Quand le matérialisme s'en mêle…

Mensonges et vérités sur la Syrie par Thierry Meyssan

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 29 novembre 2011

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.
Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.
L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.
Quatre mensonges de l’OTAN
1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.
C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.
2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.
C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.
3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.
C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.
4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.
C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.
En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.
Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

Bernard-Henry Lévy, qui se flatte d’avoir embarqué la France dans la guerre de Libye dans l’intérêt d’Israël, annonce dans « Le Parisien » qu’il a une liste de cibles.
Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN
1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?
2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?
3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?
4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.
Des médias mainstream occidentaux témoignent
Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vu et entendu la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduits à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.
Thierry Meyssan

Pierre-Hugue Boisvenu: Les émotions devant la raison

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 25 novembre 2011

Il y a de conservatiste, chez cet homme accablé par la peine, la folie de faire passer ses émotions avant la raison. Sa fille assassinée lui procure sans doute une force sans pareil pour accomplir ses buts, mais cette cicatrice apparente, laisse croire que cet homme est plus en besoin qu’en moyen d’aider la société qu’il habite et qu’il promet de servir.

En effet, si la cause semble s’être soustraite à la raison pour M. Boisvenu, elle ne semble pas l’avoir été aux yeux des procureurs du Barreau du Québec, lesquels furent carrément ciblés par le conservateur nommé, comme «protecteurs des criminels». Pour les habitués, il n’est pas rare de voir les conservateurs user de démagogie pour faire avancer leurs causes (Quand vous critiquez le budget des conservateurs, vous êtes contre l’économie!) Quand vous critiquez la torture systématiquement imposée aux prisonniers afghans, vous êtes «pro-Taliban»!), mais lorsque ces excès touchent des prévenus plus en moyens que d’autres, tant en capacité à réfléchir qu’en moyens légaux, le faisceau accusatoire frappe le miroir. Pour ainsi dire, Pierre-Hugue Boisvenu n’a pas sonné les bonnes personnes. Il s’est mis à dos le barreau du Québec tout entier.

Que fallait-il donc attendre, de la part de méritants de titres, issus d’éducation judiciaire, quant à ces accusations puériles les concernant? La servilité? Devaient-ils se plier l’échine devant les élucubrations d’un conservateur écervelé qui n’est même pas foutu de se faire élire, mais bien de se faire nommer et qui étale ses émotions à qui veut les entendre? Pas vraiment, et ce n’est justement pas ce qu’ils ont fait.

Au contraire, l’ordre professionnel des avocats a rappelé à M. Boisvenu qu’il avait induit ses milliers d’auditeurs en erreur, en leur mentant grossièrement. Voilà les propos de M. Boisvenu au matin du 17 novembre 2011 :

« Ces gens-là (avocats du barreau) disent qu’ils sont contre les projets de loi qui affectent leur clientèle et c’est tout à fait normal. »

« Moi, je défends au Sénat non pas les intérêts des criminels, mais ceux des victimes… »

Vendredi midi, le lendemain, à Radio-Canada en compagnie des membres de l’opposition au match des élus, le député conservateur en remet et traite les membres de l’opposition de «pro-criminels», puisqu’ils ne soutiennent pas le projet de loi C-10.

Et c’est pourquoi le directeur général du Barreau a lancé une missive à M. Boisvenu, où il lui précise que seulement 5% des avocats du Barreau sur 24 000 membres plaident dans ces causes criminelles et il ajoute que la position du Barreau sur le projet de loi est le fruit de longues auscultations de celui-ci et que la position concertée est celle de ces experts en ce domaine.

Et le Barreau conclue ainsi : « La réhabilitation est aussi un moyen de protection pour la population, et nous croyons qu’il est important de rappeler ce choix de société à la population. » — Le Barreau du Québec

À la lumières de ces commentaires, il m’apparait clair que le sénateur conservateur n’a pas fait ses devoirs et qu’il mise plutôt sur le populisme à sensation pour légitimer l’indéfendable. Il n’a que faire des faits, de la science, il a ses sentiments et il veut nous les imposer, avec ses amis du «Reform Party». Alors tant pis pour les jeunes et leurs chances de s’en sortir, ils devront subir la bêtise collective des conservateurs et se taper les ratées.

Et dire que ce même parti conservateur, qui fait la leçon sur la criminalité, vient de d’achever un Coup d’État dans un pays étranger (Lybie), souverain, et qu’il vient d’y installer une dictature intégriste, voulant elle, mettre en place la charia… Quelle cohérence! Vendre du «pot» sera un crime grave, alors que de bombarder les civils innocents d’un autre pays pour y installer une dictature, ce sera vanté et fêté au retour des putschistes, de ces soldats si courageux, avec leurs engins de la mort…

Mais M. Boisvenu et ses acolytes ne sont pas là pour nous vendre la cohérence, vous aviez remarqué… Et entre vous et moi, il a terriblement besoin d’aide psychologique, le pauvre.

Le CAQ, le parti politique des 1%!

Posted in Uncategorized by sylvainguillemette on 21 novembre 2011

La Coalition pour l’Avenir du Québec prétend avoir un discours neuf, mais il ne saurait tarder à la contradiction de se manifester.

En effet, si ce nouvel «ADQ/Équipe François Legault» a vu le jour, c’est bel et bien pour mêler et diviser d’avantage les Québécoises et les Québécois. Les idées n’y sont pas neuves et y sont répétées par les mêmes vieux dinosaures qu’à l’époque des «lucides», des idées qui survivent surtout grâce à l’Empire Quebecor et ses couches pleines. Le CAQ n’est rien d’autre qu’une reconfiguration ou une «restructuration» comme diraient les ressources humaines, de l’ADQ de Mario Dumont. Les rats se sont dégoté un nouveau navire à chambrer et ils ne laisseront pas passer la chance de parasiter d’avantage l’Assemblée nationale du Québec.

La représentation démesurée de ce nouveau parti dans les médias laisse d’ailleurs douter des résultats des récents sondages et sur la valeur de ceux-ci, compte tenu de l’effort prononcé des médias de parler du si charismatique François Legault et de ses «nouvelles idées»…

Le CAQ présente donc l’idée de réduire les commissions scolaires à de simples agences amincies de 300 millions de dollars annuellement, du 600 millions qu’elles ont actuellement pour leur budget. Le CAQ présente ainsi un amincissement de vos services de 300 millions de dollars, des services que vous irez et devrez aller trouver ailleurs, pourquoi pas au privé…

Pareil pour la santé, le CAQ n’exclue pas la privatisation. Or, nous connaissons les termes de la privatisation et les conséquences de celle-ci, partout dans le monde. Elle réduit de taille, l’accessibilité et augmente les coûts per capita, des soins dispensés. Ce n’est pas envisageable. Et rappelons que l’universalité des soins de santé est née des ratées du privé en ce domaine. Nous avons décidé, étant donné les mauvais partages de la richesse, qu’il fallait universaliser les soins, puisqu’ils n’étaient accessibles qu’aux mieux nantis. Et c’est d’ailleurs toujours le cas, dans les pays où le privé domine. Certains diront qu’il peut être combiné au public, mais une réalité demeure. Qui peut entreprendre en la matière, sans capital préalablement acquis? Personne. Alors cette nouvelle branche entrepreneuriale ne pourra que servir les mieux nantis, qui par ces moyens de profiter des maladies d’autrui, perpétueront leur enrichissement individuel, concentrant donc d’avantage la richesse, qui l’est déjà pas mal.

Le CAQ veut juger les enseignants, mais refuse le jeu pour la partie patronale. De la sorte, on aurait été en droit de s’attendre à ce que les salariés puissent juger leurs employeurs, mais il en n’est nullement le cas pour l’instant. Le sens unique de la proposition laisse comprendre que le centre plaidé par ce parti, n’est rien d’autre que des prétentions. C’est bel et bien un parti de droite, avec ses contradictions.

Le CAQ qui se prétend au centre, est en réalité à droite toute. Avec une politique du déni du débat gauche/droite,  ou de celui de la nation, il se comporte en parfait laquais de la bourgeoisie en place, préférant le statu quo au changement, que désirent pourtant beaucoup de salariés du Québec, ceux-ci constatant la concentration de la richesse au sein de la minorité parasitaire bourgeoise. D’ailleurs, il incombe peut-être pour nous, d’expliquer aux «coalisés» que le centre est un mythe et qu’en cela, l’évidence d’une conciliation de classe proposée par ce parti nous permet de situer ce dernier dans la droite, et non au centre. Car c’est bel et bien l’invitation faite par Legault et ses forces, de nous voir, toutes et tous, unis, main dans la main. Or, les exploités n’ont que faire d’embrasser leurs exploitants et le refus du débat ne fait que démontrer le véritable visage de Legault, appelant à l’«Union Nationale», outre cette lutte de classe qui ne risque pas de mourir par péremption. Soutenir le système économique capitaliste et ses dogmes, c’est être d’emblée, à droite.

Quant au reste des idées de ce parti, on peut conclure qu’elles sont idéologiquement de droite; réduction de l’État, réduction des dépenses collectives pour les contribuables et augmentation des dépenses individuelles des contribuables, pour acquérir le service perdu au public, au privé, où il sera plus cher per capita, les contribuables perdant leur monopole. Par exemple, quand Legault parle de réduire les dépenses d’Hydro-Québec, comte-t-il reprendre l’idée de Mario Dumont, d’en privatiser une partie, au nom de l’enrichissement des Québécoises et des Québécois? Nous avions vite, à l’époque, démasquer l’affaire! Mario Dumont ne spécifiait pas, QUELS Québécois allaient s’y enrichir. Évidemment, nous avions quasiment tous compris que seuls ceux qui en avaient les moyens, auraient fait l’acquisition de ces titres coûteux. La concentration de la richesse ne pouvait qu’augmenter, au sein de cette minorité aux moyens financiers extraordinaires.

Il faut se faire conséquent, le CAQ est probablement le parti le plus à droite sur le marché des partis politiques, mise à part l’ADQ, avec sa caricature Deltell. Le CAQ reprend de vieilles idées préconçues par les capitalistes les plus extrémistes et cela, sans se raisonner à observer les mauvais partages de la richesse dans nos sociétés capitalistes. Le tout ne peut mener qu’au totalitarisme.

Alors voilà que je vous mets en garde, en garde contre cette tentative de déstabiliser et de réduire les forces prolétaires, à l’asservissement total, cela, au nom du capital. Les dogmes du capitalisme nous invitent aujourd’hui à laisser tomber les 99% de la population, afin de répondre aux caprices du mince 1%, mieux nanti. Il est là, le problème avec Legault et les autres capitalistes. Ceux qu’ils défendent, par leur servitude, vivent de nos besoins et de nos labeurs. Ils s’enrichissent au dépend de la société laborieuse. Ils vivent à notre crochet. Et ce que veulent Legault et les autres de sa trempe, c’est de perpétuer les dogmes de ce système véreux, lequel assure aux riches, l’enrichissement. Nous en sommes là, avec Legault, qui désire la perpétuité de ce système économique, qui ne sert pas l’Humanité, mais une minorité parasitaire.

Cela mène donc au constat suivant : François Legault ne sert pas les 99%, il sert la bourgeoisie, soit le 1% de la population qui vit de la misère des 99%. François Legault n’est pas de sont temps. Il peut remercier Radio-Canada, Quebecor et les autres médias bourgeois du Québec, pour la couverture qui lui est offerte, dépassant indéniablement celle de tous les autres politiciens du pays.

La Coalition pour l’Avenir du  Québec n’est rien d’autre qu’un ADQ2, figé dans le temps, ne prenant pas connaissance des ratées du capitalisme, un système lui aussi, dépassé.

Les sept chevaliers de la mort

Les voilà de retour au pays, ces sept chevaliers de la mort, à bord de leurs appareils largueurs d’Armes de Destruction Massive.  Hier se sont posés en effet, les sept F-18 de l’armée de l’air canadienne (3 de Bagotville et 4 de Cold Lake –Alberta-), ayant participé au Coup d’État en Libye et au massacre conséquemment, des civils se trouvant sur la trajectoire de leurs bombes. Ils ont été d’un secours inébranlable envers les terroristes islamistes, membres d’Al-Qaïda, de Benghazi, ne parvenant pas ceux-ci, seuls, à ébranler le gouvernement de Muammar El Kadhafi légitimé celui-là, par un appui populaire massif et solidifié, par une bonne armée conventionnelle.

Comme prévu plutôt par l’OTAN, ce bras armé de la bourgeoisie internationale, le gouvernement Kadhafi fut éventré par les diverses attaques aériennes, violant pourtant celles-ci, la résolution 1973 de l’ONU, limitant ces interventions militaires d’abord au ciel, et non aux cibles au sol, de la ville de Benghazi seulement d’ailleurs. Ainsi, le Canada et ses alliés auront violé; la résolution onusienne, les lois internationales sur l’usage d’Armes de Destruction Massive et leur possession, les lois internationales sur les droits humains à la vie et les lois de la guerre, en attaquant des cibles dites protégées par des «boucliers humains». Car il y a bien pire que celui qui constitue aux yeux des attaquants, des «boucliers humains», il y a ceux qui tirent quand même sur ces boucliers humains, violant ainsi les lois de la guerre et les droits humains. Allons plus loin, les terroristes pourraient user de ce principe et dire que Washington avait bourré les tours jumelles du World Trade Centre, de «boucliers humains» à cravate.

Résumons donc cette mission, d’où reviennent ces soi-disant héros, plutôt lâches à mon humble avis:

Le Canada a indéniablement participé à un Coup d’État (comme nous en faisait part Jean-Pierre Blackburn sur les ondes de Radio-Canada) visant à changer le gouvernement de Tripoli pour y installer la dictature actuelle, celle des intégristes de Benghazi, soutenus ceux-là, par la CIA et les diverses organisations terroristes étatisées du monde. Car en effet, ceux que les fautifs nommaient les «manifestants pacifistes», à l’instar de Bryan Mulroney sur les ondes de Radio-Canada, n’étaient pas moins armés jusqu’aux dents par la CIA et tiraient de véritables balles sur les policiers libyens du gouvernement légitime et souverain, de Muammar Kadhafi. Un geste semblable, commis par un pays tiers, aux États-Unis d’Amérique, se verrait non seulement puni par Washington, mais le serait également en sanctions économiques internationales.

Autrement dit, le Canada est allé appuyer ce qu’il interdit sur son propre sol : des manifestations armées contre le gouvernement, financées par des États étrangers. Si je prends une Kalachnikov à l’épaule et un RPG-7 à l’autre et qu’un pays me fournit ces armes, pour aller faire valoir mes opinions sur la colline parlementaire, je doute fortement que l’OTAN me fournisse un support aérien et encore plus fortement que le gouvernement canadien me respecte dans ce «droit» imaginé par les forces de l’OTAN, de manifester armé jusqu’aux dents, armé par des États étrangers (C’est pourtant la logique usée par Washington, quant aux prisonniers politiques de Cuba, qu’elle finance illégalement, pour faire de la subversion à Cuba. C’est qu’il faut savoir qu’aux États-Unis d’Amérique, si vous êtes pris en flagrant délit d’être payé par un État étranger pour faire de la subversion au pays, vous êtes passible de la peine de mort, pour haute trahison!).

Le Canada a également tué des civils, inévitablement, en bombardant des zones occupées et habitées par ceux-là. Il a outrepassé ses droits, au nom des Canadiens et à leurs frais. Car ce sont en effet nos impôts chers camarades canadiens, qui auront eu raison de Muammar Kadhafi, et des civils s’étant trouvés sur la trajectoire des bombes à l’uranium appauvri de l’OTAN.

Ici, au pays, Radio-Canada a accueilli ces sept chevaliers de la mort comme des héros, alors qu’ils n’étaient visiblement que des lâches, ayant participé à un massacre et à un Coup d’État depuis des milliers de pieds d’altitude. Violant ainsi les lois internationales sur l’interdiction de soutenir médiatiquement la guerre, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soient les objectifs déterminés, la société d’État s’est inscrite au même rang que l’État canadien, dans une logique propagandiste de défense des intérêts de la guerre impérialiste, ce qui est illégal soit dit en passant.

Bien entendu, à Bagotville, les officiels furent nombreux à accueillir ces lâches. Walter Natynczyk le premier, a parlé d’une mission accomplie. Or, la mission n’en était pas moins, illégale et dénuée de légitimité, voire criminelle et digne des actes sombres de la mafia. Sourire aux lèvres, il a félicité les bourreaux du peuple libyen, avec commentaires ajoutés des laquais l’entourant, sur les actes pourtant dégueulasses commis par ces pilotes, loin des dégâts qu’ils occasionnaient au peuple libyen. Les Libyens n’y ont certes rien gagné. Les pétrolières et les sociétés étrangères en revanche…

Et c’en est ainsi désormais, dans le Canada de Stephen Harper. C’en est ainsi, depuis que les conservateurs gouvernent à Ottawa et ce n’est probablement pas la dernière mission impérialiste de ces chevaliers de la mort… La Syrie, où un CNS fut créé par la CIA là aussi, risque bien de remettre ces chevaliers sur leur selle, pour un massacre inévitable. L’Iran prochainement et pourquoi pas le reste du monde? Même les jeux vidéo nous y préparent…

Il est quand même dommage que les raisons évoquées par l’OTAN pour ce Coup d’État, ne valent pas pour ceux qui commettent ces mêmes actes, depuis plus d’un siècle. Les pays ayant participé à cette mission illégale, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, ont cent fois plus de sang sur les mains que n’auraient pu en avoir Kadhafi et toute sa descendance. Il est donc questionnable, la légitimité de cette agression et non questionnable la lâcheté de ces pilotes canadiens. On ne risque pas de voir Israël visée par ces complots, ni les États-Unis d’Amérique, alors que ces deux États à eux seuls, commettent depuis des décennies, des milliers de meurtres contre des innocents.

Et d’autre part, si nous vivions réellement dans des États de droit, nos chefs d’État seraient mis aux arrêts et jugés pour leurs crimes, dont le meurtre d’un dirigeant étranger et l’invitation même, à ce meurtre, invitation faite par Hillary Clinton sur toutes les ondes de la planète.

Voilà donc un compte de fée écrit par des monstres, à leur image, que l’héroïsme de ces pilotes, que je ne risque pas de répéter à mes enfants.