela principalement à des voitures piégées, ce qui est rendu possible par la réouverture des rues, et explique le maintien des chicanes.

Baba Amr n’est pas pilonnée. Les seuls bombardements qui subsistent sont des tirs de mortiers des rebelles contre l’armée nationale.

La situation des journalistes

Les journalistes présents dans le quartier rebelle sont regroupés dans un même appartement, qualifié de « centre de presse », dont la localisation précise est inconnue.

Ils sont entrés illégalement en Syrie, alors qu’ils auraient pu solliciter et auraient tous obtenu un visa de presse, à l’exception de ceux qui ont la nationalité israélienne du fait de l’état de guerre entre les deux pays.

Leur transport à Homs a été organisé par une filière unique, soit depuis le Nord du Liban, soit depuis le Sud de la Turquie. Cette filière joue le rôle d’Office de relations publiques de l’Armée « syrienne » libre. C’est elle qui les a mis en contact avec les personnes qui les hébergent, et dont l’identité est imprécise.

Vendredi 24, la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien ont négocié avec l’Armée « syrienne » libre par l’intermédiaire du poste du Croissant-Rouge qui fonctionne à l’intérieur de la zone bouclée. Ils ont obtenu l’autorisation de pénétrer dans la zone avec des ambulances pour rapatrier les corps des deux journalistes morts, et pour évacuer les journalistes restants qu’ils soient blessés ou sains. Cependant, au dernier moment, les journalistes ont refusé de partir, craignant d’être victimes d’un piège tendu par les autorités de Damas. Ils ont en effet été convaincus par un de leurs collègues français qui a quitté les lieux avant le bouclage que le gouvernement syrien mettrait tout en œuvre pour les éliminer. En outre, n’ayant accès qu’aux chaînes de télévision satellitaires de l’OTAN et du CCG, ils sont persuadés que les combats dont ils sont victimes ne se limitent pas à leur quartier, mais s’étendent à toute la Syrie.

Au moment de partir, les ambulances étant vides, le Croissant-Rouge syrien a été autorisé à évacuer vingt-sept civils, malades ou blessés, qui ont été transportés à hôpital al-Amine de Homs (dans la partie libérée de la ville). Le bureau londonien des Frères musulmans, connu sous l’appellation Observatoire syrien des Droits de l’homme, selon lequel les hôpitaux sont devenus des centres de torture, a fait courir la rumeur que plusieurs de ces blessés avaient été arrêtés ultérieurement par la police syrienne. Après enquête, le Croissant-Rouge a indiqué que ces imputations sont absolument fausses.

Samedi 25, la Croix-Rouge internationale et le Croissant-Rouge syrien ont demandé à l’Armée « syrienne » libre l’autorisation de rentrer à nouveau dans la zone. Présent sur place, je me suis mis à disposition des autorités pour faciliter l’extraction de mes compatriotes et de mes confrères. Les négociations ont duré plus de quatre heures. Plusieurs États, dont la France, ont été tenus informés du déroulement des événements.

Après divers rebondissements, les officiers de l’Armée « syrienne » libre ont reçu par liaison satellite l’instruction de refuser. Leurs communications cryptées avec leur hiérarchie aboutissaient à Beyrouth ou étaient relayées via Beyrouth. De facto, les journalistes sont utilisés comme des boucliers humains encore plus efficace que la population civile, les rebelles craignant un assaut final des forces syriennes.

Par conséquent, les journalistes sont désormais les prisonniers des commanditaires de l’Armée « syrienne » libre, ceux-là même que les « Amis » de la Syrie, réunis en conférence à Tunis, ont appelé à soutenir, à financer et à armer.

 

Thierry Meyssan

 

Source

Manipulations Occidentales en Syrie (Voltaire)

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 20 février 2012

Fin de partie au Proche-Orient

Fin de partie au Proche-Orient

par Thierry Meyssan

Alors que les combats ne sont pas tout à fait terminés dans le quartier insurgé de Homs et que les autorités syriennes et libanaises n’ont pas encore communiqué sur leur action récente, Thierry Meyssan tirait un premier bilan des opérations, lundi soir, sur la première chaîne russe ; des informations de première main qu’il a publié dans Komsomolskaya Pravda et partage avec les lecteurs du Réseau Voltaire.

Depuis onze mois, les puissances occidentales et du Golfe conduisent une entreprise de déstabilisation de la Syrie. Plusieurs milliers de mercenaires se sont infiltrés dans le pays. Recrutés par des officines de l’Arabie saoudite et du Qatar au sein des milieux extrémistes sunnites, ils sont venus renverser « l’usurpateur alaouite » Bachar el-Assad et imposer une dictature d’inspiration wahhabite. Ils disposent du matériel militaire le plus sophistiqué, incluant des systèmes de vision nocturne, des centraux de communication, et des robots de combat urbain. Soutenus en sous main par les puissances de l’OTAN, ils ont en outre accès aux renseignements militaires indispensables, notamment des images satellites des déplacements des troupes syriennes, et des interceptions téléphoniques.

Cette opération est présentée mensongèrement au public occidental comme une révolution politique écrasée dans le sang par une dictature sans pitié. Bien sûr, ce mensonge n’est pas universellement accepté. La Russie, la Chine et les États américains membres de l’ALBA le récusent. Chacun dispose en effet d’expériences historiques qui leur permettent de comprendre rapidement ce qui est en jeu. Les Russes pensent à la Tchétchénie, les Chinois au Xinkiang, et les Américains à Cuba et au Nicaragua. Dans tous ces cas, au-delà des apparences idéologiques ou religieuses, les méthodes de déstabilisation de la CIA étaient les mêmes.

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Groupe d’opposants au gouvernement syrien, appartenant à la nébuleuse communément appelée « armée syrienne libre ».

Le plus étrange dans cette situation est d’observer les médias occidentaux s’auto-persuader que les salafistes, les wahhabites et les combattants de la mouvance Al-Qaïda sont épris de démocratie, alors que ces derniers ne cessent d’appeler sur les chaînes satellitaires saoudiennes et qataries à égorger les hérétiques alaouites et les observateurs de la Ligue arabe. Peu importe qu’Abdelhakim Belhaj (numéro 2 d’Al Qaida et actuel gouverneur militaire de Tripoli, Libye) soit venu personnellement installer ses hommes au Nord de la Syrie, et qu’Ayman Al-Zawahiri (numéro 1 d’Al-Qaïda depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden) ait appelé au jihad en Syrie, la presse occidentale poursuit son rêve romantique de révolution libérale.

Le plus ridicule, c’est d’entendre les médias occidentaux répéter servilement les imputations quotidiennes de la branche syrienne des Frères musulmans diffusant des dépêches sur les crimes du régime et ses victimes, sous la signature de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme. Et d’ailleurs, depuis quand cette confrérie de putschistes s’intéresse t-elle aux Droits de l’homme ?

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Ayman Al-Zawahiri, numéro 1 d’Al-Qaida depuis la mort officielle d’Oussama ben Laden, a appelé au jihad aux côtés des Occidentaux pour faire tomber le régime baassiste syrien.

Il aura suffi que les services secrets occidentaux mettent en scène un fantoche « Conseil national syrien », avec pour président un professeur de la Sorbonne et pour porte-parole la maîtresse de l’ancien patron de la DGSE, pour que des « terroristes » deviennent des « démocrates ». En un tour de main, le mensonge est devenu vérité médiatique. Les personnes enlevées, mutilées et assassinées par la Légion wahhabite sont devenues dans la presse des victimes du tyran. Les conscrits de toutes confessions qui défendent leur pays face à l’agression sectaire sont devenus des soldats alaouites opprimant leur peuple. La déstabilisation de la Syrie par des étrangers est devenue un épisode du « Printemps arabe ». L’émir de Qatar et le roi d’Arabie saoudite, deux monarques absolus qui n’ont jamais organisé d’élections nationales dans leurs pays et embastillent les contestataires, sont devenus des chantres de la révolution et de la démocratie. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui viennent de tuer 160 000 Libyens en violation du mandat qu’ils avaient reçu du Conseil de sécurité, sont devenus des philanthropes responsables de la protection des populations civiles. Etc.

Cependant la guerre de basse intensité que la presse occidentale et du Golfe dissimule derrière cette mascarade a pris fin avec le double veto russe et chinois du 4 février 2012. L’OTAN et ses alliés ont été sommés de cesser le feu et de se retirer, au risque d’assumer une guerre régionale, voire mondiale.

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Le président syrien Bashar al-Assad et le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov le 7 février à Damas.

Le 7 février, une importante délégation russe, incluant les plus hauts responsables du renseignement extérieur, est arrivée à Damas où elle a été accueillie par une foule en liesse, certaine que le retour de la Russie sur la scène internationale marquait la fin du cauchemar. La capitale, mais aussi Alep, la seconde ville du pays, pavoisaient aux couleurs blanc, bleu, rouge, et défilaient derrière des banderoles écrites en cyrillique. Au palais présidentiel, la délégation russe a rejoint des délégations d’autres États, notamment de la Turquie, de l’Iran et du Liban. Une série d’accords a été conclue pour le retour à la paix. La Syrie a restitué 49 instructeurs militaires faits prisonniers par l’armée syrienne. La Turquie est intervenue pour faire libérer les ingénieurs et les pèlerins iraniens enlevés, y compris ceux qui étaient détenus par les Français (au passage, le lieutenant Tlass qui les séquestrait pour le compte de la DGSE a été liquidé). La Turquie a cessé tout soutien à l’ « Armée syrienne libre », a fermé ses installations (hormis celle située sur la base de l’OTAN à Incirlik), et a livré son chef, le colonel Riad el-Assad. La Russie, qui s’est portée garante des accords, a été autorisée à réactiver l’ancienne base soviétique d’interception du mont Qassioum.

Le lendemain, le département d’État des États-Unis a informé l’opposition syrienne en exil qu’elle ne devait plus compter sur une aide militaire US. Comprenant qu’ils ont trahi leur pays pour rien, les membres du Conseil national syrien sont partis en quête de nouveaux sponsors. L’un d’entre eux allant même jusqu’à écrire à Benjamin Netanyahu pour lui demander d’envahir la Syrie.

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Déploiement de l’armée libanaise lors de son opération au nord du pays.

Après un délai de deux jours nécessaire à la mise en œuvre des accords, les armées nationales non seulement de la Syrie, mais aussi du Liban, ont donné l’assaut des bases de la Légion wahhabite. Au Nord du Liban, un gigantesque arsenal a été saisi à Tripoli et quatre officiers occidentaux ont été faits prisonniers dans le Akkar dans une école désaffectée de l’UNRWA transformée en QG militaire. En Syrie, le général Assef Chawkat en personne a commandé les opérations. Au moins 1 500 combattants ont été faits prisonniers, dont un colonel français du service technique de communication de la DGSE, et plus d’un millier de personnes ont été tuées. À ce stade, il n’est pas possible de déterminer parmi les victimes combien sont des mercenaires étrangers, combien sont des Syriens collaborant avec les forces étrangères, et combien sont des civils pris au piège de la ville en guerre.

Le Liban et la Syrie ont rétabli leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire.

Des intellectuels débattent de savoir si Vladimir Poutine n’a pas commis une erreur en protégeant la Syrie au prix d’une crise diplomatique avec les États-Unis. C’est une question mal posée. En reconstituant ses forces durant des années et en s’affirmant aujourd’hui sur la scène internationale, Moscou a mis fin à deux décennies d’un ordre mondial unipolaire dans lequel Washington pouvait étendre son hégémonie jusqu’à parvenir à une domination globale. Le choix n’était pas de s’allier soit à la petite Syrie, soit aux puissants USA, mais de laisser la première puissance du monde détruire un État de plus ou de bouleverser les rapports de force et de créer un ordre international plus juste dans lequel la Russie a son mot à dire.

Thierry Meyssan

Source
Komsomolskaïa Pravda

 

Le bastion de l’Armée « syrienne » libre était équipé de missiles Milan

La bataille de Homs a été particulièrement meurtrière côté loyaliste et côté rebelle, ainsi que pour les civils. Durant les trois premiers jours, l’Armée arabe syrienne a été tenue à distance par les rebelles qui empêchaient toute entrée dans leur quartier. Ils détruisaient avec des missiles Milan tous les blindés qui approchaient. En définitive, l’armée arabe syrienne a dû faire usage de lanceurs de roquettes multiples pour bombarder les postes de tir Milan, au risque de provoquer de lourdes pertes chez les civils.

Chaque poste de tir Milan, placé sur chaque rue entrant dans Bab Amr coûte 100 000 euros, chaque missile coûte environ 12 000 euros. Les missiles étaient tirés à une cadence de deux à trois coups par minute. Ce matériel est fabriqué par Nord-Aviation (France) et MBB (Allemagne. Il aurait été offert à l’Armée « syrienne » libre par le Royaume-Uni et l’Allemagne.

En avril 2011, des officiels de Doha avaient reconnu que le Qatar avait livré des missiles Milan aux insurgés libyens de Benghazi pour aider à renverser la Jamahiriya arabe, s’appuyant à l’époque sur la résolution de l’ONU qui permettait la livraison « d’armes défensives » (sic) à l’opposition libyenne.

 

http://www.voltairenet.org/Fin-de-partie-au-Proche-Orient

http://www.voltairenet.org/Le-bastion-de-l-Armee-syrienne

Le rapport de la Ligue Arabe donne des preuves de l’implication de la CIA, du MI6 et du Mossad derrière les violences en Syrie

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 10 février 2012

Par Kurt Nimmo, infowars.com, Mondialisation.ca

Image Flickr par hovic – old aleppo album

Des extraits du rapport des observateurs de la Ligue Arabe en Syrie montrent clairement que les médias ne disent qu’une partie de l’histoire et exagèrent la violence exercée par le gouvernemnt Al-Assad et ses forces de l’ordre.

Le rapport mentionne une “entité armée” qui tue des civils et des policiers et perpétue des attaques terroristes ciblant des civils innocents. Les pertes de ces attaques sont ensuite attribuées au gouvernement Al-Assad et utilisées pour construire de toute pièce un cas contre la Syrie aux Nations-Unies.

D’après le rapport de la Ligue Arabe, “l’armée libre syrienne” et les “groupes d’opposition armés” sont responsables de bon nombre des meurtres commis.

En Janvier, il a été rapporté que le MI6 britannique, la CIA et les forces spéciales du SAS britannique étaient en Syrie et travaillaient avec l’armée libre syrienne et le Conseil National Syrien (CNS) afin de renverser le régime du président Al-Assad. L’armée syrienne libre est largement reconnue comme étant une création de l’OTAN. Elle est pour la plus grande partie composée de militants des frères musulmans, confrérie elle-même création des services de renseignement britanniques et est soutenue et financée par les Etats-Unis, Israël et la Turquie.

Le rapport fait confiance à des rapports écrits en Novembre par le journaliste Webster Tarpley lors de sa visite dans la nation moyen-orientale.

“Ce que les citoyens de base de tous groupes ethniques confondus disent, est que ce sont des francs-tireurs qui leur tirent dessus. Les gens se plaignaient qu’il y avait des tireurs embusqués terroristes qui tiraient sur les civils, manœuvre de terrorisme aveugle désignée pour le simple but de déstabiliser le pays. Je n’appellerai pas cela une guerre civile, c’est un terme très ambigu. Ce à quoi les gens font face sont des escadrons de la mort, ils doivent gérer des commandos de la terreur, ce qui est une méthode typique de la CIA. Dans ce cas précis, c’est une opération jointe entre la CIA, le MI6, le Mossad, avec de l’argent saoudien, émirati et qatari”, avait dit Tarpley à RT.

Tarpley avait dit que les Etats-Unis poussaient un “modèle ruiné de révolution colorée, soutenu par des groupes terroristes, des gens d’Al Qaïda et des frères musulmans” et que l’objectif était de “détruire le Moyen-Orient en suivant les lignes ethniques”.

Les extraits du rapport des observateurs de la Ligue Arabe établissent “qu’il y a une violence émergeant des deux côtés, mais que l’opposition et les médias occidentaux ont exagéré la violence et le nombre de victimes imputées aux forces gouvernementales”, écrit Nicolas Davies pour le blog War Is A Crime, ex-After Downing Street.

“L’ONU a cessé d’accepter les chiffres des victimes donnés par l’opposition et a gelé ses estimations officielles de morts de civils au chiffre de 5 400, sans reconnaître le fait que cela pourrait déjà être exagéré”, a expliqué Davies. “Ceci n’est pas encore un bain de sang à l’échelle de la Libye, où même le nouveau gouvernement admet qu’au moins 25 000 personnes ont été tuées lors de la guerre menée par l’OTAN. La Syrie pourrait bien suivre le modèle Libyen si l’OTAN et le CCG continuent à donner des armes et de l’entrainement miliaire à l’armée libre syrienne et sont préparés à développer plus de forces spéciales au sol et aussi loin que l’ONU approuve une zone d’interdiction aérienne pour pouvoir protéger une nouvelle bordée de quelques 9 700 attaques aériennes.”

Les médias de masse mettent le nombre de morts à entre 1000 et 5000. La cour internationale de justice, Hisham Abu Hajer (des “rebelles libyens, en d’autres termes: Al Qaïda), la Pravda et d’autres sources mettent ce chiffre entre 50 000 et 100 000 morts. Tarpley a estimé le nombre à environ 150 000, un chiffre incroyable pour une population de juste 6 millions et demi de personnes.

Des extraits intéressants du rapport du chef de la mission des états de la Ligue Arabe en Syrie du 24 Décembre 2011 au 18 Janvier 2012 stipulent:

“La mission a déterminé qu’il y avait une entité armée qui n’est pas mentionnée dans le protocole. Ce développement sur le terrain peut indubitablement être imputé à l’emploi excessif de la force par les forces gouvernementales en réponse aux manifestations qui se sont déroulées avant le déploiement de la mission demandant la chute du régime. Dans certaines zones, cette entité armée a réagi en attaquant les forces de sécurité syriennes, ce qui occasionna une plus violente réaction du gouvernement. A la fin, des citoyens innocents paient le prix de ces actions de leur vie et de leurs membres.

A Homs, Idib et Hama, la mission d’observation a été témoin d’actes de violence commis contre les forces du gouvernement et des civils ce qui a résulté en plusieurs morts et de nombreux blessés. Des exemples de ces actes incluent le bombardement d’un bus de civil, tuant 8 personnes et en blessant d’autres, femmes et enfants inclus et le bombardement d’un train transportant du gasoil. Dans un autre incident a Homs, un bus de la police a explosé, tuant deux policiers. Un pipeline et des petits ponts ont également été endommagés par des bombes.

28. La mission a remarqué que beaucoup de parties ont reporté de manière erronnée que des explosions ou des violences ont eu lieu dans plusieurs endroits. Quand les observateurs se rendirent sur place, ils se rendirent compte que ces rapports étaient totalement infondés.

29. La mission a aussi remarqué que, d’après ses équipes de terrain, les médias exagéraient la nature des incidents et le nombre de personnes tuées dans ces incidents ainsi que les manifestations dans certains endroits.

D’après leurs derniers rapports et leurs briefings au chef de mission le 17 Janvier 2012, en préparation de ce rapport, les chefs de groupes ont été témoins de manifestations pacifiques à la fois par les supporteurs du gouvernement et de l’opposition et ce en plusieurs endroits différents. Aucune de ces manifestations ne fut dérangée, à part quelques disputes mineures entre la mission, les loyalistes et l’opposition. Celles-ci n’occasionèrent aucune mort depuis la dernière présentation devant le comité ministériel arabe sur la situation en Syrie du 8 Janvier 2012.

Quelques observateurs ont fait défaut à leur devoir et ont brisé le serment prêté. Ils ont pris contact avec des officiels de leur pays et leur ont donné un compte exagéré des évènements. Ces officiels ont conséquemment développé une image sombre et non réaliste de la situation.

Les audiences arabes et étrangères de certaines organisations médiatiques ont questionné la crédibilité de la mission parce que ces organisations utilisent les médias pour déformer les faits. Il sera difficile de résoudre ce probème à moins qu’il n’y ait un soutien politique et médiatique pour la mission et son mandat. Il est naturel que certains incidents négatifs se produisent alors qu’elle vaque à ses activités, parce que ces incidents sont normaux au cours de missions d’observation similaires.

75. Il y a eu récemment des incidents qui pourraient creuser le fossé et augmenter l’amertume entre les parties incriminées. Ces incidents pourraient avoir des conséquences graves et mener à la perte de vies humaines et de propriétés. Ces incidents incluent le bombardement de buildings, de trains transportant du fuel domestique, des véhicules transportant du gasoil et des explosions visant la police, des membres des médias et des pipelines. Certaines de ces attaques ont été perpétrées par l’armée syrienne libre et par d’autres groupes membre de l’opposition armée.

Depuis le départ, les attitudes envers la mission ont été caractérisées par le manque de sincérité ou, de manière plus générale, par un manque de sérieux. Avant même qu’elle commence à exercer son mandat et même avant que ses membres n’arrivent sur place, la mission a été prise pour cible dans une campagne vicieuse dirigée contre les états de la Ligue Arabe et le chef de mission, une campagne qui a augmentée en intensité après le déploiement des observateurs. La mission n’a toujours pas reçu le soutien politique et médiatique nécessaire pour remplir correctement son mandat. Si ce mandat est prolongé, les objectifs établis dans le protocole ne pourront pas être atteints à moins que le soutien ne soit fourni et que la mission reçoive le soutien nécessaire pour assurer le succès de la solution arabe.”

Texte original en anglais :
http://www.infowars.com/arab-league-report-provides-evidence-cia-mi6-mossad-behind-violence-in-syria/print/

Traduction : Résistance 71

© Droits d’auteurs Kurt Nimmo, infowars.com, 2012

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Et si les manifestations violentes de Hama, de Homs, de Benghazi, de Misrata, de Tunis et du Caire se déroulaient dans les pays occidentaux…

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 31 janvier 2012

Nous avons vu, ces derniers mois, dont dans l’année dernière, de nombreuses manifestations dans les pays arabes, souvent étiquetées de «pacifiques», par les gouvernements occidentaux. Or, il apparaissait qu’elles n’en étaient rien et qu’elles affichaient plutôt un caractère subversif, et très violent. En fait, il est désormais clair que des Coups d’État furent organisés par les puissances bourgeoises de ce monde, s’adonnant à l’impérialisme, de toute évidence. Mais ce sujet fut couvert d’une extrémité à l’autre et l’argumentaire démontrait indéniablement l’ingérence de ces puissances impérialistes, donc je ne m’y attarderai pas d’avantage.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est plutôt la double-mesure et je me questionne quant aux réactions probantes  des occidentaux, si de telles manifestations, c’est-à-dire, violentes et subversives, se déroulaient en sol états-unien, français, britannique, canadien, allemand, turque ou italien, chez eux bref. Comment réagiraient ces puissances, contre de tels mouvements populaires organisés de l’extérieur, s’ils avaient lieu à l’intérieur de leurs frontières respectives?

De facto, il est interdit de manifester sa colère, armé, dans nos pays puissants. Les lois nous l’interdisent formellement. Alors voyons comment réagiraient les gouvernements hypocrites des pays de l’OTAN, si des manifestants gambadaient lourdement armés, arguant leur colère et leur désir de renverser l’État, très ouvertement? Comment réagirait Ottawa ou Washington, si leurs capitales étaient prises d’assaut par des forces inconnues, représentées par une partie de leur propre population et que cette dernière, prenait les armes pour compléter de leur tâche? Tireraient-elles sur les manifestants ou lâcheraient-elles les armes contre ceux-là, à la demande des pays arabes, dont la Syrie d’Assad et la Libye de Kadhafi?

Aux États-Unis d’Amérique

Au pays de la liberté, rien n’est plus faux que cette prétention. La liberté est octroyée à qui en a les moyens. D’autre part, les États-uniens qui critiquent la liberté d’expression bafouée à Cuba, se complaisent de la double-mesure en leur propre sol. Par exemple, un Cubain arrêté pour avoir reçu des capitaux d’un État étranger, dans un dessein subversif, sera accusé de haute trahison et encourra une peine à perpétuité, voire à vie, donc moindre. Or, le même acte aux États-Unis d’Amérique est plus sévèrement puni et là aussi, il s’agit d’un crime de droits communs et non d’une «liberté d’expression bafouée». Un États-unien recevant des capitaux d’un État étranger, dans un but subversif, risque tout banalement, la «PEINE DE MORT»!

C’est dire, à quel point l’hypocrisie règne chez les puissances impérialistes, et à quel point l’ignorance suit de près, puisque les conditionnements en place, favorisent celle-ci. Les médias par exemple, serviront de canalisateur de la pensée commune et jugeront «une manifestation», en la clamant de légitime ou non, en la dénonçant ou non.

Il n’est pas interdit de manifester aux États-Unis d’Amérique, il s’agit d’ailleurs du premier amendement, mais l’idée de manifester armé, même s’il est permis de le faire dans certains États, ne vient pas naturellement chez les États-Uniens. On peut si l’on est nostalgique des mouvements sociaux révolutionnaires, se rappeler le mouvement des «BlackPanthers», qui fit miroiter un instant, la potentialité d’une révolution aux États-Unis d’Amérique, en s’affirmant, mais en s’affirmant armé surtout.

Il faut sinon, remonter aux évènements de Watts, où près d’une quarantaine de personnes moururent, des suites des émeutes et de la répression policière très violente. À ce moment là, la communauté noire était unie et désirait venger le sort de Rodney King.

Bref, les mouvements armés ne sont pas tolérés en sol états-unien, quand ils ne sont pas circonscrits par les autorités elles-mêmes, ou organisés par celles-ci. On peut donc affirmer que ce que Washington tolère à Damas, à Tunis, au Caire, à Tripoli, ou ailleurs où l’Empire a des intérêts et ses tentacules, ça n’est pas toléré en sol états-unien.

En France

En France, les principes sont pratiquement les mêmes. On ne tolère pas les manifestations armées et lorsqu’il y a manifestations, celles-ci se doivent de se comporter comme l’État le désire. Approbation des itinéraires par les autorités d’abord, respect des droits communs, contrôle du «message» colporté qui ne peut, de toute évidence, dépasser les limites quant aux appels à la révolution. Et j’en passe.

Vous vous rappelez certainement la belle histoire de la commune de Paris, sinon vous avez en souvenir les manifestations où le nombre de manifestants fait l’envie des organisateurs du monde entier, mais la France permet-elle les manifestations armées? Pas vraiment.

Et nous pouvons observer que la France réprime avec la même ardeur que les Syriens ou les Libyens, les manifestations qui la gênent, par exemple lors des évènements du 17 octobre 1961. Bien sûr, ces répressions n’ont pas toujours lieu en France, mais tout de même, elles ont lieu dans les bastions de celles-ci, où précisément, des gens veulent l’émancipation de leur nation.

La France n’a donc aucune leçon de morale à faire aux autres nations, elle n’a pas à sommer le leader syrien, ni tout autre dirigeant étranger, elle qui ne s’impose même pas ses principes.

Au Canada

Au Canada, «au début des années 1840, environ 4 000 travailleurs creusent les canaux de Beauharnois et de Lachine. Les ouvriers travaillent 12 heures par jour, 6 jours sur 7. Le 24 janvier 1843, le salaire journalier est coupé du tiers, ce qui amène les travailleurs à déclencher une grève. Le 11 juin 1843, l’armée fait feu sur les grévistes. On compte 20 morts et 40 blessés chez ceux qui exercent des moyens de pression».

Sinon, au Québec, on peut se souvenir, pour les plus âgés, de la répression militaire contre les manifestants des rues Saint-Vallier, Saint-Joseph et Bagot, où l’armée tire sur la foule, tuant 4 personnes et en blessant plus de 70.

Et encore, qui ne se rappelle pas des arrestations arbitraires du récent G-20, où la police torontoise procéda à l’arrestation massive de centaines de manifestants et où les droits de ces derniers furent arbitrairement et illégalement suspendus?

En Italie

Même chose en Italie, il est formellement défendu de porter des armes lors de manifestations.

On peut se rappeler sinon, le tir du carabinier Mario Placanica lors du G-8 de 2001, à Gênes. Carlo Giuliani y perdra la vie, recevant la balle qui lui était destinée. Il avait 23 ans, il était étudiant.

En Turquie

En Turquie, les manifestants pacifiques sont réprimés également. Très souvent, des syndicalistes y sont sévèrement réprimés et battus, comme en témoignent ces images ou celles-ci.

En Allemagne

En Allemagne, on ne fait pas mieux. En septembre 2010, les autorités policières réprimèrent par les canons à eau et les gaz lacrymogènes, plus de 1000 manifestants, en blessant 400 d’entre eux.

En 2007, lors des manifestations anti-G8, plus de 900 policiers allemands réprimeront sévèrement et arbitrairement des manifestants, en allant jusqu’à confisquer des ordinateurs personnels et des biens autres, en vue d’accusations potentielles et relatives quant à la contrainte au travail des policier, etc..

En Grande-Bretagne

Qui ne se rappelle pas les images troublantes de la charge cavalière, commandée par la dame de fer, Margaret Tatcher, contre les travailleurs du charbon, contre les syndicats? Qui ne connait pas les capacités de répression britannique? En Irlande, par exemple, où des indépendantistes étaient parfois abattus plutôt froidement?

En somme

Finalement, que relevez-vous de chacun des cas concernant ces pays? En effet, aucun d’eux n’était une insurrection armée, organisée par un pays étranger, dans un dessein subversif. Aucun de ces cas non plus, opposait des manifestants lourdement armés d’armes de guerre (Un mortier, ça n’est pas pour la chasse à l’élan…) à des policiers équipés de fusils de chasse et de pistolet à 10 coups. Aucune de nos grandes villes n’a connu les bombardements, les attaques répétées au mortier ou les attentats terroristes à la voiture piégée.

Or, c’est précisément ce qu’ont vécu les Libyens lors des premiers balbutiements du CNT libyen et surtout, lors du support de l’OTAN à ces voyous, qui parachevaient leur Coup d’État, orchestré depuis l’outremer. Aucune de nos villes n’a connu la destruction massive de ses infrastructures, de ses centrales électriques et/ou de ses écoles et de ses hôpitaux. Or, c’est précisément ce qu’a vécu la Libye de Kadhafi et c’est ce que s’apprêtent à vivre les Syriens, même si en fait, le travail des mercenaires de l’OTAN en Syrie est déjà bien avancé, puisque l’on rapportait des combats violents, hier, à quelques kilomètres de Damas.

D’un ton paternaliste, les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne, la France, le Canada et quelques monarchies des pays arabes, s’effrayant celles-là de passer au rouleau compresseur de suite à la conquête, accusent le président Assad de réprimer violemment les «manifestants pacifiques», qui ne l’ont jamais été. Ils accusent Assad, pour ce qu’ils feraient de toute évidence, eux-mêmes. Mais heureusement pour eux, pour l’instant, la grogne n’a pas rejoint leurs frontières. La complainte est donc facile, et dépourvue d’authenticité. La critique est tout simplement hypocrite, puisque nous savons que par exemple, Washington ne tolère même pas les indignés sans arme à Washington, à New-York, à Oakland, au Wisconsin, et partout ailleurs où ils se sont depuis 2007-2008, multipliés avec raison. Aucune de ces grandes puissances ne tolèrerait une grogne si musclée, qu’elle emploierait des mortiers et des calibres .50 pour se faire justice avec un  grand J.

Il y a donc au moins deux points ici, sur lesquels les occidentaux ne peuvent rien dire contre leurs opposants. Tout d’abord, s’ils avaient à vivre de telles contestations sur leur territoire respectif, ils ne feraient guère mieux que les Libyens, ou les Syriens et tueraient sans compter les cadavres, tous ceux qui tiendraient rempart contre leur État tout puissant. Ensuite, aucun d’entre eux ne tolèrerait qu’un État étranger ne finance et organise ces attaques à leur endroit, la vengeance tant économique que militaire serait d’envergure, on ne peut en douter.

Alors voilà, c’est à vous, chers lecteurs, de juger de la pertinence des discours médiatisés et enflammés de nos chefs d’État à l’endroit d’autres chefs d’État, condamnant ce qu’ils ne tolèreraient même pas si vous étiez cette contestation «pacifique», armée jusqu’aux dents. Si vous preniez les armes pour aller occuper la colline parlementaire d’Ottawa, ou pour aller asseoir votre indignation dans les locaux du Pentagone et de la Maison Blanche, ou à l’Élysée, etc.., vous seriez pris pour cible par les policiers d’État d’abord, puis rapidement, ces derniers seraient secondés par les forces armées, dépassé par vos tirs de mortier aveugles, et par votre harcèlement au tir à la lunette, tuant nécessairement les policiers armés de simples pistolets.

S’il s’agissait de votre révolution à vous, comment réagiraient vos chefs d’État? Ils vous tueraient, aussi froidement qu’ils tuent tous les jours, arbitrairement et illégalement, des ennemis idéologiques, comme des ennemis en armes.

Stephen Harper aurait-il accepté que l’on tire sur les policiers du G-20, à Toronto? Obama accepterait-il que les occupants d’Oakland et de Washington prennent les armes et stoppent toute tentative de les déloger par le feu de ces armes? Sarkozy accepterait-il, en France, que les syndicats s’arment et ajoutent cette note à leurs démonstrations de force déjà impressionnante? Cameron accepterait-il qu’on prenne les armes à Londres et qu’on batte à coups de barre de fer, les fameux casqués noirs et qu’on prenne d’assaut les «instances démocratiques»?

La réponse à toutes ces questions est bien entendu, NON. Aucun de ces pseudo-démocrates ne tolèrerait de telles manœuvres sur leur sol. Aucun d’entre eux ne pourrait éviter de sombrer dans la répression extrêmement violente, à l’instar de la violence qu’ils engagent contre leurs opposants politiques et idéologiques à l’étranger. Ils ont, ces chefs d’État, assassiné Muammar Kadhafi, assassiné Patrice Lumumba, assassiné Ernesto Che Guevara, assassiné des tas de leaders politiques qui les dérangeaient, ou des chefs rebelles, comme Raùl Reyes, ou encore, des peuples quasiment complets, comme celui des Vietnamiens, tout cela, pour des intérêts économiques, relatifs au pouvoir. Pour préserver leur pouvoir sur les autres États du monde, nos «grands» chefs d’État ont multiplié les meurtres, tant personnels que de masse, ils ont fabriqué des éléments de preuve menant à des guerres barbares (Irak et les ADM…). Ils vous ont toujours menti et se sont servis de vous, comme chair à canon et comme moteur industriel durant leurs efforts de guerre.

C’est bien simple, si vous faisiez comme les Syriens et que vous preniez les armes contre votre État, des armes fournies par une puissance étrangère, dans un objectif avoué de renverser votre gouvernement, votre chef d’État ordonnerait aux forces policières d’abord, de vous éliminer, puis aux forces armées, d’obtempérer au travail bâclé des policiers, que vous auriez nécessairement tué.  Votre chef d’État adoré vous ferait tuer sans pitié, sans remord, comme lorsqu’il ordonne à ses bombardiers d’arroser Tripoli, bientôt Damas, ou tantôt Téhéran et Caracas.

Vos chefs d’État ne sont pas ceux qu’ils prétendent être. Ce sont des menteurs, des tueurs de masse et des comploteurs. Ils veulent vous partager l’odieux des crimes d’État, commis dans les pays étrangers. N’acquiescez pas. Refusez. Dénoncez plutôt, et condamnez les agissements hypocrites de vos chefs d’État, des comportements qui ne sont rien de moins que CRIMINELS.

Les sept chevaliers de la mort

Les voilà de retour au pays, ces sept chevaliers de la mort, à bord de leurs appareils largueurs d’Armes de Destruction Massive.  Hier se sont posés en effet, les sept F-18 de l’armée de l’air canadienne (3 de Bagotville et 4 de Cold Lake –Alberta-), ayant participé au Coup d’État en Libye et au massacre conséquemment, des civils se trouvant sur la trajectoire de leurs bombes. Ils ont été d’un secours inébranlable envers les terroristes islamistes, membres d’Al-Qaïda, de Benghazi, ne parvenant pas ceux-ci, seuls, à ébranler le gouvernement de Muammar El Kadhafi légitimé celui-là, par un appui populaire massif et solidifié, par une bonne armée conventionnelle.

Comme prévu plutôt par l’OTAN, ce bras armé de la bourgeoisie internationale, le gouvernement Kadhafi fut éventré par les diverses attaques aériennes, violant pourtant celles-ci, la résolution 1973 de l’ONU, limitant ces interventions militaires d’abord au ciel, et non aux cibles au sol, de la ville de Benghazi seulement d’ailleurs. Ainsi, le Canada et ses alliés auront violé; la résolution onusienne, les lois internationales sur l’usage d’Armes de Destruction Massive et leur possession, les lois internationales sur les droits humains à la vie et les lois de la guerre, en attaquant des cibles dites protégées par des «boucliers humains». Car il y a bien pire que celui qui constitue aux yeux des attaquants, des «boucliers humains», il y a ceux qui tirent quand même sur ces boucliers humains, violant ainsi les lois de la guerre et les droits humains. Allons plus loin, les terroristes pourraient user de ce principe et dire que Washington avait bourré les tours jumelles du World Trade Centre, de «boucliers humains» à cravate.

Résumons donc cette mission, d’où reviennent ces soi-disant héros, plutôt lâches à mon humble avis:

Le Canada a indéniablement participé à un Coup d’État (comme nous en faisait part Jean-Pierre Blackburn sur les ondes de Radio-Canada) visant à changer le gouvernement de Tripoli pour y installer la dictature actuelle, celle des intégristes de Benghazi, soutenus ceux-là, par la CIA et les diverses organisations terroristes étatisées du monde. Car en effet, ceux que les fautifs nommaient les «manifestants pacifistes», à l’instar de Bryan Mulroney sur les ondes de Radio-Canada, n’étaient pas moins armés jusqu’aux dents par la CIA et tiraient de véritables balles sur les policiers libyens du gouvernement légitime et souverain, de Muammar Kadhafi. Un geste semblable, commis par un pays tiers, aux États-Unis d’Amérique, se verrait non seulement puni par Washington, mais le serait également en sanctions économiques internationales.

Autrement dit, le Canada est allé appuyer ce qu’il interdit sur son propre sol : des manifestations armées contre le gouvernement, financées par des États étrangers. Si je prends une Kalachnikov à l’épaule et un RPG-7 à l’autre et qu’un pays me fournit ces armes, pour aller faire valoir mes opinions sur la colline parlementaire, je doute fortement que l’OTAN me fournisse un support aérien et encore plus fortement que le gouvernement canadien me respecte dans ce «droit» imaginé par les forces de l’OTAN, de manifester armé jusqu’aux dents, armé par des États étrangers (C’est pourtant la logique usée par Washington, quant aux prisonniers politiques de Cuba, qu’elle finance illégalement, pour faire de la subversion à Cuba. C’est qu’il faut savoir qu’aux États-Unis d’Amérique, si vous êtes pris en flagrant délit d’être payé par un État étranger pour faire de la subversion au pays, vous êtes passible de la peine de mort, pour haute trahison!).

Le Canada a également tué des civils, inévitablement, en bombardant des zones occupées et habitées par ceux-là. Il a outrepassé ses droits, au nom des Canadiens et à leurs frais. Car ce sont en effet nos impôts chers camarades canadiens, qui auront eu raison de Muammar Kadhafi, et des civils s’étant trouvés sur la trajectoire des bombes à l’uranium appauvri de l’OTAN.

Ici, au pays, Radio-Canada a accueilli ces sept chevaliers de la mort comme des héros, alors qu’ils n’étaient visiblement que des lâches, ayant participé à un massacre et à un Coup d’État depuis des milliers de pieds d’altitude. Violant ainsi les lois internationales sur l’interdiction de soutenir médiatiquement la guerre, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soient les objectifs déterminés, la société d’État s’est inscrite au même rang que l’État canadien, dans une logique propagandiste de défense des intérêts de la guerre impérialiste, ce qui est illégal soit dit en passant.

Bien entendu, à Bagotville, les officiels furent nombreux à accueillir ces lâches. Walter Natynczyk le premier, a parlé d’une mission accomplie. Or, la mission n’en était pas moins, illégale et dénuée de légitimité, voire criminelle et digne des actes sombres de la mafia. Sourire aux lèvres, il a félicité les bourreaux du peuple libyen, avec commentaires ajoutés des laquais l’entourant, sur les actes pourtant dégueulasses commis par ces pilotes, loin des dégâts qu’ils occasionnaient au peuple libyen. Les Libyens n’y ont certes rien gagné. Les pétrolières et les sociétés étrangères en revanche…

Et c’en est ainsi désormais, dans le Canada de Stephen Harper. C’en est ainsi, depuis que les conservateurs gouvernent à Ottawa et ce n’est probablement pas la dernière mission impérialiste de ces chevaliers de la mort… La Syrie, où un CNS fut créé par la CIA là aussi, risque bien de remettre ces chevaliers sur leur selle, pour un massacre inévitable. L’Iran prochainement et pourquoi pas le reste du monde? Même les jeux vidéo nous y préparent…

Il est quand même dommage que les raisons évoquées par l’OTAN pour ce Coup d’État, ne valent pas pour ceux qui commettent ces mêmes actes, depuis plus d’un siècle. Les pays ayant participé à cette mission illégale, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, ont cent fois plus de sang sur les mains que n’auraient pu en avoir Kadhafi et toute sa descendance. Il est donc questionnable, la légitimité de cette agression et non questionnable la lâcheté de ces pilotes canadiens. On ne risque pas de voir Israël visée par ces complots, ni les États-Unis d’Amérique, alors que ces deux États à eux seuls, commettent depuis des décennies, des milliers de meurtres contre des innocents.

Et d’autre part, si nous vivions réellement dans des États de droit, nos chefs d’État seraient mis aux arrêts et jugés pour leurs crimes, dont le meurtre d’un dirigeant étranger et l’invitation même, à ce meurtre, invitation faite par Hillary Clinton sur toutes les ondes de la planète.

Voilà donc un compte de fée écrit par des monstres, à leur image, que l’héroïsme de ces pilotes, que je ne risque pas de répéter à mes enfants.