Quand le matérialisme s'en mêle…

L’aliénation volontaire

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L’aliénation volontaire

L’aliénation volontaire, comme elle le précise, est volontaire. Elle est le mélange entre l’opportunisme qui peut exister sous le système capitaliste –Où il est possible par la détention d’un amas de capital –un monopole- d’exploiter le labeur d’autrui, comme par magie, sans argument pour défendre cette idée –Le Risque et le mérite sont je crois, détruits comme idées. Les employés de GM ont semble-il, prix un risque énorme en entrant chez GM. Aussi, ils sont autant méritants, sinon plus, puisque ce sont eux qui créent la richesse.- -. et  l’aliénation, aidée certes d’une dose d’incitation à l’opportunisme de par les médias, sinon même, notre mode de vie capitaliste. Ces deux idées ne sont que les coulées de sang d’une même plaie. C’est le capitalisme. Nous le verrons plus loin.

Aliénation, ou conditionnement?

D’abord, l’aliénation, elle est issue d’une propagande, tant soit elle héritée des tuteurs de l’enfant, qu’elle pourrait l’être des diverses informations déversées dans les médias de masse. On suit nos tuteurs, qu’ils soient nos parents ou quelconques autres personnes. Nous les suivons. Nous suivons leurs conseils,  nous suivons ensuite leurs règles, et nous faisons tout cela contre nos intérêts de classe, s’il y a lieu, car tel est le conditionnement de vie des capitalistes lorsqu’ils naissent dans ces sociétés capitalistes.

Ce faisant, nous infirmons également les faits, le fait qu’il existe des classes par exemple, et qu’une d’entre elles, est inutile, nous exploite, et cela, sans aucun argument apte à défendre cette exploitation. Car le mérite n’est pas une qualité que seul le bourgeois possède. Et s’il possède cette qualité, il ne la possède pas plus que les créateurs de richesses du moins. Même le «risque» qu’il prétend prendre «plus que les autres» n’est pas à la hauteur des dommages que subiront les prolétaires…., ayant eux, couru le risque de céder la gestion de leur avenir aux bourgeois, car relativement, si le bourgeois échoue, le prolétaire suivra, parfois par masses.

Donc, comme nous le disions, les enfants reçoivent une éducation, que leurs tuteurs ont reçue avant eux, laquelle sera teintée d’une idéologie, sans surprise capitaliste dans le modèle que nous examinons. Ainsi, les bienfaits et les malheurs d’une idéologie se transmettent via la communication entre parents (tuteurs) et enfants, même si celle-ci est erronée, ou qu’elle contrevienne aux intérêts de celui qui la reçoit comme formation. Par exemple, vos parents n’ont-ils pas répété maintes fois qu’il fallait gagner sa croûte dans la vie? Ce faisant, ils vous faisaient à l’idée que vous alliez travailler toute votre vie, il s’agissait là d’un conditionnement. Capitaliste? Pas nécessairement, mais il était toutefois teinté de cette idéologie parce que vos tuteurs omettaient de vous préciser qu’une minorité d’êtres humains, issue d’une autre classe, la bourgeoisie, n’allait pas travailler identiquement, n’allait pas bûcher dur pour gagner sa croûte, qu’elle n’avait qu’à récolter le fruit de votre labeur pour profiter sereinement de la vie et gagner celle-ci.

Mais si ce conditionnement vous avait fait part de cette exploitation, vous n’auriez pas vu les choses de la même façon. Depuis votre tendre enfance, vous n’auriez pas regardé la bourgeoisie de la même façon, sachant qu’elle retirait un profit du labeur d’autrui, dont du vôtre. Votre respect envers votre employeur, en vieillissant, aurait été tout autre, car sa prétention du mérite ne vous aurait pas trompé, ni les soit disant risques qu’il aurait entrepris, car vous auriez su que le risque était partagé sous ce système et que vous auriez semble t-il, fait votre juste part dans la société.

Notre modèle capitaliste, teinté d’un conditionnement incomplet quant à l’éducation des masses, ne rapportant pas tous les faits du modèle actuel, comme l’exploitation du labeur d’autrui par exemple, ou le fait que le «mérite» et le «risque» des bourgeois ne sont que fictifs, ne peut être que totalitaire dans ces conditions, parce que les débats de fond, entre autre sur l’exploitation, n’ont pas eu lieu, ni à l’âge adulte, ni à l’âge de la puberté, ni à l’âge de l’enfance, où l’on imprègne dans notre mémoire tous ces concepts de base, comme «gagner sa croûte dans la vie», dire «s’il vous plaît», etc.. Le débat de fond en question, comme désiré dans le système capitaliste –par les capitalistes-, passe sous le tapis afin de repousser les vaines tentatives de repousser les limites de l’ignorance de la masse laborieuse, ce qui permet  la domination de cette dernière.

Autrement dit, oui, nous vous avons modelé. Du moins, quelqu’un l’a fait, non nécessairement consciemment, mais ce fut fait, volontairement ou non. Et par cette modélisation, votre caractère combatif quant à vos droits de travailleur, de créateur de richesses, ne dépassera pas les limites que l’on vous a imposées à votre jeune enfance sauf si…

Sauf si vous avez par accident, ou par curiosité, accès à d’autres sources d’informations, comme ce blogue en est une par exemple. Et lorsque vous tombez sur des contradictions, lorsque vous êtes apte à percevoir les classes, à en comprendre les intérêts, vous ne pouvez passer outre le débat idéologique, sauf si…, sauf si vous le décidez volontairement. Il ne s’agit donc plus de simple conditionnement, mais d’un choix, qui vous appartient, bien entendu. Et dès lors que vous faites ce choix, vous cessez d’être un simple conditionné, pour devenir un aliéné volontaire. C’est-à-dire que vous ne défendez aucunement vos propres intérêts, en toute connaissance de cause. Que vous choisissez cette voie, qui vous heurte, soit par opportunisme, soit par insensibilité, donc par égoïsme d’une certaine façon, ou par individualisme, ce qui revient sensiblement au même.

Individualisme, opportunisme, autonomiste idéaliste.

Le conditionnement dans lequel nous nous développons est sans contredit enclin à nous mener vers l’individualisme, par l’opportunisme, ce que certains québécois, issus d’une branche très idéaliste, nommeront l’autonomisme, ce qui n’est en réalité qu’un travestissement de terme. Cet individualisme est conditionné, lui, par les médias, mais également par la propagande d’un quelconque proche, ce dernier invitant à fermer les yeux sur les malheurs des autres.

Et qui dit individualisme, ne passe pas à côté de l’opportunisme, mais en dépend. Car les malheurs des uns, sont certainement révélateurs quant au bonheur des autres, tout comme le marathonien n’est pas totalement déçu de voir son adversaire s’effondrer avant la ligne d’arrivée. Même s’il s’agit d’un élément déterminant pour le nouveau vainqueur, il s’agit également d’opportunisme, car en perdant, l’effondré laisse à autrui la chance de gagner. Mais une chose est certaine, toutes et tous ne gagneront pas, et toutes et tous profiteront des erreurs des autres, par opportunisme. Car ils sont conditionnés pour ce, plutôt que d’être conditionnés à soutenir leurs camarades tombés au combat et à les aider à terminer la course.

L’opportunisme se caractérise certes par un moindre, sinon par un grave égoïsme envers les autres. Il divise les humains, conditionnés pour ce sous le régime capitaliste, quitte à les opposer les uns aux autres, à les mener vers une compétition féroce. Ils iront même jusqu’à défendre des idées ne défendant pourtant pas leurs intérêts de classe. Tel est le danger de l’opportunisme, il peut aisément suivre le vent, puis ne plus servir les intérêts de celui qui frappe la balle au bond, pour ensuite servir ceux, temporairement, de celui qui vient tout juste de lancer la balle frappée au bond, vice-versa.

Celui d’une classe, peut sortir de celle-ci, par opportunisme. Gagnant par exemple un lot à la loterie, un prolétaire ayant vendu sa force de travail toute sa vie, peut ensuite acheter la force de travail de ses anciens camarades issus également du prolétariat. Ainsi, il passe de l’exploité à l’exploitant, en attrapant la balle au bond, par opportunisme.

Sinon, un simple travailleur, épargnant, peut disposer de capitaux suffisants, pour débuter son entreprise, pour ensuite passer de l’exploité à l’exploitant, encore par opportunisme, par une chance saisie.

Une chose est certaine, l’opportunisme oblige l’individu l’appliquant, à fermer les yeux sur les conditions de ses anciens camarades de classe, sinon sur ses propres anciennes conditions. Un exploité, s’étant plaint toute sa vie de son exploitation, peut donc, pour ainsi dire, devenir le salaud qu’il dénonçait à ses camarades prolétaires. L’opportunisme peut donc se préciser autant par le type qui achète à rabais des pneus d’hiver, que par le type qui profite largement de ses égaux, des humains. Mais encore, lorsque l’opportuniste saisie sa chance, il oublie de fait, la réalité. Par exemple, que les pneus ne sont pas en spécial, qu’ils sont moins chers pour X raison, mais il saisie sa chance, préférant ne pas s’attarder à ce soucis, qu’il dira de pacotille.

Et lorsque l’opportunisme se mêle à l’aliénation, l’aliénation volontaire est une réalité, parce qu’elle comporte une dose d’aliénation, et d’opportunisme, certes volontaire. Et des deux, nous constatons que l’aliénation devient choix, pourquoi? Parce qu’elle sert alors les nouveaux intérêts de l’individu, appartenant désormais à une nouvelle classe, sinon espérant y appartenir. Ainsi, cet individu démontre un égoïsme patent vis-à-vis ses semblables, un individualisme patent vis-à-vis ses semblables et ce qu’appellent les adéquistes, un autonomisme. Certes, l’autonomisme n’a rien à voir avec le capitalisme, il s’agit là d’une valeur, tout comme les valeurs familiales, ou les valeurs dites de liberté, dont les idéalistes, tels les adéquistes, tentent de s’approprier le sens des termes, frauduleusement.

Aliénation volontaire.

Mêlant ces deux adjectifs, que sont l’aliénation et l’opportunisme, nous vient l’aliénation volontaire. C’est que, l’individu, l’exploité surtout, en vient à appuyer des projets qui le serviront personnellement, tout en punissant ses semblables de classe, ses camarades prolétaires par exemple. Prenant lui les promesses électorales d’un parti populiste comme positives, visant justement à s’asservir ces aliénés, il met de côté les intérêts de ses camarades de classe, sinon ses propres futurs intérêts, en espérant tirer son épingle du jeu. Ce faisant, il se tire plutôt dans les pieds, mais surtout, dans ceux de ses camarades de classe, les prolétaires.

Ainsi, il favorise l’intérêt bourgeois, lequel ne demande qu’à diviser les masses laborieuses qu’il exploite. Car ainsi, divisés, ces travailleurs, ces prolétaires, ne sont plus unis et sont donc plus faibles pour défendre leurs intérêts de classe exploitée.

À titre d’exemple, les États-Unis d’Amérique, depuis déjà plusieurs années, amènent des capitaux à Cuba, les distribuant injustement, inéquitablement aux cubains, -défiant ainsi par le passage, les règles établies de ce pays socialiste- aux travailleurs défendant le capitalisme surtout (des opportunistes égoïstes vis-à-vis leurs camarades de classe). Ainsi, ils créent des divisions, des classes, des écarts de richesse, qui favorisent leurs intérêts capitalistes. Et ainsi, ils favorisent l’individualisme, l’égoïsme, ou ce qu’appelleraient les adéquistes, de l’autonomisme.

Mais ce faisant, ils mettent également en péril l’humanité, sinon sa majorité laborieuse, sachant très bien que seule une minorité en tirera réellement profit. L’exploitante, bien sûr! Et ce faisant, ils excusent indirectement, l’ordre établi, c’est-à-dire, la dictature bourgeoise. Et c’est le but.

L’aliénation volontaire ne sert donc aucunement les intérêts de la majorité laborieuse de ce monde, les prolétaires, mais plutôt, sa minorité parasitaire, les bourgeois.

Conclusion.

Je dirais donc, pour ma part, que l’aliénation volontaire est l’un des pires ennemis de la révolution, mais qu’il est l’un des meilleurs alliés de l’ordre établi, soit de la dictature bourgeoise. Car de fait, l’opportuniste sert indirectement, sinon directement, les intérêts de la bourgeoisie minoritaire et parasitaire, en divisant les troupes, en divisant les masses laborieuses, en divisant les prolétaires majoritaires, exploités par la bourgeoisie.

Les trois fautes de Barack Obama en Afrique (Voltaire)

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Après le sommet du G8 en Italie, le président états-unien Barack Obama s’est envolé pour l’Afrique avec un prétendu cadeau : une enveloppe de 20 milliards de dollars à distribuer sur 3 ans, afin que les « généreux » donateurs des pays riches « aident » à réduire la faim dans le monde. Alors que la promesse d’éradiquer la faim est faite régulièrement depuis 1970, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un rapport le mois dernier indiquant que le nombre de personnes sous-alimentées a passé le cap du milliard, soit 100 millions de plus durant l’année écoulée. Au même moment, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) tirait la sonnette d’alarme et annonçait qu’il devait réduire les rations distribuées au Rwanda, en Ouganda, en Éthiopie, en Corée du Nord et au Kenya (pays d’origine de la famille paternelle d’Obama), principalement en raison de la réduction de la contribution des États-Unis, son principal bailleur de fonds [1].

Au-delà d’un effet d’annonce de la part du président Obama, qui vient s’ajouter à une longue liste de vœux pieux n’ayant permis en rien d’améliorer la situation à l’heure actuelle, il convient de rappeler que le montant de l’aide de 20 milliards sur 3 ans représente moins de 2 % de ce que les États-Unis ont dépensé en 2008-2009 pour sauver les banquiers et les assureurs responsables de la crise.

Ainsi, après avoir tendu la main aux « amis musulmans » lors du discours du Caire (tout en continuant en coulisse de déstabiliser la région du Moyen-Orient) [2], après avoir tendu la main aux « amis russes » (tout en gardant ses positions sur le bouclier anti-missiles en Europe de l’Est), Obama tend la main aux « amis africains » (tout en gardant sa casquette néocoloniale bien vissée sur la tête) [3].

Quand Obama déresponsabilise les pays riches

La longue allocution d’Obama à Accra, au Ghana [4], fait suite à une série de rencontres avec ses homologues étrangers. Sous le prétexte de refonder les relations états-uniennes vis-à-vis du reste du monde, Obama a encore une fois excellé dans l’art de prôner l’ouverture et le changement, tout en continuant d’appliquer les funestes politiques de ses prédécesseurs [5].

Dès le début, il déclare qu’il « revient aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique ». Pourtant, alors que cette déclaration frappée du sceau du bon sens met tout le monde d’accord, ce n’est toujours pas le cas dans la réalité, et l’action des pays du G8 est déterminante depuis un demi-siècle pour priver les peuples africains de leur souveraineté. Obama n’oublie pas de rappeler qu’il possède « du sang africain dans les veines », comme si cela donnait automatiquement plus de force et de légitimité à son discours. En tout cas, le message est clairement posé : le colonialisme dont leurs ancêtres ont été les victimes ne doit pas constituer une excuse pour les Africains. Il y a là de fortes similitudes avec le discours que le président français Nicolas Sarkozy avait prononcé à Dakar quelques mois après son élection [6], discours qui avait soulevé une vague de protestations méritées à laquelle Obama semble miraculeusement échapper pour l’instant… Mais nous comptons bien réparer cette injustice !

Très vite, Obama déresponsabilise l’Occident sur l’état actuel du développement du continent. En déclarant que « le développement dépend de la bonne gouvernance » et que « c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter », il part du faux constat que la pauvreté qui règne en Afrique est principalement due à la mauvaise gouvernance et aux libres choix des dirigeants africains. En somme, c’est la faute des Africains. Rien de plus erroné !

Avec des affirmations comme « l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie zimbabwéenne au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats », le président Obama occulte le rôle central des pays riches dans l’évolution de l’Afrique. Et notamment celui des institutions financières internationales, FMI et Banque mondiale en tête, ces puissants outils de domination des grandes puissances qui organisent la soumission des peuples du Sud. Cela se fait par l’intermédiaire de politiques d’ajustement structurel (abandon des subventions aux produits de première nécessité, réduction drastique des dépenses publiques, privatisation d’entreprises publiques, libéralisation des marchés, etc.) qui empêchent la satisfaction des besoins fondamentaux, répandent une misère galopante, accroissent les inégalités et rendent possibles les pires horreurs.

Quand Obama compare l’incomparable

Pour appuyer ses dires, Obama compare l’Afrique à la Corée du Sud. Il a d’abord expliqué qu’il y a cinquante ans, quand son père a quitté Nairobi pour étudier aux États-Unis, le Kenya avait un PNB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud, avant d’ajouter : « On a parlé d’héritage du colonialisme et d’autres politiques mises en place par les pays riches. Sans vouloir minimiser ce facteur, mon propos est de dire que la Corée du Sud, en travaillant avec le secteur privé et la société civile, a réussi à mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilité. » Tous ceux qui lisent attentivement nos publications n’ont pas manqué de s’étrangler !

Car la prétendue réussite économique de la Corée du Sud5 s’est faite à l’encontre des recommandations imposées par la Banque mondiale à la plupart des autres pays en développement. Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1961, la dictature militaire au pouvoir en Corée du Sud a bénéficié de dons importants de la part des États-Unis pour un montant de 3,1 milliards de dollars. C’est plus que l’ensemble des prêts de la Banque mondiale aux autres pays du tiers-monde pendant la même période ! Grâce à ces dons, la Corée du Sud n’a pas eu à s’endetter pendant 17 ans (1945-1961). Les emprunts extérieurs ne deviendront importants qu’à partir de la fin des années 1970, une fois l’industrialisation de la Corée bien avancée.

Tout a donc commencé en Corée par une dictature à la poigne de fer qui a appliqué une politique étatiste et très protectionniste. Cette dictature a été mise en place par Washington à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. L’État a imposé une réforme agraire radicale où les grands propriétaires terriens japonais furent expropriés sans indemnisations. Les paysans sont devenus propriétaires de petites parcelles de terres (équivalentes à 3 hectares maximum par famille) et l’État a mis la main sur le surplus agricole, autrefois empoché par les propriétaires japonais quand la Corée était une colonie nipponne. La réforme agraire a soumis les paysans à de fortes contraintes. L’État fixait les prix et les quotas de production, ne permettant pas le libre jeu des forces du marché.

Entre 1961 et 1979, la dictature militaire de Park Chung Hee fut soutenue par la Banque mondiale, bien que la Corée se refuse à suivre son modèle de développement. À ce moment, l’État planifiait d’une main de fer le développement économique du pays. La continuité de l’adoption de politique d’industrialisation par substitution d’importation et la surexploitation de la classe ouvrière sont deux des ingrédients de la réussite économique du pays. La dictature de Chun Doo Hwan (1980-1987) sera de même soutenue par la Banque mondiale, même si ses recommandations n’étaient toujours pas suivies (notamment concernant la restructuration du secteur automobile).

Ainsi, quand Barack Obama déclare que « la Corée du Sud, en travaillant avec le secteur privé et la société civile, a réussi à mettre en place des institutions qui ont garanti la transparence et la responsabilité », il omet de dire que le secteur privé était clairement orienté par l’État et que la dictature coréenne « dialoguait » avec la société civile à la force du fusil et du canon : l’histoire de la Corée du Sud de 1945 au début des années 1980 est jalonnée de massacres et de répressions brutales.

Il est également important de rafraîchir la mémoire de Barack Obama qui se réfère à l’exemple du Zimbabwe pour illustrer l’échec des Africains et à celui de la Corée du Sud comme modèle. L’année de l’accession du Zimbabwe à l’indépendance (1980) a été marquée par des soulèvements populaires contre la dictature militaire en Corée du Sud. Ils ont été réprimés dans le sang, plus de 500 civils ont été tués par les militaires avec le soutien de Washington. À cette époque, et ce depuis 1945, les forces armées sud-coréennes étaient placées sous le commandement conjoint américano-coréen, lui-même sous le contrôle du commandant en chef des forces des États-Unis en Corée du Sud. Les massacres perpétrés par l’armée sud-coréenne au mois de mai 1980 furent complétés par une répression de masse dans les mois qui suivirent. Selon un rapport officiel daté du 9 février 1981, plus de 57 000 personnes ont été arrêtées à l’occasion de la « Campagne de purification sociale » engagée depuis l’été 1980. Près de 39 000 d’entre elles ont été envoyées dans des camps militaires pour une « rééducation physique et psychologique ». En février 1981, le dictateur Chun Doo Hwan fut reçu à la Maison-Blanche par le nouveau président des États-Unis, Ronald Reagan. Est-ce cet exemple qu’Obama veut offrir au peuple du Zimbabwe et des autres pays d’Afrique ?

La position géostratégique de la Corée fut un de ses atouts majeurs jusqu’à la fin des années 1980, lui permettant de ne pas tomber sous la coupe du FMI et de la Banque mondiale. Mais dans les années 1990, la situation géopolitique fut bouleversée suite à l’effondrement du bloc soviétique. Washington changea progressivement d’attitude envers les dictatures alliées et accepta de soutenir des gouvernements civils. Entre 1945 et 1992, la Corée du Sud a été sous régime militaire avec la bénédiction de Washington. Le premier opposant civil élu à la présidence lors d’une élection ouverte est Kim Youngsam, qui acceptait le Consensus de Washington et mit en place un agenda clairement néolibéral (suppression des barrières douanières, privatisations à la chaîne, libéralisation des mouvements des capitaux), ce qui plongea la Corée du Sud dans la crise économique du sud-est asiatique en 1997-1998. Entre temps, la Corée du Sud avait pu réaliser une industrialisation que les pays riches ont refusée à l’Afrique. On comprend alors combien l’exemple de la Corée du Sud est loin d’être convaincant et reproductible.

De surcroît, la pauvreté en ressources naturelles a paradoxalement favorisé le développement de la Corée du Sud car le pays a évité la convoitise des sociétés transnationales. Les Ėtats-Unis considéraient la Corée comme une zone stratégique du point de vue militaire face au bloc de l’URSS, pas comme une source cruciale d’approvisionnement (comme le Nigeria, l’Angola ou le Congo-Kinshasa). Si la Corée avait été dotée de fortes réserves de pétrole ou d’autres matières premières stratégiques, elle n’aurait pas bénéficié de la part de Washington de la même marge de manœuvre pour se doter d’un puissant appareil industriel. Les États-Unis ne sont pas prêts à favoriser délibérément l’émergence de concurrents puissants dotés à la fois de grandes réserves naturelles et d’industries diversifiées.

Quand Obama exonère le capitalisme de ses fautes

À propos de la crise mondiale actuelle, Obama dénonce « les actions irresponsables de quelques-uns [qui] ont engendré une récession qui a balayé le globe ». Ainsi, il laisse penser que cette crise est due à l’irresponsabilité d’une poignée d’individus dont les excès auraient plongé le monde dans la récession. De la sorte, il éclipse la responsabilité de ceux qui ont imposé la déréglementation financière depuis presque trente ans, États-Unis en tête. Il serait plus exact de souligner le modèle de développement capitaliste productiviste, imposé aux forceps par les pays du Nord, comme étant la source des multiples crises actuelles qui, loin d’être seulement économiques, sont aussi d’ordre alimentaire, migratoire, social, environnemental et climatique.

Toutes ces crises ont pour origine des décisions prises par les gouvernements impérialistes du Nord, et principalement celui des États-Unis qui, contrôlant à la fois le FMI et la Banque mondiale, imposent des conditionnalités favorables à leurs intérêts et à ceux de leurs grandes entreprises. Depuis « l’indépendance » des pays africains, au virage des années 1960 pour la plupart, le FMI et la Banque mondiale agissent telles des chevaux de Troie pour favoriser l’appropriation des richesses naturelles du Sud et défendre l’intérêt des créanciers. En soutenant des dictatures aux quatre coins du monde (Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, Pinochet au Chili et tant d’autres), puis en faisant appliquer des politiques antisociales rigoureuses, les gouvernements occidentaux successifs n’ont jamais permis que soient garantis les droits humains fondamentaux de par le monde. Les expressions « droit à l’autodétermination », « démocratie », « droits économiques et politiques » ne sont pas des réalités en Afrique, contrairement au poids écrasant du service de la dette et aux complaintes des affamés.

À quand l’émancipation de l’Afrique ?

L’Afrique a été brisée par le système dévastateur de la traite des esclaves dans le cadre du commerce international triangulaire instauré par l’Europe et ses colons aux Amériques du 17e au 19e siècle. Puis elle a été mise totalement sous tutelle par le colonialisme européen de la fin du 19e siècle jusqu’aux indépendances. Ensuite, l’Afrique a été maintenue sous dépendance par l’intermédiaire du mécanisme de la dette et de l’aide publique au développement. Après les indépendances, elle a été livrée à des potentats (Mobutu, Bongo, Eyadema, Amin Dada, Bokassa, Biya, Sassou Nguesso, Idriss Déby…) qui la plupart du temps étaient ou sont protégés par les capitales européennes et Washington. Plusieurs hauts dirigeants africains qui voulaient un développement autonome et favorable à leur population ont été assassinés sur ordre de Paris, de Bruxelles, de Londres ou de Washington (Patrice Lumumba en 1961, Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1987…). Les classes dominantes africaines et les régimes politiques qu’elles mettent en place ont très clairement leur part de responsabilité dans la poursuite des malheurs de l’Afrique. Le régime de Robert Mugabe au Zimbabwe en fait partie. Aujourd’hui, les peuples d’Afrique sont directement affectés par les effets de la crise mondiale dont l’épicentre se trouve à Washington et à Wall Street, révélatrice du fait que le capitalisme conduit à une impasse inacceptable pour les peuples. Les origines africaines de Barack Obama sont du pain béni pour les entreprises de son pays qui défendent des intérêts économiques très précis dans l’exploitation des matières premières de l’Afrique. Voilà une réalité qu’Obama balaie d’un revers de main, en poursuivant un discours paternaliste et moralisateur afin de convaincre les Africains de ne pas s’engager dans la lutte pour une indépendance authentique et un véritable développement garantissant enfin la pleine satisfaction des droits humains.

[1] Voir le Financial Times (FT) du 12 juin 2009. Selon le FT, Burham Philbrook, le sous-secrétaire d’État à l’Agriculture des États-Unis a déclaré que Washington ne pouvait pas garantir le financement du PAM à hauteur de l’année 2008, au cours de laquelle les États-Unis avaient apporté 2 milliards de dollars à son budget. Toujours selon le FT, Philbrook suggérait que le PAM devait réduire son aide alors qu’il savait parfaitement que le nombre d’affamés a augmenté en 2009.

[2] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama ; « Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 et 9 juin 2009.

[3] « Entretien avec AllAfrica.com », par Barack Obama ; « Derrière la visite d’Obama au Ghana », par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire, 2 et 12 juillet 2009.

[4] « Discours devant le Parlement du Ghana », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 11 juillet 2009.

[5] Cette continuité apparaît également dans l’inaction d’Obama face au putsch au Honduras. Tout en condamnant, il laisse faire. Le Pentagone est d’ailleurs très proche des putschistes. Ceux-ci ne resteront pas au pouvoir si le Pentagone leur intime l’ordre de se retirer. « Honduras : les « intérêts USA » encore aux mains des militaires de la Joint Task Force Bravo », par Manlio Dinucci ; « Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA », par Thierry Meyssan ; « Honduras : la politique à « deux voies » des États-Unis et du Canada », par Arnold August, Réseau Voltaire, 29 juin et 13 juillet 2009.

[6] « Discours à l’université de Dakar », par Nicolas Sarkozy, Réseau Voltaire, 26 juillet 2007.

Luc Mukendi
Coordinateur d’AMSEL /CADTM Lubumbashi (RDC)

Damien Millet
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006. .

Jean Victor Lemvo
Membre de Solidaires à Pointe Noire (Congo).

Emilie Tamadaho Atchaca
Présidente du CADD (Bénin).

Solange Koné
Militante pour les droits de la femme (Côte d’Ivoire).

Victor Nzuzi
Agriculteur, coordinateur du GRAPR et NAD Kinshasa (RDC).

Sophie Perchellet
Chercheuse au CADTM (Belgique).

Aminata Barry Touré
Présidente de la CAD-Mali/Coordinatrice du Forum des Peuples.

Ibrahim Yacouba
Syndicaliste (Niger).

Éric Toussaint
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008.

http://www.voltairenet.org/article161110.html

Le SCRS est-il un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

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Après tant d’années de manifestations des pacifistes pour ce, l’organe chargé de surveiller les agissements du SCRS, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), condamne enfin les agissements illégaux du SCRS à l’endroit d’Omar Khadr, mais qu’en est-il du vrai débat de fond qui oppose le SCRS aux faits gênants qui le démarque d’un simple service de renseignements? Est-ce un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

Historiquement parlant, le SCRS est venu remplacer la GRC, dans ses enquêtes visant la sécurité nationale, parce que cette dernière ne cessait de commettre des bavures, surtout au Québec. Car, même si les médias n’en parlent pas, il est pourtant évident que la GRC, dans le passé, a souvent dépassé les bornes, ou ses limites constitutionnelles du moins.

Que s’en souviennent les acteurs de cette époque, la GRC posait des bombes, qu’elle faisait ensuite passer pour des actions terroristes du FLQ. Ce n’est pas rien! Sinon même, l’épisode de Montebello, plus récent lui, où l’on avait, nous les manifestants pacifistes, démasqués des turbulents manifestants, encourageant aux actions brutales et violentes! Déguisés en manifestants, maladroitement je dois dire –ils portaient des chandails de Jeff Fillion!-, ils incitaient les autres à prendre des roches et à les lancer sur les policiers, étant eux-mêmes de vrais policiers! Cela ne peut que nous faire remarquer que les tactiques ressemblent étrangement à celles employés chez nos voisins du sud à l’encontre des manifestants anti-guerre. Mais le simple fait d’avoir collaboré avec une entité putchiste et terroriste, qui use de ces tactiques dégradantes pour arriver aux fins désirées Washington, vient mettre le SCRS à un pied d’égalité avec quelconque putchiste ou  ces lâches poseurs de bombe, qui n’hésitent pas à tuer des civils pour aller chercher une sympathie d’action d’envergure.

Il n’est donc pas étonnant que le SCRS agisse de la sorte, mais il est par contre étonnant que le CSARS ferme les yeux sur les affiliations du SCRS avec d’autres organisations, comme la CIA. Pourquoi? Pour les raisons évoquées ci-haut, et pour d’autres. La CIA, sous Reagan, a commis des atrocités qui n’ont rien à voir avec le geste légitime d’un soldat vis-à-vis son ennemi soldat d’en face. Sous Reagan, les milices mercenariats ont vu le jour en Amérique latine. Elles ont été largement financées par la CIA, donc par les contribuables états-uniens, afin d’endiguer le problème «communiste». Parce que se développaient à vive allure les mouvements d’émancipation socialistes à travers l’Amérique latine, Reagan, en commençant par le Nicaragua, a financé des dizaines de milliers de mercenaires, lesquels furent bien entendu entraînés, puis armés, aux seules fins de stopper l’avancée incroyable des «méchants communistes». S’en est résulté des dizaines de milliers de morts, civils surtout, pour lesquels les États-Unis n,ont jamais payé, ni subit quelconque sanction économique.

Le CSARS, fermant les yeux sur cet aspect historique, vient donc légitimer l’existence de tels réseaux, qui nous le savons désormais, ont pavé la venue des dictatures en Amérique latine, ont collaboré avec des entités terroristes dangereuses, sinon, qu’elles ont-elles-mêmes usé de ces tactiques disgracieuses. Le CSARS donne donc son approbation, quant aux liens qu’entretiennent les membres du SCRS avec la CIA, malgré les agissements illégaux et terroristes de cette dernière. Le CSARS n’est donc aucunement compétent pour juger des situations dans lesquelles se mettent les agents du SCRS, eux qui nous les savons, collaborent avec des terroristes connus et reconnus à travers le monde, sauf bien sûr, aux États-Unis et dans les pays collaborateurs.

Le SCRS, comme l’entend toutefois le CSARS, a brimé les droits fondamentaux du jeune enfant-soldat d’alors, qui n’avait à cette époque, pas l’âge légal pour être emprisonné de la sorte, encore moins dans des prisons illégales elles-mêmes, où l’on connaissait les pratiques tortionnaires des agents de la CIA, ou des soldats des états-uniens qui, rarement, respectent eux-mêmes le droit international. Le SCRS a donc collaboré avec des terroristes, afin de recueillir des informations cruciales disait-on. Cruciales pour qui, au juste? Cruciales pour ceux et celles qui ne respectent pas les droits internationaux. Car, en sautant les étapes, on nie ces agissements, puis on les appuie, sans s’en rendre compte, et l’on tombe dans le panneau. Tout à coup, très vite, le Canada se retrouve collaborateur d’une mission illégale, montée sur des mensonges (voir le livre de Denis Morissette des Joint Task Force), où l’on peut emprisonner des gens dans des prisons illégales, où se pratiquent la torture et les exécutions arbitraires, soit des assassinats. Puis l’on ne peut que constater, finalement, l’illégalité du SCRS qui, comme la GRC, a commis et commet toujours à l’heure actuelle, des bavures volontaires.

Je ne m’attarde pas ici à la complexe histoire du jeune enfant-soldat, mais aux simples faits qui  démarquent  le SCRS d’une simple agence de renseignements. Ce n’est pas une agence de renseignements normale, mais une agence terroriste, puisqu’elle collabore avec des terroristes, si l’on tient compte des accusations puériles qui par le passé, ont fusé de la part de ces mêmes terroristes à l’endroit de parfaits inconnus, qui n’étaient parfois que des proches d’une telle ou d’une autre personne, elle, vraiment terroriste. Toutefois, il y a eu ici, pure collaboration. Le SCRS a fermé ses yeux sur les actions entreprises par les États-Unis, via son agence de renseignements, pour arriver à ses fins. Il a par ce, fermés les yeux sur des crimes brutaux, qui furent commis au fil des décennies ayant marqué le dernier siècle. Il ne considère donc plus les crimes de ses semblables, mais reconnait celui d’Omar Khadr, un enfant-soldat qui, pourtant, si reconnu comme un enfant-soldat, n’a commis que le crime d’avoir été enrôlé. Mais encore…

Si on pousse l’analyse plus loin encore, qu’Omar Khadr ait été jeune ou vieux n’aurait rien dû changer à l’aspect d’illégalité de sa détention, encore moins de sa torture. Une guerre, c’est une guerre, et nul n’a besoin de savoir qu’il est illégal, selon les conventions signées par le Canada du moins, d’emprisonner indéfiniment des prisonniers, et que ceux-ci doivent avoir les mêmes droits que tous prisonniers de chacun des camps. Certes, l’ennemi «islamiste», consenti par nos autorités capitalistes impérialistes, n’ont pas signé ces traités, mais nous l’avons fait, et cela serait sensé, selon nos autorités toujours, nous diférencier d’«eux». Aussi, il apparaît absurde qu’un enfant-soldat, ou qu’un soldat quelconque soit accusé d’avoir assassiné l’ennemi, car tel est le risque d’une guerre, et ce sont des aspects connus des soldats lorsqu’ils s’enrôlent, dès lors qu’ils portent l’uniforme de combat. Il est donc totalement ridicule que l’on accuse Omar Khadr d’avoir tué un soldat états-unien, d’autant plus que ce dernier était l’envahisseur, et cela ne serait pas sans nous rappeler que les allemands nazis, dans le camp de Varsovie, lorsque les «méchants juifs» se rebellaient, accusaient ces derniers de s’adonner au terrorisme. Et si cela devait s’avérer, qu’omar Khadr ne soit qu’un vulgaire assassin, et bien, nous somems nous canadiens, et nos collaborteurs états-uniens, qu’une meute de meurtriers et les prisons seront pleines dès le retour des forces occupantes de l’Afghanistan.

Alors, si l’on regarde les «motifs raisonnables», cités par le CSARS, pour avoir permis cette mission de recueillement de renseignements auprès du jeune enfant-soldat -emprisonné toujours, dans une prison illégale-, ils ne sont qu’aussi puériles que l’analyse fait au départ de leurs propres alliés, à moins qu’ils n’aient finalement, que les mêmes intérêts! En permettant l’entretient avec Omar Khadr, le CSARS permet donc également, l’emprisonnement illégal, l’enlèvement, la séquestration et la torture des soldats adverses, et de quiconque -puisque la CIA enlève des gens à travers le monde et use de ces mêmes tactiques ailleurs dans le monde-.

Le CSARS ferme donc les yeux sur les liens qu’entretiennent une agence dite «de renseignements», avec une organisation spécifiquement terroriste, tortionnaire et arbitraire quant à ses droits d’aller perpétrer des enlèvements à l’étranger, que ce soit en Afghanistan, ou ailleurs. Elle ferme également les yeux sur les faits qui nous poussent à croire que ces mêmes agents terroristes de la CIA, ont non seulement collaboré avec l’ennemi «islamiste», mais qu’ils ont en plus de ça, dans le passé, financé ces derniers! Les États-Unis, via leur agence terroriste (CIA), ont armé et entraîné les milices d’Al-Qeada et leur ont même versés quelques milliards lorsque les russes étaient les envahisseurs de l’Afghanistan. Car à l’époque, ces milices étaient des alliées, et le terrorisme qu’elles manifestaient à l’encontre des ennemis des États-Unis ne gênaient guère ces derniers.

Mais également, pour ajouter de l’absurde, les derniers relevés de cette histoire nous confirment que la grenade ayant tué le soldat états-unien était de fabrication états-unienne, alors tout un tapage pour un potentiel délit entre forces alliées, une bavure quoi. Car, au gré de la mêlée à laquelle se sont adonnés, et les états-uniens, et le groupe d’Omar Khadr, beaucoup de grenades furent lancées. Dont des M-67! Et c’est précisément ce type de grenade, que ne possédait pas le groupe de Khadr, qui aurait tué le soldat états-unien. Alors, on peut certainement soupçonner un autre états-unien, membre du groupe du «tué», d’avoir accidentellement tué l’un de ses camarades…., et ses autres camarades, pour lui éviter la cour martiale, aurait facilement pu témoigner du «meurtre commis par Khadr», afin de sauver la peau de leur frère d’armes. Certes, nous pourrions nous questionner à savoir qui ne commet pas de meurtre dans une guerre, mais là n’est pas mon intention aujourd’hui. Car tuer, n’est-elle pas l’action entreprise par tous les soldats vis-à-vis leurs ennemis?

Bref, cette histoire n’a pas fini de faire couler de l’encre et d’user nos empreintes digitales sur nos claviers, mais au fil de son avancée, les médias capitalistes ne soulèvent aucun questionnement de fond, mais de simples effleurements de surface. Et les coupables, les véritables, s’en tirent encore une fois, grâce à leurs confrères sensés les surveiller, des complices finalement!

Honduras: la politique à «deux voies» des États-Unis et du Canada

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Le 28 juin dernier, Peter Kent, ministre des Affaires étrangères (pour les Amériques) du gouvernement du Parti conservateur de Stephen Harper, a fait une déclaration en vue de la réunion extraordinaire de l’Organisation des États américains (OEA). Cette rencontre était prévue plus tard la même journée, à 15 h. M. Kent a déclaré que « Le Canada condamne le coup d’État qui a eu lieu cette fin de semaine [28 juin] au Honduras [1] et demande à toutes les parties en présence de faire preuve de retenue et de rechercher une solution pacifique à l’actuelle crise politique, une solution qui respecte les normes démocratiques et la primauté du droit, y compris la Constitution hondurienne. » Le lendemain (29 juin), le National Post, l’important journal de droite canadien publié à l’échelle nationale, a commenté favorablement la déclaration du gouvernement, indiquant qu’elle « […] reflétait l’opposition grandissante face au coup d’État, mais qu’elle ne nommait pas M. Zelaya ni n’exigeait clairement son retour au pouvoir ». Le 29 juin, dans une conférence de presse conjointe avec le Président colombien en visite, Álvaro Uribe, le président Obama a déclaré que « […] le coup d’État n’était pas légal, et que le président Zelaya demeurait le président du Honduras, celui qu’on a élu démocratiquement. » Cette déclaration dénote un changement dans la façon dont la politique états-unienne énonce le problème. Le lendemain (30 juin), les 192 membres de l’Assemblée générale des Nations Unies se sont réunis pour débattre du Honduras. Reflétant le nouvel énoncé, ils ont adopté une résolution à l’unanimité afin « d’exiger la restauration immédiate et inconditionnelle du gouvernement légitime et constitutionnel du président de la République, M. José Manuel Zelaya Rosales. » Évidemment, la délégation canadienne a voté comme les 191 autres membres des Nations Unies. Une fois de plus, le National Post a donné ce qui semblait être son approbation dans son édition du 30 juin, indiquant que :
« La décision du Canada de se joindre aux parrains des mesures adoptées par l’ONU représente une évolution de la position [du Canada] concernant l’enlèvement de M. Zelaya, dimanche, par les forces armées honduriennes […] Jusqu’à mardi [30 juin], le Canada avait demandé la reprise du processus démocratique au Honduras, mais n’était pas allé jusqu’à exiger la réinstallation de M. Zelaya au pouvoir. Les États-Unis semblaient avoir adopté une position semblable, jusqu’à ce que le président américain Barack Obama affirme lundi [29 juin] que Washington croit que M. Zelaya ‘demeure le président élu démocratiquement […]’ »

Le 1er juillet, l’Organisation des États américains (OEA), y compris le Canada, ont résolu unanimement de « condamner le coup d’État », de « réaffirmer que le Président Zelaya est le président constitutionnel du Honduras et d’exiger qu’il retourne à ses fonctions constitutionnelles de façon immédiate, sécuritaire et inconditionnelle. » [2] Le 2 juillet, le National Post écrivait ceci : « Bien que le Canada ait imité le Venezuela et d’autres pays sud-américains de gauche en exigeant la réinstallation de M. Zelaya au pouvoir, Peter Kent, le ministre des Affaires étrangères pour les Amériques, a affirmé qu’Ottawa concentrait principalement son soutien sur le travail fait par l’OEA […] Tout porte à croire que des personnes responsables au sein du gouvernement [actuel] vont admettre qu’ils ont posé un geste inacceptable et qu’ils doivent à nouveau se ranger du côté de la démocratie […] Bien que M. Kent ait dit que la réinstallation de M. Zelaya devait être inconditionnelle, il a indiqué que sa conduite avant son enlèvement n’était pas passée inaperçue non plus. » Le journal poursuit en citant M. Kent : « ‘Le [gouvernement provisoire – les crochets sont du National Post] doit d’abord rétablir l’ordre démocratique en instaurant la primauté du droit. Cette tâche accomplie, la population du Honduras et les membres du gouvernement [provisoire – les crochets sont du National Post], pourront être assurés que l’OEA les a à l’œil et qu’elle est parfaitement consciente des transgressions commises d’un côté comme de l’autre.’ » Cette déclaration représente un nouveau recul face aux résolutions prises par l’ONU et l’OEA, pour lesquelles le gouvernement canadien a voté, et qui exigeaient essentiellement le retour immédiat, sécuritaire et inconditionnel du Président Zelaya.

Le 4 juillet, soit la veille de l’impasse sur la piste d’atterrissage de l’aéroport du Honduras opposant, d’une part, le président Zelaya et le peuple hondurien et d’autre part, le gouvernement militaire, Peter Kent, selon un câble de Reuters, a déclaré à l’assemblée de l’OEA : « ‘Dans les conditions actuelles, on ne peut absolument pas garantir qu’il soit en sécurité à son arrivée.’ » CNN a confirmé cet état de fait le 4 juillet, en rapportant que « le délégué canadien à l’assemblée de l’OEA a recommandé samedi soir [4 juillet] que M. Zelaya ne retourne pas immédiatement au pays en raison des dangers auxquels il pourrait s’exposer. » Il est indéniable en effet que dans les conditions qui prévalaient le 5 juillet, l’arrivée du Président Zelaya à l’aéroport international de la capitale hondurienne aurait été périlleuse pour lui, son entourage et les dizaines de milliers de sympathisants qui l’attendaient, en raison du déploiement des forces armées et de la répression militaire. Mais comment le gouvernement canadien s’est-il servi de sa portée et de son prestige, au juste, pour contribuer à forcer le gouvernement militaire de facto à céder ? S’est-il joint aux pays des Amériques centrale et latine pour voir expressément à ce que les résolutions de l’OEA [3] et des Nations Unies [4] soient respectées à la lettre et en principe ? Recommander à Zelaya de ne pas rentrer au pays revient à encourager le régime militaire, directement ou presque, à blâmer le président Zelaya pour la violence ou le carnage qui pourraient découler de l’application des résolutions internationales.

Le 6 juillet, le porte-parole du département d’État états-unien Ian Kelly a donné un point de presse sur le Honduras et sur d’autres sujets. Concernant le Honduras, dans son mot d’ouverture, M. Kelley a déclaré que « notre objectif demeure la restauration de l’ordre démocratique au Honduras. » Un reporter n’a pu s’empêcher de remarquer qu’il y avait là quelque chose de très flou et ambigu. En tenant compte de la définition états-unienne de la démocratie qui, nébuleuse, fait deux poids deux mesures, un reporter a posé une question très pertinente. Il a demandé : « Avez-vous compris […] lorsque vous dites souhaiter la restauration de l’ordre démocratique, êtes-vous arrivés à comprendre ce que cela veut dire ? » M. Kelly a répondu : « Eh bien, je crois que cela signifie – dans le cas qui nous occupe actuellement – cela signifie le retour du président élu démocratiquement à Tegucigalpa [capitale du Honduras]. » Si ce reporter n’avait pas soulevé la question, cette demande clé de la population mondiale n’aurait pas été explicitée, ne serait-ce que verbalement. Une autre des discussions entre les reporters et M. Kelly concernait la question de l’aide que Washington apporte au Honduras et des liens qui les unissent. La réponse est demeurée imprécise car, interrogé sur cette question, M. Kelly a répondu de façon évasive que les États-Unis continuaient de fournir une partie de leurs secours, tandis que d’autres avaient été interrompus ou qu’ils étaient en cours d’évaluation ou d’élimination.

En ce qui a trait aux liens entre l’armée états-unienne et le gouvernement de facto, M. Kelly a répondu aux questions des reporters en disant que « le SouthCom a minimisé les contacts avec l’armée hondurienne. » Vous remarquerez que les contacts n’ont pas cessé ; ils n’ont été que « minimisé[s] » et ce, sans autres précisions [5]. Néanmoins, des précisions ont effectivement été apportées lorsque les reporters ont posé des questions concernant la base militaire US de Soto Cano au Honduras. Un reporter a demandé : « A-t-il été question de permettre à l’avion de M. Zelaya d’atterrir à la base militaire US là-bas ? » Ce à quoi M. Kelly a répondu : « […] Cette base est contrôlée par les autorités honduriennes, ce n’est donc pas à nous d’accorder le droit d’atterrir ou quoi que ce soit d’autre. » Comme cela tombe bien !

Depuis plusieurs décennies, les États-Unis utilisent la politique étrangère « à deux voies » face à l’Amérique latine : d’une part, l’intervention directe qui comprend les forces armées et, d’autre part, la diplomatie et les négociations « douces », ces dernières étant utilisées à la fois ouvertement et à huis clos. Le point de presse du 6 juillet, tel que mentionné ci-haut, démontre comment le gouvernement actuel à Washington utilise simultanément la Voie I et la Voie II. Ce sont effectivement de très bonnes nouvelles que M. Kelly ait déclaré, le 6 juillet, que le département d’État allait rencontrer le président Zelaya le 7 juillet et non pas le gouvernement de facto, si un représentant de ce dernier devait venir plus tard à Washington. Néanmoins, cet engagement n’est survenu, encore une fois, que parce que les reporters ont posé la question.

Les peuples espèrent que l’usage de la diplomatie dans les négociations au Costa Rica, arbitrées par le Costa Rica et parrainées par Hillary Clinton, secrétaire d’État états-unienne, saura résoudre la crise. Cependant, les instigateurs du coup d’État sont toujours au pouvoir. Ils répriment les manifestations populaires [6] qui se déroulent actuellement au Honduras dans toutes les sections populaires de la société et ce, depuis près de deux semaines, une situation presqu’entièrement camouflée par les médias dans des pays comme le Canada, la France, les États-Unis [7]. Dans ce contexte, les commentaires du président vénézuélien Hugo Chávez prennent de plus en plus leur sens à mesure que les minutes s’écoulent : « Pourquoi le gouvernement états-unien ne prend-il pas des sanctions politiques et économiques contre les instigateurs du coup d’État… ? » Cette déclaration eut lieu lors d’une conférence de presse tenue le 10 juillet à Caracas, telle que rapportée par Associated Press (AP).

Bien qu’il y ait évidemment des contradictions entre les institutions états-uniennes telles que la Maison-Blanche, le département d’État, la CIA, le FBI, le Pentagone et l’extrême-droite du sud de la Floride (etc.), la politique US face aux Honduras, du 28 juin jusqu’au 11 juillet inclusivement, consiste en cette politique à deux voies jumelées l’une à l’autre. D’abord, la Voie I, soit l’implication indirecte sinon directe dans le coup d’État militaire avec un soutien de l’armée à peine voilé. Puis, la Voie II, c’est-à-dire l’usage simultané de discussions et de diplomatie afin « d’amortir » la situation… Mais à qui cela profite-t-il ?

D’un côté, on offre des perles de sagesse sur la restauration de la démocratie et du président élu, mais de l’autre, on met pratiquement sur un pied d’égalité les instigateurs du coup d’État et le président violemment kidnappé.

Les gouvernements canadiens ont été pendant plusieurs années des porte-parole de la Voie II. (Toutefois, il y eut des exceptions. Par exemple, lorsque le défunt Premier ministre Pierre Elliott Trudeau a sincèrement tendu la main à Cuba et à l’Amérique latine lors de sa visite à Cuba en 1976, reflétant ainsi les sentiments de la grande majorité des Québécois et Canadiens.) L’engagement et la diplomatie sans arrière-pensées sont censés prévaloir à Ottawa et, ce faisant, tenter de se distinguer de la politique brutale d’intervention états-unienne, laquelle a presque toujours supplanté la Voie II. Les Canadiens et Québécois, en grande majorité, méprisent les politiques d’intervention et d’agression. Le gouvernement canadien actuel fait partie du courant de droite. Toutefois, on n’y retrouve aucun terreau fertile pour les néoconservateurs qui cherchent à attiser les politiques de la Voie I, comme c’est le cas chez les communautés d’exilés cubains et vénézuéliens dans le Sud de la Floride. Ce qui s’en rapproche le plus serait le National Post, gardien de l’ordre établi, et la frange des dirigeants qu’il représente. Cependant, comme on peut le constater plus haut, le Parti conservateur et la branche conservatrice du cercle des dirigeants peuvent facilement s’accommoder à la fois de la Voie I et de la Voie II, tel que le démontre la question du Honduras, même si la politique étrangère change comme un caméléon d’une journée à l’autre.

Comparé au gouvernement conservateur canadien, le gouvernement Obama est censé être de centre-gauche et contre les politiques de droite de l’époque de Bush. Or, la Voie I et la Voie II sont essentiellement les deux flancs d’une même politique faite de domination et de contrôle —il s’agit simplement de savoir laquelle est la plus efficace, laquelle « fonctionne »—. Les deux Voies sont utiles aussi bien pour les « conservateurs » que pour les « libéraux », et elles peuvent se fondre d’un moment à l’autre.

L’une des leçons que doit apprendre le gouvernement canadien et en vertu de laquelle il doit agir immédiatement, c’est de se reconnaître responsable d’avoir enfreint les résolutions de l’OEA et de l’ONU. Les Conservateurs doivent changer leur position dès maintenant en adhérant aux vastes mouvements de l’Amérique du Sud. Déjà, au Parlement, certains partis politiques, (comme le Bloc Québécois) se sont courageusement et honorablement opposés à la politique pratiquée par le gouvernement canadien au Honduras depuis le 28 juin. Il n’y a pas de temps à perdre. Le gouvernement hondurien de facto doit être forcé de céder dès maintenant et de permettre au président élu de rentrer chez lui. Si le gouvernement canadien est si inquiet des dangers qui attendent le président s’il retourne au Honduras auprès de son peuple, la solution ne consiste pas à l’en éloigner, mais plutôt à obliger les usurpateurs à abdiquer en vertu des résolutions et des positions adoptées sur le plan international. Pour ma part, je crois que le coup d’État au Honduras est un affront direct aux mouvements de souveraineté et de progrès de tous les peuples latino-américains. Les populations de partout au monde, et particulièrement à l’heure actuelle en Amérique du Sud, doivent avoir une vigilance de tous les instants et s’opposer à la politique impérialiste des deux voies provenant du Nord. Depuis les cinquante dernières années, les peuples de l’Amérique du Sud ont créé leurs propres concepts de souveraineté et de démocratie au prix de luttes et de sacrifices et, par conséquent, ils méritent d’être pleinement soutenus aussi bien par les populations de l’Amérique du Nord que de l’Europe.

La question soulevée par Hugo Chávez, le 10 juillet, démasque l’hypocrisie de la politique à deux voies : « Pourquoi le gouvernement états-unien ne prend-il pas des sanctions politiques et économiques contre les instigateurs du coup d’État… ? » Plus tard en soirée le 10 juillet, Fidel Castro a déclaré dans une réflexion, entre autres que « Zelaya sait que l’enjeu n’est pas seulement la Constitution du Honduras, mais aussi le droit des peuples de l’Amérique latine d’élire leurs dirigeants. »

Source:  http://www.voltairenet.org/article161013.html

 Arnold August
Journaliste canadien. Auteur de Democracy in Cuba &the 1997-98 Elections.

Le mérite, sous toutes ses coutures

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Le mérite est un bien grand mot, de par les attributions qu’on lui donne. Mais que défend cette mise en valeur, en bout de ligne, qui n’est pas nécessairement liée au mérite d’un individu, mais qui tente à excuser bien d’avantage qu’un simple et réel mérite?

Par exemple, on dira d’un individu, tentant de grimper au pommier pour s’attribuer de ses fruits, qu’il a le mérite de prendre le risque de grimper à cet arbre, car certes, il pourrait chuter et s’y blesser. Et ainsi, il se méritera les fruits de cet arbre fruitier, sans toutefois faire ombre à la collectivité qui n’ira pas à sa place, chercher la pomme dans l’arbre. Mais qu’en est-il lorsque l’on encense le mérite d’un individu au point de suggérer qu’il est légitime qu’il exploite le labeur d’autrui?

Est-ce là un véritable mérite? Peut-on travailleur durement au point d’en mériter de suite, le fruit du labeur d’autrui? Y a-t-il tout d’abord, une quelconque règle équivalente, permettant de calculer le mérite de chacun? Non. Cette règle n’existe pas. On ne peut donc pas, pour ainsi dire, quantifier le labeur de chacun, sauf par ses heures de travail, ou par ses réalisations, mais en cela, rien ne définie la ligne juste permettant l’exploitation d’autrui, puisque cette règle, comme dit ci-haut, n’existe tout simplement pas et d’ailleurs, elle serait brisée par les faits, puisque bon nombres de bourgeois ne travaillent plus, mais dépendent du labeur d’autrui. Mais alors, pourquoi donc les capitalistes usent de cette dite loi du mérite, pour exprimer leur affirmation que le bourgeois, propriétaire des moyens de production, puisse retirer un profit du labeur d’autrui?

C’est entre autre, parce que rien n’explique l’exploitation d’autrui. Rien ne l’explique, rien ne la justifie. Mais les capitalistes, manquant considérablement d’argument pour expliquer l’inexplicable, s’y en remettent, quitte à répéter le mensonge jusqu’à ce qu’il devienne vérité aux oreilles du visé, l’exploité, le prolétaire. Mais alors, comment peuvent-ils quantifier le labeur, rendant au mérite et sinon, qu’est-ce qui fait d’un être vivant, ce bourgeois dit «méritant»?

Ils ne le peuvent pas, puisque la règle quantifiable du labeur n’existe pas. Ils acclament donc le bourgeois méritant, en l’affirmant tout aussi simplement que jadis, on affirmait que la Terre était plate. Il faut aux idéalistes, donc aux capitalistes, une raison pour défendre l’indéfendable exploitation du labeur d’autrui, alors ils s’inventent des raisons plus farfelues les unes que les autres. Car de fait, un entrepreneur n’a pas toujours les capitaux nécessaires pour démarrer une entreprise, il finira donc, parfois, ses jours en tant que prolétaire, puis s’abstiendra de se lancer en affaires, faute de moyens insuffisants pour ce. Par contre, l’individu détenant ces capitaux indispensables, ou se les faisant attribuer par une quelconque instance, un ami, ou une subvention du public par exemple, pourra accomplir le rêve de plusieurs, soit de pouvoir gagner du capital sur le labeur d’autrui et donc, de cesser de se faire exploiter. Ce faisant, il n’aura pas mérité le fruit du labeur d’autrui, mais aura atteint cette ligne démarquant l’exploité de l’exploitant, lequel, ce dernier, on dira méritant, malgré les faits démentant cette affirmation puérile. Mais alors, qui donc est réellement méritant dans cette société capitaliste?

Le producteur de richesses, l’entrepreneur qui ne dispose pas des moyens de production*, ou d’autres travailleurs, comme l’ensemble du prolétariat par exemple, sont toutes et tous des acteurs qui créent la richesse, sauf qu’ils doivent, excepté dans les cas où ils travaillent pour une instance publique, s’en remettre aux moyens de production privés, lesquels sont détenus, eux,  par la bourgeoisie qui, elle, ne représente qu’une infime minorité de la population. C’est elle que les capitalistes disent «méritante». Mais de fait, ce sont ses exploités, qui créent la valeur ajoutée nécessaire au capitalisme qui repose d’ailleurs sur le profit, comme s’il s’agissait d’une seule et véritable voie, mais il s’agit là d’un dogme. La demande et l’offre sont importantes, mais le profit ne l’est, lui, que dans ce système capitaliste qui, lui, favorise bien évidemment, la bourgeoisie dite «méritante».

Le travailleur moyen, le prolétaire, doit comme dit ci-haut, créer la richesse, mais ce faisant, il se doit d’avoir des outils de production, lesquels malheureusement, dans ce système capitaliste, ne sont accessibles qu’aux mieux nantis d’entre nous. C’est alors qu’il se voit forcé, pour manger, avoir un toit et vivre convenablement (sinon faire vivre les siens qui peuvent en dépendre), de travailler pour un bourgeois, à qui il vendra sa force de travail. Ainsi, le travailleur crée la richesse chez le bourgeois, dans on usine, puis ce dernier, récolte les fruits du labeur du prolétaire, qu’il distribuera ensuite à se guise.

Certes, une partie des profits ira directement à l’amélioration de l’entreprise, afin je l’espère, de la rendre plus productive. Mais une autre partie, celle du dit «méritant», revient elle au bourgeois, qui s’en servira comme bon lui semble, puisqu’un dogme le défend d’en faire ainsi, le «mérite». Et c’est là, la preuve incontestable, indéniable, que l’on exploite les prolétaires, d’où le nom, et que l’on favorise une minorité de la population, la bourgeoisie détentrice des moyens de production, ce, au fil même du labeur d’autrui.

Donc, certes il y a des méritants, mais ils sont mal identifiés, on attribue le mérite à ceux qui profitent largement de la création de richesse par les autres, tout en se faisant croire qu’il y aurait là mérite, mais ce n’est visiblement pas le cas. Peut-on dire que le bourgeois travaille avec la même ardeur que ses prolétaires dans le milieu de la construction? Peut-on faire ce même parallèle avec la voirie, les poseurs de bitume, etc..? Y a-t-il, dans quelconque exemple, un méritant du labeur d’autrui, peu importe son entreprenariat? Aucunement,  et c’est pourquoi il nous fallait aujourd’hui démystifier le mérite, pour en conclure, que tous les travailleurs faisant leur part dans la collectivité, sont des méritants. Et qu’aucunement, quelqu’un n’a le mérite d’exploiter le labeur d’autrui.

Nous pourrions, pour approfondir la démarche, cette analyse, expliquer la provenance du capital, et là, rien ne pourrait plus expliquer ce soit disant mérite, affirmé par les capitalistes et les autres idéalistes de tout acabit. Allons-y!

Le capital est le terme employé pour signifier, dans notre ère, l’argent, ou tout objet digne d’une valeur, aux yeux de quelqu’un, permettant l’échange de services. Certains en ont plus que d’autres, mais un processus historique explique clairement pourquoi il en est ainsi. Et les exemples seraient sans fin.

Par exemple, une famille X, et une autre Y, peuvent avoir autant d’enfants l’une que l’autre, mais ce n’est pas toujours le cas, et cela déjà, explique les coûts engendrés chez la famille X ou Y qui s’en suivent.  Chez ces mêmes familles X et Y, il peut y avoir des imprévus, des évènements qui perturberaient les budgets d’une ou l’autre des familles et encore là, ce la change du tout au tout la capacité de ces familles à se lancer en affaires. Sinon, la maladie, qui peut comme nous le savons, frapper quiconque, non par hasard, mais par des causes toutefois inconnues à ce jour, et cela également perturberait les plans d’une des deux familles, rendant la vie inéquitable, voire injuste pour une ou l’autre des familles. Encore, l’exemple d’une famille qui, par admettons, perd l’un des deux tuteurs, si encore là, il y a deux tuteurs! Encore une fois, nous voyons l’équité prendre la porte et la situation, n’est guère égale d’une famille à l’autre. Et je peux continuer des années comme cela, à nommer des caractéristiques qui peuvent décider de mener une famille à la bourgeoisie ou non. Une chose est certaine, toutes les familles ne s’y rendront pas.

Certains diront que le bourgeois mérite, par son épargne, par son risque, et même par son héritage du« risque et du mérite de leurs parents»! Certains diront également, que le gagnant à la loterie, devient un méritant, mais constatons s’il vous plaît, que rien ne prouve ces dires! D’autres, parlant de risque, diront que les bourgeois en ont pris de gros. Mais là encore, je ne peux que vous inviter à voir, qui, au sein de GM ces temps-ci, perds son emploi, et donc, son gagne-pain menant au mérite! Bref, là encore, nous assistons à un éventail d’affirmations qui, pour la totalité, ne sont que pures affirmations, justement! Et que donc, il n’existe aucune raison d’affirmer le mérite de quelqu’un, jusqu’à concevoir une forme de liberté d’exploiter son prochain, le prolétariat.

Nous venons de voir qu’il y avait des situations bien différentes et ce, partout dans le monde si l’on tient compte du fait que des pays sont pauvres, et que d’autres sont riches, soit par leurs ressources naturelles, mais autant par leur développement acquis jusqu’à ce jour. Et que, par conséquent, les chances ne sont pas justes, équitables, comme le prétendent les capitalistes défendant l’indéfendable, mais plutôt, injustes et différentes dans tous les cas, comme le prétendent les marxistes, plus tentés vers l’analyse que par l’affirmation simpliste.

Ainsi, nous pouvons conclure qu’il y a certes des méritants,  mais qu’ils n’ont toutefois, en aucune légitimité, le droit d’exploiter le labeur d’autrui, sinon, que rien ne l’explique dans cette ère capitaliste. Et que bref, le mérite du bourgeois n’est autre chose que le mérite d’avoir posséder, au moment opportun, le capital indispensable à l’élaboration d’une entreprise privée.

*Du moins, l’entrepreneur bourgeois, n’est méritant que de ses idées, non pas du labeur d’autrui.

Termes employés:

Bourgeois: Le bourgeois est celui qui possède les moyens de production et ne sert en aucun cas à définir le riche du pauvre.

Prolétariat: le prolétariat, constitué de prolétaires, définit la classe qui doit vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins et ceux de ses proches.

Qui se ressemblent, s’assemblent…

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Ce matin, The Gazette titre l’un de ses articles en faveur de la position Legault, allant contre les dites «vaches sacrées du Québec», voir son modèle universel de santé et d’éducation à tendance socialiste. Le quotidien donne donc raison à cet ancien ministre capitaliste, lequel vante les «mérites» du système capitaliste pur et dur, donc parallèlement, celui des États-Unis. Mais en 2008-2009, ce n’est pas le socialisme qui s’est écrasé contre une tour de faits détruisant le capitalisme et ses principes absurdes, mais c’est bien le capitalisme, qui, encore une fois, tirera son épingle du jeu de celui des prolétaires, lesquels, une fois de plus également, paieront les pots cassés, cassés par les mauvais gestionnaires bourgeois, lesquels, eux, exploitaient le labeur d’autrui sur ce même dit «mérite» de la sacré sainte bonne gestion capitaliste, un mythe qui ne semble pas gêner l’idéaliste au rancart. Le capitalisme est indéniablement mort l’an dernier, et ce sont les prolétaires qui l’ont sauvé, de par les plans de «sauvetage» qui n’étaient de fait que des plans de pillage.

Mais les faits démentent, ces menteurs! Ailleurs, comme aux États-Unis, le modèle privé n’a nullement rendue accessibilité à la santé, encore moins justice aux injustices. Il a plutôt favorisé cette minorité parasitaire bourgeoise, sans qu’aucun média ne s’en mêle, puisque le média également, fut totalement privatisé et appartient donc à cette même minorité parasitaire, laquelle monsieur Legault et The Gazette idolâtrent sans le moindre sentiment à l’encontre des moins nantis qui, par exemple, peuplent par dizaines de millions les États-Unis d’Amérique aujourd’hui en déroute totale –Le pays au bord de la faillite s’est imprimé, depuis la venue d’Obama, des milliers de milliards de dollars inexistants que les prolétaires paieront pour les décennies à venir!-.

L’aveuglement volontaire des idéalistes, de ces capitalistes, n’est toutefois pas étonnant, puisque déjà, le système capitaliste repose sur des non-arguments, depuis son existence. Jamais les idéalistes n’ont voulu croiser le fer avec les matérialistes, parce qu’aucun argument n’allait en leur sens, défendre leur hypocrite complot visant à prôner l’exploitation des uns, par les autres, précisément les prolétaires majoritaires par la minorité bourgeoise parasitaire. Que François Legault, partial et vendu aux intérêts de ces parasites capitalistes, veuille en défendre l’hypocrisie, c’est une chose, mais qu’un média, sensé donner une vision impartiale des évènements veuille en défendre l’hypocrite mensonge éhonté, c’en est une autre.

Bref, alors qu’un avion s’écrase, coûte que coûte contre les tours du ridicule, certains salauds voudraient qu’on y monte les yeux fermés. Le système capitaliste vient de s’effondrer, il a dû compter sur les prolétaires pour renflouer les coffres des parasites incapables de tenir bon compte, et certains ambitieux opportunistes voudraient qu’on monte à bord de cet avion, malheureusement condamné à n’enrichir qu’une minorité parasitaire, puis à s’écraser, encore une fois, contre les tours du ridicule et de l’absurde. Il y a des limites à la duperie.

Jamais le capitalisme n’a su partager les richesses, il a plutôt concentrer celles-ci chez cette minorité parasitaire paresseuse, et rendu moins nantis, une population grandissante d’états-uniens, sinon de canadiens, de français, d’anglais, etc.. Bref, partout où il touche, le capitalisme fait des ravages et les travailleurs payeurs de taxes doivent en payer les frais. Nulle-part au monde, le fossé s’est amenuisé entre les riches et les pauvres, au contraire, il s’est agrandi.

Aux États-Unis, plus de 55 millions d’états-uniens – avant la crise bourgeoise- n’ont aucune couverture médicale* alors qu’un pays du tiers monde comme Cuba, ayant choisi lui aussi les «vaches sacrées», peut envoyer des dizaines de milliers de médecins à l’étranger, sans pour autant vider ses réserves de médecins à la maison, et donc sans pour autant brimer les cubains socialistes de soins bien mérités, de par leurs efforts collectifs en ce sens. Le socialisme n’a aucun compte à rendre à personne et n’a surtout pas de parasites à qui combler les caprices de revenus non-mérités, mais plutôt soutirés du labeur d’autrui. Également, depuis le début de la crise bourgeoise, c’est au nombre de 3000 à 4000 quotidiennement que l’on compte les nouveaux sans-abris, grandissant ainsi, au lieu des beaux quartiers, les nouveaux bidons-villes d’un nouveau tiers-monde! Et c’est également par près de 600 000, hebdomadairement, que les demandes de chômage se succèdent au sein du gouvernement états-unien, celui-ci, incapable de fournir…

Legault et The Gazette nous demandent donc de nous serrer la ceinture, au profit des bourgeois minoritaires et parasitaires, pour continuer de faire tourner ce ridicule système qui à tous les 30 ans, s’effondre pour ensuite rendre sa facture aux prolétaires, ceux mêmes exploités par ces parasites ci-haut nommés. Ces deux menteurs, partialement corrompus par les intérêts de la classe minoritaire et parasitaire mondiale, nous demandent donc de briser nos liens humains, nos liens sociaux, au profit de l’enrichissement de parasites aptes à se payer les moyens de production ou l’exploitation des misères médicales humaines, souvent elles, hasardeuses. Ils nous demandent, ni plus, ni moins, d’adopter leur mauvais choix, qui ailleurs, n’a apporté que misères et injustices, qu’exploitation, qu’enrichissement de minuscule partie de l’humanité, au détriment de la majorité laborieuse.

En ce moment même, les banques états-uniennes sont sauvées de la faillite, par ces mêmes prolétaires qu’elles ont honteusement exploités. Les prolétaires états-uniens viennent de changer de rôle avec les banques, accordant à celles-ci un prêt sans condition, sans intérêt, sans aucune ristourne. Il en est de même pour les concessionnaires ou pour le principal assureur qui, sans l’aide prolétarienne des états-uniens, seraient vite tombés dans le cercle vicieux de la faillite, projetant ainsi le spectre de la faillite nationale, puis internationale, car, n’oubliez pas que sans les banques, les épargnants auraient tous perdu leurs épargnes, si chèrement gagnées par de durs labeurs, lesquels ne sont finalement que reconnus chez cette minorité parasitaire bourgeoise, aux yeux des Legault et des The Gazette en tout cas, bref aux yeux des capitalistes!

En somme, la sortie de Legault n’est qu’une bonne affaire pour les êtres humains du Québec, ils se débarrassent ainsi d’un serviteur de la minorité parasitaire bourgeoise dans le milieu politique, pour ainsi laisser place au bon sens! Mais notons qu’il faille un sacré culot pour aller prôner un système qui vient de s’effondrer, emportant avec lui des petits épargnants par centaines de milliers et n’ayant fait ses preuves que dans l’imagination sans limite des capitalistes!

François Legault, je ne peux que vous soumettre mon «bon débarras»!

*Ma fille, Kloé, est née hier. À l’hôpital, l’infirmière m’informe du manque de personnel et de la hausse de 40% du labeur. Mais également, elle me fait noter que sa patronne est allée manger avec un propriétaire d’Agence privée d’infirmières et qu’il embauche pour sa part, 400 de ces nouvelles infirmières. Elle me signale par la suite, qu’à l’hôpital de Joliette, il ne manque que 200 infirmières pour être capable de rouler à plein régime. Ce qui m’amène à dire qu’il n’y a pas tant que cela de manque de personnel, mais qu’il ne se trouve qu’ailleurs, au privé, lequel est en passant, encore illégal au Québec. Ils ont déshabillé Pierre pour habiller Paul, puis nous ont fait croire que le privé n’allait pas drainer notre personnel du milieu public, ce qui n’était, de fait,  que mensonge, bien entendu. Alors comment les salauds comme Legault expliquent-ils cette dérive, puis ce manque de personnel au public? Comment peuvent-ils ensuite nous faire croire qu’en le privé, se trouve la solution à nos maux, alors qu’à Cuba, un pays du tiers-monde, les socialistes prouvent, tous les jours, qu’en le système public, se trouve une parfaite justice?

Je souhaite donc à François Legault, un déménagement aux États-Unis, une perte d’emploi, puis un cancer! Voyons ensuite comment ce salaud s’en sortira. Mais parions qu’avec la chemise qu’il porte, celle de la défense des intérêts capitalistes, un bon samaritain bourgeois le sortira de ses embuches! Mort au parasitisme!