Quand le matérialisme s'en mêle…

Qu’est-ce qu’un Remora? …………………………….par Sylvain Guillemette

Les chroniqueurs de droite du Québec s'accrochent au prédateur pour de meilleures fientes.Le Rémora est un petit poisson particulier. Il se nourrit d’excréments de bêtes plus grosses et puissantes que lui. Mais pour ce, il doit suivre au pas ses hôtes d’une tactique sans quasi pareil… Le Rémora s’agrippe grâce à une ventouse.

Ne trouvez-vous pas que certains acteurs de notre société ressemblent étrangement à ces petits parasites utiles, pour les plus gros prédateurs de notre société?

Ne trouvez-vous pas que certains chroniqueurs pour ne pas être trop précis, lancent dangereusement des appels à la haine envers ceux et celles qui pendant des décennies, ont pavé les bases solides de tout ce qui a permis nos avantages sociaux indéniables au regard des autres nations de ce monde?

Je les vois, de ma classe de salarié, prétendre que l’Union des miens est futile, puérile et qu’elle puisse nuire à l’économie. Autant dire que les équipes dans tous les sports ne servent à rien non plus…

Tout en prônant d’une autre voix l’union de la minorité parasitaire qui depuis plus d’un siècle, amasse le butin ironiquement fructifié par les salariés qui au terme, le quémandent tout en se tapant le lynchage de ces fameux petits poissons, faibles, mais bien gardés d’une assurance salariale et d’une couverture médiatique positive.

Mais ras-le-bol. On n’est plus en 1950, ni en 1920, encore moins au temps où les salariés devaient affronter le mousquet, ce qui les a conduit nous le savons, à la syndicalisation. Les syndicats, s’ils sont appelés à disparaître, le feront parce que la bourgeoisie les y forcera et non pas parce que les prolétaires s’en trouveront tout à coup, désireux du chacun pour soi.

Un salarié averti en vaut 10 et les Rémoras le savent et ce sont ces gens qui précisément, appellent à notre dissolution, à notre éparpillement, à notre division, pour que leurs hôtes puissent régner sans entrave, vers l’asservissement total des forces laborieuses que nous sommes.

Ce n’est pas le syndicalisme qu’il faille abolir, mais le capitalisme qui combat quotidiennement, les intérêts des peuples laborieux de cette Terre.

À bas les masques.

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Les sept chevaliers de la mort

Les voilà de retour au pays, ces sept chevaliers de la mort, à bord de leurs appareils largueurs d’Armes de Destruction Massive.  Hier se sont posés en effet, les sept F-18 de l’armée de l’air canadienne (3 de Bagotville et 4 de Cold Lake –Alberta-), ayant participé au Coup d’État en Libye et au massacre conséquemment, des civils se trouvant sur la trajectoire de leurs bombes. Ils ont été d’un secours inébranlable envers les terroristes islamistes, membres d’Al-Qaïda, de Benghazi, ne parvenant pas ceux-ci, seuls, à ébranler le gouvernement de Muammar El Kadhafi légitimé celui-là, par un appui populaire massif et solidifié, par une bonne armée conventionnelle.

Comme prévu plutôt par l’OTAN, ce bras armé de la bourgeoisie internationale, le gouvernement Kadhafi fut éventré par les diverses attaques aériennes, violant pourtant celles-ci, la résolution 1973 de l’ONU, limitant ces interventions militaires d’abord au ciel, et non aux cibles au sol, de la ville de Benghazi seulement d’ailleurs. Ainsi, le Canada et ses alliés auront violé; la résolution onusienne, les lois internationales sur l’usage d’Armes de Destruction Massive et leur possession, les lois internationales sur les droits humains à la vie et les lois de la guerre, en attaquant des cibles dites protégées par des «boucliers humains». Car il y a bien pire que celui qui constitue aux yeux des attaquants, des «boucliers humains», il y a ceux qui tirent quand même sur ces boucliers humains, violant ainsi les lois de la guerre et les droits humains. Allons plus loin, les terroristes pourraient user de ce principe et dire que Washington avait bourré les tours jumelles du World Trade Centre, de «boucliers humains» à cravate.

Résumons donc cette mission, d’où reviennent ces soi-disant héros, plutôt lâches à mon humble avis:

Le Canada a indéniablement participé à un Coup d’État (comme nous en faisait part Jean-Pierre Blackburn sur les ondes de Radio-Canada) visant à changer le gouvernement de Tripoli pour y installer la dictature actuelle, celle des intégristes de Benghazi, soutenus ceux-là, par la CIA et les diverses organisations terroristes étatisées du monde. Car en effet, ceux que les fautifs nommaient les «manifestants pacifistes», à l’instar de Bryan Mulroney sur les ondes de Radio-Canada, n’étaient pas moins armés jusqu’aux dents par la CIA et tiraient de véritables balles sur les policiers libyens du gouvernement légitime et souverain, de Muammar Kadhafi. Un geste semblable, commis par un pays tiers, aux États-Unis d’Amérique, se verrait non seulement puni par Washington, mais le serait également en sanctions économiques internationales.

Autrement dit, le Canada est allé appuyer ce qu’il interdit sur son propre sol : des manifestations armées contre le gouvernement, financées par des États étrangers. Si je prends une Kalachnikov à l’épaule et un RPG-7 à l’autre et qu’un pays me fournit ces armes, pour aller faire valoir mes opinions sur la colline parlementaire, je doute fortement que l’OTAN me fournisse un support aérien et encore plus fortement que le gouvernement canadien me respecte dans ce «droit» imaginé par les forces de l’OTAN, de manifester armé jusqu’aux dents, armé par des États étrangers (C’est pourtant la logique usée par Washington, quant aux prisonniers politiques de Cuba, qu’elle finance illégalement, pour faire de la subversion à Cuba. C’est qu’il faut savoir qu’aux États-Unis d’Amérique, si vous êtes pris en flagrant délit d’être payé par un État étranger pour faire de la subversion au pays, vous êtes passible de la peine de mort, pour haute trahison!).

Le Canada a également tué des civils, inévitablement, en bombardant des zones occupées et habitées par ceux-là. Il a outrepassé ses droits, au nom des Canadiens et à leurs frais. Car ce sont en effet nos impôts chers camarades canadiens, qui auront eu raison de Muammar Kadhafi, et des civils s’étant trouvés sur la trajectoire des bombes à l’uranium appauvri de l’OTAN.

Ici, au pays, Radio-Canada a accueilli ces sept chevaliers de la mort comme des héros, alors qu’ils n’étaient visiblement que des lâches, ayant participé à un massacre et à un Coup d’État depuis des milliers de pieds d’altitude. Violant ainsi les lois internationales sur l’interdiction de soutenir médiatiquement la guerre, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soient les objectifs déterminés, la société d’État s’est inscrite au même rang que l’État canadien, dans une logique propagandiste de défense des intérêts de la guerre impérialiste, ce qui est illégal soit dit en passant.

Bien entendu, à Bagotville, les officiels furent nombreux à accueillir ces lâches. Walter Natynczyk le premier, a parlé d’une mission accomplie. Or, la mission n’en était pas moins, illégale et dénuée de légitimité, voire criminelle et digne des actes sombres de la mafia. Sourire aux lèvres, il a félicité les bourreaux du peuple libyen, avec commentaires ajoutés des laquais l’entourant, sur les actes pourtant dégueulasses commis par ces pilotes, loin des dégâts qu’ils occasionnaient au peuple libyen. Les Libyens n’y ont certes rien gagné. Les pétrolières et les sociétés étrangères en revanche…

Et c’en est ainsi désormais, dans le Canada de Stephen Harper. C’en est ainsi, depuis que les conservateurs gouvernent à Ottawa et ce n’est probablement pas la dernière mission impérialiste de ces chevaliers de la mort… La Syrie, où un CNS fut créé par la CIA là aussi, risque bien de remettre ces chevaliers sur leur selle, pour un massacre inévitable. L’Iran prochainement et pourquoi pas le reste du monde? Même les jeux vidéo nous y préparent…

Il est quand même dommage que les raisons évoquées par l’OTAN pour ce Coup d’État, ne valent pas pour ceux qui commettent ces mêmes actes, depuis plus d’un siècle. Les pays ayant participé à cette mission illégale, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, ont cent fois plus de sang sur les mains que n’auraient pu en avoir Kadhafi et toute sa descendance. Il est donc questionnable, la légitimité de cette agression et non questionnable la lâcheté de ces pilotes canadiens. On ne risque pas de voir Israël visée par ces complots, ni les États-Unis d’Amérique, alors que ces deux États à eux seuls, commettent depuis des décennies, des milliers de meurtres contre des innocents.

Et d’autre part, si nous vivions réellement dans des États de droit, nos chefs d’État seraient mis aux arrêts et jugés pour leurs crimes, dont le meurtre d’un dirigeant étranger et l’invitation même, à ce meurtre, invitation faite par Hillary Clinton sur toutes les ondes de la planète.

Voilà donc un compte de fée écrit par des monstres, à leur image, que l’héroïsme de ces pilotes, que je ne risque pas de répéter à mes enfants.

Les mercenaires cubains de la Maison Blanche

Salim Lamrani vient de publier « Cuba, ce que les médias ne vous dirent jamais », un recueil d’articles écris au cours des cinq dernières années. Il y passe en revue, de manière systématique, tous les arguments utilisés par la propagande états-unienne pour justifier a posteriori l’embargo imposé unilatéralement par Washington en violation du droit international. Ce tour d’horizon permet de mesurer à quel point les critiques du gouvernement révolutionnaire sont irréelles. Une annexe historique souligne aussi la permanence de l’attitude des administrations états-uniennes successives, indépendamment de l’alternance de façade entre démocrates et républicains.
On regrettera l’absence d’index qui aurait permis d’utiliser ce livre comme une encyclopédie ; quoi qu’il en soit, son caractère exhaustif et la précision de son argumentation en font un ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent approfondir cette question.
Nous reproduisons ici un extrait consacré aux plus célèbres « dissidents » mis en scène par la Maison-Blanche.

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Conférence de presse des « dissidents » cubains, organisée à la résidence du chargé d’affaire des États-Unis à La Havane. (de gauche à droite : Manzano, Bonne, Roque et Roca).

L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des États-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants [1] ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi [2].

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité [3].

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l’on fait faire tout ce qu’on veut pour de l’argent [4] ». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [5] ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [6] ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [7] ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne [8].

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux [9]. Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences [10] ».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu [11].

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale [12].

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba [13] ».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami [14].

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez [15]. Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux [16]. Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple : Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois [17]. Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Étant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans [18]. Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’État cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires [19]. Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances [20]. Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines [21]. Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque [22]. Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature [23].

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés [24] ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

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Armando Valladares, ex-poéte et ex-paralytique, est désormais ex-président de la Human Rights Foundation, dont il a démissionné pour apporter son appui aux golpistes honduriens.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain [25] ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard [26].

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […]. Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise [27].

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

 Salim Lamrani
Enseignant, chargé de cours aux universités Paris-Descartes et Paris-Est Marne-la-Vallée. Dernier ouvrage publié : Cuba. Ce Que les Medias Ne Vous Diront Jamais, Estrella (2009).

[1] Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

[2] bid.

[3] Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

[4] Le Littré, V. 1.3.

[5] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

[6] Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

[7] Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004) pp. 16, 22.

[8] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). p. 20.

[9] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

[10] BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

[11] Ibid.

[12] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit., p.

[13] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, op cit., p. 22.

[14] Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004.

[15] Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 7 octobre 2004.

[16] Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

[17] Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

[18] Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. (site consulté le 2 décembre 2004).

[19] Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004.

[20] Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003.

[21] Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004.

[22] Wilfredo Cancio Isla, « Un símbolo en libertad », El Nuevo Herald, 1 décembre 2004.

[23] Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

[24] Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

[25] Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

[26] Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

[27] Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

Réseau Voltaire

Le privé dans le vent?

À Thedford Mine, et ailleurs au Québec, des débats ont lieu pour défendre et pour contrer l’installation d’éoliennes, par des entreprises privées. Les débats tournent surtout autour du fait qu’au Québec, nous ayons déjà choisi de nationaliser notre électricité et que nous ayons déjà dit «non» au privé dans ce secteur. Seulement, pressés de faire plaisir à leurs copains bourgeois, desquels ils servent les intérêts, les libéraux ont torpillé ce principe –comme ils ont fait avec la santé-, permettant au privé de faire compétition à notre monopole bien à nous, et permettant à une classe d’individus, de s’enrichir sur la demande d’autrui, ce qui revient bien sûr, à de l’embourgeoisement.

C’est que, l’entreprise privée voulant installer des éoliennes, doit le faire sur des terres appropriées, et celles-ci, souvent, appartiennent à ceux et celles qui pouvaient et/ou peuvent se les permettre. Il y a donc absence d’équité. Donc, encore une fois, une analyse marxiste sera nécessaire, étant donné que les idéalistes n’en feront rien avec leur habitude de mettre ce genre de débat, sous le tapis, comme ce qu’ils font avec le «privé en santé».

Par exemple, un simple travailleur ne gagnant pas son 40 000 dollars annuellement, ne possédant qu’une petite maison, sur un petit terrain, ne se verra pas offert d’y installer une éolienne, ce qui pourtant, si c’était possible, l’avantagerait financièrement. De plus, toutes ententes sont signées en privé, avec l’entreprise, ce qui certes, choque certains militants, puisque des ententes similaires, pourraient devenir plus avantageuses pour celui ou celle qui sait négocier.

Dans un souci de faire paraître le gouvernement plus transparent et plus nationaliste surtout, sinon de faire étouffer le vrai débat, madame Normandeau dit à Radio-Canada, en réponse, qu’il doit y avoir du «contenu québécois» dans les ententes. Sauf que cela ne permet pas à l’auditoire de Radio-Canada de comprendre qu’il s’agit de bourgeoisie québécoise, et non plus, de simples québécois. Le «maître chez nous» ne vise guère le prolétariat, mais bel et bien la bourgeoisie québécoise, qui ne représente qu’une mince minorité de notre «nation».  Par exemple, et cela n’est que le plus clair des exemples, si je ne possède pas de terre, il n’y a aucune chance pour moi d’en sortir gagnant, je ne tirerai aucun profit d’une éolienne qui remplierait une offre, à la demande d’un de mes voisins. Et donc, une fois de plus, l’idéalisme l’emporte et brise toute possibilité de débattre des enjeux réels, de l’exploitation des uns, par les autres… Car en permettant par exemple la pose d’éoliennes sur un terrain, le propriétaire de ce dernier fera instantanément des profits, sur la demande de ses voisins. Et c’est ce droit que les québécois se sont brimés, il y a déjà plusieurs années, par souci d’équité et de justice sociale. Certains me diront jaloux, mais je n’aspire pas à vivre de la demande d’autrui, je n’aspire pas à profiter du besoin d’autrui surtout, encore moins de faire des profits sur le labeur d’autrui. Et cette insulte, sincèrement, ne briserait aucunement mes arguments. Elle n’expliquerait pas le processus et le conditionnement par lesquels sont passés tels bourgeois, ou tels prolétaires, pour argumenter leur position actuelle dans la sphère sociale, elle-même dictée par le système économique en place.

C’est donc, une fois de plus, une avancée pour les capitalistes, au détriment de la nation, mais surtout, des prolétaires du Québec, qui pourtant, sont les véritables créateurs de richesses. Et cela mes chers, sans débat de fond! D’ailleurs, même ces éoliennes auront été fabriquées par le labeur de prolétaires, qu’exploiteront à leur tour, les bourgeois propriétaires de ces moyens de production qui permettent de fabriquer des éoliennes. C’est finalement, un pas de plus dans le régime d’exploitation des masses que tente de faire le gouvernement québécois des libéraux –capitaliste nous le savons-, un pas de plus dans le système capitaliste, ce système incapable de partager les richesses et incapable de tenir sans l’aide prolétarienne -l’État-, plus de 30 ou 40 ans…, et qui permet surtout, l’exploitation des uns, par les autres, celle des prolétaires, par la bourgeoisie minoritaire et parasitaire.

J’ai toujours été pour qu’on développe le réseau éolien, mais pas à n’importe quel prix! Et pourquoi pas, Éole-Québec? Oui, il existe des alternatives, mais elles sont tues, par les capitalistes…

La nécessité des gens d’affaires

La nécessité des gens d’affaires


La nécessité des gens d’affaires est-elle une réalité, ou une simple relativité due à la concentration de la richesse dans les mains de la bourgeoisie que représentent ces gens d’affaires? Par ce questionnement, j’entends répondre aux argumentaires des militants capitalistes, dont entre autres, à ceux des ex-députés débattant avec monsieur Durivage à Radio-Canada. Je peux aisément démontrer qu’il y a une raison pour laquelle des gens sont plus riches que d’autres, et que cette richesse, peut ensuite servir à les enrichir d’avantage, jouant l’intermédiaire, puisque possible, entre l’offre et la demande.

De fait, nous savons qu’une maigre partie de la population emploie, et qu’une autre, bien plus grande, est la salariée de cette première. De ces 2 classes, l’une se nomme la bourgeoisie, l’autre, le prolétariat. On distingue le prolétariat par la vente de sa force de travail, laquelle le bourgeois achète, puisqu’il en a les moyens, sinon, les capitaux pour le faire. On distingue le bourgeois par ses possessions de capitaux, dont surtout, celle des moyens de production, lesquels serviront ensuite, avec le labeur des prolétaires, à créer d’avantage de richesse, qui elle, se cartellisera chez le bourgeois.  Certes, il y a réponse à une demande, une offre. Mais qu’est-ce qui explique le fait qu’une classe possède ces moyens de production –les moyens également, d’offrir-, et qu’une autre, soit elle, obligée de vendre sa force de travail pour subsister à ses besoins criants, sinon à ceux de ses proches, comme de sa famille?

Il s’agit là d’un processus que préfèrent taire nos adversaires idéalistes, donc également, capitalistes. Car les idéalistes rejettent cette forme d’étude, par expérience, qui permet d’expliquer une chose ou une autre. Par exemple, un cornet qui serait porté au Soleil brûlant, comparé à ce cornet qui, serait préservé au congélateur. L’un des deux, sans équivoque, ne se sera plus de la même forme. Il aura fondu, pour des raisons explicables, prouvables et démontrables. La chaleur –à un certain niveau relatif-, permet la fonte de la glace, telle est la conclusion d’une étude bénigne (nous pourrions certainement pousser l’étude de la glace plus que cela, voire à identifier les composantes, etc..). Je démontrerai, dans les prochains paragraphes, qu’un processus explique également qu’il y ait des bourgeois, et qu’un autre explique aussi, qu’il y ait des prolétaires.

Le capital. Le capital, lorsque l’on en possède, permet toutes sortes de choses. L’une des divinités qu’il permet se nomme l’exploitation. Celle du labeur d’autrui en partie, sinon maintenant, celle des malheurs et maux physiques d’autrui. Le bourgeois en possède énormément, comparé au prolétaire. Avec ce capital, le bourgeois transforme la demande en offre, en créant une entreprise, par laquelle il sera dit qu’il «crée des emplois». Mais de fait, c’est la demande qui crée l’offre –les emplois-, et non l’intermédiaire qui possède les capitaux –Ça peut être n’importe qui, il y a même des loteries pour s’en assurer!-. Bâtissant son «entreprise privée», les prolétaires remplissent déjà, une autre demande, formulée elle, par le besoin des consommateurs, dont aura pu profités un chanceux détenteur de capitaux, en quantité adéquate pour ce. Un autre bourgeois. D’ailleurs, même la voiture dans laquelle se promène le bourgeois est une conception faisant suite au labeur de prolétaires, ayant rempli, eux aussi, une demande, elle aussi, issue des capitaux d’un autre bourgeois, tout aussi intermédiaire que mon autre exemple. Mais là n’est pas la question… Comment, maintenant, expliquer cet amas de capitaux chez une parcelle, et minoritaire, population mondiale? Ce débat n’ayant pas lieu dans les échanges de nos trois mousquetaires à Radio-Canada, il s’agit là d’un débat purement totalitaire.

Le capital peut s’amasser de diverses façons, mais nous verrons toutefois, que peu importe la façon dont il sera amassé, il en demeure qu’il n’y a pas lieu de légitimer l’exploitation du labeur d’autrui. Par exemple, certains capitalistes vous diront que le bourgeois a travaillé comme un forçat, et que comme récompense, on lui doit le fruit du labeur d’autrui. Mais cette quantité de labeur n’est pas quantifiable, sinon, l’unité de mesure avec laquelle les capitalistes la calculent, elle, n’existe pas, ou n’a pas été dévoilée par ces capitalistes. Il est donc impossible de comparer le labeur du bourgeois, avec celui de quelconque prolétaire. Un marchand de savon, par exemple, travaillera t-il aussi fort, physiquement, que le poser de bitume, sinon que le charpentier? J’en doute! En vérité, la quantité de labeur n’est pas calculable, cette excuse n’est donc qu’un paravent vis-à-vis le réel fait, celui que le bourgeois, pour partir son entreprise, possédait déjà une quantité nécessaire de capitaux.

Sinon, les capitalistes vous diront également que le bourgeois a pris des risques, mais comment, aujourd’hui, peut-on croire à cet argument fallacieux, puisque l’on est à même de constater que ce risque, a bel et bien été partagé lors de la récente crise capitaliste. Qui donc a perdu son emploi chez GM, les employeurs, ou les employés? Dans cette forme, nous pouvons déjà conclure, sans aller plus loin, que le risque était partagé, que les travailleurs, prolétaires, ont pris le même risque que les employeurs, les bourgeois. Même que, durant toutes ces années, le bourgeois aura certes su se mettre de côté, quelques parts de profit, ce que le prolétaire n’avait peut-être pas les moyens de faire (Je vois déjà les capitalistes me dirent que les employés de GM étaient bien payés, mais c’est certes, parce qu’ils ne connaissent pas le salaire des employeurs! Car une comparaison nous rendrait vite justice, tout en considérant que ce sont les travailleurs qui créent la richesse, les voitures en l’occurrence et non pas le capitaliste, qui n’injecte qu’un capital.).

Et le comble, arrive, lui, lorsque l’on émet une critique vis-à-vis l’héritage, car il faut, à ce moment, tenir compte de leurs premiers arguments… Si le bourgeois a travaillé fort pour gagner son droit d’exploitation du labeur d’autrui, comment est-ce possible que les héritiers héritent de leurs divins droits à leur tour? Ont-ils, eux aussi, travaillé fort? Donc, l’argument tombe ridiculement dans la fausse des idéalistes. Ensuite, par la même ridiculité, les capitalistes laisseront tomber leur argumentaire, selon lequel, les «méritants» auraient pris des risques pour se gagner le droit d’exploiter le labeur d’autrui, en défendant par exemple, l’héritage de ces divins droits.

Il existe diverses raisons pour laquelle des gens sont plus riches que d’autres. Dans notre système économique, capitaliste, il y a ces classes. Déjà, n’est-il pas facile de résoudre l’équation? Un parent riche, offrira t-il les mêmes services à son enfant, que le parent pauvre, incapable d’offrir quoique ce soit? Les réalités sociales, découlant elles, de la réalité économique, n’ont donc rien en commun lorsque l’on examine une famille bourgeoise versus une famille de prolétaires. On peut déjà constater qu’une des deux familles aura moins de misère à soigner les siens –dans un milieu où la santé se donne au privé-, que l’autre, sans parler des chances d’éducation qui s’offriront à un, versus l’autre. Il est donc irréfutable que des conditions diverses existent dans notre société capitaliste, il est donc clair également que certaines personnes disposent d’un amas de capital, possiblement hérité, amassé par avarice, gagné par une loterie ou gagné à même une autre source d’exploitation du labeur d’autrui. Et que ces mêmes personnes, seront celles qui pourront transformer la demande en offre, via leurs capitaux, lesquels ils prendront pour construire des moyens de production. Mais encore, vous savez déjà qui construira ces moyens de production.

Donc, lorsque Marie Grégoire dit que la bourgeoisie est la poche qui donne des «scanneurs» aux hôpitaux publics, elle omet de dire pourquoi ces riches individus possèdent les capitaux, elle omet de dire qu’il y a exploitation du labeur d’autrui, elle crée donc, un totalitarisme des plus absurdes, en direct à la télévision. Et quand elle ajoute que ce sont aussi «des créateurs d’emplois», elle raye d’un coup, l’existence de la demande et le processus expliquant la capacité de ces riches individus de «faire bâtir» des moyens de production. Ces gens ne sont pas des méritants, mais des privilégiés, parmi une masse laborieuse. Ces gens ne sont pas méritants du labeur d’autrui, mais de purs et simples exploitants, se servant de leurs privilèges et de leur amas de capitaux, pour amasser d’avantage de capitaux.

Le tout est purement idéologique. Madame Grégoire, madame Frula et monsieur Charbonneau sont capitalistes. À leurs yeux, les bourgeois sont des méritants, car en défendant leur domination, ils s’assurent un retour d’ascenseur. Et bref, la classe politique québécoise, et mondiale, se démène pour préserver les privilèges acquis des bourgeois, acquis non par démocratie, mais bel et bien par la dictature. Jamais, personne n’a voté pour le capitalisme, ce système fut installé, voire imposé par ces mêmes bourgeois premiers. Avez-vous déjà voté pour un bourgeois? C’est certain que non! Pourquoi? Parce qu’il est impossible de le faire, et qui donc, en réalité, règne sur nos États? Les bourgeois, par leurs lobbys.

L’existence des capitalistes, des bourgeois donc, n’est redevable qu’au système en place, lequel est imposé et pour lequel nous n’avons jamais voté. Sans système capitaliste, les gens d’affaires ne servent plus à rien, ils sont remplacés, dans un système socialiste, par un conseil –comme il en existe dans les entreprises appartenant au bourgeois apte à se payer des gens pour gérer son entreprise…- ouvrier, sinon populaire, par lesquels les prolétaires exerceraient une vraie démocratie, participative celle-là. Les travailleurs, si conditionnés pour ce, savent gérer et peuvent le faire. Ces bourgeois ne sont donc aucunement indispensables, si la crise capitaliste débouche sur la révolution communiste tant attendue.

Débarrassons-nous des parasites! Débarrassons-nous des exploitants du labeur d’autrui! Débarrassons-nous des bourgeois, de ces gens dits «d’affaires», maintenant que nous les savons dispensables!

L’hypocrisie des damnés

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Hier, dans un point de presse n’étonnant en rien, les trois mousquetaires du capitalisme se sont rués contre les socialistes de l’Amérique latine, arguant qu’ils étaient hypocrites de critiquer la position timide de Washington vis-à-vis le coup d’État du Honduras, tout en critiquant la position ferme de la capitale impériale vis à-vis les autres pays d’Amérique latine.

En fait, l’hypocrisie vient tout directement d’Obama lui-même, qui justement, se permet d’intervenir auprès des autres nations, socialistes surtout, comme le Venezuela (Coup d’État de 2002, la C.I.A. avait comploté avec l’opposition de Carmona.), tout en fermant les yeux sur le coup d’État orchestré au Honduras, par des officiers honduriens entraînés, eux,  par les autorités états-uniennes faudrait-il préciser. Et comment, Obama lui-même peut-il expliquer cette montée de lait, vis-à-vis ceux qu’il nomme hypocrites, alors qu’il est un fait, aujourd’hui surtout, très clair, que les États-Unis se sont toujours préoccupés de déstabiliser les pouvoirs à tendances socialistes, soit en sabotant l’économie, soit en assassinant des socialistes ou soit en menant des coups d’État sanglants.

Également, Obama, dans les premières 48 heures du coup d’État, faut-il rappeler, n’avait émis aucune condamnation, mais plutôt, une «sérieuse préoccupation» quant au coup d’État ayant balayé le dirigeant Zelaya du pouvoir (Les jours suivants, Washington condamnait les talibans d’exhiber un prisonnier états-unien à la télévision, elle qui n’hésite pas à montrer ses bombardements sur CNN!). Il est également important de préciser que les putchistes, avec l’aide d’Obama, et de son clan (Harper-Calderon), ont gagné du temps, car au mois de septembre viendra une élection à laquelle, constitutionnellement, Zelaya n’aura pas droit de participer. Autrement dit, l’affaire est dans la poche pour les putchistes et Obama, bref, pour les capitalistes de tout acabit, car un socialiste sera écarté du pouvoir et de toutes chances de se représenter, la raison d’ailleurs, qui a poussé les putchistes à agir, de peur que le socialisme ne se développe en leur sol. Cela explique, bien entendu, la timidité d’Obama, l’hypocrite.

Il n’est pas non plus étonnant que le Canada de Stephen Harper ait critiqué les «hypocrites», puisque ce même Canada coopère, sous la tutelle des conservateurs, avec la Colombie d’Uribe, le narco trafiquant et terroriste leader de la Colombie. L’an dernier, pas moins de 97 syndicalistes furent assassinés par les paramilitaires colombiens, avec lesquels coopère le gouvernement Uribe. Il y aurait eu, depuis quelques années, près de 300 massacres distincts de prétendus socialistes en Colombie, tous orchestrés par les paramilitaires, à la solde d’Uribe. Stephen Harper a récemment, signé un tas d’accords commerciaux avec la Colombie, sous tutelle  terroriste. Notons que Harper ne collabore avec aucun des pays dits «socialistes» ou «hypocrites», mais qu’il vénère plutôt, la coopération avec les plus dictatoriaux d’entres eux, sinon les plus brutaux, voire les pays capitalistes seulement. Sauf qu’en Amérique latine, rarement sont les gouvernements capitalistes qui furent élus.

Alors non, les socialistes ne sont pas hypocrites, mais soulèvent, justement, une très bonne question! Comment est-ce possible que Washington ne pense rien, tout à coup, des coups d’État, mais qu’elle a pendant des années, soutenu des coups d’État contre les régimes à tendances socialistes? Comment se fait-il que lorsque le président Obama fut questionné sur le coup d’État, plutôt que de le condamner, ne s’est dit que profondément préoccupé? Il y a toute une différence, entre la préoccupation et la condamnation. Aussi, permettons-nous de supposer qu’Obama prenait surtout le pouls de l’opinion publique, voire internationale. Et c’est d’ailleurs après que la plupart des pays du monde aient condamné le putch qu’Obama s’est ensuite prononcé. Ce qui est rare à la maison blanche…, sauf si…, sauf si la maison blanche était derrière ce coup d’État.

Les hypocrites sont donc, bel et bien, les démocrates de Barack Obama, les conservateurs de Stephen Harper et les putchistes de Calderon*.

Il serait donc non exagéré de prétendre qu’Obama, Harper et Calderon sont en fait très contents de la situation hondurienne, qu’ils auront, ces prochaines années, un socialiste de moins dans leurs pattes!

Depuis l’élection de Chavez, rappelons que CNN, et les autres médias à la botte de Washington, ne manquent pas une chance de diffamer sur le dirigeant socialiste, sinon d’inviter des pasteurs** appelant à l’assassinat de Hugo Chavez par la C.I.A..

Il est parfaitement hypocrite de la part d’Obama de se dire contre ce coup d’État, c’est un mensonge. Pareillement pour Stephen Harper, qui n’hésite pas à collaborer avec le terroriste Uribe ou à accuser les socialistes d’être à l’origine d’un soit disant complot socialiste, en ce qui concerne le réchauffement climatique reconnu scientifiquement. Pareillement pour Calderon, qui n’hésite pas à réprimer dans le sang les mouvements contestataires de son pays.

*Rappelons que même le pouvoir de Calderon était questionné, voire contesté par l’opposition Obrador.

**Pat Robertson avait clairement invité le gouvernement Bush, à l’époque, afin qu’il fasse assassiner le président démocratiquement élu du Venezuela. Personne n’a accusé le pasteur d’inviter à la violence, surtout pas Washington!

Atteinte à la liberté d’expression, ou simple mesure punitive envers des médias au contenu diffamatoire?

Caracas a-t-elle fermée 34 stations de médias privés, ou n’a-t-elle que nationalisé des médias au contenu diffamatoire, ceux-ci invitant souvent, la population à prendre les armes contre le socialisme et appartenant de plus, entièrement, à l’oligarchie vénézuélienne (27 familles possèdent de manière privilégiée plus de 32% du spectre radiophonique, ce qui démontre l’existence d’une oligarchie médiatique ».) constituée de 5 riches familles –possèdent l’ensemble des usines, des terres et des magasins de consommation, ainsi que les médias-?

Les médias capitalistes, ce matin, s’empressent de condamner la «fermeture» de 34 stations de radio privées, sans toutefois préciser la nature de ces dites fermetures. Or, les stations n’ont pas été fermées, mais furent nationalisées, contrairement –déjà un mensonge- au contenu des médias capitalistes internationaux rapportant la nouvelle, erronée dans ce cas-ci.

C’est que, depuis l’inexistence d’un renouvellement de licence à RCTV, qu’on avait en Amérique du Nord dépeint comme une fermeture arbitraire, les médias capitalistes n’en finissent plus d’attaquer le gouvernement socialiste démocratiquement élu du Venezuela, quitte à dévoiler leur incapacité d’user d’impartialité dans le domaine de la nouvelle. Car déjà là, rapportant la nouvelle sur RCTV, les médias capitalistes internationaux omettaient de préciser que la station privée avait participé au coup d’État raté de 2002, dans lequel la C.I.A. avait investi beaucoup d’efforts pour faire tomber le nouveau Commandante bolivarien, qu’elle avait séquestré, suite à son enlèvement. Lors de ce coup d’État raté, RCTV et –Globovision- avaient été jusqu’à inviter l’électorat à assassiner le président démocratiquement élu, comme quoi la démocratie n’a d’importance que lorsque des capitalistes sont élus…, selon les médias privés du Venezuela à tout de moins.

Ainsi, les médias capitalistes se lancent encore dans une guerre médiatique, tentant au passage, d’atteindre la légitimité du président socialiste Hugo Chavez. Ils font passer pour des fermetures arbitraires la nationalisation de stations privées, appartenant en réalité, à une poignée de mêmes propriétaires, alors que ces stations ont largement dépassé leur rôle médiatique, en attribuant par exemple, des catastrophes naturelles au pouvoir en place, élu par le peuple. Ces médias se sont tournés contre les intérêts du peuple, ont laissé tomber l’impartialité, pour défendre de fait, les intérêts d’une classe minoritaire et parasitaire au sein de tous pays de ce monde, la bourgeoisie. Ce faisant, ils ne font plus leur travail, qui n’est que de rapporter la nouvelle, sans jugement partial. Ce faisant, ils viennent également s’attaquer à la démocratie, au choix du peuple vénézuélien.

Les organisations bidons de dite «défense de la démocratie» ou de «liberté d’expression», comme Reporters Sans Frontières, s’empressent de dénoncer l’atteinte à la liberté d’expression, quitte à balayer sous le tapis, les crimes insurrectionnels des dites stations médiatiques qui, ne l’oublions pas, invitent régulièrement leurs auditeurs à la désobéissance civile, sans qu’il n’y ait de raison pour ce, ou à l’assassinat des dirigeants, ce qui ne serait aucunement accepté sur les sols des pays capitalistes industrialisés comme le Canada,  les États-Unis d’Amérique, la France ou la G-B… Sans oublier l’invitation de RCTV à prendre les armes, comme Globovision l’avait également fait, et à tuer le président Chavez, démocratiquement élu pourtant.

Cette campagne s’inscrit dans une suite d’attaques contre le nouveau socialisme du 21e siècle et arbitrairement, les médias capitalistes du monde entier jugent vite une situation qu’ils n’expliquent que par des sauts d’humeur d’un soit disant «dictateur(1)» qui pourtant, lui, fut élu tout en conservant un appui de taille à travers une quinzaine de référendums gagnés sur dix ans. Aucun démocrate états-unien ne saurait se vanter d’un tel appui, encore moins les putchistes oligarchiques du Venezuela ayant été chassés par le peuple, lors du coup d’État raté de 2002, fomenté lui, également par la C.I.A. –une vieille habitude qu’ils n’ont semble t-il, pas perdue-.

Je dénonce donc pour ma part, les médias capitalistes de s’adonner à une autre tentative de putch à l’endroit d’un président démocratiquement élu, un socialiste surtout. Et connaissant le poids de ces instances privées à travers le monde, il ne serait pas surprenant que l’on tente de diviniser un semblant de «grogne populaire», semblable à ce qui s’est créé ces dernières semaines contre l’élu démocratique d’Iran, malgré une si faible contestation populaire en réalité(2). D’ailleurs, on parle dans les médias capitalistes d’une centaine de manifestants, tentant de faire passer le gouvernement socialiste répressif envers des putchistes, pour une tyrannie, pour une dictature alors qu’il est invraisemblable de parler de dictature avec les appuis populaires qu’a obtenu Chavez à son dernier référendum ou lors de ses derniers scrutins. Et vous ne serez pas surpris, en regardant les photos des manifestants, de constater qu’il s’agit d’une classe à part, plus riche, et perdant d’année en année, le pouvoir qu’elle exerçait, au détriment de la majorité plus pauvre du Venezuela.

(1)    Les impérialistes des régimes capitalistes usent souvent de ce répertoire de termes, désobligeants, vis-à-vis les socialistes du monde entier. Tantôt «dictateur», tantôt «dirigée d’une main de fer», sinon «répressif», bref, les médias capitalistes, privés également, n’ont aucune retenue vis-à-vis les gouvernements socialistes.

(2)    Je n’appuie pas personnellement le président d’Iran, mais je n’appuie pas plus les putchistes du clan Rafsandjani, issus de la banlieue Nord de Téhéran, un bastion bourgeois. Alors que nous sommes parfois des milliers tus par nos médias quant à des manifestations à Montréal –dénonçant des abus bourgeois ou policiers par exemple-, les journaux locaux trouvent le moyen d’aborder la manifestation d’une cinquantaine de personnes frustrées à l’autre bout du monde, en Iran. Trouvez l’erreur!?!

Le SCRS est-il un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

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Après tant d’années de manifestations des pacifistes pour ce, l’organe chargé de surveiller les agissements du SCRS, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), condamne enfin les agissements illégaux du SCRS à l’endroit d’Omar Khadr, mais qu’en est-il du vrai débat de fond qui oppose le SCRS aux faits gênants qui le démarque d’un simple service de renseignements? Est-ce un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

Historiquement parlant, le SCRS est venu remplacer la GRC, dans ses enquêtes visant la sécurité nationale, parce que cette dernière ne cessait de commettre des bavures, surtout au Québec. Car, même si les médias n’en parlent pas, il est pourtant évident que la GRC, dans le passé, a souvent dépassé les bornes, ou ses limites constitutionnelles du moins.

Que s’en souviennent les acteurs de cette époque, la GRC posait des bombes, qu’elle faisait ensuite passer pour des actions terroristes du FLQ. Ce n’est pas rien! Sinon même, l’épisode de Montebello, plus récent lui, où l’on avait, nous les manifestants pacifistes, démasqués des turbulents manifestants, encourageant aux actions brutales et violentes! Déguisés en manifestants, maladroitement je dois dire –ils portaient des chandails de Jeff Fillion!-, ils incitaient les autres à prendre des roches et à les lancer sur les policiers, étant eux-mêmes de vrais policiers! Cela ne peut que nous faire remarquer que les tactiques ressemblent étrangement à celles employés chez nos voisins du sud à l’encontre des manifestants anti-guerre. Mais le simple fait d’avoir collaboré avec une entité putchiste et terroriste, qui use de ces tactiques dégradantes pour arriver aux fins désirées Washington, vient mettre le SCRS à un pied d’égalité avec quelconque putchiste ou  ces lâches poseurs de bombe, qui n’hésitent pas à tuer des civils pour aller chercher une sympathie d’action d’envergure.

Il n’est donc pas étonnant que le SCRS agisse de la sorte, mais il est par contre étonnant que le CSARS ferme les yeux sur les affiliations du SCRS avec d’autres organisations, comme la CIA. Pourquoi? Pour les raisons évoquées ci-haut, et pour d’autres. La CIA, sous Reagan, a commis des atrocités qui n’ont rien à voir avec le geste légitime d’un soldat vis-à-vis son ennemi soldat d’en face. Sous Reagan, les milices mercenariats ont vu le jour en Amérique latine. Elles ont été largement financées par la CIA, donc par les contribuables états-uniens, afin d’endiguer le problème «communiste». Parce que se développaient à vive allure les mouvements d’émancipation socialistes à travers l’Amérique latine, Reagan, en commençant par le Nicaragua, a financé des dizaines de milliers de mercenaires, lesquels furent bien entendu entraînés, puis armés, aux seules fins de stopper l’avancée incroyable des «méchants communistes». S’en est résulté des dizaines de milliers de morts, civils surtout, pour lesquels les États-Unis n,ont jamais payé, ni subit quelconque sanction économique.

Le CSARS, fermant les yeux sur cet aspect historique, vient donc légitimer l’existence de tels réseaux, qui nous le savons désormais, ont pavé la venue des dictatures en Amérique latine, ont collaboré avec des entités terroristes dangereuses, sinon, qu’elles ont-elles-mêmes usé de ces tactiques disgracieuses. Le CSARS donne donc son approbation, quant aux liens qu’entretiennent les membres du SCRS avec la CIA, malgré les agissements illégaux et terroristes de cette dernière. Le CSARS n’est donc aucunement compétent pour juger des situations dans lesquelles se mettent les agents du SCRS, eux qui nous les savons, collaborent avec des terroristes connus et reconnus à travers le monde, sauf bien sûr, aux États-Unis et dans les pays collaborateurs.

Le SCRS, comme l’entend toutefois le CSARS, a brimé les droits fondamentaux du jeune enfant-soldat d’alors, qui n’avait à cette époque, pas l’âge légal pour être emprisonné de la sorte, encore moins dans des prisons illégales elles-mêmes, où l’on connaissait les pratiques tortionnaires des agents de la CIA, ou des soldats des états-uniens qui, rarement, respectent eux-mêmes le droit international. Le SCRS a donc collaboré avec des terroristes, afin de recueillir des informations cruciales disait-on. Cruciales pour qui, au juste? Cruciales pour ceux et celles qui ne respectent pas les droits internationaux. Car, en sautant les étapes, on nie ces agissements, puis on les appuie, sans s’en rendre compte, et l’on tombe dans le panneau. Tout à coup, très vite, le Canada se retrouve collaborateur d’une mission illégale, montée sur des mensonges (voir le livre de Denis Morissette des Joint Task Force), où l’on peut emprisonner des gens dans des prisons illégales, où se pratiquent la torture et les exécutions arbitraires, soit des assassinats. Puis l’on ne peut que constater, finalement, l’illégalité du SCRS qui, comme la GRC, a commis et commet toujours à l’heure actuelle, des bavures volontaires.

Je ne m’attarde pas ici à la complexe histoire du jeune enfant-soldat, mais aux simples faits qui  démarquent  le SCRS d’une simple agence de renseignements. Ce n’est pas une agence de renseignements normale, mais une agence terroriste, puisqu’elle collabore avec des terroristes, si l’on tient compte des accusations puériles qui par le passé, ont fusé de la part de ces mêmes terroristes à l’endroit de parfaits inconnus, qui n’étaient parfois que des proches d’une telle ou d’une autre personne, elle, vraiment terroriste. Toutefois, il y a eu ici, pure collaboration. Le SCRS a fermé ses yeux sur les actions entreprises par les États-Unis, via son agence de renseignements, pour arriver à ses fins. Il a par ce, fermés les yeux sur des crimes brutaux, qui furent commis au fil des décennies ayant marqué le dernier siècle. Il ne considère donc plus les crimes de ses semblables, mais reconnait celui d’Omar Khadr, un enfant-soldat qui, pourtant, si reconnu comme un enfant-soldat, n’a commis que le crime d’avoir été enrôlé. Mais encore…

Si on pousse l’analyse plus loin encore, qu’Omar Khadr ait été jeune ou vieux n’aurait rien dû changer à l’aspect d’illégalité de sa détention, encore moins de sa torture. Une guerre, c’est une guerre, et nul n’a besoin de savoir qu’il est illégal, selon les conventions signées par le Canada du moins, d’emprisonner indéfiniment des prisonniers, et que ceux-ci doivent avoir les mêmes droits que tous prisonniers de chacun des camps. Certes, l’ennemi «islamiste», consenti par nos autorités capitalistes impérialistes, n’ont pas signé ces traités, mais nous l’avons fait, et cela serait sensé, selon nos autorités toujours, nous diférencier d’«eux». Aussi, il apparaît absurde qu’un enfant-soldat, ou qu’un soldat quelconque soit accusé d’avoir assassiné l’ennemi, car tel est le risque d’une guerre, et ce sont des aspects connus des soldats lorsqu’ils s’enrôlent, dès lors qu’ils portent l’uniforme de combat. Il est donc totalement ridicule que l’on accuse Omar Khadr d’avoir tué un soldat états-unien, d’autant plus que ce dernier était l’envahisseur, et cela ne serait pas sans nous rappeler que les allemands nazis, dans le camp de Varsovie, lorsque les «méchants juifs» se rebellaient, accusaient ces derniers de s’adonner au terrorisme. Et si cela devait s’avérer, qu’omar Khadr ne soit qu’un vulgaire assassin, et bien, nous somems nous canadiens, et nos collaborteurs états-uniens, qu’une meute de meurtriers et les prisons seront pleines dès le retour des forces occupantes de l’Afghanistan.

Alors, si l’on regarde les «motifs raisonnables», cités par le CSARS, pour avoir permis cette mission de recueillement de renseignements auprès du jeune enfant-soldat -emprisonné toujours, dans une prison illégale-, ils ne sont qu’aussi puériles que l’analyse fait au départ de leurs propres alliés, à moins qu’ils n’aient finalement, que les mêmes intérêts! En permettant l’entretient avec Omar Khadr, le CSARS permet donc également, l’emprisonnement illégal, l’enlèvement, la séquestration et la torture des soldats adverses, et de quiconque -puisque la CIA enlève des gens à travers le monde et use de ces mêmes tactiques ailleurs dans le monde-.

Le CSARS ferme donc les yeux sur les liens qu’entretiennent une agence dite «de renseignements», avec une organisation spécifiquement terroriste, tortionnaire et arbitraire quant à ses droits d’aller perpétrer des enlèvements à l’étranger, que ce soit en Afghanistan, ou ailleurs. Elle ferme également les yeux sur les faits qui nous poussent à croire que ces mêmes agents terroristes de la CIA, ont non seulement collaboré avec l’ennemi «islamiste», mais qu’ils ont en plus de ça, dans le passé, financé ces derniers! Les États-Unis, via leur agence terroriste (CIA), ont armé et entraîné les milices d’Al-Qeada et leur ont même versés quelques milliards lorsque les russes étaient les envahisseurs de l’Afghanistan. Car à l’époque, ces milices étaient des alliées, et le terrorisme qu’elles manifestaient à l’encontre des ennemis des États-Unis ne gênaient guère ces derniers.

Mais également, pour ajouter de l’absurde, les derniers relevés de cette histoire nous confirment que la grenade ayant tué le soldat états-unien était de fabrication états-unienne, alors tout un tapage pour un potentiel délit entre forces alliées, une bavure quoi. Car, au gré de la mêlée à laquelle se sont adonnés, et les états-uniens, et le groupe d’Omar Khadr, beaucoup de grenades furent lancées. Dont des M-67! Et c’est précisément ce type de grenade, que ne possédait pas le groupe de Khadr, qui aurait tué le soldat états-unien. Alors, on peut certainement soupçonner un autre états-unien, membre du groupe du «tué», d’avoir accidentellement tué l’un de ses camarades…., et ses autres camarades, pour lui éviter la cour martiale, aurait facilement pu témoigner du «meurtre commis par Khadr», afin de sauver la peau de leur frère d’armes. Certes, nous pourrions nous questionner à savoir qui ne commet pas de meurtre dans une guerre, mais là n’est pas mon intention aujourd’hui. Car tuer, n’est-elle pas l’action entreprise par tous les soldats vis-à-vis leurs ennemis?

Bref, cette histoire n’a pas fini de faire couler de l’encre et d’user nos empreintes digitales sur nos claviers, mais au fil de son avancée, les médias capitalistes ne soulèvent aucun questionnement de fond, mais de simples effleurements de surface. Et les coupables, les véritables, s’en tirent encore une fois, grâce à leurs confrères sensés les surveiller, des complices finalement!

Honduras: la politique à «deux voies» des États-Unis et du Canada

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Le 28 juin dernier, Peter Kent, ministre des Affaires étrangères (pour les Amériques) du gouvernement du Parti conservateur de Stephen Harper, a fait une déclaration en vue de la réunion extraordinaire de l’Organisation des États américains (OEA). Cette rencontre était prévue plus tard la même journée, à 15 h. M. Kent a déclaré que « Le Canada condamne le coup d’État qui a eu lieu cette fin de semaine [28 juin] au Honduras [1] et demande à toutes les parties en présence de faire preuve de retenue et de rechercher une solution pacifique à l’actuelle crise politique, une solution qui respecte les normes démocratiques et la primauté du droit, y compris la Constitution hondurienne. » Le lendemain (29 juin), le National Post, l’important journal de droite canadien publié à l’échelle nationale, a commenté favorablement la déclaration du gouvernement, indiquant qu’elle « […] reflétait l’opposition grandissante face au coup d’État, mais qu’elle ne nommait pas M. Zelaya ni n’exigeait clairement son retour au pouvoir ». Le 29 juin, dans une conférence de presse conjointe avec le Président colombien en visite, Álvaro Uribe, le président Obama a déclaré que « […] le coup d’État n’était pas légal, et que le président Zelaya demeurait le président du Honduras, celui qu’on a élu démocratiquement. » Cette déclaration dénote un changement dans la façon dont la politique états-unienne énonce le problème. Le lendemain (30 juin), les 192 membres de l’Assemblée générale des Nations Unies se sont réunis pour débattre du Honduras. Reflétant le nouvel énoncé, ils ont adopté une résolution à l’unanimité afin « d’exiger la restauration immédiate et inconditionnelle du gouvernement légitime et constitutionnel du président de la République, M. José Manuel Zelaya Rosales. » Évidemment, la délégation canadienne a voté comme les 191 autres membres des Nations Unies. Une fois de plus, le National Post a donné ce qui semblait être son approbation dans son édition du 30 juin, indiquant que :
« La décision du Canada de se joindre aux parrains des mesures adoptées par l’ONU représente une évolution de la position [du Canada] concernant l’enlèvement de M. Zelaya, dimanche, par les forces armées honduriennes […] Jusqu’à mardi [30 juin], le Canada avait demandé la reprise du processus démocratique au Honduras, mais n’était pas allé jusqu’à exiger la réinstallation de M. Zelaya au pouvoir. Les États-Unis semblaient avoir adopté une position semblable, jusqu’à ce que le président américain Barack Obama affirme lundi [29 juin] que Washington croit que M. Zelaya ‘demeure le président élu démocratiquement […]’ »

Le 1er juillet, l’Organisation des États américains (OEA), y compris le Canada, ont résolu unanimement de « condamner le coup d’État », de « réaffirmer que le Président Zelaya est le président constitutionnel du Honduras et d’exiger qu’il retourne à ses fonctions constitutionnelles de façon immédiate, sécuritaire et inconditionnelle. » [2] Le 2 juillet, le National Post écrivait ceci : « Bien que le Canada ait imité le Venezuela et d’autres pays sud-américains de gauche en exigeant la réinstallation de M. Zelaya au pouvoir, Peter Kent, le ministre des Affaires étrangères pour les Amériques, a affirmé qu’Ottawa concentrait principalement son soutien sur le travail fait par l’OEA […] Tout porte à croire que des personnes responsables au sein du gouvernement [actuel] vont admettre qu’ils ont posé un geste inacceptable et qu’ils doivent à nouveau se ranger du côté de la démocratie […] Bien que M. Kent ait dit que la réinstallation de M. Zelaya devait être inconditionnelle, il a indiqué que sa conduite avant son enlèvement n’était pas passée inaperçue non plus. » Le journal poursuit en citant M. Kent : « ‘Le [gouvernement provisoire – les crochets sont du National Post] doit d’abord rétablir l’ordre démocratique en instaurant la primauté du droit. Cette tâche accomplie, la population du Honduras et les membres du gouvernement [provisoire – les crochets sont du National Post], pourront être assurés que l’OEA les a à l’œil et qu’elle est parfaitement consciente des transgressions commises d’un côté comme de l’autre.’ » Cette déclaration représente un nouveau recul face aux résolutions prises par l’ONU et l’OEA, pour lesquelles le gouvernement canadien a voté, et qui exigeaient essentiellement le retour immédiat, sécuritaire et inconditionnel du Président Zelaya.

Le 4 juillet, soit la veille de l’impasse sur la piste d’atterrissage de l’aéroport du Honduras opposant, d’une part, le président Zelaya et le peuple hondurien et d’autre part, le gouvernement militaire, Peter Kent, selon un câble de Reuters, a déclaré à l’assemblée de l’OEA : « ‘Dans les conditions actuelles, on ne peut absolument pas garantir qu’il soit en sécurité à son arrivée.’ » CNN a confirmé cet état de fait le 4 juillet, en rapportant que « le délégué canadien à l’assemblée de l’OEA a recommandé samedi soir [4 juillet] que M. Zelaya ne retourne pas immédiatement au pays en raison des dangers auxquels il pourrait s’exposer. » Il est indéniable en effet que dans les conditions qui prévalaient le 5 juillet, l’arrivée du Président Zelaya à l’aéroport international de la capitale hondurienne aurait été périlleuse pour lui, son entourage et les dizaines de milliers de sympathisants qui l’attendaient, en raison du déploiement des forces armées et de la répression militaire. Mais comment le gouvernement canadien s’est-il servi de sa portée et de son prestige, au juste, pour contribuer à forcer le gouvernement militaire de facto à céder ? S’est-il joint aux pays des Amériques centrale et latine pour voir expressément à ce que les résolutions de l’OEA [3] et des Nations Unies [4] soient respectées à la lettre et en principe ? Recommander à Zelaya de ne pas rentrer au pays revient à encourager le régime militaire, directement ou presque, à blâmer le président Zelaya pour la violence ou le carnage qui pourraient découler de l’application des résolutions internationales.

Le 6 juillet, le porte-parole du département d’État états-unien Ian Kelly a donné un point de presse sur le Honduras et sur d’autres sujets. Concernant le Honduras, dans son mot d’ouverture, M. Kelley a déclaré que « notre objectif demeure la restauration de l’ordre démocratique au Honduras. » Un reporter n’a pu s’empêcher de remarquer qu’il y avait là quelque chose de très flou et ambigu. En tenant compte de la définition états-unienne de la démocratie qui, nébuleuse, fait deux poids deux mesures, un reporter a posé une question très pertinente. Il a demandé : « Avez-vous compris […] lorsque vous dites souhaiter la restauration de l’ordre démocratique, êtes-vous arrivés à comprendre ce que cela veut dire ? » M. Kelly a répondu : « Eh bien, je crois que cela signifie – dans le cas qui nous occupe actuellement – cela signifie le retour du président élu démocratiquement à Tegucigalpa [capitale du Honduras]. » Si ce reporter n’avait pas soulevé la question, cette demande clé de la population mondiale n’aurait pas été explicitée, ne serait-ce que verbalement. Une autre des discussions entre les reporters et M. Kelly concernait la question de l’aide que Washington apporte au Honduras et des liens qui les unissent. La réponse est demeurée imprécise car, interrogé sur cette question, M. Kelly a répondu de façon évasive que les États-Unis continuaient de fournir une partie de leurs secours, tandis que d’autres avaient été interrompus ou qu’ils étaient en cours d’évaluation ou d’élimination.

En ce qui a trait aux liens entre l’armée états-unienne et le gouvernement de facto, M. Kelly a répondu aux questions des reporters en disant que « le SouthCom a minimisé les contacts avec l’armée hondurienne. » Vous remarquerez que les contacts n’ont pas cessé ; ils n’ont été que « minimisé[s] » et ce, sans autres précisions [5]. Néanmoins, des précisions ont effectivement été apportées lorsque les reporters ont posé des questions concernant la base militaire US de Soto Cano au Honduras. Un reporter a demandé : « A-t-il été question de permettre à l’avion de M. Zelaya d’atterrir à la base militaire US là-bas ? » Ce à quoi M. Kelly a répondu : « […] Cette base est contrôlée par les autorités honduriennes, ce n’est donc pas à nous d’accorder le droit d’atterrir ou quoi que ce soit d’autre. » Comme cela tombe bien !

Depuis plusieurs décennies, les États-Unis utilisent la politique étrangère « à deux voies » face à l’Amérique latine : d’une part, l’intervention directe qui comprend les forces armées et, d’autre part, la diplomatie et les négociations « douces », ces dernières étant utilisées à la fois ouvertement et à huis clos. Le point de presse du 6 juillet, tel que mentionné ci-haut, démontre comment le gouvernement actuel à Washington utilise simultanément la Voie I et la Voie II. Ce sont effectivement de très bonnes nouvelles que M. Kelly ait déclaré, le 6 juillet, que le département d’État allait rencontrer le président Zelaya le 7 juillet et non pas le gouvernement de facto, si un représentant de ce dernier devait venir plus tard à Washington. Néanmoins, cet engagement n’est survenu, encore une fois, que parce que les reporters ont posé la question.

Les peuples espèrent que l’usage de la diplomatie dans les négociations au Costa Rica, arbitrées par le Costa Rica et parrainées par Hillary Clinton, secrétaire d’État états-unienne, saura résoudre la crise. Cependant, les instigateurs du coup d’État sont toujours au pouvoir. Ils répriment les manifestations populaires [6] qui se déroulent actuellement au Honduras dans toutes les sections populaires de la société et ce, depuis près de deux semaines, une situation presqu’entièrement camouflée par les médias dans des pays comme le Canada, la France, les États-Unis [7]. Dans ce contexte, les commentaires du président vénézuélien Hugo Chávez prennent de plus en plus leur sens à mesure que les minutes s’écoulent : « Pourquoi le gouvernement états-unien ne prend-il pas des sanctions politiques et économiques contre les instigateurs du coup d’État… ? » Cette déclaration eut lieu lors d’une conférence de presse tenue le 10 juillet à Caracas, telle que rapportée par Associated Press (AP).

Bien qu’il y ait évidemment des contradictions entre les institutions états-uniennes telles que la Maison-Blanche, le département d’État, la CIA, le FBI, le Pentagone et l’extrême-droite du sud de la Floride (etc.), la politique US face aux Honduras, du 28 juin jusqu’au 11 juillet inclusivement, consiste en cette politique à deux voies jumelées l’une à l’autre. D’abord, la Voie I, soit l’implication indirecte sinon directe dans le coup d’État militaire avec un soutien de l’armée à peine voilé. Puis, la Voie II, c’est-à-dire l’usage simultané de discussions et de diplomatie afin « d’amortir » la situation… Mais à qui cela profite-t-il ?

D’un côté, on offre des perles de sagesse sur la restauration de la démocratie et du président élu, mais de l’autre, on met pratiquement sur un pied d’égalité les instigateurs du coup d’État et le président violemment kidnappé.

Les gouvernements canadiens ont été pendant plusieurs années des porte-parole de la Voie II. (Toutefois, il y eut des exceptions. Par exemple, lorsque le défunt Premier ministre Pierre Elliott Trudeau a sincèrement tendu la main à Cuba et à l’Amérique latine lors de sa visite à Cuba en 1976, reflétant ainsi les sentiments de la grande majorité des Québécois et Canadiens.) L’engagement et la diplomatie sans arrière-pensées sont censés prévaloir à Ottawa et, ce faisant, tenter de se distinguer de la politique brutale d’intervention états-unienne, laquelle a presque toujours supplanté la Voie II. Les Canadiens et Québécois, en grande majorité, méprisent les politiques d’intervention et d’agression. Le gouvernement canadien actuel fait partie du courant de droite. Toutefois, on n’y retrouve aucun terreau fertile pour les néoconservateurs qui cherchent à attiser les politiques de la Voie I, comme c’est le cas chez les communautés d’exilés cubains et vénézuéliens dans le Sud de la Floride. Ce qui s’en rapproche le plus serait le National Post, gardien de l’ordre établi, et la frange des dirigeants qu’il représente. Cependant, comme on peut le constater plus haut, le Parti conservateur et la branche conservatrice du cercle des dirigeants peuvent facilement s’accommoder à la fois de la Voie I et de la Voie II, tel que le démontre la question du Honduras, même si la politique étrangère change comme un caméléon d’une journée à l’autre.

Comparé au gouvernement conservateur canadien, le gouvernement Obama est censé être de centre-gauche et contre les politiques de droite de l’époque de Bush. Or, la Voie I et la Voie II sont essentiellement les deux flancs d’une même politique faite de domination et de contrôle —il s’agit simplement de savoir laquelle est la plus efficace, laquelle « fonctionne »—. Les deux Voies sont utiles aussi bien pour les « conservateurs » que pour les « libéraux », et elles peuvent se fondre d’un moment à l’autre.

L’une des leçons que doit apprendre le gouvernement canadien et en vertu de laquelle il doit agir immédiatement, c’est de se reconnaître responsable d’avoir enfreint les résolutions de l’OEA et de l’ONU. Les Conservateurs doivent changer leur position dès maintenant en adhérant aux vastes mouvements de l’Amérique du Sud. Déjà, au Parlement, certains partis politiques, (comme le Bloc Québécois) se sont courageusement et honorablement opposés à la politique pratiquée par le gouvernement canadien au Honduras depuis le 28 juin. Il n’y a pas de temps à perdre. Le gouvernement hondurien de facto doit être forcé de céder dès maintenant et de permettre au président élu de rentrer chez lui. Si le gouvernement canadien est si inquiet des dangers qui attendent le président s’il retourne au Honduras auprès de son peuple, la solution ne consiste pas à l’en éloigner, mais plutôt à obliger les usurpateurs à abdiquer en vertu des résolutions et des positions adoptées sur le plan international. Pour ma part, je crois que le coup d’État au Honduras est un affront direct aux mouvements de souveraineté et de progrès de tous les peuples latino-américains. Les populations de partout au monde, et particulièrement à l’heure actuelle en Amérique du Sud, doivent avoir une vigilance de tous les instants et s’opposer à la politique impérialiste des deux voies provenant du Nord. Depuis les cinquante dernières années, les peuples de l’Amérique du Sud ont créé leurs propres concepts de souveraineté et de démocratie au prix de luttes et de sacrifices et, par conséquent, ils méritent d’être pleinement soutenus aussi bien par les populations de l’Amérique du Nord que de l’Europe.

La question soulevée par Hugo Chávez, le 10 juillet, démasque l’hypocrisie de la politique à deux voies : « Pourquoi le gouvernement états-unien ne prend-il pas des sanctions politiques et économiques contre les instigateurs du coup d’État… ? » Plus tard en soirée le 10 juillet, Fidel Castro a déclaré dans une réflexion, entre autres que « Zelaya sait que l’enjeu n’est pas seulement la Constitution du Honduras, mais aussi le droit des peuples de l’Amérique latine d’élire leurs dirigeants. »

Source:  http://www.voltairenet.org/article161013.html

 Arnold August
Journaliste canadien. Auteur de Democracy in Cuba &the 1997-98 Elections.

Qui se ressemblent, s’assemblent…

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Ce matin, The Gazette titre l’un de ses articles en faveur de la position Legault, allant contre les dites «vaches sacrées du Québec», voir son modèle universel de santé et d’éducation à tendance socialiste. Le quotidien donne donc raison à cet ancien ministre capitaliste, lequel vante les «mérites» du système capitaliste pur et dur, donc parallèlement, celui des États-Unis. Mais en 2008-2009, ce n’est pas le socialisme qui s’est écrasé contre une tour de faits détruisant le capitalisme et ses principes absurdes, mais c’est bien le capitalisme, qui, encore une fois, tirera son épingle du jeu de celui des prolétaires, lesquels, une fois de plus également, paieront les pots cassés, cassés par les mauvais gestionnaires bourgeois, lesquels, eux, exploitaient le labeur d’autrui sur ce même dit «mérite» de la sacré sainte bonne gestion capitaliste, un mythe qui ne semble pas gêner l’idéaliste au rancart. Le capitalisme est indéniablement mort l’an dernier, et ce sont les prolétaires qui l’ont sauvé, de par les plans de «sauvetage» qui n’étaient de fait que des plans de pillage.

Mais les faits démentent, ces menteurs! Ailleurs, comme aux États-Unis, le modèle privé n’a nullement rendue accessibilité à la santé, encore moins justice aux injustices. Il a plutôt favorisé cette minorité parasitaire bourgeoise, sans qu’aucun média ne s’en mêle, puisque le média également, fut totalement privatisé et appartient donc à cette même minorité parasitaire, laquelle monsieur Legault et The Gazette idolâtrent sans le moindre sentiment à l’encontre des moins nantis qui, par exemple, peuplent par dizaines de millions les États-Unis d’Amérique aujourd’hui en déroute totale –Le pays au bord de la faillite s’est imprimé, depuis la venue d’Obama, des milliers de milliards de dollars inexistants que les prolétaires paieront pour les décennies à venir!-.

L’aveuglement volontaire des idéalistes, de ces capitalistes, n’est toutefois pas étonnant, puisque déjà, le système capitaliste repose sur des non-arguments, depuis son existence. Jamais les idéalistes n’ont voulu croiser le fer avec les matérialistes, parce qu’aucun argument n’allait en leur sens, défendre leur hypocrite complot visant à prôner l’exploitation des uns, par les autres, précisément les prolétaires majoritaires par la minorité bourgeoise parasitaire. Que François Legault, partial et vendu aux intérêts de ces parasites capitalistes, veuille en défendre l’hypocrisie, c’est une chose, mais qu’un média, sensé donner une vision impartiale des évènements veuille en défendre l’hypocrite mensonge éhonté, c’en est une autre.

Bref, alors qu’un avion s’écrase, coûte que coûte contre les tours du ridicule, certains salauds voudraient qu’on y monte les yeux fermés. Le système capitaliste vient de s’effondrer, il a dû compter sur les prolétaires pour renflouer les coffres des parasites incapables de tenir bon compte, et certains ambitieux opportunistes voudraient qu’on monte à bord de cet avion, malheureusement condamné à n’enrichir qu’une minorité parasitaire, puis à s’écraser, encore une fois, contre les tours du ridicule et de l’absurde. Il y a des limites à la duperie.

Jamais le capitalisme n’a su partager les richesses, il a plutôt concentrer celles-ci chez cette minorité parasitaire paresseuse, et rendu moins nantis, une population grandissante d’états-uniens, sinon de canadiens, de français, d’anglais, etc.. Bref, partout où il touche, le capitalisme fait des ravages et les travailleurs payeurs de taxes doivent en payer les frais. Nulle-part au monde, le fossé s’est amenuisé entre les riches et les pauvres, au contraire, il s’est agrandi.

Aux États-Unis, plus de 55 millions d’états-uniens – avant la crise bourgeoise- n’ont aucune couverture médicale* alors qu’un pays du tiers monde comme Cuba, ayant choisi lui aussi les «vaches sacrées», peut envoyer des dizaines de milliers de médecins à l’étranger, sans pour autant vider ses réserves de médecins à la maison, et donc sans pour autant brimer les cubains socialistes de soins bien mérités, de par leurs efforts collectifs en ce sens. Le socialisme n’a aucun compte à rendre à personne et n’a surtout pas de parasites à qui combler les caprices de revenus non-mérités, mais plutôt soutirés du labeur d’autrui. Également, depuis le début de la crise bourgeoise, c’est au nombre de 3000 à 4000 quotidiennement que l’on compte les nouveaux sans-abris, grandissant ainsi, au lieu des beaux quartiers, les nouveaux bidons-villes d’un nouveau tiers-monde! Et c’est également par près de 600 000, hebdomadairement, que les demandes de chômage se succèdent au sein du gouvernement états-unien, celui-ci, incapable de fournir…

Legault et The Gazette nous demandent donc de nous serrer la ceinture, au profit des bourgeois minoritaires et parasitaires, pour continuer de faire tourner ce ridicule système qui à tous les 30 ans, s’effondre pour ensuite rendre sa facture aux prolétaires, ceux mêmes exploités par ces parasites ci-haut nommés. Ces deux menteurs, partialement corrompus par les intérêts de la classe minoritaire et parasitaire mondiale, nous demandent donc de briser nos liens humains, nos liens sociaux, au profit de l’enrichissement de parasites aptes à se payer les moyens de production ou l’exploitation des misères médicales humaines, souvent elles, hasardeuses. Ils nous demandent, ni plus, ni moins, d’adopter leur mauvais choix, qui ailleurs, n’a apporté que misères et injustices, qu’exploitation, qu’enrichissement de minuscule partie de l’humanité, au détriment de la majorité laborieuse.

En ce moment même, les banques états-uniennes sont sauvées de la faillite, par ces mêmes prolétaires qu’elles ont honteusement exploités. Les prolétaires états-uniens viennent de changer de rôle avec les banques, accordant à celles-ci un prêt sans condition, sans intérêt, sans aucune ristourne. Il en est de même pour les concessionnaires ou pour le principal assureur qui, sans l’aide prolétarienne des états-uniens, seraient vite tombés dans le cercle vicieux de la faillite, projetant ainsi le spectre de la faillite nationale, puis internationale, car, n’oubliez pas que sans les banques, les épargnants auraient tous perdu leurs épargnes, si chèrement gagnées par de durs labeurs, lesquels ne sont finalement que reconnus chez cette minorité parasitaire bourgeoise, aux yeux des Legault et des The Gazette en tout cas, bref aux yeux des capitalistes!

En somme, la sortie de Legault n’est qu’une bonne affaire pour les êtres humains du Québec, ils se débarrassent ainsi d’un serviteur de la minorité parasitaire bourgeoise dans le milieu politique, pour ainsi laisser place au bon sens! Mais notons qu’il faille un sacré culot pour aller prôner un système qui vient de s’effondrer, emportant avec lui des petits épargnants par centaines de milliers et n’ayant fait ses preuves que dans l’imagination sans limite des capitalistes!

François Legault, je ne peux que vous soumettre mon «bon débarras»!

*Ma fille, Kloé, est née hier. À l’hôpital, l’infirmière m’informe du manque de personnel et de la hausse de 40% du labeur. Mais également, elle me fait noter que sa patronne est allée manger avec un propriétaire d’Agence privée d’infirmières et qu’il embauche pour sa part, 400 de ces nouvelles infirmières. Elle me signale par la suite, qu’à l’hôpital de Joliette, il ne manque que 200 infirmières pour être capable de rouler à plein régime. Ce qui m’amène à dire qu’il n’y a pas tant que cela de manque de personnel, mais qu’il ne se trouve qu’ailleurs, au privé, lequel est en passant, encore illégal au Québec. Ils ont déshabillé Pierre pour habiller Paul, puis nous ont fait croire que le privé n’allait pas drainer notre personnel du milieu public, ce qui n’était, de fait,  que mensonge, bien entendu. Alors comment les salauds comme Legault expliquent-ils cette dérive, puis ce manque de personnel au public? Comment peuvent-ils ensuite nous faire croire qu’en le privé, se trouve la solution à nos maux, alors qu’à Cuba, un pays du tiers-monde, les socialistes prouvent, tous les jours, qu’en le système public, se trouve une parfaite justice?

Je souhaite donc à François Legault, un déménagement aux États-Unis, une perte d’emploi, puis un cancer! Voyons ensuite comment ce salaud s’en sortira. Mais parions qu’avec la chemise qu’il porte, celle de la défense des intérêts capitalistes, un bon samaritain bourgeois le sortira de ses embuches! Mort au parasitisme!