Quand le matérialisme s'en mêle…

Qu’est-ce qu’un Remora? …………………………….par Sylvain Guillemette

Les chroniqueurs de droite du Québec s'accrochent au prédateur pour de meilleures fientes.Le Rémora est un petit poisson particulier. Il se nourrit d’excréments de bêtes plus grosses et puissantes que lui. Mais pour ce, il doit suivre au pas ses hôtes d’une tactique sans quasi pareil… Le Rémora s’agrippe grâce à une ventouse.

Ne trouvez-vous pas que certains acteurs de notre société ressemblent étrangement à ces petits parasites utiles, pour les plus gros prédateurs de notre société?

Ne trouvez-vous pas que certains chroniqueurs pour ne pas être trop précis, lancent dangereusement des appels à la haine envers ceux et celles qui pendant des décennies, ont pavé les bases solides de tout ce qui a permis nos avantages sociaux indéniables au regard des autres nations de ce monde?

Je les vois, de ma classe de salarié, prétendre que l’Union des miens est futile, puérile et qu’elle puisse nuire à l’économie. Autant dire que les équipes dans tous les sports ne servent à rien non plus…

Tout en prônant d’une autre voix l’union de la minorité parasitaire qui depuis plus d’un siècle, amasse le butin ironiquement fructifié par les salariés qui au terme, le quémandent tout en se tapant le lynchage de ces fameux petits poissons, faibles, mais bien gardés d’une assurance salariale et d’une couverture médiatique positive.

Mais ras-le-bol. On n’est plus en 1950, ni en 1920, encore moins au temps où les salariés devaient affronter le mousquet, ce qui les a conduit nous le savons, à la syndicalisation. Les syndicats, s’ils sont appelés à disparaître, le feront parce que la bourgeoisie les y forcera et non pas parce que les prolétaires s’en trouveront tout à coup, désireux du chacun pour soi.

Un salarié averti en vaut 10 et les Rémoras le savent et ce sont ces gens qui précisément, appellent à notre dissolution, à notre éparpillement, à notre division, pour que leurs hôtes puissent régner sans entrave, vers l’asservissement total des forces laborieuses que nous sommes.

Ce n’est pas le syndicalisme qu’il faille abolir, mais le capitalisme qui combat quotidiennement, les intérêts des peuples laborieux de cette Terre.

À bas les masques.

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Conseil du Patronat, portevoix de la bourgeoisie

https://i0.wp.com/www.bb-communication.fr/web3/upload_img/jnb/publicite/porte_voix.jpgSurprise! Ceci est un scoop! Attachez bien votre tuque! Vous en resterez stupéfait!

Yves-Thomas Dorval, la pourriture qui sert de portevoix des bourgeois au Conseil du Patronat, se dit d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau sur les syndicats «gênants»! Hein! Vous ne vous y attendiez pas! Pas vrai?

Pierre Karl Péladeau disait des syndicats, il y n’y a pas si longtemps, qu’il y avait des « privilèges » accordés à ceux-ci. « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question de syndicats, confère à ce groupe une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange. » disait-il, mettant hélas, de côté le fait que, sans ses travailleurs syndiqués, il n’y aurait aucune réponse à la demande. Pour Pierre Karl Péladeau, la bannière du Conseil du Patronat n’est pas, semble t-il, l’égal des syndicats. Et pourtant, même l’État conjugue rarement demandes syndicales à ses décisions gouvernementales, mais voit d’un œil apprenti, les conseils lui paraissant sages, du Conseil du Patronat. Sinon ceux de la Chambre de Commerce! Et même, dans par exemple, un conflit entre travailleurs et employeurs, la part prise pour l’employeur est évidente. Les lois spéciales fusent pour renvoyer des travailleurs au bercail de l’exploitation, alors que l’inverse, lors de lock-out par exemple, comme celui qu’impose Pierre Karl Péladeau à ses créateurs de richesses, n’est aucunement puni, même qu’il est ignoré du gouvernement. Rappelons-nous Pétro-Canada… Depuis que Pierre Karl Péladeau est maître de Quebecor, une quinzaine de lock-out ont eu lieu dans son empire. Un autre capitaliste pataugeant dans la contradiction.

Les syndicats ne se sont pas créés en claquant des doigts. Ils n’ont pas été créés non plus, pour servir les intérêts d’une minorité, ce à quoi sert par exemple, le Conseil du Patronat pour les employeurs si peu nombreux, en proportions aux travailleurs salariés –donc exploités-. Et pourtant, justement, les employeurs ne créent pas la richesse, ils ne font qu’utiliser leurs capitaux pour transformer la demande en offre, via le labeur de leurs travailleurs, qu’ils exploitent donc, par le salariat. Par le passé, des gens comme Pierre Karl Péladeau abusaient de leurs exploités, et cela a créé des associations de travailleurs, légitimes et nécessaires. Des syndicats. Sans ces syndicats, nous serions toujours des esclaves du labeur, sans droit, et n’aurions aucune balance du pouvoir, et c’est justement la beauté des syndicats. Ils redonnent un sentiment de pouvoir aux travailleurs, lesquels rappelons-le, sont indispensables pour que les gros bonnets comme Pierre Karl Péladeau  puissent asseoir leur paresseux derrière. Les droits et fonctions des travailleurs se sont améliorés, grâce aux syndicats, c’est indéniable.

Pierre Karl Péladeau juge que les syndicats sont publiquement intouchables, or, on peut en dire de même, de l’«establishment» du capitalisme, soit du salariat. L’exploitation du labeur du prolétariat, au Québec, comme ailleurs, n’est jamais passé par un débat quelconque, et c’est comme si c’était coulé dans le béton. Et pourtant, par de nombreuses interventions sur les blogues, j’ai pu constater que les capitalistes n’avaient aucun argument pour expliquer la tenue de l’exploitation du labeur des créateurs de richesses, exploitation précisons-le, faite par des gens qui ne créent pas la richesse. Dans l’histoire également, des bourgeois comme Péladeau ont mis de côté les textes de Karl Marx, de ses prédécesseurs, de ses héritiers, sans même s’attarder à tenter de les démentir, de les «démystifier», question de prouver qu’ils n’étaient que mythes. Le tout est totalitaire, figé dans le temps, impossible à ramener au seuil du débat. Je pourrais donc reprendre la phrase du bourgeois cité plus haut et l’inverser de la sorte que vous y retrouviez un sens tout autre. Par exemple : « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question des exploitants du labeur d’autrui, confère à cette minorité parasitaire, une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange possible. ». Et voilà le travail!

On dit également des syndicats, qu’ils sont trop puissants, mais cela n’est-il pas normal, puisqu’au fond, sans leur labeur, rien autour de vous n’existerait. Ni même les moyens de production de monsieur Péladeau! Quedal! Pas de clavier! Pas d’écran d’ordinateur! Pas de siège de cuir, ni de siège de toilette! Ni de toilette d’ailleurs! Allez, ouste, aux latrine! Ben non! Pu de latrine! Ça prend quelqu’un pour les creuser! Eh bien! S’ils sont puissants, laissez-moi vous dire que ces travailleurs n’en sont pas encore conscients.

Ce modèle capitaliste est mort en 2008-2009, ils l’ont réanimé avec des milliers de milliards, que les travailleurs paieront sur bien des générations encore. Sans quoi, ce régime capitaliste n’aurait pas survécu, et la seule raison de l’existence des bourgeois non plus, puisque seul le régime capitaliste leur permet d’avoir une utilité dans notre ère, qui, rappelons-le, ne fut pas élue par le peuple. Oui, le capitalisme confère aux bourgeois, ce pouvoir d’utiliser leur capital à leur seul avantage. Ce capital, qu’ils possèdent préalablement, leur permet d’obtenir des moyens de production, comme autant de privilèges inutiles que de services essentiels. Ce, au dépend des majoritaires, qui pourtant, sont indispensables au monde idéal des bourgeois.

Si le milieu des affaires est si d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau, c’est qu’ils sont, ceux-là, tous bourgeois, et que leurs intérêts de classe passent bien sûr, avant ceux de la classe prolétarienne. Sauf que, ce sont les prolétaires qui créent la richesse, qui créent tout en fait, comme nous disions plus haut, et ceux-ci sont majoritaires sur Terre. Les bourgeois, tout au contraire, sont dispensables, et n’ont aucune utilité lorsque nous faisons le constat de la dictature capitaliste, et que nous la déduisons de notre réalité imaginairement. Les bourgeois ne servent donc à rien d’autre qu’à porter ce lourd capital, concentré dans leur personne égoïste, mais pourtant créé par ceux qu’ils exploitent, sans là, qu’il y est débat sur ce fait.

Le monde des affaires d’accord avec Péladeau, les millionnaires disons, sont si insignifiants qu’ils ne représentent même pas un demi -pourcent de la planète Terre. Ces millionnaires ne sont que quelque 10 000 000 sur une population de plusieurs milliards. Cela fait donc, 0.15% de la population mondiale. La richesse, crée par le prolétariat, ne l’atteint donc point. Et des firmes, des soit disant «Conseils», des «Instituts» bidons, leur servent d’appareil de propagande puissants. À travers les divers médias, on attire votre attention sur l’opinion de ces portevoix.

Oui les syndicats sont puissants, mais ils n’utilisent pas encore cette puissance de façon optimale. Ils pourraient, par exemple, occuper des usines abandonnées… Sinon, la FTQ, ayant les capitaux pour ce, pourrait aisément acheter des moyens de production et créer un réseau de coopératives, quitte sinon, à racheter ceux qui sont en faillite.

Les bourgeois peuvent bien pleurnicher, mais ils devraient se garder quelques larmes pour le jour où les prolétaires se rendront compte de leur réel pouvoir.

L’utilité du patronat, versus celle des syndicats

http://fonzibrain.files.wordpress.com/2009/10/la_pyramide_du_capitalisme1.jpg?w=253&h=313Cette semaine, Pierre Karl Péladeau fit une sortie en grande pompe, contre les syndicats. C’est de bonne guerre. Mais analysons donc, tout simplement, les pours et les contres des syndicats, versus les pours et les contres du patronat, et des gens comme Pierre Karl Péladeau, qui s’enrichissent sur le labeur d’autrui, celui du prolétariat en l’occurrence, qu’il critique lorsque assemblé.

D’abord, constatons que le patronat, lui, est tout aussi bien regroupé, sous la bannière du Conseil du Patronat. Ensuite, constatons de plus que, les principaux médias sont concertés de façon à promouvoir le plein pouvoir aux patrons, et critiquent ardemment les groupes syndiqués, à commencer, justement, par les propriétés de monsieur Péladeau lui-même. Cette fenêtre, les syndicats ne l’ont pas, pour critiquer les excès de parasites tel monsieur Péladeau. Également, quelques instituts privés, abondamment financés par les bourgeois de la trempe de Péladeau, offrent une simpliste couverture des régularités économiques d’un rouage capitaliste. Ils normalisent, pour ne pas les banaliser, dans leur jargon, les inégalités sociales, elles, découlant directement des inégalités économiques, donc relatives au système en place. Nous avons par exemple vu, depuis plus d’une décennie, des mercenaires telle qu’Elgrably, excuser le parasitisme des bourgeois, vis-à-vis leur exploités, les prolétaires. Cette même charlatane malhonnête, ne s’est jamais retenue pour prôner la privatisation de la totalité de l’économie,  des services même, tel que l’accès à l’eau par exemple, ou l’accès aux soins de santé, etc..

C’est simple, selon les capitalistes, les syndicats sont jaloux de la réussite des patrons, c’est ce que recopient dans leurs textes, les nombreux militants du capitalisme absolu. Mais pourtant, nous sommes à même de constater que, ce sont les travailleurs salariés, donc les prolétaires, qui créent la richesse, et que donc, le mérite devrait leur revenir. Il n’en n’est rien. Chez le patronat, et sa servitude, le mérite ne revient qu’au propriétaire des moyens de production, et cela, sans la moindre possibilité d’en débattre avec eux. Et pourtant, qui fait rouler la machine à l’usine? Le patron, ou l’ouvrier? Qui s’y blesse? Qui s’y brûle de fatigue? Le patron, ou le travailleur salarié, ce prolétaire exploité? Et qui, dans des exemples plus extrêmes, se blesse, ou se tue même? Des gens comme monsieur Péladeau, ou leurs exploités, que ce patron préfèrerait divisés et dépourvus de moyens de défense?

Monsieur Péladeau rêve d’un monde où il dicterait, sans scrupule, le travail à accomplir, et cela, sans que quiconque ne puisse lui rouspéter. Il se prend pour un général, à qui on ne peut que dire, «Oui missieur». Mais abordons donc, tant qu’à en parler, l’utilité de ces patrons sans scrupule, qui osent critiquer l’existence des syndicats, et faisons-le d’un point de vue marxiste, pour rappeler à monsieur, son lointain passé.

Qui au Journal de Montréal, crée la richesse, qui écrit le journal, qui le met en page, qui le corrige, qui fait les recherches, qui prend les photos, qui expédie ce journal, qui bref, participe vraiment à sa création, de toutes parts? Le travailleur, ici, syndiqué. Pas monsieur Péladeau. Bref, à quoi sert ici, sauf à palier au manque de capitaux, monsieur Péladeau? À rien! À rien du tout même! La seule raison pour laquelle monsieur Péladeau, ici, se trouve utile à quelque chose, c’est qu’il investi ses capitaux, qu’il n’a point mérité, puisqu’il les a amassés sur le labeur d’autrui, et par un héritage. Le plus inutile de la compagnie elle-même, est  son propriétaire. S’il ne s’agissait pas de capital dans ce système, l’inutilité de ce «vaut rien» serait apparente, et même, flagrante. Il n’apporte pas d’eau au moulin, autre que son capital. La gestion d’une entreprise peut également passer sous la gouverne des travailleurs, lesquels sauraient, conditionnement à l’appui, gérer cette entreprise. Les travailleurs peuvent gérer, d’ailleurs, certaines compagnies sont déjà pourvues d’un conseil d’administration, lorsque plusieurs bourgeois en sont propriétaires ou mêmes, parfois constitués de cadres, donc de salariés. Il n’est pas impossible de copier le conseil, mais de remplacer les propriétaires inutiles, ces bourgeois, par des travailleurs qui font leur part dans la société, et non pas là,  en exploitant le labeur d’autrui, comme le font les parasites tel Péladeau.

Maintenant, à quoi servent les syndicats? À se défendre? Certes, mais pas seulement à cela. Les syndicats, d’origine, servaient la cause des travailleurs, pris à la gorge par les nombreuses menaces bourgeoises, mises à exécution, comme des lock-out par exemple. Les syndicats servaient également à promouvoir l’occupation des usines, suite à des faillites par exemple. Le syndicat était non seulement nécessaire pour que les employés soient respectés, et encore, mais nécessaires pour donner une voix à ceux qui créaient, et qui créent toujours, la richesse. Les patrons, eux, ont toujours eu, soit l’appui de groupes privés, de mercenaires, de polices privées, ou de l’État même, qui défend depuis longtemps, leur dictature. Les syndicats, certes en manifestant la colère des travailleurs, nous ont obtenus des moindres maux, de meilleurs horaires, plus flexibles,  de meilleurs avantages, un si peu soit-il, respect des patrons, l’apport de sécurité pour les travailleurs, des hausses de salaire considérables, et j’en passe… Sans syndicat, nous ne serions même pas reconnus comme créateurs de richesses, nous n’aurions pas de droits bien à nous, nous n’aurions pas d’équité salariale, nous n’aurions pas le respect de nos exploitants, ces bourgeois minoritaires et parasitaires, totalement inutiles finalement, à notre société, sauf dans un dessein capitaliste.

En fait, je vais aller plus loin ici. Le véritable problème, ce ne sont pas les syndicats, mais bien, la bourgeoisie, soit le patronat. Il est je crois, temps de se débarrasser de ce patronat, qui ne sert visiblement à rien d’autre qu’à injecter son capital, puis à en retirer des bénéfices, que nous leurs créons. Autrement dit, pourquoi ne pas décapiter l’intermédiaire entre la demande et l’offre, et ne pas offrir nous-mêmes, sans le patronat, l’offre demandée. Certes, en ce moment, cela semble impossible, puisque force est de constater que nous vivons dans un modèle capitaliste, qui ne vit que par l’afflux de capitaux. Alors bon, commençons par créer des entreprises sociales, gérées et financées par un réseau social, appelé à grandir, pour qu’il remplace peu à peu, les parasites de ce système, totalement inutiles à l’évolution de l’humanité.

Contrairement à ce que certains prétendent, le capitalisme, un système économique, ne crée pas la richesse, ce sont les humains qui la créent. Le capitalisme n’invente pas Windows, ce sont des humains qui travaillent, qui se creusent les méninges derrière un écran, donc derrière un capital autrement dit, dans ce système capitaliste –il faut donc préalablement, que le chercheur ait un soupçon de capital, d’où le totalitarisme observé-. Le système lui-même, n’est que l’excuse dont ont besoin ces charlatans, tels Péladeau, pour s’auto-pardonner l’exploitation du labeur d’autrui, et là, tout en le critiquant, en le malmenant, et en disant des unions syndicales, qu’elles sont compromettantes pour leur enrichissement personnel.

En terminant, j’aimerais vous faire prendre conscience d’une seule chose. Enlevez les patrons du réseau, la demande demeurera, les travailleurs y répondront, d’une façon ou d’une autre. Maintenant, enlevez le prolétariat, ce travailleur salarié, et voyez si les bourgeois comme Péladeau, pourront continuer de créer la richesse, dont ils revendiquent la totalité des dus.

Afghanistan, notre mission?

http://www.uruknet.info/pic.php?f=karzai_and_afghan_elections_by_latuff2.jpgAprès 135 combattants impérialistes tués dans une campagne d’invasion et d’occupation, le Canada n’a-t-il pas compris qu’il n’avait rien à gagner à combattre en Afghanistan, contre ce que nous connaissions désormais comme, les outils désuets de Washington? Le Canada y gagne t-il, à prétendre qu’il y installe, avec ses alliés impérialistes, une forme de démocratie, alors que nous savons en fait, qu’il ne s’agit que d’une mascarade et que, le récent scrutin fut truffé de violents attentats et de fraudes électorales? Les coûts de cette guerre furent tellement élevés, et en capital, et en pertes humaines, qu’ils doivent maintenant nous faire croire que malgré l’éradication de bulletins de vote de plus de 446 bureaux électoraux, les résultats seront tout de même acceptés, et vénérés comme, aussi facilement,  un semblant de démocratie pourrait nous l’admettre.

Aujourd’hui, nous savons pourtant qu’Al-Qeada fut en partie, créée par les États-Unis, puisque ces derniers financèrent leurs activités, leur armement et leur entraînement dans les années 1980. Nous savons également que pendant les années 1980, Oussama Ben Laden était un parfait complice des tactiques états-uniennes, qui surtout, visaient à repousser ce que nous nommions déjà, par erreur, les soviétiques du territoire afghan. C’était donc à l’époque, un «bon terroriste» notre Ben Laden! Washington voulait que Moscou ait son propre Vietnam, elle qui avait aidé les vietnamiens à se défaire des occupants états-uniens quelques années auparavant. Du coup, le terrorisme de Ben Laden ne gênait aucunement les faucons de Washington, qui par une double-mesure, non seulement finançait ces groupes, mais participaient de près ou de loin, à des attentats des plus sanglants de l’histoire de l’humanité. En 1996 par exemple, Washington n’hésitait pas à financer le Iraqi National Accord, lequel piégeait des voitures à Bagdad et dans d’autres villes, afin là, de déstabiliser le régime de Saddam Hussein. Des dizaines de civils périrent, d’actes vraisemblablement terroristes.

Cette semaine et la semaine dernière, nous apprenions via les médias, eux de l’O.N.U., que non seulement y a-t-il eu des attentats en Afghanistan pendant les dites élections démocratiques, mais y a-t-il eu en plus, une tricherie digne des services de renseignements états-uniens, comme on s’est habitué d’en voir durant toute la deuxième moitié du siècle dernier. C’est connu, la CIA, aujourd’hui le NED (National Endowment for Democracy –Le NED est un doublon de la CIA, créé par Ronald Reagan pour continuer l’œuvre de la CIA, alors que celle-ci était accusée de toute part de crimes graves commis contre l’humanité.)) a pris le flambeau, a longtemps œuvré pour influencer les élections des pays du monde entier, afin d’endiguer toute chance que le socialisme ne se développe comme alternative au capitalisme. Parfois financièrement, parfois violemment, toutes les idées, des moindres aux plus barbares, furent les bienvenues à l’Agence. Au Nicaragua par exemple, elle a ni plus ni moins déclenché une guerre dont les nicaraguayens ont payé le lourd tribut. Des milliers de morts et la chute de son économie…

En Afghanistan, il se passe la même chose, mais différemment. Il sera bientôt confirmé qu’une fraude des plus massives, fut possible en Afghanistan, grâce à la coalition de l’OTAN, cet outil bourgeois qui permet d’imposer le dictat du capital à la surface de la Terre. Ainsi, dans la province de Helmand, l’ONU estime que de 5000 à 38 000 afghans ont été voté, alors que la commission électorale afghane en comptabilisait près de 135 000. Et c’est pareil dans toutes les autres provinces, dans certaines, on va même jusqu’à prétendre plus de votes qu’il y a d’habitants. Certes, avec le coût de la fausse mission qui ne cesse de gonfler, l’OTAN doit se légitimer auprès de l’électorat des puissances occupant l’Afghanistan.

Alors bref, tait-ce notre mission, ou finalement, comme toutes les autres depuis des décennies, celle de la bourgeoisie internationale? Y avions-nous, quelconque intérêt, sauf celui véritable d’aider ces afghans, ou n’y avait-il pas en arrière-plan, le véritable intérêt impérialiste de cette dictature bourgeoise qui continue de pulluler, par la force?

135 soldats canadiens tués pour une raison mensongère. 135 sacrifices canadiens pour installer une dictature bourgeoise, imposant un capitalisme sauvage à des peuples qui n’en demandaient pas tant. Et encore plus de vies civiles gaspillées, pour assouvir la soif bourgeoise, car c’est de cela qu’il s’agit en fait. Une nouvelle route pour le gaz géorgien, une position stratégique, et la servitude des ressources humaines et naturelles afghanes aux besoins criant de la dictature bourgeoise internationale.

Ramenons nos soldats de l’Afghanistan et punissons tout de suite et d’abord, les gens qui ont financé dits «terroristes». Gelons les avoirs du pays qui a financé le plus de terrorisme sur la surface du globe, et payons avec cela, les dommages collatéraux des dites guerres idéologiques des États-Unis d’Amérique. Réparons leurs erreurs, mettons fin au pacte de l’OTAN, et déclarons cette institution terroriste, illégale. Ça, ce serait une belle mission, honorable.

Sources:

Radiocanada.ca/nouvelles

Washington Post

Les mercenaires cubains de la Maison Blanche

Salim Lamrani vient de publier « Cuba, ce que les médias ne vous dirent jamais », un recueil d’articles écris au cours des cinq dernières années. Il y passe en revue, de manière systématique, tous les arguments utilisés par la propagande états-unienne pour justifier a posteriori l’embargo imposé unilatéralement par Washington en violation du droit international. Ce tour d’horizon permet de mesurer à quel point les critiques du gouvernement révolutionnaire sont irréelles. Une annexe historique souligne aussi la permanence de l’attitude des administrations états-uniennes successives, indépendamment de l’alternance de façade entre démocrates et républicains.
On regrettera l’absence d’index qui aurait permis d’utiliser ce livre comme une encyclopédie ; quoi qu’il en soit, son caractère exhaustif et la précision de son argumentation en font un ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent approfondir cette question.
Nous reproduisons ici un extrait consacré aux plus célèbres « dissidents » mis en scène par la Maison-Blanche.

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Conférence de presse des « dissidents » cubains, organisée à la résidence du chargé d’affaire des États-Unis à La Havane. (de gauche à droite : Manzano, Bonne, Roque et Roca).

L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des États-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants [1] ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi [2].

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité [3].

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l’on fait faire tout ce qu’on veut pour de l’argent [4] ». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [5] ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [6] ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [7] ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne [8].

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux [9]. Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences [10] ».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu [11].

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale [12].

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba [13] ».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami [14].

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez [15]. Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux [16]. Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple : Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois [17]. Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Étant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans [18]. Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’État cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires [19]. Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances [20]. Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines [21]. Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque [22]. Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature [23].

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés [24] ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

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Armando Valladares, ex-poéte et ex-paralytique, est désormais ex-président de la Human Rights Foundation, dont il a démissionné pour apporter son appui aux golpistes honduriens.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain [25] ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard [26].

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […]. Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise [27].

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

 Salim Lamrani
Enseignant, chargé de cours aux universités Paris-Descartes et Paris-Est Marne-la-Vallée. Dernier ouvrage publié : Cuba. Ce Que les Medias Ne Vous Diront Jamais, Estrella (2009).

[1] Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

[2] bid.

[3] Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

[4] Le Littré, V. 1.3.

[5] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

[6] Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

[7] Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004) pp. 16, 22.

[8] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). p. 20.

[9] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

[10] BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

[11] Ibid.

[12] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit., p.

[13] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, op cit., p. 22.

[14] Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004.

[15] Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 7 octobre 2004.

[16] Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

[17] Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

[18] Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. (site consulté le 2 décembre 2004).

[19] Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004.

[20] Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003.

[21] Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004.

[22] Wilfredo Cancio Isla, « Un símbolo en libertad », El Nuevo Herald, 1 décembre 2004.

[23] Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

[24] Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

[25] Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

[26] Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

[27] Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

Réseau Voltaire

Whissell, un phénomène rare, ou une simple formalité capitaliste?

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David Whissell, jusqu’ici ministre du travail, démissionne après qu’un scandale sur l’éthique ait pris naissance, quant à des contrats gouvernementaux octroyés à l’entreprise privée qu’il possède et dirige. Certes, des règles gouvernementales semblent protéger le prolétariat d’une pratique illégale de la part des bourgeois –les conflits d’intérêt-, mais en réalité, la situation actuelle démontre que le prolétariat ne sera jamais protégé de telles pratiques et que la bourgeoisie minoritaire et parasitaire, elle, s’en enrichira toujours.

Monsieur Whissel, troisième génération d’entrepreneur, se vante de ce conditionnement social et économique -que mentent mes adversaires idéologiques- l’ayant porté à ce statut de bourgeois, ce qu’il nomme lui, un patrimoine.  Toutefois, la réalité est, justement, que le précepte du capitalisme confinait monsieur Whissell, sauf s’il n’en n’avait pas envie, à devenir bourgeois. Ainsi, ce dernier, non précairement défini par le système capitaliste, a pu s’enrichir, non seulement sur la demande du prolétariat, mais sur la demande de celui-ci, remplie par une offre du gouvernement, supposé être neutre. Bref, monsieur Whissell a pu, non seulement s’enrichir sur la demande d’autrui, mais s’enrichir, grâce à sa position, dite élitiste, gouvernementale.

Alors, non seulement mes avancées sur le capitalisme -le bourgeois et les recettes pour devenir bourgeois- sont justes, mais en plus de cela, un ministre, du travail de plus –ce qui veut dire que cet homme, en tant que bourgeois, négocie les pourparlers entre bourgeois et prolétaires, ce qui n’a pas lieu d’être nommé comme une instance impartiale!-, peut jouer son rôle, un rôle clé, quant aux directions prises par une nation, pourtant contrôlée par un parti n’ayant pas la majorité populaire, sauf dans le précepte, lui, capitaliste ou défini par nos instances, par notre constitution, et privilégier sa propre classe, la classe bourgeoise.

Il est quand même important de préciser qu’entre servir la population qui l’aurait élu, et de servir ses propres intérêts, via l’entreprise privée qu’il possède en tant que bourgeois minoritaire et parasitaire, monsieur Whissell a choisi de préserver ses intérêts personnels, eux, basés sur l’exploitation du labeur d’autrui!

Et bien! À chacun ses priorités et ses intérêts!

La nécessité des gens d’affaires

La nécessité des gens d’affaires


La nécessité des gens d’affaires est-elle une réalité, ou une simple relativité due à la concentration de la richesse dans les mains de la bourgeoisie que représentent ces gens d’affaires? Par ce questionnement, j’entends répondre aux argumentaires des militants capitalistes, dont entre autres, à ceux des ex-députés débattant avec monsieur Durivage à Radio-Canada. Je peux aisément démontrer qu’il y a une raison pour laquelle des gens sont plus riches que d’autres, et que cette richesse, peut ensuite servir à les enrichir d’avantage, jouant l’intermédiaire, puisque possible, entre l’offre et la demande.

De fait, nous savons qu’une maigre partie de la population emploie, et qu’une autre, bien plus grande, est la salariée de cette première. De ces 2 classes, l’une se nomme la bourgeoisie, l’autre, le prolétariat. On distingue le prolétariat par la vente de sa force de travail, laquelle le bourgeois achète, puisqu’il en a les moyens, sinon, les capitaux pour le faire. On distingue le bourgeois par ses possessions de capitaux, dont surtout, celle des moyens de production, lesquels serviront ensuite, avec le labeur des prolétaires, à créer d’avantage de richesse, qui elle, se cartellisera chez le bourgeois.  Certes, il y a réponse à une demande, une offre. Mais qu’est-ce qui explique le fait qu’une classe possède ces moyens de production –les moyens également, d’offrir-, et qu’une autre, soit elle, obligée de vendre sa force de travail pour subsister à ses besoins criants, sinon à ceux de ses proches, comme de sa famille?

Il s’agit là d’un processus que préfèrent taire nos adversaires idéalistes, donc également, capitalistes. Car les idéalistes rejettent cette forme d’étude, par expérience, qui permet d’expliquer une chose ou une autre. Par exemple, un cornet qui serait porté au Soleil brûlant, comparé à ce cornet qui, serait préservé au congélateur. L’un des deux, sans équivoque, ne se sera plus de la même forme. Il aura fondu, pour des raisons explicables, prouvables et démontrables. La chaleur –à un certain niveau relatif-, permet la fonte de la glace, telle est la conclusion d’une étude bénigne (nous pourrions certainement pousser l’étude de la glace plus que cela, voire à identifier les composantes, etc..). Je démontrerai, dans les prochains paragraphes, qu’un processus explique également qu’il y ait des bourgeois, et qu’un autre explique aussi, qu’il y ait des prolétaires.

Le capital. Le capital, lorsque l’on en possède, permet toutes sortes de choses. L’une des divinités qu’il permet se nomme l’exploitation. Celle du labeur d’autrui en partie, sinon maintenant, celle des malheurs et maux physiques d’autrui. Le bourgeois en possède énormément, comparé au prolétaire. Avec ce capital, le bourgeois transforme la demande en offre, en créant une entreprise, par laquelle il sera dit qu’il «crée des emplois». Mais de fait, c’est la demande qui crée l’offre –les emplois-, et non l’intermédiaire qui possède les capitaux –Ça peut être n’importe qui, il y a même des loteries pour s’en assurer!-. Bâtissant son «entreprise privée», les prolétaires remplissent déjà, une autre demande, formulée elle, par le besoin des consommateurs, dont aura pu profités un chanceux détenteur de capitaux, en quantité adéquate pour ce. Un autre bourgeois. D’ailleurs, même la voiture dans laquelle se promène le bourgeois est une conception faisant suite au labeur de prolétaires, ayant rempli, eux aussi, une demande, elle aussi, issue des capitaux d’un autre bourgeois, tout aussi intermédiaire que mon autre exemple. Mais là n’est pas la question… Comment, maintenant, expliquer cet amas de capitaux chez une parcelle, et minoritaire, population mondiale? Ce débat n’ayant pas lieu dans les échanges de nos trois mousquetaires à Radio-Canada, il s’agit là d’un débat purement totalitaire.

Le capital peut s’amasser de diverses façons, mais nous verrons toutefois, que peu importe la façon dont il sera amassé, il en demeure qu’il n’y a pas lieu de légitimer l’exploitation du labeur d’autrui. Par exemple, certains capitalistes vous diront que le bourgeois a travaillé comme un forçat, et que comme récompense, on lui doit le fruit du labeur d’autrui. Mais cette quantité de labeur n’est pas quantifiable, sinon, l’unité de mesure avec laquelle les capitalistes la calculent, elle, n’existe pas, ou n’a pas été dévoilée par ces capitalistes. Il est donc impossible de comparer le labeur du bourgeois, avec celui de quelconque prolétaire. Un marchand de savon, par exemple, travaillera t-il aussi fort, physiquement, que le poser de bitume, sinon que le charpentier? J’en doute! En vérité, la quantité de labeur n’est pas calculable, cette excuse n’est donc qu’un paravent vis-à-vis le réel fait, celui que le bourgeois, pour partir son entreprise, possédait déjà une quantité nécessaire de capitaux.

Sinon, les capitalistes vous diront également que le bourgeois a pris des risques, mais comment, aujourd’hui, peut-on croire à cet argument fallacieux, puisque l’on est à même de constater que ce risque, a bel et bien été partagé lors de la récente crise capitaliste. Qui donc a perdu son emploi chez GM, les employeurs, ou les employés? Dans cette forme, nous pouvons déjà conclure, sans aller plus loin, que le risque était partagé, que les travailleurs, prolétaires, ont pris le même risque que les employeurs, les bourgeois. Même que, durant toutes ces années, le bourgeois aura certes su se mettre de côté, quelques parts de profit, ce que le prolétaire n’avait peut-être pas les moyens de faire (Je vois déjà les capitalistes me dirent que les employés de GM étaient bien payés, mais c’est certes, parce qu’ils ne connaissent pas le salaire des employeurs! Car une comparaison nous rendrait vite justice, tout en considérant que ce sont les travailleurs qui créent la richesse, les voitures en l’occurrence et non pas le capitaliste, qui n’injecte qu’un capital.).

Et le comble, arrive, lui, lorsque l’on émet une critique vis-à-vis l’héritage, car il faut, à ce moment, tenir compte de leurs premiers arguments… Si le bourgeois a travaillé fort pour gagner son droit d’exploitation du labeur d’autrui, comment est-ce possible que les héritiers héritent de leurs divins droits à leur tour? Ont-ils, eux aussi, travaillé fort? Donc, l’argument tombe ridiculement dans la fausse des idéalistes. Ensuite, par la même ridiculité, les capitalistes laisseront tomber leur argumentaire, selon lequel, les «méritants» auraient pris des risques pour se gagner le droit d’exploiter le labeur d’autrui, en défendant par exemple, l’héritage de ces divins droits.

Il existe diverses raisons pour laquelle des gens sont plus riches que d’autres. Dans notre système économique, capitaliste, il y a ces classes. Déjà, n’est-il pas facile de résoudre l’équation? Un parent riche, offrira t-il les mêmes services à son enfant, que le parent pauvre, incapable d’offrir quoique ce soit? Les réalités sociales, découlant elles, de la réalité économique, n’ont donc rien en commun lorsque l’on examine une famille bourgeoise versus une famille de prolétaires. On peut déjà constater qu’une des deux familles aura moins de misère à soigner les siens –dans un milieu où la santé se donne au privé-, que l’autre, sans parler des chances d’éducation qui s’offriront à un, versus l’autre. Il est donc irréfutable que des conditions diverses existent dans notre société capitaliste, il est donc clair également que certaines personnes disposent d’un amas de capital, possiblement hérité, amassé par avarice, gagné par une loterie ou gagné à même une autre source d’exploitation du labeur d’autrui. Et que ces mêmes personnes, seront celles qui pourront transformer la demande en offre, via leurs capitaux, lesquels ils prendront pour construire des moyens de production. Mais encore, vous savez déjà qui construira ces moyens de production.

Donc, lorsque Marie Grégoire dit que la bourgeoisie est la poche qui donne des «scanneurs» aux hôpitaux publics, elle omet de dire pourquoi ces riches individus possèdent les capitaux, elle omet de dire qu’il y a exploitation du labeur d’autrui, elle crée donc, un totalitarisme des plus absurdes, en direct à la télévision. Et quand elle ajoute que ce sont aussi «des créateurs d’emplois», elle raye d’un coup, l’existence de la demande et le processus expliquant la capacité de ces riches individus de «faire bâtir» des moyens de production. Ces gens ne sont pas des méritants, mais des privilégiés, parmi une masse laborieuse. Ces gens ne sont pas méritants du labeur d’autrui, mais de purs et simples exploitants, se servant de leurs privilèges et de leur amas de capitaux, pour amasser d’avantage de capitaux.

Le tout est purement idéologique. Madame Grégoire, madame Frula et monsieur Charbonneau sont capitalistes. À leurs yeux, les bourgeois sont des méritants, car en défendant leur domination, ils s’assurent un retour d’ascenseur. Et bref, la classe politique québécoise, et mondiale, se démène pour préserver les privilèges acquis des bourgeois, acquis non par démocratie, mais bel et bien par la dictature. Jamais, personne n’a voté pour le capitalisme, ce système fut installé, voire imposé par ces mêmes bourgeois premiers. Avez-vous déjà voté pour un bourgeois? C’est certain que non! Pourquoi? Parce qu’il est impossible de le faire, et qui donc, en réalité, règne sur nos États? Les bourgeois, par leurs lobbys.

L’existence des capitalistes, des bourgeois donc, n’est redevable qu’au système en place, lequel est imposé et pour lequel nous n’avons jamais voté. Sans système capitaliste, les gens d’affaires ne servent plus à rien, ils sont remplacés, dans un système socialiste, par un conseil –comme il en existe dans les entreprises appartenant au bourgeois apte à se payer des gens pour gérer son entreprise…- ouvrier, sinon populaire, par lesquels les prolétaires exerceraient une vraie démocratie, participative celle-là. Les travailleurs, si conditionnés pour ce, savent gérer et peuvent le faire. Ces bourgeois ne sont donc aucunement indispensables, si la crise capitaliste débouche sur la révolution communiste tant attendue.

Débarrassons-nous des parasites! Débarrassons-nous des exploitants du labeur d’autrui! Débarrassons-nous des bourgeois, de ces gens dits «d’affaires», maintenant que nous les savons dispensables!

Contradictions évidentes… (très longue lecture)

Veuillez, je vous prie, lire ces deux vastes textes, qui vous définieront l’exemple parfait d’une incohérence papale. L’impérialisme états-unien, dans ces deux textes, est exprimé de deux bien différentes façons, lesquelles pourtant, ne traitent pas de la même façon, une situation potentiellement semblable.

Avec d’un côté, un président démocratiquement élu, lequel on a vainement tenté tenté de renverser -avec l’aide des médias privés vénézuéliens-, il y a cet autre président, lui aussi, démocratiquement élu. Mais son renversement fut toutefois une réussite, du moins pour les capitalistes de Washington.  Avec le temps gagné depuis, Zelaya a peu de chance de reprendre son dû, démocratiquement dû devrais-je préciser.

J’aimerais durant cette lecture, que vous portiez attention aux accusations portées contre Reporters sans Frontières. Elles pourraient, pour certain ne la connaissant pas, paraître erronées, mais vous verrez par la suite, par un exemple frappant, l’indifférence la plus abjecte de cette pseudo «boîte à vérités» quant aux fermetures d’entreprises privées du Honduras, lors du coup d’État en question.

Veuillez noter également, l’insurrection du ministre canadien Lawrence Cannon, lors de l’élection, pourtant démocratique, du président iranien, insurrection qu’il n’a pourtant pas répété, lors du coup d’État violent perpétré contre le président démocratiquement élu du Honduras.  Ce dernier, enlevé, puis expulsé par les forces militaires honduriennes, n’a sans doute pas attiré, assez, l’attention du ministre des affaires étrangères canadiennes. Rappellez quand même que le Canada est l’un des alliés des États-Unis dans l’Organisation des États Américains.

Bonne lecture, lisez-les sur deux jours si trop longs!

Washington face au Honduras : un numéro d’équilibriste
par Arnold August*

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Le « président » « civil » Roberto Micheletti.

Presqu’immédiatement après le coup d’État du 28 juin 2009, les grands médias n’ont pu s’empêcher de remarquer que Washington faisait face à un problème. Le 30 juin, on pouvait lire en gros titre dans le quotidien USA Today : « La journée d’Obama : la corde raide présidentielle. » L’article se poursuivait ainsi : « Bon matin depuis le Bureau ovale [Maison-Blanche]. Lors de cette même journée, en 1859, un acrobate français nommé Charles Blondin a marché sur une corde raide au-dessus des eaux torrentielles des Chutes Niagara. Exactement 150 ans plus tard, le président Barack Obama doit sans doute comprendre ce qu’il ressentait… [par rapport à] l’Amérique latine. Obama essaie de résoudre le coup militaire au Honduras malgré la charge de méfiance de l’Amérique latine face aux États-Unis. » [1]

La même journée, le Washington Post titrait : « Sur les questions de politique étrangère, Obama avance à pas comptés. » Le texte se poursuivait ainsi : « Le président Obama est arrivé au pouvoir en promettant des changements audacieux sur de nombreux fronts, mais sa politique étrangère se fait souvent en demi-teintes. Que ce soit en Iran, en Chine ou en Corée du Nord, y a-t-il des moments où l’on ne puisse pas dire que l’administration Obama « manœuvre prudemment » ou « avance à pas comptés » à l’étranger ? Le dernier exemple en lice est le Honduras, dont la Maison-Blanche, hier, a critiqué le coup d’État qui a renversé Manuel Zelaya, sans toutefois signifier sa désapprobation totale. ‘Mais tout en condamnant le renversement, les officiels américains n’ont pas exigé la réinstallation de Zelaya’, écrit le Times de Los Angeles. » [2]

Nous aborderons plus loin les différences apparentes ou véritables entre le président Obama et le département d’État, dirigé par Hillary Clinton. Mais pour l’instant, continuons de traiter le sujet initial. Le correspondant de l’AP, Nestor Ikeda, titrait ainsi son article repris le 6 juillet par plusieurs grands médias internationaux ou états-uniens : « Obama joue le rôle de l’équilibriste dans le drame hondurien ». M. Ikeda atteint sa cible en plein cœur lorsqu’il écrit : « Étant donné qu’Obama avait promis aux gouvernements sud-américains que nous allions désormais privilégier le dialogue dans la recherche de solutions diplomatiques, il semble que pour la première fois, il ait adopté un nouveau rôle face au coup d’État militaire au Honduras : celui de l’équilibriste. » [3]

Par ailleurs, le numéro du 7 juillet du Christian Science Monitor annonçait en manchette : « Hilary Clinton sur la corde raide face au Honduras » pour introduire un article soulignant que : « L’administration Obama s’est attaquée plus profondément à la crise au Honduras, mardi, dans la hâte que se résolve le dernier conflit de l’hémisphère sud. Cependant, elle a bien pris garde de ne pas apparaître comme la puissance hégémonique d’antan qui imposait sa volonté à ses plus petits voisins. » [4]

Dans le même ordre d’idée, le magazine Time écrivait le 8 juillet que : « Depuis le coup d’État, la Maison-Blanche a dû manœuvrer délicatement pour cultiver une nouvelle image moins interventionniste des États-Unis —qui ont trop souvent appuyé les coups d’État en Amérique latine— tout en « répondant aux désirs de l’hémisphère occidental qui leur demande d’être au premier plan dans la défense des normes démocratiques », affirme Vicki Grass, associée dirigeante pour les droits et le développement au Bureau indépendant sur l’Amérique latine à Washington. » [5]

Le dilemme auquel Washington fait face avait été prévu par le sympathisant médiatique le plus endurci du régime issu du coup d’État, soit le El Heraldo du Honduras. En effet, le 19 janvier, après l’inauguration d’Obama, le quotidien constatait : « Il sait qu’il n’a pas le droit de décevoir ses partisans. » […] Parlant de son discours inaugural, on a rapporté que « Ce sera comme si Obama marchait sur la corde raide ». Cela concernait la crise économique, mais pourrait également s’appliquer à la situation internationale. [6]

Le journal El Heraldo savait que l’oligarchie devait faire basculer l’équilibre en sa propre faveur.

Quels sont les deux côtés en bas de cette corde raide ?

Dans l’important discours prononcé par Hillary Clinton, le 15 juillet, au Council on Foreign Relations, elle affirmait que :

« […] La question qui se pose est non pas de savoir si notre pays peut ou doit donner l’exemple, mais comment il le fera au XXIe siècle. Les idéologies rigides et les vieilles formules n’ont pas lieu d’être. Nous avons besoin de considérer [les choses] sous un angle entièrement nouveau […] À ces ennemis actuels et éventuels, permettez-moi de dire que l’importance que nous accordons à la diplomatie et au développement ne remplace pas notre arsenal sécuritaire national. Notre volonté de dialogue n’est pas un signe de faiblesse à exploiter. Nous n’hésiterons pas à défendre vigoureusement nos alliés, nos intérêts et, avant tout, notre peuple, en ayant recours si besoin est à la plus puissante armée du monde. Ce n’est ni une solution que nous rechercherons ni une menace ; c’est une promesse faite à tous les États-uniens. […] [Sur la question du financement accru à USAID] De même que nous ne refuserions pas des munitions à des soldats US en route pour le champ de bataille, nous ne pouvons pas déployer notre personnel civil sur le terrain sans l’équipement nécessaire. […] Pour instaurer un système de coopération mondiale, nous devons définir des mesures adéquates et nous servir d’outils adéquats. Je fais souvent référence à la notion de « pouvoir intelligent » (smart power) car elle est au cœur même de nos réflexions et de nos processus de décision. Elle se définit par l’usage intelligent de tous les moyens à notre disposition, y compris notre capacité à rassembler et à nouer des liens. Elle se définit par notre puissance économique et militaire ; notre capacité à créer des entreprises et à innover ; et les qualifications et la crédibilité de notre nouveau président et de son équipe. Cette notion consiste également à faire preuve d’un bon sens traditionnel lors de la formulation de la politique. Elle allie à la fois principes et pragmatisme. […] » [7]

À présent, prenons note de certaines notions dont l’équilibriste doit tenir compte pour réussir son numéro :

- 1. Washington sera le leader du monde, tel que l’avait formulé mot à mot le président Bush. Le problème, toutefois, c’est que l’orientation de sa politique étrangère s’est avérée un échec, et par conséquent, a menacé l’objectif états-unien de domination et de contrôle. Alors comment doit-on gouverner sans laisser transparaître que nos politiques ne font qu’imiter celles de l’époque de Bush ? C’est ici qu’Hillary Clinton intervient pour affirmer qu’il faut une nouvelle façon de voir les choses (mindset).

- 2. Washington souhaite employer la diplomatie, c’est-à-dire favoriser les pourparlers et inviter les autres pays à dialoguer. En même temps, l’autre côté de la corde raide —que Washington doit éviter— comprend en outre le recours à la force. Mais qu’y a-t-il de nouveau dans cette façon de voir les choses (mindset) ? Mme Clinton prévient ses interlocuteurs que la volonté états-unienne de parlementer n’exclut pas « vigoureusement […] et lorsque nécessaire, [le recours à] l’armée la plus puissante au monde. » En tenant compte de la situation actuelle au Honduras, quelle place et quelle importance tiennent réellement ces intentions pacifiques en regard du recours à la force militaire ?

- 3. « Un mélange de principes et de pragmatisme ». Le principe prédominant, on le suppose, est que les États-Unis doivent « continuer de prendre les devants » (mais avec succès, c’est-à-dire sans provoquer la hargne des peuples et des gouvernements du monde à leur endroit). Le pragmatisme dont il est question signifie sans doute le besoin d’éviter un recours injuste à l’armée aux dépens des propositions de paix, comme cela se passait à l’époque de Bush et des autres administrations avant la sienne. Cela s’avère un véritable défi lorsque l’on considère, d’une part, l’opposition pacifique et continue du peuple hondurien et de son président légitime Manuel Zelaya, et d’autre part, les instigateurs du coup d’État, lequel est à présent doublé d’une répression brutale soutenue par la base militaire états-unien au Honduras. La lutte constante et courageuse du peuple hondurien pour mettre fin au régime issu du coup d’État peut mettre en péril le numéro des équilibristes les plus expérimentés, tels qu’on les retrouve à Washington.

Examinons, si vous le voulez bien, la façon dont le Département d’État tente de composer avec la situation, puisque cela comporte plusieurs leçons pour les populations de l’Amérique du Sud.

Le numéro d’équilibriste du département d’État

Le 28 juin, la journée du coup d’État, Hillary Clinton affirmait : « Les gestes perpétrés contre le président hondurien Mel Zelaya violent les préceptes de la Charte démocratique interaméricaine et par conséquent, devraient être condamnés à l’unanimité. Nous exhortons toutes les parties au Honduras à respecter l’ordre constitutionnel et la primauté du droit, à réaffirmer leur vocation démocratique et à s’engager à résoudre les conflits politiques de façon paisible, à travers le dialogue. Le Honduras doit embrasser les principes mêmes de la démocratie que nous avons réaffirmés lors de l’assemblée de l’OEA, laquelle s’est déroulée au Honduras il y a moins d’un mois. » [8]

Le département d’État a refusé de dire qu’il s’agissait d’un coup d’État, et il ne fait aucune mention du violent enlèvement et de l’expulsion forcée dont le président Zelaya a été victime, réduisant tout cela au simple terme « gestes ». Puis, il poursuit son délicat numéro d’équilibriste en plaçant les putschistes et le gouvernement Zelaya, élu constitutionnellement, sur un pied d’égalité : « Nous exhortons toutes les parties au Honduras […] à résoudre les conflits politiques de façon paisible et à travers le dialogue. » Si l’on pense que les États-Unis savaient que quelque chose se tramait avant même que se produise le coup d’État du 28 juin, alors qu’en est-il du pragmatisme « peace and love » dont parle Hillary Clinton ? Ou encore, se peut-il que les États-Unis aient effectivement été impliqués dans le coup d’État ? Le principe du recours à la force armée revendiqué par Hillary Clinton, tel que citée plus haut dans son discours au Council on Foreign Relations, pourrait très bien vouloir dire que les États-Unis l’utiliseront pour freiner la tendance montante des gouvernements et des peuples d’Amérique du Sud à bâtir leurs propre avenir anti-néolibéral et à s’opposer à la domination états-unienne chez eux. [9]

Le lendemain, 29 juin, Mme Clinton a déclaré : « Les États-Unis ont travaillé avec nos partenaires de l’OEA afin de créer un fort consensus pour condamner la détention et l’expulsion du Président Zelaya et pour demander la restauration totale de l’ordre démocratique au Honduras. Notre priorité immédiate est de rétablir complètement l’ordre démocratique et constitutionnel de ce pays.
Selon moi, la sagesse de notre approche fut évidente, hier, lorsque nous nous sommes fondés sur l’OEA et sur la Charte démocratique interaméricaine pour réagir au coup d’État
. » [10]

Mme Clinton se tournait-elle davantage du côté de la diplomatie, distançant le département d’État des instigateurs du coup d’État appuyés par l’armée ? Après tout, elle affirme « condamner la détention et l’expulsion du président Zelaya ». Néanmoins, afin de prendre part à la résolution ferme de l’OEA [11] contre le coup d’État et pour le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions légitimes de président, les États-Unis ont dû faire quelques concessions. Il est à noter que Mme Clinton ne parle pas du retour de Zelaya chez lui, mais qu’elle évoque plutôt, de manière générale, « la restauration totale de l’ordre démocratique au Honduras ».

C’est ainsi que le porte-parole du département d’État, Ian Kelly, a dû monter à son tour sur la corde raide. Tout juste après que Mme Clinton eût fait la déclaration rapportée ci-dessus, le 29 juin, il a répondu aux questions des journalistes sur le Honduras lors du point de presse habituel qui se déroule presque tous les jours sur différents sujets. Selon les extraits cités dans la transcription suivante, il semble évident que les États-Unis ont dû adhérer à l’orientation de l’OEA afin de sauver la face —et de combiner principes et pragmatisme, comme le dirait Hillary Clinton—. Cela semblait avoir été fait à contrecœur, tel que le reflètent les réponses de M. Kelly (les États-unis ont « adhéré » à la résolution de l’OEA). L’échange transcrit plus bas révèle un autre sujet de prédilection, soit la première d’une longue série de questions de journalistes et de réponses ambigües fournies par le département d’État. Cet échange s’est étendu sur une période de six semaines. De quel enjeu fut-il question pendant tout ce temps ? Réponse : déterminer si les États-Unis jugeaient qu’il s’agit effectivement d’un coup d’État militaire au regard des normes juridiques. Ce jugement aurait signifié la suspension de toute l’aide militaire et autres formes de secours à leurs alliés au Honduras.

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Ian Kelly (© Xinhua)

« — Question : Donc, Ian —je suis désolé, c’est seulement pour confirmer— donc vous ne dites pas qu’il s’agit d’un coup d’État, c’est bien cela ?
— M. Kelly : Eh bien je crois que vous avez tous entendu la déclaration de l’OEA hier soir, affirmant qu’il s’agissait bien d’un coup d’État, et que vous avez entendu ce que vient d’affirmer la Secrétaire d’État. Ceci étant dit, nous sommes très conscients des détails de la loi états-unienne à ce sujet. Nous vous reparlerons donc plus tard de la question de la définition légale. Vous comprenez, je ne voudrais pas nécessairement inventer de politiques au moment où l’on se parle.
— Question : Puis-je poursuivre là-dessus ? Car enfin, je ne comprends pas vraiment ce que vous souhaitez au juste, puisque vous ne réclamez pas la restauration. Soit, vous demandez que celle-ci se fasse selon l’ordre démocratique de la constitution, mais vous ne demandez pas à ce que le président —qui est à votre avis le président élu démocratiquement— puisse rentrer au pays. Ainsi, est-ce que vous…
— M. Kelly : Oui, nous le demandons.
— Question : – La Secrétaire Hilary Clinton vient tout juste de dire – non, la Secrétaire vient tout juste de dire qu’elle ne sait pas ce que réclament les États-Unis…
— M. Kelly : Nous – que dis-je, nous avons souscrit à la déclaration très ferme du Conseil permanent de l’OEA qui exige que le Président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions de Président légitime.
» [12]

Le lendemain, 30 juin, Ian Kelly dût affronter les journalistes au sujet de la même question, à savoir si les États-Unis jugeaient qu’un coup d’État avait été perpétré au Honduras en vertu de la loi.

« — Question : Honduras.
— M. Kelly : Elise, oui.
— Question : Pourriez-vous nous parler de la révision de l’aide accordée au Honduras à la suite du coup d’État – du président Zelaya ?
— M. Kelly : Oui. Comme nous en avons discuté hier, il existe une disposition dans la section –il s’agit de la section 7008, je crois- de la loi sur les opérations étrangères qui nous oblige à faire une évaluation légale des faits sur le terrain afin de déterminer si la disposition sur la suspension des fonds s’applique aux circonstances en question. Ce processus se déroule au moment où l’on se parle dans notre Bureau du conseiller juridique.
— Question : – – sans vouloir être simpliste – et je comprends qu’il y ait des questions légales à respecter – mais si vous êtes témoin qu’un Président a été évincé et que des troupes sont au pouvoir sans avoir été élues de façon constitutionnelle, je me – […]
— M. Kelly : Eh bien, oui.
— Question : – – me demande ce qu’il peut y avoir de compliqué là-dedans.
— M. Kelly : Eh bien, d’accord. Vous avez entendu ce qu’a dit la Secrétaire, hier. Elle a dit qu’il s’agissait d’un coup d’État.
— Question : Oui, mais –
— M. Kelly : Le président a dit que c’était un coup d’État.
— Question : D’accord.
— M. Kelly : Nous sommes témoins de certains faits, bien sûr, et ceux-ci nous disent que l’ordre constitutionnel au Honduras a été renversé. Mais il y a également un – il y a un processus à suivre, et nous le suivons présentement. Et c’est une question légale. Et comme vous le savez tous, lorsque l’on – lorsqu’il s’agit de questions légales, il est préférable de consulter ses avocats, c’est donc ce que nous faisons. [….]
— M. Kelly : Eh bien je crois que notre message sera le même que celui que nous avons exprimé publiquement, c’est-à-dire, ce que la Secrétaire Hillary Clinton a affirmé hier et ce que le président Obama a dit – que nous croyons que le président Zelaya est le président constitutionnel du Honduras élu démocratiquement, et qu’il devrait pouvoir terminer son mandat. En outre, nous adhérons de très près aux procédures de l’Organisation des États américains, et nous croyons que ce qui s’est produit au Honduras ne respecte pas les principes de la Charte interaméricaine, et que nous devons nous attaquer à cela de façon multilatérale. Entre-temps, à l’ONU, il y a d’autres événements qui se précipitent. Ainsi, je crois qu’il s’agit là d’une occasion de manifester notre soutien au président élu présidentiellement – pardon, je voulais dire démocratiquement – au Honduras, et également de lui parler de la façon dont nous nous sommes coordonnés avec nos alliés, dont certains se trouvent à l’OEA.
— Question : Croyez-vous que ce soit une bonne idée qu’il rentre au pays jeudi comme il souhaite le faire ?
— M. Kelly : Je ne vais pas – je vais seulement – je crois que c’est une bonne idée qu’il soit rétabli dans ses fonctions de président du Honduras.
— Question : Les États-unis sont-ils prêts à lui fournir des mesures de sécurité s’il retourne au Honduras jeudi ?
— M. Kelly : Voilà une question à laquelle je ne suis tout simplement pas prêt à répondre, en fait.
Oui, Jill.
— Question : Oui, Ian, pour en revenir au sujet – je regrette, mais je crois devoir te poser une autre question légale.
— M. Kelly : Oui.
— Question : Mais seulement – vous dites constitutionnel – vous les connaissez, les faits. L’ordre constitutionnel a été renversé.
— M. Kelly : En effet.
— Question : D’accord. Alors est-ce cela l’élément déclencheur ? Est-ce suffisant pour suspendre l’aide ? Parce qu’ensuite, vous avez dit qu’il y aurait un processus légal à suivre.
— M. Kelly : Oui.
— Question : En d’autres termes, avez-vous défini – est-ce l’élément déclencheur que nous avons – vous savez, renverser l’ordre constitutionnel, par conséquent, nous avons le droit de suspendre notre aide ?
— M. Kelly : Eh bien, nous – comme je le disais, il y a un processus. Nous voulons nous assurer que M. Harold Koh, le Conseiller juridique au département d’État nouvellement entré en fonction, ainsi que son équipe, ait eu le temps voulu de prendre une décision à ce sujet.
— Question : D’accord. Ainsi – –
— M. Kelly : Voilà donc ce qui se passe maintenant.
— Question : D’accord. Donc, ce n’est pas suffisant pour suspendre l’aide ? Le renversement de l’ordre constitutionnel n’est pas suffisant sur le plan légal pour que vous puissiez suspendre votre aide ?
— M. Kelly : Nous avons besoin que nos experts juridiques consultent la loi, constatent les faits sur le terrain et qu’ils prennent une décision.
— Question : Et combien de temps cela prendra-t-il ?
— M. Kelly : Oh, ce ne sera pas long. Je ne peux vous dire avec exactitude combien de temps cela prendra, mais je présume que ce ne sera pas très long.
» [13]

Encore une fois, on peut observer que M. Kelly retarde son engagement à émettre un quelconque jugement pour déterminer s’il s’agit oui ou non d’un coup d’État selon la perspective et les lois états-uniennes. Pour l’armée, qui se consacrait (et se consacre encore), tous les jours, à réprimer la résistance montante et à entraver son avancée au Honduras, cela se traduit par du temps supplémentaire et la possibilité quotidienne de se régénérer. L’armée et la police s’efforçaient et s’efforcent toujours, par tous les moyens, de dissimuler et d’entraver sérieusement la couverture médiatique locale et internationale concernant la situation véritable qui se déroule au Honduras.

M. Kelly tente également de dévier l’attention portée sur la responsabilité états-unienne en s’empressant d’insister sur le besoin de diplomatie et de médiation par l’OEA. Vous remarquerez, ci-dessus, ce qu’affirme M. Kelly : « nous nous sommes coordonnés avec nos alliés, dont certains se trouvent à l’OEA ». Cela soulève la question à savoir qui sont les alliés de Washington ? Le Costa Rica, La Colombie, le Canada ? D’une part, les États-Unis louangent l’OEA, mais du même souffle, ils se réservent le droit de négocier de manière bilatérale avec certains gouvernements de leur choix. Washington a besoin de temps pour s’organiser avec ses alliés, et pour donner le feu vert aux putschistes afin qu’ils puissent faire de même avec l’oligarchie de droite de l’Amérique du Sud et de Miami. Cela représente une tentative à peine voilée de diviser les forces au sein de l’OEA. La résolution juste et bonne de l’OEA ne devient plus qu’une opération de camouflage qui sert à n’importe quoi sauf à la réinstallation du président Zelaya.

M. Kelly a également refusé de répondre à la question à savoir si les États-Unis allaient fournir des mesures de sécurité au président Zelaya s’il essayait de revenir chez lui. Ce numéro d’équilibriste est très révélateur, parce que lorsque M. Zelaya a déclaré publiquement qu’il allait effectivement tenter de rentrer chez lui par voie terrestre, le 24 juin, en passant par la frontière du Nicaragua, les États-Unis ont tenté de persuader M. Zelaya du contraire avec la dernière énergie, comme on le verra plus bas. Cela fut fait de manière à ce que tout incident qui puisse découler du retour de Zelaya soit perçu comme étant sa faute par les États-Unis. Cette position est la même que celle revendiquée par les instigateurs du coup d’État.

Lors du point de presse suivant, soit le 1er juillet, M. Kelly, répondant à la même question – à savoir quand les États-Unis auraient finalement déterminé s’il s’agissait d’un coup d’État au regard de la loi – M Kelly, donc, a déclaré qu’il ne pourrait acquiescer à aucun « adverbe de temps ». Il a d’ailleurs ajouté – ce qui semble être une excuse pour des délais ultérieurs – que les États-Unis prennent « [leurs] obligations légales très au sérieux ». C’est tout de même curieux de voir que la loi portant sur les résolutions adoptées par l’OEA ne semble pas relever du fait de prendre « [leurs] obligations légales très au sérieux. »

« — Question : Pour commencer avec le Honduras : hier, vous nous avez dit que le Bureau du Conseiller juridique avait entrepris son examen officiel pour savoir si le gouvernement états-unien considérait cela comme un coup d’État.
— M. Kelly : Effectivement.
— Question : Et par conséquent, si cela entraîne la suspension de l’aide.
— M. Kelly : Oui.
— Question : Avez-vous terminé cet examen ? Vous avez également dit que vous pensiez que ce ne serait pas long.
— M. Kelly : Oui.
— Question : Est-ce terminé, et avez-vous pris une décision ?
— M. Kelly : Oui. Il est toujours risqué d’adjoindre un adverbe de temps, peu importe lequel, à une quelconque déclaration. En fait, nous n’avons pas fini d’étudier la question. Néanmoins, comme je l’ai dit hier, nos conseillers juridiques sont présentement en train d’évaluer activement les faits et la loi en question, que nous prenons très au sérieux. Nous prenons nos obligations légales très au sérieux. Et puis, bien évidemment, je vous en informerait sitôt que cette décision sera prise.
» [14]

Voici maintenant en quoi consistait la partie du point de presse du 2 juillet portant sur le Honduras, en réponse aux questions du même journaliste :

« — M. Kelly : Eh bien, évidemment, notre objectif est la restauration constitutionnelle – de l’ordre constitutionnel à Tegucigalpa, ce qui veut dire la réinstallation du président Zelaya. Un processus mené par l’OEA est en cours actuellement. Nous croyons qu’il faudrait permettre à ce processus de se dérouler pleinement, et nous aurions tendance à dissuader qui que ce soit de poser des gestes pouvant entraver le déroulement de ce processus jusqu’au résultat souhaité, c’est-à-dire, évidemment, la réinstallation de Mel Zelaya au pouvoir.
— Question : Donc – simplement pour clarifier – êtes-vous en train de sous-entendre que son retour prématuré puisse être une entrave ?
— M. Kelly : C’est possible. Je pense que ce sur quoi nous devrions tous nous concentrer présentement, c’est la mission de l’OEA mandatée par son Assemblée générale extraordinaire. Évidemment, je ne peux parler au nom du président Zelaya, mais je crois comprendre qu’il ait prévu de retarder son retour au pays.
— Question : Avez-vous des nouvelles concernant la révision de l’aide accordée au Honduras et de la possibilité qu’elle soit suspendue ?
— M. Kelly : Oui, j’ai effectivement une mise à jour pour vous là-dessus, si vous voulez bien m’accorder quelques instants. La révision légale a présentement cours. Nous sommes en train d’essayer de trancher pour déterminer si la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays étrangers doit être appliquée. Entre-temps, nous avons pris des mesures pour interrompre, comment dire, les programmes d’assistance que nous serions tenus par la loi de suspendre si effectivement l’on considère – si les événements du 28 juin sont considérés comme, tels que définis – ça y est, je commence à avoir l’air d’un avocat – tels que définis dans la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays étrangers, s’ils sont définis comme étant un coup d’État.
» [15]

Et tandis que cela se déroule à Washington, la répression contre la résistance héroïque du peuple hondurien se poursuit sans relâche.

Était-ce un coup d’État militaire ou non ? Le Département d’État a-t-il pris une décision ?

Pas encore ! Le 6 juillet, le numéro d’équilibriste se poursuivait ainsi :

« — Question : D’accord. Mais avez-vous pris une décision quant à – une décision à savoir s’il s’agit en effet d’un coup d’État militaire, et si par conséquent l’aide fournie par les États-Unis devrait être suspendue ?
— M. Kelly : Eh bien, comme je l’ai dit jeudi, nous avons décidé que toute aide suspendue en vertu de cette loi – qu’aucune aide de cet ordre ne doit parvenir actuellement au régime de facto. Nous sommes encore plongés dans le processus qui déterminera si cette loi s’applique. Néanmoins, nous préférons nous abstenir de prendre une décision statutaire pendant que ces initiatives diplomatiques sont en cours.
— M. Kelly : Bon, voici quelques faits. L’un d’eux est qu’il y a – la plupart de nos activités sont exclues en vertu de cette section spécifique de la loi, et il s’agit de l’aide humanitaire et de l’aide fournie pour soutenir les programmes qui visent à établir la démocratie.
Les fonds que nous avons décidé de couper sont ceux versés aux programmes qui pourraient être considérés comme ayant – directement aidé le gouvernement ou le – ce que nous appelons le régime de facto au Honduras. Il s’agit d’un processus compliqué, mais nous admettons que nous pourrions décider de suspendre notre aide, et c’est pourquoi tous les programmes qui pourraient être considérés comme un soutien au gouvernement ont été – aucune de cette aide n’est en route actuellement.
» [16]

Il est à noter que M. Kelly s’inquiète de ce que l’aide envoyée au régime de facto soit « considérée » comme un soutien au gouvernement ; il utilise d’ailleurs ce terme deux fois dans le même paragraphe. Cela me rappelle l’importante déclaration de principe que Mme Clinton a faite le 15 juillet, tel que rapportée plus haut, alors qu’elle évoquait « les compétences et la crédibilité de notre nouveau président et de son équipe. […] cela signifie également se servir du bon vieux sens commun dans l’élaboration de nos politiques. Bref, c’est un mélange de principes et de pragmatisme […] » Ainsi, ce qui semble préoccuper le département d’État en tout premier lieu, c’est de rebâtir l’image et la crédibilité des États-Unis, tandis que ceux-ci tentent de « prendre les devants » d’une manière nouvelle et efficace. Accorder temps et soutien au régime de facto contribue au principe énoncé plus haut sur l’objectif impérialiste de domination états-unienne, ou comme on le dit à Washington, « prendre les devants ». Cette intention est censée se mêler au pragmatisme : dans le cas du Honduras, cela veut dire s’abstenir d’appuyer effrontément le régime soutenu par l’armée, comme cela aurait été le cas avec les politiques de Bush, lesquelles n’ont fait que contribuer à encourager les grands mouvements de masse latino-américains contre l’impérialisme états-unien et les politiques néolibérales. La défaite rapide du coup d’État contre Chavez organisé par les États-Unis ne fait que démontrer à son tour la futilité de ces politiques, que Washington essaie maintenant d’éviter. Et c’est en dissimulant la véritable cible des États-Unis sous des notions de dialogue et de diplomatie que ce pragmatisme se manifeste.

La portée de cet article ne me permet pas d’aborder certaines notions ou niveaux juridiques subtils quant aux différentes formes d’aide fournies par les États-Unis, entre autres dans le cadre de la « promotion de la démocratie », dans les domaines militaire, économique, humanitaire. Je me limiterai ici à traiter de la politique états-unienne actuelle, qui consiste à ne pas vouloir se prononcer clairement sur la nature juridique du coup d’État. Quelles seraient, pour les politiques états-uniennes relatives au Honduras, les conséquences d’une définition juridique claire du coup d’État comme étant un coup d’État militaire ? Les deux plus récents articles d’Eva Golinger fournissent des révélations et des analyses détaillées sur les différentes formes de l’aide états-unienne [17] :

Dans le point de presse du 7 juillet, M. Kelly a répondu à une question concernant le rétablissement de M. Zelaya dans ses fonctions de Président :

« — M. Kelly : Oui. Eh bien, je crois – si vous regardez le discours du président Obama à Moscou aujourd’hui, ce qu’il a dit, c’est que nous avions été témoins d’une situation où un président élu démocratiquement a été renversé et forcé à s’exiler. Et nous voulons adhérer au principe voulant que l’on ne puisse traiter ce genre de conflits sans égard à la constitution. Voilà le principe que nous souhaitons voir respecter. Nous voulons voir le – cet ordre démocratique et constitutionnel restauré.
— Question : Il semble que vous ayez ouvert la porte à une autre solution en devançant probablement les élections – –
— M. Kelly : À présent, c’est ce qu’on va voir. C’est-à-dire, maintenant – c’est-à-dire que nous soutenons depuis le début que (a) nous voulons que ces conflits soient résolus à travers le dialogue et (b) nous avons perçu cela comme un problème pour l’Organisation des États Américains et pour le – pour le forum du Forum Interaméricain. À présent, un processus remarquable est en cours où le président du Costa Rica joue le rôle de médiateur. Évidemment, ce processus ne fait que commencer. Et comme l’a dit la Secrétaire, nous ne voulons pas présumer de la façon dont il se déroulera, mais à présent, un dialogue a été établi.
» [18]

M. Kelly veut que la médiation du président du Costa Rica, M. Arias, puisse « se dérouler pleinement » pendant qu’au Honduras, la lutte se poursuit entre le régime militaire et la Résistance populaire. Il semble que le département d’État souhaite vivement que la Résistance du peuple hondurien s’estompe avec le temps. Néanmoins, au moment d’écrire ces lignes, on ne trouve aucun signe de découragement en dépit de la répression et des conditions extrêmement difficiles.

Le 10 juillet, en réponse aux journalistes, le secrétaire d’État adjoint, M. Philip J. Crowley, a affirmé que les « […] négociations [menée par Arias] sont le meilleur moyen de résoudre la crise de manière pacifique […] » [19]. Ce n’est que lorsqu’un journaliste a insisté pour savoir si cela supposait le retour de Zelaya au pouvoir que Crowley a confirmé ceci – à tout le moins verbalement.

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Hillary Clinton reçoit Manuel Zelaya (© State Departement).

La médiation menée par le Président Arias est-elle un processus états-unien ?

À mesure que la réponse à cette question prenait davantage le devant de la scène, on a demandé à M. Kelly, le 13 juillet, si la médiation menée par M. Arias constituait ou non un processus états-unien.

« — M. Kelly : Oui, eh bien ce n’est pas un processus américain. C’est un processus où nous mettons tous nos – c’est un processus mené par le président du Costa Rica, Oscar Arias, auquel nous donnons tout notre appui. Et…
— Question : À mes yeux, cela ressemble drôlement à un processus américain. (Rires)
— M. Kelly : Nous appuyons ce processus mené par Arias. Il n’est pas américain ce…
— Question : Quel pays se trouve dans quelle partie du monde ?
— M. Kelly : Ce n’est pas un processus qui est mené par les États-Unis d’Amérique. (Rires) Et devons simplement donner – nous devons donner le temps à ce processus de fonctionner. Et je vais simplement – nous – nous allons – comme je le disais, nous appuyons fermement le président Arias. Vers la fin de la semaine dernière, il a dit qu’il s’attendait à s’asseoir de nouveau avec les deux parties, et j’espère qu’il s’agira du type de propositions dont les deux protagonistes seront prêts à discuter.
» [20]

Puis, le 14 juillet :

« —Question : Le président Zelaya a donné un – ce que les gens ont appelé un ultimatum. Il affirme que si les pourparlers dont le président Arias est le médiateur ne le réinstallent pas ou ne le remettent pas au pouvoir lors de la prochaine session, qu’ils auront échoué et que d’autres mesures pourraient devoir – d’autres mesures devront être adoptées.
— M. Kelly : Oui.
— Question : Quel – est-ce là la position qu’ont adoptée les États-Unis ?
— M. Kelly : Eh bien, je pense que vous savez quelle est notre position – qui est que nous croyons que tous les intervenants dans ces pourparlers devraient donner du temps à ce processus, ne pas donner de dates butoir artificielles, ne pas faire de – ne pas dire que si un résultat « x » ne se produit pas dans tel délai, que les pourparlers seront clos. Nous devons laisser ce processus faire ses preuves et appuyer le travail du président Arias.
— Question : Alors, allez-vous considérer qu’ils ont échoué si la prochaine session ne provoque pas le retour de Zelaya ?
— M. Kelly : Eh bien écoutez, comme je viens de le dire, nous ne voulons pas fixer de date butoir artificielle.
— Question : Alors, voilà qui est – êtes-vous en train de nous dire que la réponse est « non », que vous n’êtes pas d’accord avec Zelaya quand il dit qu’il s’agira d’un échec s’ils – –
— M. Kelly : Je crois que nous devrions donner une chance au Président Arias […]
» [21]

L’équilibriste change, mais la précarité demeure

Le 17 juillet, M. Robert Wood, un autre porte-parole du département d’État, s’adressait ainsi aux journalistes :

« — M. Wood : Et puis écoutez, les pourparlers de paix dirigés par Arias n’ont pas été – voyez-vous, cette initiative est récente. Nous devons lui donner du temps. Comme je l’ai déjà dit, il s’est engagé dans ce processus, nous le sommes aussi, et d’autres dans l’hémisphère occidental le sont. Nous devons donner la chance à [ce processus] de faire ses preuves. Nous devons lui permettre d’évoluer. Ainsi, nous allons continuer d’encourager les intervenants à l’appuyer dans ce processus, parce que nous croyons que c’est la meilleure manière de revenir au point où nous voulions nous trouver. _ Warren. _ — Question : Pour poursuivre là-dessus, le gouvernement états-unien a-t-il spécifiquement demandé au président Zelaya, ou l’a-t-il exhorté à ne pas faire une autre tentative contestée de revenir au Honduras ?
— M. Wood : Je ne voudrais pas aborder des discussions que nous pourrions avoir eues ou ne pas avoir eues avec le président Zelaya sur une foule de sujets. Disons simplement que nous ne voulons pas – comme je l’ai dit plus tôt, nous ne voulons pas que quiconque prenne de mesures qui puissent entrer en conflit, de quelque manière que ce soit, ou ne pas contribuer de manière bénéfique au processus de médiation.
— Question : Donc, son retour ne serait pas bénéfique ? Est-ce ce que vous dites ?
— M. Wood : Je n’ai rien à ajouter à ce que je viens de vous dire […]
» [22]

Qu’est-ce que Hillary Clinton a dit à Micheletti ?

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L’armée hondurienne protège le putschiste Micheletti (© Getty Images, photo transmise par l’auteur).

Revenons à M. Crowley, lors du 20 juillet :

« — M. Crowley : Et hier, depuis New Delhi, la Secrétaire a eu une conversation téléphonique avec le leader du régime de facto, M. Micheletti. Et elle a exposé durant cet appel – l’a encouragé à continuer de se concentrer sur ces négociations, et l’a également aidé à comprendre les conséquences qui pourraient s’ensuivre s’il laissait passer cette occasion de médiation.
— Question : En fait, c’est la première fois qu’elle – que qui que ce soit, je crois, parle à Micheletti ?
— M. Crowley : Voilà une bonne question. Je ne – nous avons été en contact avec des représentants des deux parties, mais de toute évidence, c’est là son premier contact avec lui.
— Question : Donc ce n’était pas concernant…
— Question : Avez-vous une transcription qui démontre son niveau de fermeté dans sa conversation avec Micheletti ?
— M. Crowley : Je crois qu’elle… […]
— Question : …a-t-elle signifié très clairement à M. Micheletti que les États-Unis ne reconnaissent pas le gouvernement de facto, et que peu importe ses objections durant les pourparlers de ce week-end, il devra se préparer à se retirer afin de laisser le président élu reprendre sa place ?
— M. Crowley : Je crois que cet appel téléphonique a été très ferme. Néanmoins, je pense qu’il a été – elle a clarifié à savoir si le régime de facto avait besoin qu’on lui rappelle que nous voulons la restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel, donc une résolution pacifique. Nous croyons que personne ne devrait prendre la moindre mesure qui puisse attiser le risque de violence au Honduras, et nous appuyons totalement la médiation en cours menée par Arias.
— Question : Donc, vous avez prévenu M. Zelaya de rester pour l’instant au Nicaragua, ou dans le pays qui lui donne refuge, si cela pourrait faire diminuer les tensions ?
— M. Crowley : Je crois que nous avons aussi signifié clairement au président Zelaya qu’à notre avis, la médiation est la voie à suivre.
Oui.
— Question : Pouvez-vous – des mesures plus sévères, des déclarations que vous êtes prêts à faire s’ils – le régime de facto ne change pas sa conduite…
— M. Crowley : Vous savez, nous disposons d’alternatives s’ils ne le font pas – également des obligations légales si les négociations échouent. […]
— Question : P.J., je voudrais simplement clarifier. Vous avez affirmé avoir dit à Zelaya que la médiation était la voie à suivre. Mais lui avez-vous dit spécifiquement : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence » ?
— M. Crowley : Oui.
— Question : C’est ce que vous lui avez dit, directement ?
— M. Crowley : Oui.
— Question : D’accord.
» [23]

Cette conversation téléphonique entre Mme Clinton et Micheletti n’a pas été divulguée au public. Néanmoins, je crois que Mme Clinton s’est effectivement montrée très « ferme » face à son interlocuteur, tel que son porte-parole et secrétaire du département d’État l’a indiqué plus haut. Mais pourquoi donc ? Les instigateurs du coup d’État ne peuvent même pas se mettre d’accord sur une proposition – qui pourtant les favorise grandement – issue de la médiation, tandis que la résistance se poursuit dans les rues du Honduras : quelle image cela donne-t-il de la nouvelle politique étrangère que Washington voudrait transmettre à travers le globe ? De quoi cela a-t-il l’air aux yeux de la population états-unienne elle-même, qui a démontré qu’elle était de plus en plus opposée aux politiques d’affrontement sur la scène internationale ?

M. Zelaya, pour sa part, n’a pas eu le privilège d’être averti en privé. Comme le département d’État l’indique plus haut : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence. » En affirmant cela publiquement, ne démontre-t-on pas ouvertement aux putschistes qu’ils ont le droit de s’en prendre à Zelaya et que Washington ne lui portera pas secours ? Si nous comparons cela à la conversation téléphonique secrète avec M. Micheletti, semble-t-elle aussi ferme que les paroles adressées à M. Zelaya ?

La décision de Washington quant à la classification légale du coup d’État, en vertu des normes états-uniennes, n’avait pas encore été prise. Ce jugement éventuel allait déterminer si les États-Unis suspendraient ou non la totalité de leur aide militaire et économique, de façon permanente, aussi longtemps que les instigateurs du coup d’État resteraient au pouvoir, couperaient toute aide militaire, économique et politique ainsi que la reconnaissance diplomatique.

Le régime est totalement dépendant des secours états-uniens de toutes sortes pour assurer sa survie. Au moment du point de presse mentionné ci-dessus (le 20 juillet), le département d’État affirmait avoir simplement fait une interruption temporaire dans le cas de certains programmes. Or, plus tard au cours de ce même point de presse, en réponse à la question suivante : « Avez-vous décidé s’il s’agissait d’un coup d’État sur le plan légal […] » M. Crowley a dit : « non ». [24]

De l’ambigüité au cœur de l’ambigüité ! Cela veut-il dire que les États-Unis avaient finalement jugé que le coup d’État n’était pas légal, ou qu’ils n’avaient pas encore pris leur décision ? En fait, cette clarification n’aura lieu que plus d’une semaine plus tard, soit le 29 juillet.

Lors du point de presse suivant, le 21 juillet, le porte-parole adjoint du département d’État, M. Robert Wood, a répondu à une question en ces termes : « Nous sommes en contact constant avec un certain nombre de pays de l’hémisphère au sujet de la situation au Honduras. Et nous croyons que la médiation menée par Arias constitue la voie à suivre […] » En réponse à une autre question, à savoir ce que Wood voulait dire par « agir maintenant », il a affirmé : « ce que je veux dire par ‘agir maintenant’, c’est que nous disposons d’un processus que nous avons mis en œuvre et qui est mené par le président Arias ». [25]

Il semble évident que la médiation contribue à donner du temps aux États-Unis pour leur permettre de former des alliances en Amérique du Sud. Celles-ci sont dirigées non seulement contre Zelaya, mais également contre tous les gouvernements sud-américains, y compris ceux des Caraïbes, qui persistent à appuyer son retour inconditionnel, tel que les résolutions de l’OEA et de l’ONU l’exigeaient. La situation doit être très frustrante dans les rues de nombreuses villes du Honduras, où des milliers de personnes défient l’armée entraînée et parrainée par les États-Unis : en effet, tandis que le peuple persiste à défendre ses revendications malgré la violente répression, « agir maintenant », selon les États-Unis, s’applique uniquement aux forces sociales qui s’opposent aux instigateurs du coup d’État, mais ne concerne pas le régime putschiste. Sur la liste des priorités états-uniennes, les propositions de paix se retrouvent tout en bas, bien enfouies sous le matériel militaire.

Imprudent, prématuré et téméraire ?

Le lendemain, 23 juillet, en réponse à une autre question concernant les délais de la médiation, le secrétaire d’État adjoint, M. Philip Crowley, a affirmé qu’il ne devrait pas y avoir « d’échéance ». Puis, rétorquant à un autre journaliste qui voulait savoir si Zelaya prévoyait retourner au Honduras, il a qualifié ce retour « d’imprudent ». [26]

Le 24 juillet, la lutte s’intensifiait dans les rues du Honduras ainsi que dans les zones proches de la frontière nicaraguayenne, où M. Zelaya préparait son retour. Ce jour-là, la vidéo officielle du département d’État n’a pu dissimuler la réaction du secrétaire d’État adjoint M. Philip Crowley, lorsqu’une fois de plus, on lui a posé une question au sujet du retour de M. Zelaya. La frustration se lisait partout sur son visage. Il a semblé soupirer d’exaspération, puis, il a serré la vis un peu plus fort à M. Zelaya et à ses sympathisants, affirmant maintenant que son retour serait « prématuré ». [27]

Il n’y avait peut-être pas de grande différence entre « imprudent » et « prématuré », mais la même journée, le 24 juillet, Mme Clinton est apparue dans un point de presse avec le Premier ministre iraquien Nour al-Maliki, après leur rencontre au département d’État. Elle a affirmé de son propre chef, sans qu’il s’agisse d’une réponse à la question d’un journaliste, qu’elle considérait le retour de Zelaya comme étant «  téméraire » [28]. Il n’y a aucun doute, cela consiste à serrer la vis. Et en outre, n’est-ce pas là une façon d’encourager M. Micheletti à prendre une position rude envers Zelaya ? La « fermeté » de l’appel téléphonique de Mme Clinton devait être bien loin dans l’esprit de Micheletti lorsqu’il l’a entendue prévenir publiquement M. Zelaya.

Le duo Clinton- Micheletti

À partir du vendredi 24 jusqu’au dimanche 26 juillet, l’armée s’est essayée (et dans une certaine mesure, a réussi) à réprimer par la force brutale le grand mouvement d’appui absolument indéniable et héroïque du peuple hondurien, qui voulait accueillir le président Zelaya à la frontière. En dépit de cela, le lundi 27 juillet, M. Kelly a corroboré l’opinion de Mme Clinton au sujet du retour de Zelaya, le qualifiant de « téméraire, effectivement ». Il a également ajouté que le département d’État appuyait le retour de Zelaya dans la mesure où ce soit fait « d’un commun accord ». En réponse à une question concernant la demande de sanctions qu’avait faite M. Zelaya contre le régime de facto le 27 juillet, M. Kelly a évité la question en affirmant qu’ils « appuyaient le président Arias ». [29]

Comment peut-il y avoir un « commun accord » alors que les putschistes refusent que Zelaya soit rétabli dans ses fonctions de président, que ce soit par des moyens diplomatiques vagues et douteux (les propositions du président Arias) ou par un retour pacifique via la frontière ? Dans le contexte de la situation tendue qui prévaut le long de la frontière Nicaragua-Honduras, « appuyer M. Arias » suppose de plus en plus chaque jour que cette médiation parrainée par les États-Unis est conçue pour fournir au régime militariste le temps nécessaire pour s’organiser au niveau national et international. En effet, M. Micheletti est en train d’établir ses contacts au niveau international, et entre-temps, il utilise la force brutale contre la population : le temps joue en faveur du statu quo. Le département d’État, le président Arias et M. Micheletti font tout ce qu’ils peuvent pour démoraliser et décourager les mouvements sociaux au pays, tout en s’efforçant de provoquer des divisions et des désertions au niveau international.

En parlant de donner du temps au régime de Micheletti, le 27 juillet, le Wall Street Journal lui a fourni l’occasion d’exprimer son opinion sur sa page éditoriale. Micheletti a littéralement fait l’éloge du terme « téméraire » choisi par Mme Clinton pour qualifier le retour de Zelaya, affirmant qu’il s’agissait là d’un qualificatif « approprié ». Il a poursuivi en faisant ainsi appel à l’extrême-droite et aux éléments belliqueux de l’oligarchie états-unienne : « […] plutôt que d’imposer des sanctions, les États-Unis devraient poursuivre les sages politiques de Mme Clinton. Elle appuie les efforts du Président Arias dans sa médiation concernant ces questions. » [30]

Il doit y avoir beaucoup de pression sur la nouvelle administration à Washington pour maintenir la domination militaire pro-états-unienne sur le Honduras, peu importe ce qu’il en coûtera à l’administration Obama. Le Wall Street Journal témoigne de cette coercition.

Le Wall Street Journal et la droite états-unienne

Dans un récent article de l’avocate, auteure et journaliste états-unienne d’origine vénézuélienne Eva Golinger, publié dans Cubadebate, elle écrivait que

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Roberto Micheletti

« Le Wall Street Journal fait partie de l’agence de presse Dow Jones News Corporation. Son propriétaire est le puissant multimillionnaire Rupert Murdoch. Celui-ci, grâce au monopole de News Corporation, contrôle des centaines de journaux, magazines, chaînes de télévision et stations de radio à travers le globe. Murdoch est bien connu pour sa chaîne American Fox News, laquelle favorise la vision impérialiste et néoconservatrice des États-Unis. Certaines de ses autres entreprises médiatiques comprennent le National Geographic Channel, The Film Zone, tous les canaux et studios de FOX, Cine Canal, MySpace (internet) Harper Collins (édition), New York Post (quotidien), The Sunday Times (RU), The Sun (RU), et bien d’autres encore.
Le
Wall Street Journal est un quotidien qui jouit d’un tirage de plus de deux millions d’exemplaires par jour sur l’échelle mondiale et de 931 000 lecteurs sur internet. L’éditorial du dictateur Roberto Micheletti a été rédigé et diffusé par son lobbyiste aux États-Unis, le procureur Lanny Davis, ami intime et avocat de l’ancien président Bill Clinton et de son épouse Hillary, la secrétaire d’État du Président Obama. Le Wall Street Journal a plaidé d’emblée en faveur du coup d’État au Honduras, et il a même publié une série d’articles tentant d’accuser le Venezuela et le président Hugo Chavez d’avoir causé la crise dans ce pays centroaméricain. » [31]

Le réseau de contacts commence à se dévoiler, tel qu’en témoigne le texte ci-dessus. Il devient de plus en plus difficile pour le fildefériste de conserver son équilibre. Inévitablement et sous les yeux de tous, il semble être en train de basculer du côté de la puissance militaire, aux dépends du cheval de Troie que représente le « dialogue et la diplomatie » situé de l’autre côté du fil. Il faudrait tout un acrobate pour maintenir la position chancelante de cet équilibriste.

« Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus »

La première fois que les journalistes ont demandé au département d’État si le coup d’État avait été jugé légal ou non, c’était le 29 juin, soit le lendemain du renversement militaire. M. Kelley avait répondu, tel que cité plus haut : « Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus. » Le 28 juillet – je répète volontairement – le 28 juillet, c’est-à-dire un mois plus tard :

« — Question : Et une… une autre sur le Honduras. Je suis bien conscient que le Bureau du conseiller juridique était à l’œuvre pour déterminer si les événements au Honduras correspondaient techniquement à la définition légale d’un coup d’État, ce qui par conséquent aurait entraîné la suspension de l’aide – qui a déjà été suspendue, comme je le constate.
— M. Kelley : Oui.
— Question : Avez-vous enfin pris une décision sur cette question ?
— M. Kelley : Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus.
— M. Kelley : Ian ?
— Question : Cela veut-il dire que vous avez pris votre décision ou que cet examen achève ?
— M. Kelley : Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus.
» [32]

Ce qui est encore plus révélateur que les transcriptions, c’est le langage corporel qu’exhibait M. Kelley et qui est bien visible sur la vidéo officielle. On aurait dit qu’il s’était passé une éternité avant qu’il ne donne sa dernière réponse : « Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus ». Il ne cessait de gigoter. Par ailleurs, les journalistes n’avaient plus de questions. Pas un seul d’entre eux n’a souligné que le département d’État avait dit la même chose il y a un mois ! Si ce n’était de la situation profondément grave et critique que vit le peuple hondurien, et au demeurant toute l’Amérique du sud dans le contexte historique du coup d’État, alors le cirque du Département d’État aurait dû être anéanti sous nos moqueries.

Mais le show continue : est-ce, oui ou non, un coup militaire ?

Le 1er août :

« — Question : Est-ce que le fait que vous n’avez pas encore condamné ce gouvernement signifie que vous l’appuyez d’une façon ou d’une autre ?
— M. Crowley : Pendant environ un mois, nous avons fermement condamné l’action du régime de facto et le renvoi du président Zelaya.
— Question : Reconnaissez-vous qu’il s’agissait d’un coup d’État, d’un coup d’État militaire ?
— M. Crowley : Eh bien, il y a certaines questions juridiques dans ce cas que nous avons décidé de ne pas traiter à cette étape. Mais nous avons dit clairement, et sous tous les tons possibles, que ce qui est arrivé au Honduras constitue une violation de la Charte de l’OÉA. C’est pour cela que nous avons pris des mesures contre le Honduras. Il s’agit d’une violation de la Charte démocratique interaméricaine, et nous poursuivrons intensivement nos efforts pour essayer de résoudre cette situation.
» [33]

Le 6 août, un journaliste a insisté sur la question de la définition juridique à donner au coup d’État :

« — M. Wood : […] Mais un coup d’État a eu lieu dans ce pays, et […]
— Question : Eh bien, vous n’avez pas encore déclaré officiellement qu’il s’agit, sur le plan juridique, d’un coup d’État.
— M. Wood : Nous l’avons qualifié de coup d’État. Ce que nous avons dit c’est que, sur le plan juridique, nous ne pouvons pas le qualifier comme étant un coup d’État militaire. Une analyse est toujours en cours.
— Question : Pourquoi faut-il tant de temps pour établir s’il s’agit ou non d’un coup d’État militaire ?
— M. Wood : Eh bien, regardez, ce cas comporte un grand nombre de questions juridiques qui doivent être examinées attentivement avant que nous puissions nous prononcer, et, pour le faire, nous devons échanger des informations avec un certain nombre de parties. Nous devons examiner ces informations et prendre la meilleure décision juridique qui soit possible sur si oui ou non…
— Question : Cela prend beaucoup de temps, semble-t-il.
— M. Wood : Eh bien, lorsqu’on traite de questions juridiques aussi délicates, les choses prennent du temps. Nous voulons donc faire en sorte que…
— Question : Avez-vous pris une décision sur la nécessité d’imposer des sanctions supplémentaires contre le gouvernement « de facto » ?
— M. Wood : Aucune décision n’a été prise pour le moment, à part celle d’appuyer les Accords de San José et le processus de médiation.
— Question : […] Ma question était la suivante : avez-vous oui ou non pris la décision de ne pas imposer de nouvelles sanctions contre le Honduras ?
— M. Wood : Et ce que je vous réponds c’est que nous nous concentrons en ce moment sur l’appui à ce processus et que nous essayons d’obtenir des deux parties qu’elles en viennent à une sorte d’entente politique. Mais je n’ai rien d’autre à ajouter sur cette question.
» [34]

À ce point, ce que l’on ne peut lire sur la transcription mais que l’on peut voir très clairement sur la vidéo c’est que M. Wood était visiblement agacé. Il a interrompu le journaliste très persistant en pointant du doigt un autre journaliste. Or le peuple hondurien sait qu’il s’agit d’un coup d’État militaire. Il est en train d’unir ses forces et de s’organiser davantage pour intensifier sa lutte contre les militaires et contre la police. Le peuple est en train de se mobiliser malgré l’intensification de la répression. Celle-ci est déjà responsable d’au moins six assassinats, de centaines d’arrestations et de cas de blessures.

Le même jour, le 6 août, un article de l’agence de presse Reuters montre que le Département d’État est même allé encore plus loin :
« ‘Notre position politique et stratégique d’engagement n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier. Elle est plutôt fondée sur la décision de mieux servir la population hondurienne et de répondre à ses aspirations démocratiques’ », a écrit Richard Verma, secrétaire d’État adjoint aux affaires législatives. « ‘Nous avons rejeté le recours à des sanctions économiques écrasantes et nous avons rendu clair que tous les États devaient essayer de contribuer à l’adoption d’une solution sans recourir à la violence et en respectant le principe de non-intervention’ » a-t-il déclaré. La lettre a été obtenue par l’intermédiaire du service des nouvelles de l’agence Reuters. » [35]

Deux points importants sont à souligner :
- 1. En ce qui concerne la soi-disant position d’appui à Zelaya et d’opposition à Micheletti, le département d’État (voir citation ci-dessus) celle-ci « n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier ». Cela veut dire que le département d’État est neutre maintenant ! Mais cela montre que la position soi-disant si modérée que le département d’État affirme adopter n’est en vérité pas si modérée. Elle est en réalité favorable au régime « de facto ». Maintenir le statu quo signifie appuyer Micheletti.
- 2. Quand le représentant du département d’État, Richard Verma, affirme, ci-dessus, « […] nous avons rejeté le recours à des sanctions économiques écrasantes […] » n’explique-t-il pas ainsi, sans le vouloir, la raison pour laquelle les États-Unis d’Amérique n’ont pas qualifié juridiquement le coup d’État comme étant un coup d’État militaire ?

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Barack Obama et Hilary Clinton (© White House).

Obama : victime ou complice ?

Jusqu’ici, nous avons analysé en profondeur les déclarations du département d’État et de Mme Clinton, mais nous n’avons rien dit sur le président Obama. Néanmoins, il est difficile d’éviter le sujet quand on pense que, jusqu’ici, M. Obama ne s’est presque pas prononcé sur la question. Depuis le début de la crise, soit le 28 juin, et au moment d’écrire ces lignes, le président Obama et son secrétaire de presse ont émis six commentaires au total :

Le 29 juin, lors d’un point de presse à la Maison-Blanche avec le président de la Colombie (Uribe), Obama affirme : « Nous croyons que le coup n’est pas légal et que le président Zelaya demeure le président du Honduras, le président élu démocratiquement là-bas. Là-dessus, nous avons rejoint tous les pays de la région, y compris la Colombie et l’Organisation des États Américains. » [36]

Le 29 juin, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche Monsieur Robert Gibbs fait son numéro pour les journalistes :

« — Question : […] toujours au sujet du Honduras, pour essayer de voir clair dans les intentions des États-Unis. L’administration considère-t-elle le retrait de son ambassadeur, comme l’ont fait les gouvernements latino-américains de gauche, ou même la suspension potentielle de son aide ?
— M. Gibbs : Eh bien, encore une fois, je crois qu’il y aura de cela dans le prochain… dans le cadre des prochaines étapes de l’évaluation de cette situation. Seulement, pour l’instant, je préférerais ne pas trop préciser.
— Question : Les États-Unis savaient-ils d’avance ou avaient-ils entendu dire qu’un coup d’État était prévu ? Avaient-ils pris des mesures quelconques pour essayer de le bloquer ? Et que révèle l’incapacité de l’administration à empêcher le coup d’État sur sa crédibilité en Amérique latine ?
— M. Gibbs : Bon, alors comme je l’ai dit il y a une minute, je crois que l’administration, notre gouvernement, en collaboration avec des partenaires, essayaient de prévenir le genre de troubles que nous avons vu se produire durant les dernières 24 heures. Ils s’y sont penché au cours des quelques derniers jours. Et nous allons continuer de travailler à restaurer l’ordre démocratique au Honduras.
— Question : L’administration avait-t-elle prévenu le président Zelaya que cela se préparait ?
— M. Gibbs : Je n’en sais rien.
» [37]

Si l’on considère cet extrait, est-ce vraiment différent du numéro d’équilibriste du département d’État ?

On ne le dirait pas.

Le 1er juillet, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche répondait aux journalistes :

« — Question : Mais avec le Pentagone qui suspend les opérations militaires conjointes, à quel point l’effet est-il considérable et songe-t-on également à prendre d’autres mesures ?
— M. Gibbs : Eh bien, nous continuons de surveiller la situation et nous allons réagir de manière appropriée à mesure que les événements vont se produire. Mais encore une fois, comme je l’ai déjà dit, nous surveillons de près ce qui se passe.
» [38]

Tandis que le département d’État semblait de plus en plus aux prises avec un scénario vague et incertain concernant le retour du président Zelaya, le président Obama, en visite à Moscou, a fait un commentaire sur le Honduras pour répondre à des questions qu’on lui posait sur le sujet. Ainsi, le 7 juillet, le correspondant en chef à la Maison-Blanche de la chaîne ABC M. Jack Tapper, qui n’a pas la réputation d’être conservateur – et ABC n’étant certes pas aussi à droite que Fox News –, écrivait de Moscou, d’où il citait le président Obama : « ‘Les États-Unis appuient dès maintenant la réinstallation du président du Honduras élu démocratiquement, même s’il s’est fermement opposé aux politiques américaines […]’ »

M. Tapper, s’appuyant sur sa longue expérience dans le domaine politique à la Maison-Blanche, écrivait : « Le président Obama, qu’on a critiqué pour avoir appuyé le « mauvais côté » lors du récent coup d’État au Honduras, a essayé d’expliquer, mardi, [7 juillet] son plaidoyer en faveur du président expulsé Manuel Zelaya […] Mais les conservateurs ont critiqué le président et blâmé Zelaya pour ce qui lui arrive. » Pour donner des exemples de la pression exercée par les conservateurs, M. Tapper a cité les activistes floridiennes de droite anti-Venezuela, anti-Cuba et des représentantes républicaines au Congrès, Mmes Ileana Ros-Lehtinen et Connie Mack. [39]

Si nous tenons compte de la déclaration de M. Obama citée plus haut, alors effectivement, en surface, il semble y avoir un désaccord sinon un conflit entre le président Obama et le département d’État. Or, le département d’État est plus effrontément lié à l’armée et aux forces de droite de l’époque de Bush (comme nous l’avons vu plus haut à de nombreuses occasions, et plus récemment dans l’article du Wall Street Journal de M. Micheletti).

Le 7 août, selon l’agence Reuters, Obama a déclaré aux journalistes qu’il continuait à appuyer le retour de Zelaya au pouvoir. Il a cependant ajouté : « ‘Je ne peux appuyer sur un bouton et rétablir soudain M. Zelaya à son poste’ ». Obama a dit : « ‘Il est important de noter combien il est ironique que ceux qui se plaignaient de l’ingérence des États-Unis en Amérique latine se plaignent maintenant que nous ne nous sommes pas assez ingérés.’ » [40]

On pourrait, ici aussi, croire que la position du président diffère beaucoup de celle du département d’État. Alors que le département d’État a déclaré le 6 août (voir la citation ci-dessus) que sa politique n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier, Obama a affirmé le jour suivant, le 7 août, qu’il appuyait encore le retour de Zelaya au pouvoir. Mais, se servant de son talent oratoire, Obama a fait allusion aux conditions dans lesquelles il se trouve en affirmant qu’il ne peut rétablir Zelaya au pouvoir en appuyant sur un bouton. Veut-il dire qu’il subit trop de pressions des oligarchies de droite des États-Unis, de l’Amérique latine et même du département d’État pour agir ? Ou utilise-t-il tout simplement d’autres mots et images pour appuyer la politique du département d’État, qui consiste à gagner du temps et à donner de l’oxygène au gouvernement de facto pour maintenir ce dernier au pouvoir ?

Qu’en est-il de la remarque d’Obama sur le fait « ironique », selon lui, que ceux qui s’opposent d’habitude à l’ingérence des États-Unis l’exigent maintenant ? En fait le Honduras a, sur son territoire, une importante base militaire des États-Unis, massivement financée par les États-Unis, fournie en forces armées et équipée de matériel des États-Unis. La fermeture complète de la base, le retrait immédiat des troupes états-uniennes et du matériel militaire et l’arrêt complet de tout entraînement militaire ne serait nullement un acte d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures du Honduras. Les bases militaires, au Honduras, en Colombie ou ailleurs, constituent en fait un prolongement de la puissance militaire des États-Unis dans d’autres pays.

À ce sujet, dans un autre contexte et dans d’autres conditions juridiques et historiques, ceux de Cuba, qui se plaindrait de l’ingérence étrangère dans les affaires de ce pays si Washington fermait la base de Guantanamo, se retirait complètement de l’île et restituait cette partie du territoire cubain au peuple cubain ? Et au Honduras, qui, à part Micheletti, se plaindrait d’une ingérence, si Obama décidait aujourd’hui, en tant que président, de retirer l’ambassadeur des États-Unis de ce pays et de rompre les relations diplomatiques jusqu’au retour de Zelaya ? Tels sont les boutons sur lesquels le président devrait appuyer.

Le 10 août, selon l’AP, au Forum des leaders de l’Amérique du Nord, Obama, a repris un thème déjà mentionné, en déclarant ceci : « ‘Les personnes qui nous critiquent en affirmant que les États-Unis n’ont pas intervenu suffisamment au Honduras, sont celles qui disent aussi que nous sommes toujours en train d’intervenir en Amérique latine, et que les Yankees doivent sortir de la région’ ». « ‘Les gens qui nous critiquent pensent qu’il est approprié que nous agissions soudainement selon des façons qu’elles jugent inappropriées dans tous les autres contextes. Je pense que cela démontre peut-être une certaine hypocrisie dans leur façon de voir les relations entre les États-Unis et l’Amérique latine’ » a poursuivi M. Obama. [41]

Voici une partie de la déclaration finale du Sommet :

« Nous avons discuté à fond sur le coup au Honduras et nous réaffirmons notre appui à l’Accord de San José et aux efforts continu de l’OÉA pour parvenir à une solution pacifique de la crise politique. C’est une décision qui restitue la gouvernance démocratique et la primauté du droit, et qui respecte les droits de tous les Honduriens (…) » [42]

Qu’est-ce que cela nous révèle au sujet d’Obama ?

Mais d’abord, quel est le lien juridique et constitutionnel entre le président des États-Unis, l’armée états-unienne et le département d’État ? Voici ce que nous en dit le site web de la Maison-Blanche :

« Le pouvoir de la branche exécutive est conféré au président des États-Unis, qui agit également à titre de chef d’État et de commandant en chef des forces armées […]
Le département d’État joue le rôle principal dans le développement et la mise en œuvre de la politique étrangère du président. Ses responsabilités principales consistent à représenter les États-Unis à l’étranger, fournir de l’aide aux pays étrangers, offrir des programmes d’entraînement militaires à l’étranger,
[…] » [43]

Et la Constitution états-unienne :
Article II, Section 2
«  Le président sera commandant en chef de l’armée et de la marine des États-Unis. » [44]

Le 29 juin 2009, l’analyste politique Thierry Meyssan écrivait, sous le titre suivant :

« Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA »
« …la petite armée hondurienne est entièrement équipée, formée et encadrée par les États-Unis. Elle obéit certes à son chef, le président de la République, puis à son chef d’état-major. Mais en pratique, elle est largement contrôlée par le SouthCom depuis Soto Cano et Miami.
Précisément, le Pentagone a précipitamment installé le nouveau commandant du SouthCom, le général Douglas M. Fraser, jeudi dernier [25 juin 2009], pour suivre le coup….
Le SouthCom est installé à Miami, mais a une antenne à Soto Cano et des sites avancés à Comalapa (Salvador), Manta (Équateur) et sur les îles d’Aruba et de Curaçao (Antilles néerlandaises).
» [45]

Le président Obama doit donc prendre ses responsabilités. Est-il en train de laisser le département d’État se charger de sa basse besogne tandis qu’il demeure relativement distant, cherchant désespérément à s’accrocher à son image de « changement » pour le bénéfice de sa propre administration ? Le quotidien pro-coup d’État au Honduras, El Heraldo, tel que cité plus haut, avait remarqué dès le 19 janvier 2009 que l’extrême-droite au Honduras, en Amérique du sud et aux États-Unis devait continuer de faire pression : « Il sait qu’il n’a pas le droit de décevoir ses partisans […] ». Obama semble être pris, d’une part, entre « ses partisans », c’est-à-dire l’électorat et la branche du cercle des dirigeants qui ont appuyé son accession à la présidence, et d’autre part, ses déclarations électoralistes sur le changement, qui peuvent être perçues comme de bonnes intentions. Se joindra-t-il au numéro de cirque des équilibristes ? Est-il déjà en train de prendre part au spectacle ?

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Répression au Honduras (© Getty Images, photo transmise par l’auteur).

Obama a-t-il les pieds sur terre ?

Le El Heraldo avait tout à fait raison, il y a six mois, lorsqu’il a remarqué la contradiction entre les paroles et les gestes d’Obama et la façon la droite doit manœuvrer dans cette situation. Déjà, des sondages indiquent qu’Obama est en train de perdre beaucoup de « ses partisans ».

Le 22 juillet, les résultats du sondage d’AP-GfK annonçaient : « Les grands espoirs pour Obama se dissolvent dans la réalité. » L’article lui-même expliquait : « Comme ce fut rapide. L’espoir et l’optimisme qui ont balayé le pays pendant les premiers mois de la présidence de Barack Obama cèdent place à la dure réalité […] ; la confiance de voir les troupes se retirer d’Irak et d’augmenter le respect envers les États-Unis à travers le globe, en baisse de 15 points […] » [46]

Le 6 août, le réseau de nouvelles CNN a réalisé un sondage montrant que seulement 41 % des États-uniens sont favorables à la guerre en Afghanistan, ce qui constitue une baisse de neuf points depuis le mois de mai. [47]

Obama est-il conscient de ce qui se passe ? On dirait que ses voyages à l’étranger – en Europe, en Russie, au Caire et en Afrique – lui ont monté à la tête. Le 23 juillet, le quotidien Chicago Tribune rapportait qu’Obama était en visite à Chicago, ce jour-là, pour deux levées de fonds destinées au Parti démocrate. (Il en coûtait 15 200 $ par personne et l’objectif était d’amasser deux millions en une soirée.) Le président a répondu à la question d’un journaliste concernant le prestige de son administration sur la scène internationale. Pendant que le courageux peuple hondurien affrontait l’armée (soutenue par les États-Unis) pour la quatrième semaine consécutive, Obama affirmait, tel que cité : « L’anti-américanisme n’est plus à la mode. » [48]

En effet, l’anti-américanisme n’a jamais été à la mode dans les hautes sphères du Parti démocrate. Il est possible que le président Obama trouve, ou qu’il croit avoir trouvé, des alliés à l’échelle mondiale, mais demandez au peuple du Honduras ce qu’il en pense, lui qui déclare bravement à Obama : « Nous aussi, nous avons un rêve ! » Demandez-le aux peuples de l’Amérique du sud. Demandez à la grande majorité des gouvernements de l’Amérique latine, de l’Amérique centrale et des Caraïbes quelle est leur opinion de la domination, de l’interférence et du contrôle états-uniens dans leur Amérique ? Au Honduras la crise se poursuit. Washington, ou du moins certains secteurs de l’oligarchie de droite, semble ainsi maintenir des politiques qui suscitent l’ »anti-américanisme ». Le 4 août, un journaliste suédois basé en Amérique du Sud a rapporté que, selon des militants qui luttent pour les droits de la personne au Honduras, des commandos de l’armée israélienne donnent maintenant de l’entraînement en matière de répression aux militaires et policiers honduriens.

Cette situation rappelle le double langage typique d’Israël, qui, d’une part, parle de paix et de dialogue et tend une branche d’olivier, et, d’autre part, brandit l’épée de façon la plus brutale et poursuit le génocide des Palestiniens. Aussi, quand on leur tend ainsi une branche d’olivier, les gouvernements et les peuples d’Amérique du Sud et des Caraïbes doivent prendre garde. [49]

Le 4 août, Washington et la Colombie ont conclu un accord sur l’établissement de sept bases militaires états-uniennes en Colombie, en préparation depuis un certain temps.

Si nous relions les deux faits, le coup d’État militaire du Honduras et la décision de la Colombie de céder des bases militaires, nous nous rendons compte qu’ils constituent une autre offensive contre la hausse de prestige de Cuba, du Venezuela, des autres États-membres de l’ALBA (à laquelle, sous Zelaya, le Honduras a adhéré), des autres pays et de la grande majorité des gouvernements de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Les cercles dirigeants états-uniens essaient de leur mieux de mater le soulèvement populaire au Honduras et utilisent, entre autres moyens, le terrorisme médiatique. Les principaux médias basés aux États-Unis d’Amérique, tels que le réseau CNN, de concert avec le département d’État, invoquent tous les arguments possibles et imaginables justifiant le coup d’État, directement ou indirectement. CNN contribue en ne diffusant pas le moindre mot sur la résistance du peuple hondurien contre la répression violente pour essayer de démoraliser ce dernier. Ce réseau essaie de donner à la population hondurienne l’impression que le monde ne sait rien de ce qui se passe dans leur pays. Washington pourra ainsi, plus facilement, poursuivre sa politique hondurienne et même de réprimer davantage le peuple. Les cas de silence médiatique sont nombreux : le 5 août, par exemple, plusieurs agences de nouvelles, dont l’AFP, ont couvert la manifestation de plus de 3 000 étudiants contre le coup d’État, tenue à l’Université nationale autonome du Honduras, à Tegucigalpa, qui a été violemment réprimée. [50]

Pourtant au cours de cette période, le réseau CNN n’a rien rapporté sur le Honduras, et son seul reportage sur l’Amérique du Sud portait sur les critiques du président Chavez du Venezuela contre la Colombie, qui accusait Chavez de fournir des armes aux FARC. Le reportage terminait par de la désinformation sur cette question.

« Le 10 août, plus de 10 000 partisans du président hondurien déchu, Manuel Zelaya, ont répudié le gouvernement de facto et ont averti qu’ils intensifieront leur campagne de protestation contre le coup d’État et pour le retour du président […]. Cette manifestation pour le retour de Zelaya a été la plus importante depuis celle du 5 juillet. Cette dernière, tenue à l’aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa, où le président renversé, qui voyageait à bord d’un avion vénézuélien, voulait atterrir ; mais le gouvernement de facto avait alors empêché l’atterrissage en plaçant des obstacles sur la piste de l’aéroport. La manifestation s’était renforcée avec l’arrivée de foules venues de l’Est et du Nord du pays et avec une colonne venue du Sud. D’autres sont allés à San Pedro Sula (…) » (Texte traduit de l’espagnol par l’auteur) [51]

Cependant, de la part de la CNN – rien.

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Manifestations au Honduras (© Getty Images, photo transmise par l’auteur).

« … C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot »

Les peuples du monde, à mon avis, doivent également continuer de faire pression sur le président Obama et son administration. Lorsqu’il regarde les sondages, il doit être conscient de ce qui se passe. Si la question du Honduras se retourne contre lui, ce qui est fort possible, et que cela attise « l’anti-américanisme », de quoi sa politique étrangère aura-t-elle l’air aux yeux de la population états-unienne – et même pour ceux qui paient 15 200 $ le couvert pour une levée de fonds ? Ces derniers n’ont pas investi ce montant pour inaugurer une autre époque à la Bush où les sentiments anti-états-uniens se répandent à travers le globe. Cependant, Obama doit aussi penser aux élections de 2012 pour lesquelles il semble déjà chercher à remplir les coffres. Ne veut-il pas également gagner la sympathie de l’oligarchie de droite afin d’assurer sa victoire en 2012 ?

Le tourbillon des politiques états-uniennes semblent hisser inévitablement le président Obama sur la corde raide. J’espère que ce n’est pas le cas. Le peuple du Honduras, ainsi que celui de l’Amérique du Sud et la plupart de ses gouvernements sont déterminés à le forcer à prendre position. De quelle façon ? Des actions que devrait prendre le président Obama : Prenant des mesures sérieuses et en imposant des sanctions au régime derrière le coup d’État (plutôt que de parader l’annulation de quelques visas), et en appuyant le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions de manière bien réelle, concrète et inconditionnelle. En tant qu’avocat, M. Obama devrait également être capable de composer avec toute la bureaucratie du gouvernement états-unien (si le problème est là, ce dont je doute), qui six semaines après le coup, n’a toujours pas porté de jugement légal sur le coup d’État !

L’évolution de la situation politique de la nouvelle administration états-unienne soulève elle aussi des questions quant au type de démocratie et d’élections qui se font aux États-Unis, et sur la façon dont ces derniers agissent dans le pays qui est censé donner des leçons (par la diplomatie et la force militaire) à la population mondiale. Si cela s’avère un changement auquel les gens ne peuvent PAS croire, alors certains se demanderont peut-être ce que veulent dire les élections et la démocratie aux États-Unis. (Je traiterai en détail de cette question dans un prochain ouvrage.) Obama devrait respecter le principe de respect mutuel entre pays et envers leurs systèmes politiques respectifs.

Obama, Clinton et leur administration au grand complet sont en train d’être jugés. « […] C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot », avait prédit Fidel Castro le 21 juillet, au beau milieu de la situation la plus complexe que pouvait vivre la population : la médiation appuyée par les États-Unis, combinée avec la répression policière et militaire de la résistance. [52]

À mesure que la situation évolue, la prédiction de Fidel Castro (et sa confiance dans le peuple) s’avère juste. D’ailleurs elle semble être irréversible, peu importe les hauts et les bas qui se présentent. L’un des leaders de la résistance au Honduras, un député au Congrès hondurien, a émis un commentaire des plus profonds au journaliste de la Prensa Latina, Raimundo López. Depuis le Honduras occupé par l’armée, ce dernier n’a cessé de rapporter courageusement et inlassablement les événements sur le terrain. Le 18 juillet, l’activiste hondurien César Lam confiait donc au journaliste, lors d’une entrevue : « Il y a un Honduras d’avant le coup d’État, et un Honduras d’après le coup d’État. » [53]

Cette déclaration reflète bien le mouvement de résistance de toutes les nouvelles forces politiques et sociales.

Même l’équilibriste le plus expérimenté peut être jeté au sol par la force des aspirations au changement exprimées par un peuple. Ainsi, il serait préférable que le président Obama adopte une position qui favorise la justice.

Arnold August

Source:  http://www.voltairenet.org/article161632.html

http://www.voltairenet.org/article161543.html

Hugo Chávez et les médias privés

Salim Lamrani

Le 2 août 2009, Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué dénonçant la fermeture de « trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental » au Venezuela.. L’organisation parisienne « proteste avec vigueur contre la fermeture massive de médias audiovisuels privés » et s’interroge : « Est-il encore permis d’émettre publiquement la moindre critique envers le gouvernement bolivarien ? Cette fermeture massive de médias réputés d’opposition, dangereuse pour l’avenir du débat démocratique, n’obéit qu’à la volonté gouvernementale de faire taire les voix discordantes, et ne fera qu’aggraver les divisions au sein de la société vénézuélienne1 ».

RSF fait référence à la décision prise le 1er août 2009 par la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) de retirer la fréquence à trente-quatre stations de radio et télévision. Selon RSF, la décision serait uniquement motivée par le fait que ces médias se soient montrés critiques à l’égard du gouvernement d’Hugo Chávez. En un mot, il s’agirait d’un acte politique pour museler la presse d’opposition. Cette version a été reprise par la grande majorité des médias occidentaux2.

Or, la réalité est tout autre et a été soigneusement occultée par RSF et les transnationales de l’information dans le but de tromper l’opinion publique et de transformer le gouvernement le plus démocratique d’Amérique latine (Hugo Chávez s’est soumis à quinze processus électoraux depuis son accession au pouvoir en 1998 et en a remporté quatorze lors de scrutins salués par l’ensemble de la communauté internationale pour leur transparence) en un régime portant gravement à la liberté d’expression.

En effet, la décision de la Conatel aurait été prise dans n’importe quel pays du monde dans une situation similaire. Plusieurs radios ont délibérément ignoré une citation de la Commission destinée à vérifier l’état de la concession et à actualiser leur situation. Après enquête, la Conatel a découvert de nombreuses irrégularités telles que l’existence de concessionnaires décédés dont la concession était utilisée illégalement par une tierce personne, le non-renouvellement des démarches administratives obligatoires, ou tout simplement l’absence d’autorisation d’émettre. Or, la loi vénézuélienne, similaire à celles du reste du monde, stipule que les médias ne renouvelant pas leur concession dans le délai légal ou émettant sans autorisation perdent leur fréquence, et celle-ci revient dans le domaine public. Ainsi, trente-quatre stations qui émettaient de manière illégale ont perdu leur concession3.

En réalité, la décision de la Conatel , loin de limiter la liberté d’expression, a mis fin à une situation illégale et a ouvert une politique de démocratisation du spectre radioélectrique vénézuélien afin de le mettre au service de la collectivité. En effet, au Venezuela, 80% des radios et télévisions appartiennent au domaine privé, alors que seules 9% d’entre elles se trouvent dans le domaine public, le reste étant dévolu aux secteurs associatif et communautaire. De plus, l’ensemble des médias privés vénézuéliens se trouvent concentrés entre les mains de 32 familles4.

Ainsi, une mesure prise par la Conatel pour mettre fin à une situation illégale a été complètement manipulée par RSF et les médias occidentaux..

RSF a pris fait et cause pour l’opposition vénézuélienne, responsable d’un coup d’Etat contre Chávez en avril 2002, putsch immédiatement avalisée par l’organisation parisienne. RSF défend particulièrement la chaîne putschiste Globovisión, qu’elle considère comme le symbole de la liberté d’expression au Venezuela5. Néanmoins, elle omet de signaler qu’en plus de sa participation au putsch de 2002, Globovisión a soutenu le sabotage pétrolier la même année, a lancé un appel aux contribuables afin de ne pas s’acquitter de leurs impôts et a appelé à l’insurrection et à l’assassinat du Président Chávez6.

Dernièrement, Globovisión a apporté son soutien à la junte putschiste du Honduras qui a renversé le Président démocratiquement élu José Manuel Zelaya, unanimement condamnée par la communauté internationale. Le propriétaire de la chaîne Guillermo Zuloaga Núñez a ainsi reconnu le gouvernement illégal de Micheletti tout en lançant un appel au coup d’Etat : « Le gouvernement auto-proclamé de Micheletti respecte la Constitution et nous aimerions, nous aimerions vraiment qu’ici au Venezuela on respecte la Constitution comme on est en train de la respecter au Honduras7 ».

RSF ne défend pas la liberté d’expression au Venezuela. Elle préfère se ranger aux côtés des ennemis de la démocratie.

Notes

1 Reporters sans frontières, « Trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental », 2 août 2009. http://www.rsf.org/Trente-quatre-medias-audiovisuels.html (site consulté le 3 août 2009).

2 Agencia Bolivariana de Noticias, « Productores independientes respaldan suspensión de emisoras radiales ilegales », 4 août 2009.

3 Fabiola Sanchez, « Radios desafían a Chávez operando por internet », The Associated Press, 3 août 2009.

4 Thierry Deronne, « Au Venezuela, la bataille populaire pour démocratiser le ‘latifundio’ des ondes », 2 août 2009 ; Agencia Bolivariana de Noticias, « Medida de Conatel no afectará libertad de expresión e información en Venezuela », 4 août 2009.

5 Reporters sans frontières, « Le gouvernement accélère sa croisade contre les médias privés en voulant modifier les lois et les règles », 21 juillet 2009.

6 Salim Lamrani, « Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne », Voltaire, 2 juillet 2009.

7 Agencia Bolivariana de Noticias, « Goblovisión apoya marcha a favor de gobierno golpista en Honduras », 22 juillet 2009.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

L’hypocrisie des damnés

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Hier, dans un point de presse n’étonnant en rien, les trois mousquetaires du capitalisme se sont rués contre les socialistes de l’Amérique latine, arguant qu’ils étaient hypocrites de critiquer la position timide de Washington vis-à-vis le coup d’État du Honduras, tout en critiquant la position ferme de la capitale impériale vis à-vis les autres pays d’Amérique latine.

En fait, l’hypocrisie vient tout directement d’Obama lui-même, qui justement, se permet d’intervenir auprès des autres nations, socialistes surtout, comme le Venezuela (Coup d’État de 2002, la C.I.A. avait comploté avec l’opposition de Carmona.), tout en fermant les yeux sur le coup d’État orchestré au Honduras, par des officiers honduriens entraînés, eux,  par les autorités états-uniennes faudrait-il préciser. Et comment, Obama lui-même peut-il expliquer cette montée de lait, vis-à-vis ceux qu’il nomme hypocrites, alors qu’il est un fait, aujourd’hui surtout, très clair, que les États-Unis se sont toujours préoccupés de déstabiliser les pouvoirs à tendances socialistes, soit en sabotant l’économie, soit en assassinant des socialistes ou soit en menant des coups d’État sanglants.

Également, Obama, dans les premières 48 heures du coup d’État, faut-il rappeler, n’avait émis aucune condamnation, mais plutôt, une «sérieuse préoccupation» quant au coup d’État ayant balayé le dirigeant Zelaya du pouvoir (Les jours suivants, Washington condamnait les talibans d’exhiber un prisonnier états-unien à la télévision, elle qui n’hésite pas à montrer ses bombardements sur CNN!). Il est également important de préciser que les putchistes, avec l’aide d’Obama, et de son clan (Harper-Calderon), ont gagné du temps, car au mois de septembre viendra une élection à laquelle, constitutionnellement, Zelaya n’aura pas droit de participer. Autrement dit, l’affaire est dans la poche pour les putchistes et Obama, bref, pour les capitalistes de tout acabit, car un socialiste sera écarté du pouvoir et de toutes chances de se représenter, la raison d’ailleurs, qui a poussé les putchistes à agir, de peur que le socialisme ne se développe en leur sol. Cela explique, bien entendu, la timidité d’Obama, l’hypocrite.

Il n’est pas non plus étonnant que le Canada de Stephen Harper ait critiqué les «hypocrites», puisque ce même Canada coopère, sous la tutelle des conservateurs, avec la Colombie d’Uribe, le narco trafiquant et terroriste leader de la Colombie. L’an dernier, pas moins de 97 syndicalistes furent assassinés par les paramilitaires colombiens, avec lesquels coopère le gouvernement Uribe. Il y aurait eu, depuis quelques années, près de 300 massacres distincts de prétendus socialistes en Colombie, tous orchestrés par les paramilitaires, à la solde d’Uribe. Stephen Harper a récemment, signé un tas d’accords commerciaux avec la Colombie, sous tutelle  terroriste. Notons que Harper ne collabore avec aucun des pays dits «socialistes» ou «hypocrites», mais qu’il vénère plutôt, la coopération avec les plus dictatoriaux d’entres eux, sinon les plus brutaux, voire les pays capitalistes seulement. Sauf qu’en Amérique latine, rarement sont les gouvernements capitalistes qui furent élus.

Alors non, les socialistes ne sont pas hypocrites, mais soulèvent, justement, une très bonne question! Comment est-ce possible que Washington ne pense rien, tout à coup, des coups d’État, mais qu’elle a pendant des années, soutenu des coups d’État contre les régimes à tendances socialistes? Comment se fait-il que lorsque le président Obama fut questionné sur le coup d’État, plutôt que de le condamner, ne s’est dit que profondément préoccupé? Il y a toute une différence, entre la préoccupation et la condamnation. Aussi, permettons-nous de supposer qu’Obama prenait surtout le pouls de l’opinion publique, voire internationale. Et c’est d’ailleurs après que la plupart des pays du monde aient condamné le putch qu’Obama s’est ensuite prononcé. Ce qui est rare à la maison blanche…, sauf si…, sauf si la maison blanche était derrière ce coup d’État.

Les hypocrites sont donc, bel et bien, les démocrates de Barack Obama, les conservateurs de Stephen Harper et les putchistes de Calderon*.

Il serait donc non exagéré de prétendre qu’Obama, Harper et Calderon sont en fait très contents de la situation hondurienne, qu’ils auront, ces prochaines années, un socialiste de moins dans leurs pattes!

Depuis l’élection de Chavez, rappelons que CNN, et les autres médias à la botte de Washington, ne manquent pas une chance de diffamer sur le dirigeant socialiste, sinon d’inviter des pasteurs** appelant à l’assassinat de Hugo Chavez par la C.I.A..

Il est parfaitement hypocrite de la part d’Obama de se dire contre ce coup d’État, c’est un mensonge. Pareillement pour Stephen Harper, qui n’hésite pas à collaborer avec le terroriste Uribe ou à accuser les socialistes d’être à l’origine d’un soit disant complot socialiste, en ce qui concerne le réchauffement climatique reconnu scientifiquement. Pareillement pour Calderon, qui n’hésite pas à réprimer dans le sang les mouvements contestataires de son pays.

*Rappelons que même le pouvoir de Calderon était questionné, voire contesté par l’opposition Obrador.

**Pat Robertson avait clairement invité le gouvernement Bush, à l’époque, afin qu’il fasse assassiner le président démocratiquement élu du Venezuela. Personne n’a accusé le pasteur d’inviter à la violence, surtout pas Washington!

Atteinte à la liberté d’expression, ou simple mesure punitive envers des médias au contenu diffamatoire?

Caracas a-t-elle fermée 34 stations de médias privés, ou n’a-t-elle que nationalisé des médias au contenu diffamatoire, ceux-ci invitant souvent, la population à prendre les armes contre le socialisme et appartenant de plus, entièrement, à l’oligarchie vénézuélienne (27 familles possèdent de manière privilégiée plus de 32% du spectre radiophonique, ce qui démontre l’existence d’une oligarchie médiatique ».) constituée de 5 riches familles –possèdent l’ensemble des usines, des terres et des magasins de consommation, ainsi que les médias-?

Les médias capitalistes, ce matin, s’empressent de condamner la «fermeture» de 34 stations de radio privées, sans toutefois préciser la nature de ces dites fermetures. Or, les stations n’ont pas été fermées, mais furent nationalisées, contrairement –déjà un mensonge- au contenu des médias capitalistes internationaux rapportant la nouvelle, erronée dans ce cas-ci.

C’est que, depuis l’inexistence d’un renouvellement de licence à RCTV, qu’on avait en Amérique du Nord dépeint comme une fermeture arbitraire, les médias capitalistes n’en finissent plus d’attaquer le gouvernement socialiste démocratiquement élu du Venezuela, quitte à dévoiler leur incapacité d’user d’impartialité dans le domaine de la nouvelle. Car déjà là, rapportant la nouvelle sur RCTV, les médias capitalistes internationaux omettaient de préciser que la station privée avait participé au coup d’État raté de 2002, dans lequel la C.I.A. avait investi beaucoup d’efforts pour faire tomber le nouveau Commandante bolivarien, qu’elle avait séquestré, suite à son enlèvement. Lors de ce coup d’État raté, RCTV et –Globovision- avaient été jusqu’à inviter l’électorat à assassiner le président démocratiquement élu, comme quoi la démocratie n’a d’importance que lorsque des capitalistes sont élus…, selon les médias privés du Venezuela à tout de moins.

Ainsi, les médias capitalistes se lancent encore dans une guerre médiatique, tentant au passage, d’atteindre la légitimité du président socialiste Hugo Chavez. Ils font passer pour des fermetures arbitraires la nationalisation de stations privées, appartenant en réalité, à une poignée de mêmes propriétaires, alors que ces stations ont largement dépassé leur rôle médiatique, en attribuant par exemple, des catastrophes naturelles au pouvoir en place, élu par le peuple. Ces médias se sont tournés contre les intérêts du peuple, ont laissé tomber l’impartialité, pour défendre de fait, les intérêts d’une classe minoritaire et parasitaire au sein de tous pays de ce monde, la bourgeoisie. Ce faisant, ils ne font plus leur travail, qui n’est que de rapporter la nouvelle, sans jugement partial. Ce faisant, ils viennent également s’attaquer à la démocratie, au choix du peuple vénézuélien.

Les organisations bidons de dite «défense de la démocratie» ou de «liberté d’expression», comme Reporters Sans Frontières, s’empressent de dénoncer l’atteinte à la liberté d’expression, quitte à balayer sous le tapis, les crimes insurrectionnels des dites stations médiatiques qui, ne l’oublions pas, invitent régulièrement leurs auditeurs à la désobéissance civile, sans qu’il n’y ait de raison pour ce, ou à l’assassinat des dirigeants, ce qui ne serait aucunement accepté sur les sols des pays capitalistes industrialisés comme le Canada,  les États-Unis d’Amérique, la France ou la G-B… Sans oublier l’invitation de RCTV à prendre les armes, comme Globovision l’avait également fait, et à tuer le président Chavez, démocratiquement élu pourtant.

Cette campagne s’inscrit dans une suite d’attaques contre le nouveau socialisme du 21e siècle et arbitrairement, les médias capitalistes du monde entier jugent vite une situation qu’ils n’expliquent que par des sauts d’humeur d’un soit disant «dictateur(1)» qui pourtant, lui, fut élu tout en conservant un appui de taille à travers une quinzaine de référendums gagnés sur dix ans. Aucun démocrate états-unien ne saurait se vanter d’un tel appui, encore moins les putchistes oligarchiques du Venezuela ayant été chassés par le peuple, lors du coup d’État raté de 2002, fomenté lui, également par la C.I.A. –une vieille habitude qu’ils n’ont semble t-il, pas perdue-.

Je dénonce donc pour ma part, les médias capitalistes de s’adonner à une autre tentative de putch à l’endroit d’un président démocratiquement élu, un socialiste surtout. Et connaissant le poids de ces instances privées à travers le monde, il ne serait pas surprenant que l’on tente de diviniser un semblant de «grogne populaire», semblable à ce qui s’est créé ces dernières semaines contre l’élu démocratique d’Iran, malgré une si faible contestation populaire en réalité(2). D’ailleurs, on parle dans les médias capitalistes d’une centaine de manifestants, tentant de faire passer le gouvernement socialiste répressif envers des putchistes, pour une tyrannie, pour une dictature alors qu’il est invraisemblable de parler de dictature avec les appuis populaires qu’a obtenu Chavez à son dernier référendum ou lors de ses derniers scrutins. Et vous ne serez pas surpris, en regardant les photos des manifestants, de constater qu’il s’agit d’une classe à part, plus riche, et perdant d’année en année, le pouvoir qu’elle exerçait, au détriment de la majorité plus pauvre du Venezuela.

(1)    Les impérialistes des régimes capitalistes usent souvent de ce répertoire de termes, désobligeants, vis-à-vis les socialistes du monde entier. Tantôt «dictateur», tantôt «dirigée d’une main de fer», sinon «répressif», bref, les médias capitalistes, privés également, n’ont aucune retenue vis-à-vis les gouvernements socialistes.

(2)    Je n’appuie pas personnellement le président d’Iran, mais je n’appuie pas plus les putchistes du clan Rafsandjani, issus de la banlieue Nord de Téhéran, un bastion bourgeois. Alors que nous sommes parfois des milliers tus par nos médias quant à des manifestations à Montréal –dénonçant des abus bourgeois ou policiers par exemple-, les journaux locaux trouvent le moyen d’aborder la manifestation d’une cinquantaine de personnes frustrées à l’autre bout du monde, en Iran. Trouvez l’erreur!?!