Quand le matérialisme s'en mêle…

Qu’est-ce qu’un Remora? …………………………….par Sylvain Guillemette

Les chroniqueurs de droite du Québec s'accrochent au prédateur pour de meilleures fientes.Le Rémora est un petit poisson particulier. Il se nourrit d’excréments de bêtes plus grosses et puissantes que lui. Mais pour ce, il doit suivre au pas ses hôtes d’une tactique sans quasi pareil… Le Rémora s’agrippe grâce à une ventouse.

Ne trouvez-vous pas que certains acteurs de notre société ressemblent étrangement à ces petits parasites utiles, pour les plus gros prédateurs de notre société?

Ne trouvez-vous pas que certains chroniqueurs pour ne pas être trop précis, lancent dangereusement des appels à la haine envers ceux et celles qui pendant des décennies, ont pavé les bases solides de tout ce qui a permis nos avantages sociaux indéniables au regard des autres nations de ce monde?

Je les vois, de ma classe de salarié, prétendre que l’Union des miens est futile, puérile et qu’elle puisse nuire à l’économie. Autant dire que les équipes dans tous les sports ne servent à rien non plus…

Tout en prônant d’une autre voix l’union de la minorité parasitaire qui depuis plus d’un siècle, amasse le butin ironiquement fructifié par les salariés qui au terme, le quémandent tout en se tapant le lynchage de ces fameux petits poissons, faibles, mais bien gardés d’une assurance salariale et d’une couverture médiatique positive.

Mais ras-le-bol. On n’est plus en 1950, ni en 1920, encore moins au temps où les salariés devaient affronter le mousquet, ce qui les a conduit nous le savons, à la syndicalisation. Les syndicats, s’ils sont appelés à disparaître, le feront parce que la bourgeoisie les y forcera et non pas parce que les prolétaires s’en trouveront tout à coup, désireux du chacun pour soi.

Un salarié averti en vaut 10 et les Rémoras le savent et ce sont ces gens qui précisément, appellent à notre dissolution, à notre éparpillement, à notre division, pour que leurs hôtes puissent régner sans entrave, vers l’asservissement total des forces laborieuses que nous sommes.

Ce n’est pas le syndicalisme qu’il faille abolir, mais le capitalisme qui combat quotidiennement, les intérêts des peuples laborieux de cette Terre.

À bas les masques.

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Les sept chevaliers de la mort

Les voilà de retour au pays, ces sept chevaliers de la mort, à bord de leurs appareils largueurs d’Armes de Destruction Massive.  Hier se sont posés en effet, les sept F-18 de l’armée de l’air canadienne (3 de Bagotville et 4 de Cold Lake –Alberta-), ayant participé au Coup d’État en Libye et au massacre conséquemment, des civils se trouvant sur la trajectoire de leurs bombes. Ils ont été d’un secours inébranlable envers les terroristes islamistes, membres d’Al-Qaïda, de Benghazi, ne parvenant pas ceux-ci, seuls, à ébranler le gouvernement de Muammar El Kadhafi légitimé celui-là, par un appui populaire massif et solidifié, par une bonne armée conventionnelle.

Comme prévu plutôt par l’OTAN, ce bras armé de la bourgeoisie internationale, le gouvernement Kadhafi fut éventré par les diverses attaques aériennes, violant pourtant celles-ci, la résolution 1973 de l’ONU, limitant ces interventions militaires d’abord au ciel, et non aux cibles au sol, de la ville de Benghazi seulement d’ailleurs. Ainsi, le Canada et ses alliés auront violé; la résolution onusienne, les lois internationales sur l’usage d’Armes de Destruction Massive et leur possession, les lois internationales sur les droits humains à la vie et les lois de la guerre, en attaquant des cibles dites protégées par des «boucliers humains». Car il y a bien pire que celui qui constitue aux yeux des attaquants, des «boucliers humains», il y a ceux qui tirent quand même sur ces boucliers humains, violant ainsi les lois de la guerre et les droits humains. Allons plus loin, les terroristes pourraient user de ce principe et dire que Washington avait bourré les tours jumelles du World Trade Centre, de «boucliers humains» à cravate.

Résumons donc cette mission, d’où reviennent ces soi-disant héros, plutôt lâches à mon humble avis:

Le Canada a indéniablement participé à un Coup d’État (comme nous en faisait part Jean-Pierre Blackburn sur les ondes de Radio-Canada) visant à changer le gouvernement de Tripoli pour y installer la dictature actuelle, celle des intégristes de Benghazi, soutenus ceux-là, par la CIA et les diverses organisations terroristes étatisées du monde. Car en effet, ceux que les fautifs nommaient les «manifestants pacifistes», à l’instar de Bryan Mulroney sur les ondes de Radio-Canada, n’étaient pas moins armés jusqu’aux dents par la CIA et tiraient de véritables balles sur les policiers libyens du gouvernement légitime et souverain, de Muammar Kadhafi. Un geste semblable, commis par un pays tiers, aux États-Unis d’Amérique, se verrait non seulement puni par Washington, mais le serait également en sanctions économiques internationales.

Autrement dit, le Canada est allé appuyer ce qu’il interdit sur son propre sol : des manifestations armées contre le gouvernement, financées par des États étrangers. Si je prends une Kalachnikov à l’épaule et un RPG-7 à l’autre et qu’un pays me fournit ces armes, pour aller faire valoir mes opinions sur la colline parlementaire, je doute fortement que l’OTAN me fournisse un support aérien et encore plus fortement que le gouvernement canadien me respecte dans ce «droit» imaginé par les forces de l’OTAN, de manifester armé jusqu’aux dents, armé par des États étrangers (C’est pourtant la logique usée par Washington, quant aux prisonniers politiques de Cuba, qu’elle finance illégalement, pour faire de la subversion à Cuba. C’est qu’il faut savoir qu’aux États-Unis d’Amérique, si vous êtes pris en flagrant délit d’être payé par un État étranger pour faire de la subversion au pays, vous êtes passible de la peine de mort, pour haute trahison!).

Le Canada a également tué des civils, inévitablement, en bombardant des zones occupées et habitées par ceux-là. Il a outrepassé ses droits, au nom des Canadiens et à leurs frais. Car ce sont en effet nos impôts chers camarades canadiens, qui auront eu raison de Muammar Kadhafi, et des civils s’étant trouvés sur la trajectoire des bombes à l’uranium appauvri de l’OTAN.

Ici, au pays, Radio-Canada a accueilli ces sept chevaliers de la mort comme des héros, alors qu’ils n’étaient visiblement que des lâches, ayant participé à un massacre et à un Coup d’État depuis des milliers de pieds d’altitude. Violant ainsi les lois internationales sur l’interdiction de soutenir médiatiquement la guerre, quelle qu’elle soit et quelle qu’en soient les objectifs déterminés, la société d’État s’est inscrite au même rang que l’État canadien, dans une logique propagandiste de défense des intérêts de la guerre impérialiste, ce qui est illégal soit dit en passant.

Bien entendu, à Bagotville, les officiels furent nombreux à accueillir ces lâches. Walter Natynczyk le premier, a parlé d’une mission accomplie. Or, la mission n’en était pas moins, illégale et dénuée de légitimité, voire criminelle et digne des actes sombres de la mafia. Sourire aux lèvres, il a félicité les bourreaux du peuple libyen, avec commentaires ajoutés des laquais l’entourant, sur les actes pourtant dégueulasses commis par ces pilotes, loin des dégâts qu’ils occasionnaient au peuple libyen. Les Libyens n’y ont certes rien gagné. Les pétrolières et les sociétés étrangères en revanche…

Et c’en est ainsi désormais, dans le Canada de Stephen Harper. C’en est ainsi, depuis que les conservateurs gouvernent à Ottawa et ce n’est probablement pas la dernière mission impérialiste de ces chevaliers de la mort… La Syrie, où un CNS fut créé par la CIA là aussi, risque bien de remettre ces chevaliers sur leur selle, pour un massacre inévitable. L’Iran prochainement et pourquoi pas le reste du monde? Même les jeux vidéo nous y préparent…

Il est quand même dommage que les raisons évoquées par l’OTAN pour ce Coup d’État, ne valent pas pour ceux qui commettent ces mêmes actes, depuis plus d’un siècle. Les pays ayant participé à cette mission illégale, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, ont cent fois plus de sang sur les mains que n’auraient pu en avoir Kadhafi et toute sa descendance. Il est donc questionnable, la légitimité de cette agression et non questionnable la lâcheté de ces pilotes canadiens. On ne risque pas de voir Israël visée par ces complots, ni les États-Unis d’Amérique, alors que ces deux États à eux seuls, commettent depuis des décennies, des milliers de meurtres contre des innocents.

Et d’autre part, si nous vivions réellement dans des États de droit, nos chefs d’État seraient mis aux arrêts et jugés pour leurs crimes, dont le meurtre d’un dirigeant étranger et l’invitation même, à ce meurtre, invitation faite par Hillary Clinton sur toutes les ondes de la planète.

Voilà donc un compte de fée écrit par des monstres, à leur image, que l’héroïsme de ces pilotes, que je ne risque pas de répéter à mes enfants.

Conseil du Patronat, portevoix de la bourgeoisie

https://i0.wp.com/www.bb-communication.fr/web3/upload_img/jnb/publicite/porte_voix.jpgSurprise! Ceci est un scoop! Attachez bien votre tuque! Vous en resterez stupéfait!

Yves-Thomas Dorval, la pourriture qui sert de portevoix des bourgeois au Conseil du Patronat, se dit d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau sur les syndicats «gênants»! Hein! Vous ne vous y attendiez pas! Pas vrai?

Pierre Karl Péladeau disait des syndicats, il y n’y a pas si longtemps, qu’il y avait des « privilèges » accordés à ceux-ci. « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question de syndicats, confère à ce groupe une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange. » disait-il, mettant hélas, de côté le fait que, sans ses travailleurs syndiqués, il n’y aurait aucune réponse à la demande. Pour Pierre Karl Péladeau, la bannière du Conseil du Patronat n’est pas, semble t-il, l’égal des syndicats. Et pourtant, même l’État conjugue rarement demandes syndicales à ses décisions gouvernementales, mais voit d’un œil apprenti, les conseils lui paraissant sages, du Conseil du Patronat. Sinon ceux de la Chambre de Commerce! Et même, dans par exemple, un conflit entre travailleurs et employeurs, la part prise pour l’employeur est évidente. Les lois spéciales fusent pour renvoyer des travailleurs au bercail de l’exploitation, alors que l’inverse, lors de lock-out par exemple, comme celui qu’impose Pierre Karl Péladeau à ses créateurs de richesses, n’est aucunement puni, même qu’il est ignoré du gouvernement. Rappelons-nous Pétro-Canada… Depuis que Pierre Karl Péladeau est maître de Quebecor, une quinzaine de lock-out ont eu lieu dans son empire. Un autre capitaliste pataugeant dans la contradiction.

Les syndicats ne se sont pas créés en claquant des doigts. Ils n’ont pas été créés non plus, pour servir les intérêts d’une minorité, ce à quoi sert par exemple, le Conseil du Patronat pour les employeurs si peu nombreux, en proportions aux travailleurs salariés –donc exploités-. Et pourtant, justement, les employeurs ne créent pas la richesse, ils ne font qu’utiliser leurs capitaux pour transformer la demande en offre, via le labeur de leurs travailleurs, qu’ils exploitent donc, par le salariat. Par le passé, des gens comme Pierre Karl Péladeau abusaient de leurs exploités, et cela a créé des associations de travailleurs, légitimes et nécessaires. Des syndicats. Sans ces syndicats, nous serions toujours des esclaves du labeur, sans droit, et n’aurions aucune balance du pouvoir, et c’est justement la beauté des syndicats. Ils redonnent un sentiment de pouvoir aux travailleurs, lesquels rappelons-le, sont indispensables pour que les gros bonnets comme Pierre Karl Péladeau  puissent asseoir leur paresseux derrière. Les droits et fonctions des travailleurs se sont améliorés, grâce aux syndicats, c’est indéniable.

Pierre Karl Péladeau juge que les syndicats sont publiquement intouchables, or, on peut en dire de même, de l’«establishment» du capitalisme, soit du salariat. L’exploitation du labeur du prolétariat, au Québec, comme ailleurs, n’est jamais passé par un débat quelconque, et c’est comme si c’était coulé dans le béton. Et pourtant, par de nombreuses interventions sur les blogues, j’ai pu constater que les capitalistes n’avaient aucun argument pour expliquer la tenue de l’exploitation du labeur des créateurs de richesses, exploitation précisons-le, faite par des gens qui ne créent pas la richesse. Dans l’histoire également, des bourgeois comme Péladeau ont mis de côté les textes de Karl Marx, de ses prédécesseurs, de ses héritiers, sans même s’attarder à tenter de les démentir, de les «démystifier», question de prouver qu’ils n’étaient que mythes. Le tout est totalitaire, figé dans le temps, impossible à ramener au seuil du débat. Je pourrais donc reprendre la phrase du bourgeois cité plus haut et l’inverser de la sorte que vous y retrouviez un sens tout autre. Par exemple : « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question des exploitants du labeur d’autrui, confère à cette minorité parasitaire, une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange possible. ». Et voilà le travail!

On dit également des syndicats, qu’ils sont trop puissants, mais cela n’est-il pas normal, puisqu’au fond, sans leur labeur, rien autour de vous n’existerait. Ni même les moyens de production de monsieur Péladeau! Quedal! Pas de clavier! Pas d’écran d’ordinateur! Pas de siège de cuir, ni de siège de toilette! Ni de toilette d’ailleurs! Allez, ouste, aux latrine! Ben non! Pu de latrine! Ça prend quelqu’un pour les creuser! Eh bien! S’ils sont puissants, laissez-moi vous dire que ces travailleurs n’en sont pas encore conscients.

Ce modèle capitaliste est mort en 2008-2009, ils l’ont réanimé avec des milliers de milliards, que les travailleurs paieront sur bien des générations encore. Sans quoi, ce régime capitaliste n’aurait pas survécu, et la seule raison de l’existence des bourgeois non plus, puisque seul le régime capitaliste leur permet d’avoir une utilité dans notre ère, qui, rappelons-le, ne fut pas élue par le peuple. Oui, le capitalisme confère aux bourgeois, ce pouvoir d’utiliser leur capital à leur seul avantage. Ce capital, qu’ils possèdent préalablement, leur permet d’obtenir des moyens de production, comme autant de privilèges inutiles que de services essentiels. Ce, au dépend des majoritaires, qui pourtant, sont indispensables au monde idéal des bourgeois.

Si le milieu des affaires est si d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau, c’est qu’ils sont, ceux-là, tous bourgeois, et que leurs intérêts de classe passent bien sûr, avant ceux de la classe prolétarienne. Sauf que, ce sont les prolétaires qui créent la richesse, qui créent tout en fait, comme nous disions plus haut, et ceux-ci sont majoritaires sur Terre. Les bourgeois, tout au contraire, sont dispensables, et n’ont aucune utilité lorsque nous faisons le constat de la dictature capitaliste, et que nous la déduisons de notre réalité imaginairement. Les bourgeois ne servent donc à rien d’autre qu’à porter ce lourd capital, concentré dans leur personne égoïste, mais pourtant créé par ceux qu’ils exploitent, sans là, qu’il y est débat sur ce fait.

Le monde des affaires d’accord avec Péladeau, les millionnaires disons, sont si insignifiants qu’ils ne représentent même pas un demi -pourcent de la planète Terre. Ces millionnaires ne sont que quelque 10 000 000 sur une population de plusieurs milliards. Cela fait donc, 0.15% de la population mondiale. La richesse, crée par le prolétariat, ne l’atteint donc point. Et des firmes, des soit disant «Conseils», des «Instituts» bidons, leur servent d’appareil de propagande puissants. À travers les divers médias, on attire votre attention sur l’opinion de ces portevoix.

Oui les syndicats sont puissants, mais ils n’utilisent pas encore cette puissance de façon optimale. Ils pourraient, par exemple, occuper des usines abandonnées… Sinon, la FTQ, ayant les capitaux pour ce, pourrait aisément acheter des moyens de production et créer un réseau de coopératives, quitte sinon, à racheter ceux qui sont en faillite.

Les bourgeois peuvent bien pleurnicher, mais ils devraient se garder quelques larmes pour le jour où les prolétaires se rendront compte de leur réel pouvoir.

L’utilité du patronat, versus celle des syndicats

http://fonzibrain.files.wordpress.com/2009/10/la_pyramide_du_capitalisme1.jpg?w=253&h=313Cette semaine, Pierre Karl Péladeau fit une sortie en grande pompe, contre les syndicats. C’est de bonne guerre. Mais analysons donc, tout simplement, les pours et les contres des syndicats, versus les pours et les contres du patronat, et des gens comme Pierre Karl Péladeau, qui s’enrichissent sur le labeur d’autrui, celui du prolétariat en l’occurrence, qu’il critique lorsque assemblé.

D’abord, constatons que le patronat, lui, est tout aussi bien regroupé, sous la bannière du Conseil du Patronat. Ensuite, constatons de plus que, les principaux médias sont concertés de façon à promouvoir le plein pouvoir aux patrons, et critiquent ardemment les groupes syndiqués, à commencer, justement, par les propriétés de monsieur Péladeau lui-même. Cette fenêtre, les syndicats ne l’ont pas, pour critiquer les excès de parasites tel monsieur Péladeau. Également, quelques instituts privés, abondamment financés par les bourgeois de la trempe de Péladeau, offrent une simpliste couverture des régularités économiques d’un rouage capitaliste. Ils normalisent, pour ne pas les banaliser, dans leur jargon, les inégalités sociales, elles, découlant directement des inégalités économiques, donc relatives au système en place. Nous avons par exemple vu, depuis plus d’une décennie, des mercenaires telle qu’Elgrably, excuser le parasitisme des bourgeois, vis-à-vis leur exploités, les prolétaires. Cette même charlatane malhonnête, ne s’est jamais retenue pour prôner la privatisation de la totalité de l’économie,  des services même, tel que l’accès à l’eau par exemple, ou l’accès aux soins de santé, etc..

C’est simple, selon les capitalistes, les syndicats sont jaloux de la réussite des patrons, c’est ce que recopient dans leurs textes, les nombreux militants du capitalisme absolu. Mais pourtant, nous sommes à même de constater que, ce sont les travailleurs salariés, donc les prolétaires, qui créent la richesse, et que donc, le mérite devrait leur revenir. Il n’en n’est rien. Chez le patronat, et sa servitude, le mérite ne revient qu’au propriétaire des moyens de production, et cela, sans la moindre possibilité d’en débattre avec eux. Et pourtant, qui fait rouler la machine à l’usine? Le patron, ou l’ouvrier? Qui s’y blesse? Qui s’y brûle de fatigue? Le patron, ou le travailleur salarié, ce prolétaire exploité? Et qui, dans des exemples plus extrêmes, se blesse, ou se tue même? Des gens comme monsieur Péladeau, ou leurs exploités, que ce patron préfèrerait divisés et dépourvus de moyens de défense?

Monsieur Péladeau rêve d’un monde où il dicterait, sans scrupule, le travail à accomplir, et cela, sans que quiconque ne puisse lui rouspéter. Il se prend pour un général, à qui on ne peut que dire, «Oui missieur». Mais abordons donc, tant qu’à en parler, l’utilité de ces patrons sans scrupule, qui osent critiquer l’existence des syndicats, et faisons-le d’un point de vue marxiste, pour rappeler à monsieur, son lointain passé.

Qui au Journal de Montréal, crée la richesse, qui écrit le journal, qui le met en page, qui le corrige, qui fait les recherches, qui prend les photos, qui expédie ce journal, qui bref, participe vraiment à sa création, de toutes parts? Le travailleur, ici, syndiqué. Pas monsieur Péladeau. Bref, à quoi sert ici, sauf à palier au manque de capitaux, monsieur Péladeau? À rien! À rien du tout même! La seule raison pour laquelle monsieur Péladeau, ici, se trouve utile à quelque chose, c’est qu’il investi ses capitaux, qu’il n’a point mérité, puisqu’il les a amassés sur le labeur d’autrui, et par un héritage. Le plus inutile de la compagnie elle-même, est  son propriétaire. S’il ne s’agissait pas de capital dans ce système, l’inutilité de ce «vaut rien» serait apparente, et même, flagrante. Il n’apporte pas d’eau au moulin, autre que son capital. La gestion d’une entreprise peut également passer sous la gouverne des travailleurs, lesquels sauraient, conditionnement à l’appui, gérer cette entreprise. Les travailleurs peuvent gérer, d’ailleurs, certaines compagnies sont déjà pourvues d’un conseil d’administration, lorsque plusieurs bourgeois en sont propriétaires ou mêmes, parfois constitués de cadres, donc de salariés. Il n’est pas impossible de copier le conseil, mais de remplacer les propriétaires inutiles, ces bourgeois, par des travailleurs qui font leur part dans la société, et non pas là,  en exploitant le labeur d’autrui, comme le font les parasites tel Péladeau.

Maintenant, à quoi servent les syndicats? À se défendre? Certes, mais pas seulement à cela. Les syndicats, d’origine, servaient la cause des travailleurs, pris à la gorge par les nombreuses menaces bourgeoises, mises à exécution, comme des lock-out par exemple. Les syndicats servaient également à promouvoir l’occupation des usines, suite à des faillites par exemple. Le syndicat était non seulement nécessaire pour que les employés soient respectés, et encore, mais nécessaires pour donner une voix à ceux qui créaient, et qui créent toujours, la richesse. Les patrons, eux, ont toujours eu, soit l’appui de groupes privés, de mercenaires, de polices privées, ou de l’État même, qui défend depuis longtemps, leur dictature. Les syndicats, certes en manifestant la colère des travailleurs, nous ont obtenus des moindres maux, de meilleurs horaires, plus flexibles,  de meilleurs avantages, un si peu soit-il, respect des patrons, l’apport de sécurité pour les travailleurs, des hausses de salaire considérables, et j’en passe… Sans syndicat, nous ne serions même pas reconnus comme créateurs de richesses, nous n’aurions pas de droits bien à nous, nous n’aurions pas d’équité salariale, nous n’aurions pas le respect de nos exploitants, ces bourgeois minoritaires et parasitaires, totalement inutiles finalement, à notre société, sauf dans un dessein capitaliste.

En fait, je vais aller plus loin ici. Le véritable problème, ce ne sont pas les syndicats, mais bien, la bourgeoisie, soit le patronat. Il est je crois, temps de se débarrasser de ce patronat, qui ne sert visiblement à rien d’autre qu’à injecter son capital, puis à en retirer des bénéfices, que nous leurs créons. Autrement dit, pourquoi ne pas décapiter l’intermédiaire entre la demande et l’offre, et ne pas offrir nous-mêmes, sans le patronat, l’offre demandée. Certes, en ce moment, cela semble impossible, puisque force est de constater que nous vivons dans un modèle capitaliste, qui ne vit que par l’afflux de capitaux. Alors bon, commençons par créer des entreprises sociales, gérées et financées par un réseau social, appelé à grandir, pour qu’il remplace peu à peu, les parasites de ce système, totalement inutiles à l’évolution de l’humanité.

Contrairement à ce que certains prétendent, le capitalisme, un système économique, ne crée pas la richesse, ce sont les humains qui la créent. Le capitalisme n’invente pas Windows, ce sont des humains qui travaillent, qui se creusent les méninges derrière un écran, donc derrière un capital autrement dit, dans ce système capitaliste –il faut donc préalablement, que le chercheur ait un soupçon de capital, d’où le totalitarisme observé-. Le système lui-même, n’est que l’excuse dont ont besoin ces charlatans, tels Péladeau, pour s’auto-pardonner l’exploitation du labeur d’autrui, et là, tout en le critiquant, en le malmenant, et en disant des unions syndicales, qu’elles sont compromettantes pour leur enrichissement personnel.

En terminant, j’aimerais vous faire prendre conscience d’une seule chose. Enlevez les patrons du réseau, la demande demeurera, les travailleurs y répondront, d’une façon ou d’une autre. Maintenant, enlevez le prolétariat, ce travailleur salarié, et voyez si les bourgeois comme Péladeau, pourront continuer de créer la richesse, dont ils revendiquent la totalité des dus.

Omar Ahmed Khadr, lésé

https://i2.wp.com/2.bp.blogspot.com/_5Dvdo6a5iBU/SwLZOKgtlKI/AAAAAAAAGaw/_dZjYvA3xQg/s1600/omar_khadr_wounded.jpghttps://i2.wp.com/img.src.ca/2008/09/19/480x270/PC_080919militaire-canadien-kandahar_8.jpg

La Cour suprême du Canada a donné son jugement concernant le cas d’Omar Ahmed Khadr, et ce n’est pas en félicitant le gouvernement conservateur de monsieur Harper, que ce jugement fut rendu.

D’abord, le gouvernement canadien de monsieur Harper a été accusé; d’avoir participé à l’interrogatoire illégal d’un enfant soldat, et d’avoir utilisé la torture à des fins militaires, alors que l’enfant soldat avait des droits, et que la détention, puis la torture de cet enfant soldat, contraignaient aux droits de ce même enfant soldat. Aussi, la traite du dit enfant soldat, par les conservateurs, contraignait également à ses droits, puisque ceux-ci considèrent toujours Omar Ahmed Khadr,  comme déjà coupable, parce qu’accusé, des délits que lui reprochent les autorités états-uniennes. Ne faut-il pas établir la preuve avant de conclure à un jugement quelconque à son endroit?

Entrons plus loin dans le débat.

Le soldat, envahissant le pays d’Omar Ahmed Khadr, celui-même qu’on accuse ce dernier d’avoir assassiné, aurait été, selon l’autopsie, par une grenade M-67, de fabrication donc, états-unienne. Déjà, la possibilité qu’Omar Ahmed Khadr puisse accéder à ce genre de munitions est pratiquement impossible. L’odieux semble plus pointer, vers un accident entre camarades états-uniens qui, le remarquons-nous aujourd’hui, ont tenté de sauver leur camarade fautif, des accusations auxquelles il aurait eu droit devant une Cour martiale certes, sans pitié. La grenade lancée, donc, n’est que le résultat d’un mauvais usage, états-unien, et non un meurtre, comme l’affirme l’accusation, de toute façon puérile…

Puérile pourquoi? Parce que l’on pourrait aisément,  accuser tous les soldats participant à cet effort impérialiste –puisque la mission en Afghanistan repose sur un argumentaire mensonger, et que celle-ci a été déclenchée, en 1998-, d’avoir enlevé la vie d’autrui, donc d’avoir assassiné quelqu’un, qui qu’il soit.

Le tout n’est donc que l’obstination ultime d’un gouvernement, qui de façon patente, tente de lécher le derrière de l’Empire, pour s’y préserver une place de choix, tel l’opportunisme de quiconque, étant opportuniste. L’aveuglement idéologique, aussi, rend le tout plus confus que jamais. Si l’on peut accuser Omar Ahmed Khadr d’avoir assassiné un soldat envahisseur de son pays d’origine, peut-on au moins accuser le soldat envahisseur, d’avoir voulu assassiner Omar Ahmed Khadr? Si l’un avait tué l’autre avant l’autre, d’ordre contraire, aurait-on pu accuser le soldat états-unien –aujourd’hui mort-, d’avoir assassiné Omar Ahmed Khadr? Laissez-moi en douter!

Le tout n’est qu’un aveuglement idéologique, surtout destiné à taire le débat sur la guerre en Afghanistan elle-même.  Elle était illégitime. Illégale donc. Elle fut déclenchée sur une base mensongère. D’ailleurs, cette guerre fut déclenchée bien avant les prétendus attentats du 11 septembre 2001.

Pourquoi alors, les conservateurs daignent-ils ainsi, aux accusations proposées par Washington, contre de toute façon, un enfant soldat privé de ses droits, selon la constitution canadienne? Ces conservateurs sont-ils vraiment des canadiens fiers d’en être, ou de parfaits complices d’une guerre illégitime, illégale, d’une torture systématiquement rendue aux prisonniers afghans, et pourquoi pas, dans le fond, d’un terrorisme étatique états-unien vis-à-vis ses ennemis idéologiques?

Après tout, les conservateurs n’ont-ils pas les mêmes adversaires idéologiques que les États-Unis, puisqu’ils ont les mêmes intérêts à coeur? N’ont-ils pas mis, par exemple, comme Bush, le réchauffement climatique sur la faute des «socialistes»? N’ont-ils pas léchés, depuis leur arrivée  en maître à la Chambre des communes, les bottes des deux présidents états-uniens ayant pris le pouvoir sous leur mandat?

Omar Ahmed Khadr est innocent de ce dont on l’accuse. Il n’a pas pu lancer de grenade états-unienne, et même s’il l’avait fait, c’était en parfaite légalité des droits de se défendre, des militaires d’un pays souverain. Ottawa est elle, coupable d’avoir envahi un pays souverain, en vue d’y imposer une dictature, et elle est également coupable d’y avoir perpétré des crimes de guerre, comme par exemple, d’avoir utilisé du phosphore blanc via l’artillerie, et ce, offensivement.

J’ajouterais également, pour répondre aux dires sans force du député Steven Blaney, qui accuse Omar Ahmed Khadr d’être l’un des responsables de la mort de la soldate Karine Blais, tuée par un engin artisanal, mieux connu sous le nom de I.E.D. (Improvised Explosive Device), que les soldats canadiens, eux aussi, tuent des gens là-bas, des afghans. Et que l’Afghanistan pourrait citer des noms de la sorte, bien plus souvent que ne pourrait jamais le faire monsieur Blaney. Les bombes, par exemple, tombant du ciel, elles aussi, tuent des gens, dont des civils majoritairement. Elles tuent, sans tenir compte du côté des gens au sol. Les bombes ne sont pas intelligentes à ce point. Et ajoutons, à cela, que déjà, certains soldats canadiens ont tué, accidentellement disent-ils, des civils, plus d’une fois en Afghanistan.

Rapatrions donc Omar Ahmed Khadr, et voyons nous-mêmes qui dit vrai dans tout ce cafouillage, ici, au Canada .

(L’image d’Omar Ahmed Khadr ci-haut, présente une version toute différente du récit des soldats états-uniens, prouvant qu’Omar Ahmed Khadr fut tiré dans le dos, donc qu’il ne présentait pas son visage, lors de l’échange de coups de feu. Il existe d’ailleurs une version longue de l’historique, approuvant ce fait, qu’Omar Ahmed Khadr n’a pas lancé de grenade, et qu’il était de dos lorsque les troupes états-uniennes, invasionnaires, lui ont tiré dessus. D’autres photos mettent en évidence ce fait, montrant le mur contre lequel l’enfant soldat se tenait, de face.)

Tony Blair, un menteur et un tueur de masse sans regret

https://i2.wp.com/scrapetv.com/News/News%20Pages/Everyone%20Else/images-4/tony-blair.jpgAprès être passé sous commission en Grande-Bretagne, l’ancien premier ministre Tony Blair affirme ne rien regretter de sa décision d’avoir envoyé ses troupes en Irak, pour déloger Saddam Hussein du trône qu’il s’était octroyé. Il dit du monde, qu’il est plus sûr depuis la chute du défunt Saddam Hussein.

Or, les armées états-uniennes continuent de faire des morts, d’armer des terroristes, de commettre des actes terroristes, de financer le terrorisme, de combler les manques en école de torture dans certains pays d’Amérique latine, d’Afrique, ou européens, de préparer des conflits d’intérêts majeurs pour l’humanité, etc.. Ma question, doit-on envahir les États-Unis d’Amérique,  pour palier à ces dangers?

Depuis l’avènement de la puissance reconnue de ce pays, nul ne peut remettre ce dernier en question, sur ses crimes de guerres évidents, sur ses crimes commis contre l’humanité évidents. Comme pour Israël, les États-Unis d’Amérique semblent intouchables, inaptes à subir des procès, sinon, comme tant d’autres, moins voyous pourtant, des sanctions économiques bien méritées.

Parce que disons-le, si quelconque pays ose remettre en question les politiques étrangères de Washington, il se verra frappé des dites sanctions économiques, pourtant méritées par Washington, bien plus que par quelconque autre pays.

Prenons l’un des pires de ceux-là, à mes propres yeux, la Coré du Nord. Elle est soumise à la junte militaire en place, dictée, ou dictant à Kim-Jong-Il, la voie à suivre. Ce pays a certes, un long éventail de raisons à citer, pour lui soumettre des sanctions internationales, mais ces mêmes raisons, pourtant, ne semblent pas en incriminer autant les États-Unis d’Amérique qui, justement, commettent les mêmes crimes, mais sur autrui.

La Corée du Nord possède des armes nucléaires, qu’elle menace de lancer sur la Coré du Sud et sur le Japon. Washington en possède plus de 1000, en Corée du sud, qu’elle menace, et menaçait avant que la Corée du Nord n’obtienne ses propres ogives nucléaires, de lancer sur Pyongyang. Une autre question! Est-ce que Washington a le droit de faire ce que Pyongyang n’a pas le droit de faire? De posséder des armes nucléaires, et de menacer des pays souverains de lancer ses armes nucléaires contre eux?

Rappelons-nous qu’à Cuba, lors de la crise des missiles, il y avait des ogives nucléaires russes, mais qu’en même temps, même avant, des ogives nucléaires états-uniennes étaient basées en Turquie, pointant toutes sur Moscou! Une autre question? Allons-y! Est-ce que Washington a le droit exclusif de baser des armes nucléaires tout près de ses ennemis idéologiques? Et a-t-elle le droit de recourir à celles-ci, plus que les autres pays tout autant souverains?

Sinon, que dire d’Israël, qui commet des meurtres à peu près tous les jours, de parfaits innocents? Saviez-vous qu’Israël possède l’arme nucléaire, sans faire partie de la liste sélective des possédants de ces ADM, et qu’elle déclare toujours ne pas posséder d’ADM? Ma question! Est-ce que Tel-Aviv a un droit divin de posséder des armes nucléaires, sans faire partie du club sélect de l’AIEA, et un droit divin aussi, de passer incognito vis-à-vis cette même structure, pourtant appelée en 2003, à voir si Saddam Hussein possédait des ADM, dont des armes nucléaires? Rappelons qu’Israël, en 2006, et en 2007, a tué des milliers de palestiniens, ou de libanais, sans là, se faire taxer de terroriste, sans se faire couvrir de sanctions internationales! Elle l’a fait avec des ADM, dont le phosphore blanc, le NAPALM et les armes à sous-munitions. Israël a visé les ponts, les écoles, les hôpitaux, les bâtisses gouvernementales, les centrales électriques et les points d’eau potable, ma question! Est-ce qu’Israël se trouve au-dessus des lois internationales, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne? Est-ce qu’Israël a le droit de posséder des ADM, dont des armes nucléaires, même si elle démontre un visage terroriste à l’année longue et qu’elle ne respecte pas les droits humains des palestiniens, ou des libanais?

Si Tony Blair a raison de dire que le monde est mieux sans Saddam Hussein, qui ne représentait visiblement aucun danger autre, pour la Grande Bretagne et pour les États-Unis d’Amérique, qu’un exemple en matière de politique des ressources naturelles, soit la nationalisation de celles-ci, ais-je raison d’affirmer que nous devrions désormais, penser à renverser la dictature bourgeoise par  les armes, puisqu’elle nous mène à notre perte certaine, ne serait-ce qu’en matière environnementale?

Si la logique de Tony Blair doit s’appliquer, celle-ci aura vite fait de légitimer les pires exactions commises au sein de l’humanité. Bref, le jugement de ce patent incompétent, ou de ce complice d’une tuerie qu’il n’a toujours pas évalué justement, est aussi contradictoire que ses prétentions du monde plus sûr, qu’est le nôtre sans Saddam Hussein!

Le méritant du Cosmos

https://i2.wp.com/img.src.ca/2009/06/04/300x450/AFP_090604laliberte-guy-portrait_p1.jpgCamarades, comme vous le savez si bien, je ne suis pas le premier à écrire sur le sujet. Toutefois, j’entends pousser plus loin la critique qui, jusqu’ici, ne s’en est tenue qu’à la surface du scandale, démontrant l’étroit égo de l’ignoble personnage –Qui pourtant, pour nombres de nationalistes crasses du Québec, sert de modèle et d’idole.-. Mais allons plus loin, et voyons si la critique capitaliste saura répondre à notre questionnement matérialiste.

Certes, il est établi que le clown de l’espace, est dans l’espace. Nous y sommes, Guy Laliberté réponds lui-même, à sa propre demande, par une offre magistrale –Et par un capital, disons-le!-, que même les plus talentueux des cosmonautes et des astronautes ne pourraient pas s’offrir  –Qui possède 35 millions de dollars sur Terre? Il n’y a pas plus de 0.15% de la planète qui possède un seul million de dollars.-, faute d’attendre d’enfin passer de l’abyssale lice, au pas de tir tant rêvé vers le Cosmos.

Guy Laliberté, depuis longtemps, reçoit les mérites et les fleurs de la part d’un public ébloui par des spectacles, certes grandioses quant à l’art en général –Mais encore, le goût ne m’apparaît pas discutable. On aime, ou on n’aime pas.-. Ainsi, monsieur Laliberté défends, peut-être sans le savoir, le mythe capitaliste qui suppose que le bourgeois soit méritant des fruits du labeur d’autrui, et titulaire donc, des efforts d’autrui, et du fruit de leurs efforts également. Il confronte donc, aux côtés des autres minoritaires bourgeois de ce monde, les faits, et le bon sens par conséquent. Il donne également, en allant dans l’espace, un exemple des caprices que peuvent s’offrir les bourgeois, quel que ce soit leur mérite véritable, soit-il mythique ou semblable à celui des prolétaires qui chaque jour, ceux-là, se lèvent pour gagner la vie d’un autre, celle du bourgeois, ironiquement.

J’insiste sur le fait que, dans le Cirque du Soleil, une panoplie d’artistes donne son 100% d’effort pour épater la galerie. Et cela fonctionne, selon les goûts comme je disais. Donc, il y a des artistes, et de ces artistes, nous n’en connaissons aucun. Par contre, nous connaissons toutes et tous monsieur Laliberté, mais ce dernier ne fait pas de saut culbuté renversé suivi d’un triple et périlleux flip arrière. Il ne saute pas sur le trampoline non plus, ni ne se déguise, sinon désormais dans l’espace avec un nez rouge, et n’a rien d’un athlète évidemment. Il n’a donc pas pris de risque, ni travaillé plus fort que les autres. Pourtant…  Mais cela diffère t-il des autres bourgeois, et des divers moyens de production privés de ce monde ou, dans tous ces cas, ne reconnaissons-nous pas plutôt, seulement le soit disant mérite bourgeois tout en drainant celui des prolétaires vers ce bourgeois? Voyons cela…

Chez Ronald McDonald, qui fait le fameux BigMac? Chez GM, qui crée la voiture? Chez BarickGold, qui transforme et exploite le métal précieux? Qui, chez Molson le fabricant de bière, fabrique cette bière? Monsieur Molson? Sommes-nous à veille de féliciter les frères Molson pour les efforts des joueurs du canadien? Et on peut continuer des jours de temps à donner de ces exemples où, les bourgeois pillent aux prolétaires, leur mérite.

Mais c’est exactement de cela qu’il s’agit. Monsieur Laliberté n’est autre chose qu’un bourgeois, et ce dernier n’a qu’investi ses capitaux dans le Cirque du Soleil et du coup, il empoche tous les mérites, comme s’il avait bâti le Cirque du Soleil à lui seul, alors que sans les acrobates et sans les artistes de quelconque domaine s’y trouvant, il n’y aurait tout simplement pas de Cirque du Soleil, sinon qu’une idée de ce cirque, comme tant d’idées peuvent parcourir nos pensées, sans pourtant qu’elles ne se réalisent nécessairement. En fait, sans prolétaire, sans travailleur, il n’y aurait même pas de chapiteau –Je sais bien que les spectacles du Cirque du Soleil ne se font plus dans des chapiteaux, mais l’exemple vaut pour toutes constructions de toute façon.-, puisque Guy devrait ; le construire seul, et bien sûr, tisser la toile de celui-ci –Il devrait donc faire l’élevage du bétail utilisé pour la toile, sinon se munir d’une usine pétrochimique (Qu’il devrait construire également…) pour les produits synthétiques, fondre et couler les poteaux, les câbles d’acier tenant la toile –Il devrait donc, en plus d’avoir de bonnes idées, travailler à temps partiel comme mineur!-, faire sa publicité seul, donc couper des arbres, puis les transformer en papier, et nous n’en finirons pas si nous nous acharnons sur ces contradictions capitalistes.

Au fond, à part le fait que les 35 millions gaspillés par Laliberté auraient pu servir à bâtir des milliers de puits d’eau potable en Afrique, n’y avait-il pas plus que cette contradiction? Si, il y avait une exploitation, celle du labeur d’autrui, puis le vol du mérite d’autrui. Monsieur Laliberté, et ses comparses bourgeois, n’ont strictement rien à cirer des Africains, ni de quiconque en fait, qui gagne leur vie à leur place. Guy Laliberté n’a rien d’un  méritant, rendons aux employés du Cirque du Soleil, ces honneurs volés, rendons-leur cette fierté du labeur bien accompli.

Le capitalisme permet, et certains accuseront le corporatisme tout en le niant dans les sociétés socialistes, ces excès qui n’ont rien décent. Guy Laliberté, plutôt que de creuser des puits d’eau dans les pays du tiers-monde où le besoin se fait sentir, a préféré prendre les mérites d’autrui, sinon les fruits de leur labeur et se payer une partouse spatiale auprès de véritables méritants, dignes de porter le qualificatif de cosmonaute ou d’astronaute.

Maintenant, sans tricher, connaissez-vous un seul des acrobates du Cirque du Soleil et ce, par cœur?

Afghanistan, notre mission?

http://www.uruknet.info/pic.php?f=karzai_and_afghan_elections_by_latuff2.jpgAprès 135 combattants impérialistes tués dans une campagne d’invasion et d’occupation, le Canada n’a-t-il pas compris qu’il n’avait rien à gagner à combattre en Afghanistan, contre ce que nous connaissions désormais comme, les outils désuets de Washington? Le Canada y gagne t-il, à prétendre qu’il y installe, avec ses alliés impérialistes, une forme de démocratie, alors que nous savons en fait, qu’il ne s’agit que d’une mascarade et que, le récent scrutin fut truffé de violents attentats et de fraudes électorales? Les coûts de cette guerre furent tellement élevés, et en capital, et en pertes humaines, qu’ils doivent maintenant nous faire croire que malgré l’éradication de bulletins de vote de plus de 446 bureaux électoraux, les résultats seront tout de même acceptés, et vénérés comme, aussi facilement,  un semblant de démocratie pourrait nous l’admettre.

Aujourd’hui, nous savons pourtant qu’Al-Qeada fut en partie, créée par les États-Unis, puisque ces derniers financèrent leurs activités, leur armement et leur entraînement dans les années 1980. Nous savons également que pendant les années 1980, Oussama Ben Laden était un parfait complice des tactiques états-uniennes, qui surtout, visaient à repousser ce que nous nommions déjà, par erreur, les soviétiques du territoire afghan. C’était donc à l’époque, un «bon terroriste» notre Ben Laden! Washington voulait que Moscou ait son propre Vietnam, elle qui avait aidé les vietnamiens à se défaire des occupants états-uniens quelques années auparavant. Du coup, le terrorisme de Ben Laden ne gênait aucunement les faucons de Washington, qui par une double-mesure, non seulement finançait ces groupes, mais participaient de près ou de loin, à des attentats des plus sanglants de l’histoire de l’humanité. En 1996 par exemple, Washington n’hésitait pas à financer le Iraqi National Accord, lequel piégeait des voitures à Bagdad et dans d’autres villes, afin là, de déstabiliser le régime de Saddam Hussein. Des dizaines de civils périrent, d’actes vraisemblablement terroristes.

Cette semaine et la semaine dernière, nous apprenions via les médias, eux de l’O.N.U., que non seulement y a-t-il eu des attentats en Afghanistan pendant les dites élections démocratiques, mais y a-t-il eu en plus, une tricherie digne des services de renseignements états-uniens, comme on s’est habitué d’en voir durant toute la deuxième moitié du siècle dernier. C’est connu, la CIA, aujourd’hui le NED (National Endowment for Democracy –Le NED est un doublon de la CIA, créé par Ronald Reagan pour continuer l’œuvre de la CIA, alors que celle-ci était accusée de toute part de crimes graves commis contre l’humanité.)) a pris le flambeau, a longtemps œuvré pour influencer les élections des pays du monde entier, afin d’endiguer toute chance que le socialisme ne se développe comme alternative au capitalisme. Parfois financièrement, parfois violemment, toutes les idées, des moindres aux plus barbares, furent les bienvenues à l’Agence. Au Nicaragua par exemple, elle a ni plus ni moins déclenché une guerre dont les nicaraguayens ont payé le lourd tribut. Des milliers de morts et la chute de son économie…

En Afghanistan, il se passe la même chose, mais différemment. Il sera bientôt confirmé qu’une fraude des plus massives, fut possible en Afghanistan, grâce à la coalition de l’OTAN, cet outil bourgeois qui permet d’imposer le dictat du capital à la surface de la Terre. Ainsi, dans la province de Helmand, l’ONU estime que de 5000 à 38 000 afghans ont été voté, alors que la commission électorale afghane en comptabilisait près de 135 000. Et c’est pareil dans toutes les autres provinces, dans certaines, on va même jusqu’à prétendre plus de votes qu’il y a d’habitants. Certes, avec le coût de la fausse mission qui ne cesse de gonfler, l’OTAN doit se légitimer auprès de l’électorat des puissances occupant l’Afghanistan.

Alors bref, tait-ce notre mission, ou finalement, comme toutes les autres depuis des décennies, celle de la bourgeoisie internationale? Y avions-nous, quelconque intérêt, sauf celui véritable d’aider ces afghans, ou n’y avait-il pas en arrière-plan, le véritable intérêt impérialiste de cette dictature bourgeoise qui continue de pulluler, par la force?

135 soldats canadiens tués pour une raison mensongère. 135 sacrifices canadiens pour installer une dictature bourgeoise, imposant un capitalisme sauvage à des peuples qui n’en demandaient pas tant. Et encore plus de vies civiles gaspillées, pour assouvir la soif bourgeoise, car c’est de cela qu’il s’agit en fait. Une nouvelle route pour le gaz géorgien, une position stratégique, et la servitude des ressources humaines et naturelles afghanes aux besoins criant de la dictature bourgeoise internationale.

Ramenons nos soldats de l’Afghanistan et punissons tout de suite et d’abord, les gens qui ont financé dits «terroristes». Gelons les avoirs du pays qui a financé le plus de terrorisme sur la surface du globe, et payons avec cela, les dommages collatéraux des dites guerres idéologiques des États-Unis d’Amérique. Réparons leurs erreurs, mettons fin au pacte de l’OTAN, et déclarons cette institution terroriste, illégale. Ça, ce serait une belle mission, honorable.

Sources:

Radiocanada.ca/nouvelles

Washington Post

Les mercenaires cubains de la Maison Blanche

Salim Lamrani vient de publier « Cuba, ce que les médias ne vous dirent jamais », un recueil d’articles écris au cours des cinq dernières années. Il y passe en revue, de manière systématique, tous les arguments utilisés par la propagande états-unienne pour justifier a posteriori l’embargo imposé unilatéralement par Washington en violation du droit international. Ce tour d’horizon permet de mesurer à quel point les critiques du gouvernement révolutionnaire sont irréelles. Une annexe historique souligne aussi la permanence de l’attitude des administrations états-uniennes successives, indépendamment de l’alternance de façade entre démocrates et républicains.
On regrettera l’absence d’index qui aurait permis d’utiliser ce livre comme une encyclopédie ; quoi qu’il en soit, son caractère exhaustif et la précision de son argumentation en font un ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent approfondir cette question.
Nous reproduisons ici un extrait consacré aux plus célèbres « dissidents » mis en scène par la Maison-Blanche.

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Conférence de presse des « dissidents » cubains, organisée à la résidence du chargé d’affaire des États-Unis à La Havane. (de gauche à droite : Manzano, Bonne, Roque et Roca).

L’opposition cubaine dispose d’un statut particulier. D’une part, elle est extrêmement prisée par la presse occidentale. En effet, aucun groupe d’opposants en Amérique latine, hormis peut-être l’opposition vénézuélienne, ne bénéficie d’une telle aura médiatique. D’autre part, elle reçoit des financements colossaux de la part des États-Unis, dont les médias ne disent mot, et jouit d’une liberté d’agir qui scandaliserait les procureurs du monde entier.

Le 21 juin 2007, la Chambre des Représentants étasunienne a décidé de voter le budget de 45,7 millions de dollars pour l’année 2007-2008, présenté par le président Bush, à destination des dissidents cubains. Ainsi, 254 congressistes, dont 66 démocrates, ont approuvé la stratégie de la Maison-Blanche destinée à renverser le gouvernement cubain. Le législateur de Floride, Lincoln Díaz-Balart, descendant direct de l’ancien dictateur Fulgencio Batista, s’est réjoui de cette aide. « Cette victoire constitue un soutien pour l’opposition politique interne » cubaine, a-t-il souligné. « L’aide aux opposants n’est pas symbolique mais concrète », a-t-il ajouté. Il a également rendue publique une lettre de certains éminents dissidents cubains qui affirment que l’aide étasunienne « est un élément vital pour la survie des militants [1] ».

Pour l’année 2007-2008, la Chambre a également alloué une somme de 33,5 millions de dollars (6 millions de plus qu’en 2006) à Radio et TV Martí. Ces deux médias étasuniens diffusent illégalement des émissions subversives en direction de Cuba dans le but d’inciter la population à renverser l’ordre établi [2].

Ce même jour, le 21 juin 2007, le chef de la diplomatie étasunienne à La Havane, Michael Parmly, a reçu en grande pompe les célébrissimes dissidents René Gómez Manzano, Félix Bonne, Martha Beatriz Roque et Vladimiro Roca dans sa somptueuse résidence personnelle. Ces derniers étaient venus remercier leur précieux mécène pour sa générosité [3].

Les médias occidentaux, pourtant si prolixes à l’égard de Cuba, sont restés étrangement silencieux sur ces deux évènements. Les raisons en sont relativement simples. Les personnages qu’ils s’évertuent à présenter depuis des années comme de valeureux militants à la recherche de la démocratie ne sont en réalité que de vulgaires mercenaires qui se vendent au plus offrant. Le mot mercenaire n’est pas un terme hors de propos ou exagéré. Selon le Littré, il s’agit de tout individu « qui travaille pour de l’argent, à qui l’on fait faire tout ce qu’on veut pour de l’argent [4] ». Manzano, Bonne, Roque et Roca entrent pleinement dans cette définition.

Pourtant, il n’y a rien de nouveau à tout cela. Depuis des décennies, les Etats-Unis tentent par tous les moyens de fabriquer et de diriger une opposition interne à Cuba, afin de mettre un terme au processus révolutionnaire cubain. Les archives étasuniennes sont éloquentes à cet égard. Par ailleurs, de nombreux documents étasuniens, officiels et publics, attestent de cette réalité qu’aucun journaliste ou analyste politique digne de ce nom ne peut ignorer. La loi Torricelli de 1992, et plus particulièrement l’article 1705, stipule que « les Etats-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [5] ». La loi Helms-Burton de 1996 prévoit, à l’article 109, que « le Président [des Etats-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [6] ».

Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre, adopté le 6 mai 2004, envisage la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [7] ». Le second rapport de la même Commission, rendu public le 10 juillet 2006, prévoit également un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne [8].

En 2003, la justice cubaine avait condamné 75 personnes stipendiées par les Etats-Unis, suscitant une réprobation médiatique internationale. Dans n’importe quel autre pays du monde, des individus tels que Manzano, Bonne, Roque et Roque se trouveraient actuellement derrière les barreaux [9]. Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine a averti les membres de la « dissidence » du fait que ceux qui conspireraient avec Washington et accepteraient ses émoluments devront en « payer les conséquences [10] ».

« Tant que cette politique existera, il y aura des personnes qui se trouveront impliquées […]. Elles conspireront avec les Nord-américains [et] accepteront l’argent. Cela est un délit selon les lois cubaines. Je ne connais aucun pays qui ne classe pas une telle activité comme un délit », a souligné Alarcón. « Imaginez que quelqu’un aux Etats-Unis soit soutenu, entraîné, équipé et conseillé par un gouvernement étranger. Cela est un délit en soi. C’est un délit très grave aux Etats-Unis et cela peut coûter de nombreuses années en prison, beaucoup plus que ce que l’on peut risquer ici à Cuba », a-t-il conclu [11].

Il en est de même en France comme le stipule l’article 411-4 du code pénal et une affaire survenue en 2004 illustre éloquemment cette réalité. Le 28 décembre 2004, les autorités françaises ont procédé à l’arrestation de Philippe Brett et Philippe Evanno, deux collaborateurs de M. Julia. Ils avaient été à l’origine d’une tentative infructueuse destinée à libérer les deux otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot en septembre 2004. Ces deux personnes ont été mises en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ont été présentés aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, qui s’occupent des affaires ayant trait à la sûreté de l’Etat. Ils ont été accusés d’avoir pris contact avec la résistance iraquienne et d’avoir reçu une assistance logistique de la Côte-d’Ivoire. Brett et Evanno étaient passibles de dix ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. M. Julia a échappé à la justice grâce à son immunité parlementaire. La gravité des charges retenues contre eux n’a suscité aucun émoi au sein de la presse occidentale [12].

Le rapport de 2006 prévoit également 24 millions de dollars additionnels pour Radio et TV Martí, afin d’amplifier les transmissions de programmes subversifs vers Cuba, en violation de la législation internationale. Les membres de la « dissidence » cubaine disposent d’une partie de cette somme pour acquérir et distribuer des équipements radiophoniques et télévisuels permettant de capter les programmes émis depuis les Etats-Unis. D’autres pays sont invités à transmettre des émissions subversives vers Cuba. Le rapport prévoit également « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba [13] ».

La presse occidentale, qui a censuré cette réalité, avait stigmatisé l’action des autorités cubaines, en dénonçant les sanctions prises à l’encontre de « militants pacifiques et de journalistes indépendants ». Selon elle, les inculpés auraient été châtiés pour avoir ouvertement exprimé leur désaccord avec la ligne officielle et avoir publié des articles diffamatoires dans la presse d’extrême droite de Miami [14].

Il sied de s’arrêter un instant sur ces accusations. Les deux « dissidents » cubains qui disposent de l’influence médiatique la plus importante au niveau international, qui lancent les invectives les plus acerbes contre la Révolution cubaine et qui jouissent de la bienveillance la plus soutenue auprès des extrémistes d’origine cubaine de Miami sont Oswaldo Payá et Elizardo Sánchez [15]. Face à eux, Raúl Rivero passe pour un opposant relativement modéré et frileux [16]. Or ce dernier avait été condamné à une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Payá et Sánchez n’ont eu aucun ennui avec la justice, alors que leurs écrits politiques sont beaucoup plus virulents que ceux de Rivero. L’explication est assez simple : Payá et Sánchez ont, jusqu’à présent, toujours refusé le financement généreusement offert par Washington, tandis que Rivero a commis l’erreur de profiter des largesses financières de l’administration Bush. C’est cela qui a été condamné, et non la production littéraire ou politique supposément hétérodoxe.

Intégrer l’univers de la « dissidence » est un juteux commerce. Les avantages économiques de cette profession sont conséquents et attisent la convoitise d’individus peu scrupuleux. Les 75 personnes condamnées n’exerçaient aucun métier et vivaient des émoluments offerts par les autorités étasuniennes, en échange des tâches réalisées. Les appointements considérables pour le niveau de vie de la société cubaine ont conduit certains personnages à amasser de petites fortunes personnelles, s’élevant jusqu’à 16 000 dollars en liquide, alors que le salaire moyen oscille entre quinze et vingt dollars par mois [17]. Ils menaient ainsi un train de vie largement supérieur à celui des Cubains, et profitaient également des incomparables privilèges que procure le système social cubain.

Pour évaluer précisément l’importance d’une telle somme, il convient de appeler la valeur du dollar à Cuba. Pour l’équivalent d’un dollar, un Cubain peut s’offrir au choix : cent quatre litres de lait, quarante-cinq kilos de riz, vingt-six tickets pour des matchs de base-ball, entre cinq et vingt-six places de théâtre ou de cinéma, 5200 kilowatts d’électricité ou cinq cours d’anglais télévisés de cent soixante heures chacun. Tous les autres aliments de première nécessité (pain, haricots, huile.) sont dans le même ordre de prix. A cela s’ajoute la gratuité des services d’éducation et de santé. Étant donné que 85% des citoyens cubains sont propriétaires de leur logement, ils ne payent aucun loyer. De plus, l’impôt n’existe pas à Cuba. Autre fait unique au monde : les médicaments achetés dans les pharmacies coûtent deux fois moins cher que ce qu’ils valaient il y a cinquante ans [18]. Tout cela est possible grâce aux subventions octroyées annuellement par l’État cubain, tant vilipendé par les mêmes « dissidents » qui ne manquent pas de profiter des conditions de vie avantageuses qu’offre la société cubaine.

Suite à l’intervention diplomatique de l’Espagne, plusieurs personnes incarcérées depuis mars 2003, dont Raúl Rivero, ont été libérées fin novembre 2004 pour des raisons humanitaires [19]. Il convient de souligner que Rivero a profité d’une médiatisation internationale uniquement parce qu’il était, avec Oscar Elias Biscet, le seul individu écroué sur les 75 à avoir réellement exercé le métier de journaliste. Son cas est intéressant dans la mesure où il jette une lumière sur l’ampleur de la campagne de désinformation lancée contre Cuba. Dans une interview accordée à Reporters sans frontières, Blanca Reyes, femme de Rivero, affirmait que celui-ci se trouvait dans des « conditions de détention infrahumaines et inacceptables ». Elle ajoutait par la même occasion qu’il avait perdu quarante livres (19,5 kilos). « [Il] a faim. Je veux que l’on sache [que] Raúl Rivero souffre de la faim », déplorait-elle dans un élan mélodramatique de circonstances [20]. Cette information avait été reprise en grande pompe par l’ensemble de la presse internationale.

Or, lors de sa sortie de prison, Rivero est apparu en excellente santé, avec un embonpoint notable, comme l’illustres les photos prises par la presse et comme n’ont cessé de le clamer les autorités cubaines [21]. Alors que Washington et ses relais dénonçaient avec une remarquable répercussion médiatique les « effroyables conditions de vie » des prisonniers, Rivero lui-même avoua avoir eu un accès sans restrictions à la lecture et avoir dévoré avec avidité le dernier roman de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Historias de mis putas tristes, ouvrage difficile à trouver dans les librairies françaises à l’époque [22]. Rivero n’a pas vécu dans un hôtel quatre étoiles, certes, mais pas dans un « goulag tropical » non plus comme les âmes bienséantes se plaisent à qualifier les prisons cubaines, comme si les pénitenciers du reste du monde étaient des lieux de villégiature [23].

Sans doute, les prisons d’Abu Ghraïb en Irak, où la torture de prisonniers de guerre a été institutionnalisée par Washington, sont-elles plus confortables. Que dire des geôles de Guantanamo, zone de non droit où la torture appliquée aux détenus est telle que de nombreuses tentatives de suicide ont eu lieu chez des personnes très pieuses pour qui le fait de mettre un terme à ses jours constitue le pire des pêchés [24] ? Dans tous les cas, très peu de réclusionnaires peuvent se vanter d’avoir eu accès au dernier roman de García Márquez, avant même certaines librairies européennes spécialisées.

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Armando Valladares, ex-poéte et ex-paralytique, est désormais ex-président de la Human Rights Foundation, dont il a démissionné pour apporter son appui aux golpistes honduriens.

Mais cela n’est guère nouveau. En effet, la transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d’aujourd’hui. L’histoire d’Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d’opinion », selon la propagande de Washington, est riche d’enseignements. Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la dictature de Batista reçut le soutien d’une grande campagne internationale lancée par l’extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand, sous l’égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la nationalité étasunienne, il s’engagea auprès du gouvernement de Ronald Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray avait écrit dans son livre Les Masques : « L’homme n’était pas poète, le poète n’était pas paralytique, et le Cubain est aujourd’hui américain [25] ».

Luis Ortega Sierra est un journaliste cubain qui s’est exilé aux Etats-Unis en 1959, au triomphe de la Révolution. C’est un farouche adversaire du gouvernement de La Havane comme l’illustrent ses écrits. Il était lié à l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista qui finançait ses activités. Dans une lettre du 22 septembre 1961 à l’ancien homme fort de Cuba, Ortega avait exprimé sa « sympathie » et son « admiration » à son égard [26].

A propos des opposants cubains, Ortega déclare la chose suivante :

Les dissidents à Cuba sont des gens sans importance politique et tout le monde partage cet avis, même ceux qui vivent à leurs dépens. Ce sont des marionnettes de la mafia de Miami. Ils sont au service de la Section d’Intérêts des Etats-Unis qui les balade d’un endroit à un autre […]. Ce sont des gens qui reçoivent un salaire et une orientation idéologique du gouvernement américain. Cela n’est un secret pour personne. C’est le gouvernement nord-américain qui leur octroie de l’argent pour financer les activités de ces messieurs dans l’île. Penser que cet élément puisse représenter un mouvement puissant d’opposition au gouvernement est une bêtise [27].

Si l’Iran ou la Chine finançaient des opposants aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en France, ces derniers tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Si les médias occidentaux étaient intellectuellement libres, ils n’utiliseraient qu’un seul terme pour se référer à ceux qui se présentent comme des opposants au gouvernement cubain : mercenaires.

 Salim Lamrani
Enseignant, chargé de cours aux universités Paris-Descartes et Paris-Est Marne-la-Vallée. Dernier ouvrage publié : Cuba. Ce Que les Medias Ne Vous Diront Jamais, Estrella (2009).

[1] Wilfredo Cancio Isla, « La Cámara da sólido apoyo a la democracia en Cuba », El Nuevo Herald, 22 juin 2007.

[2] bid.

[3] Andrea Rodriguez, « Disidentes cubanos usan casa de diplomático de EEUU », The Associated Press, 21 juin 2007.

[4] Le Littré, V. 1.3.

[5] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

[6] Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

[7] Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004) pp. 16, 22.

[8] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, juillet 2006). p. 20.

[9] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

[10] BBC, « Cuba Warns Dissidents Over US Aid », 12 juillet 2006.

[11] Ibid.

[12] Salim Lamrani, Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis, op. cit., p.

[13] Condolezza Rice & Carlos Gutierrez, op cit., p. 22.

[14] Reporters sans frontières, « Un an après l’arrestation de 75 dissidents, Reporters sans frontières mobilise l’Europe contre la répression à Cuba », 18 mars 2004.

[15] Oswaldo Paya, « Mensaje de Oswaldo Paya Sardiñas a Vaclav Havel, Presidente de la República checa en su visita a la ciudad de Miami, Florida », 7 octobre 2004.

[16] Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février 2003, n°1 : 9-10.

[17] Felipe Pérez Roque, « Conferencia a la prensa nacional y extranjera », MINREX, 25 mars 2004 : 5-7.

[18] Gouvernement révolutionnaire de Cuba, « Documents », 18 avril 2003. (site consulté le 2 décembre 2004).

[19] Andrea Rodríguez, « En libertad el poeta y disidente cubano Raúl Rivero », El Nuevo Herald, 30 novembre 2004.

[20] Reporters sans frontières, « La mujer del periodista encarcelado Raúl Rivero denuncia unas condiciones de detención ‘inaceptables’ », 5 août 2003.

[21] Nancy San Martin, « Cubans Tell Rivero to Consider Leaving », The Miami Herald, 1 décembre 2004.

[22] Wilfredo Cancio Isla, « Un símbolo en libertad », El Nuevo Herald, 1 décembre 2004.

[23] Olivier Languepin, « Dans les prisons de Castro », Le Monde, 31 décembre 2004.

[24] Robert Scheer, « A Devil’s Island for Our Times », Los Angeles Times, 28 décembre 2004.

[25] Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel, 1995), pp. 145-51.

[26] Ivette Leyva Martínez, « Despierta singular interés vida y obra de Batista », El Nuevo Herald, 3 mai 2008.

[27] Luis Ortega Sierra, « Fidel rebasó la historia », in Luis Báez, Los que se fueron (La Havane : Casa Editora Abril, 2008), p. 221.

Réseau Voltaire

Les  »Faboulous-14 », le gouvernement et la mafia

Posted in Égoïsme, Bourgeoisie, Canada, Capitalisme, Capitalistes, Crime, Intérêts capitalistes, Mensonge, Opportunisme, Parasitisme by Jean-Sébastien Vézina-Girard on 16 septembre 2009

construction

 

Encore une histoire de fraudes fiscales fait état d’enquête pour la sûreté du Québec. Ainsi une nouvelle escouade anticorruption voit le jour pour savoir pourquoi au Québec les coûts de la construction vaut le double par rapport aux autres provinces canadiennes, soit 790 000$/kilomètre (pour une chaussé urbaine à deux voies) au lieu de 527 000$/kilomètre pour la moyenne canadienne.(1)

 

—De source sûre, La Presse a appris que l’escouade va s’intéresser particulièrement à l’un des plus importants entrepreneurs en travaux publics, actif surtout à Montréal, à Laval et dans les Basses-Laurentides. Et encore plus précisément à deux ouvrages routiers que son entreprise réalise et a réalisés. L’un d’eux a été financé par le ministère des Transports et la Ville de Montréal. Ses coûts ont explosé, passant du simple au double.—

Les enquêteurs ont en main une déclaration sous serment qu’un fonctionnaire du ministère des Transports a signée après avoir rencontré un entrepreneur qui faisait partie d’un «club» formé par une douzaine d’entreprises de travaux publics.

Selon ce bourgeois les membres du club se partagent les contrats à tour de rôle, qui visiblement étaient donnés aux plus bas soumissionnaires suite aux appels d’offres. Mais qui en réalité était déjà prédéterminés par ceux-ci au gré de leurs  rencontres et qui bien sûr  même pour le plus bas soumissionnaire était en fait bien plus élevé que ce qui devrait être en réalité.

Ironiquement le bureau de la concurrence du Canada a fait enquête sur ceux qu’on appelle le «Fab-fourteen», ou «Fabulous-14», un cartel de grand bourgeois qui cherchent à se partager de grands contrats. Mais cette enquête n’à point aboutit, peut-être par manque de preuves ou de transparence du gouvernement lui même pour ne pas mettre dans l’eau chaude certains membre du gouvernement provinciale.

Selon la SQ certains de ces bourgeois aurait déjà été filmés ou photographiés avec des membres de la mafia. Certain enquêteurs se demandent si la mafia n’exigerait pas une commission de leurs profits. Tout porte en se sens, car un de ces ‘’entrepreneurs’’ a été battu au début de l’été et ce fit le tour la semaine dernière a un autre dirigeants de ce Fabulous-14 .

Comparer à l’Ontario les contribuables québécois paieraient au moins 20% de trop pour ces travaux ou pour leurs infrastructures, qu’il s’agisse des routes, des conduites d’eau et d’égouts, des tunnels de métro ou des bâtiments publics. 20% qui pourraient être réinjectés dans le secteur publique de la santé par exemple, un chiffre en millions de dollars qui n’iraient pas dans les poches de ces bourgeois frauduleux et de la mafia ou même de la mafia gouvernementale.

La nouvelle escouade cherchera à savoir si les entreprises appartenant au «Fab-14» versent illégalement de l’argent comptant aux caisses occultes de partis politiques, ou carrément à des élus ou à des fonctionnaires, parfois par l’entremise de firmes d’ingénieurs, afin que tous ferment les yeux sur un système répandu de surfacturation.

Si le travaille pour lequel nous payons les policiers est bien fait nous aurons des réponses assez tôt mais s’ils passent l’enquête sous silence alors nous saurons que ceux-ci sont aussi corruptibles que ceux qu’ils tentent de démasquer.

(1) Données provenant de Transport Canada

 

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200909/14/01-901402-le-club-des-entrepreneurs-sous-la-loupe.php

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200909/14/01-901416-des-enqueteurs-de-la-sq-pour-mieux-combattre-les-fraudeurs.php