Quand le matérialisme s'en mêle…

Le SCRS est-il un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

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Après tant d’années de manifestations des pacifistes pour ce, l’organe chargé de surveiller les agissements du SCRS, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), condamne enfin les agissements illégaux du SCRS à l’endroit d’Omar Khadr, mais qu’en est-il du vrai débat de fond qui oppose le SCRS aux faits gênants qui le démarque d’un simple service de renseignements? Est-ce un organe de surveillance des agissements terroristes, ou n’est-il lui-même qu’un prolongement tentaculaire de l’organisation terroriste la mieux financée du monde, la CIA?

Historiquement parlant, le SCRS est venu remplacer la GRC, dans ses enquêtes visant la sécurité nationale, parce que cette dernière ne cessait de commettre des bavures, surtout au Québec. Car, même si les médias n’en parlent pas, il est pourtant évident que la GRC, dans le passé, a souvent dépassé les bornes, ou ses limites constitutionnelles du moins.

Que s’en souviennent les acteurs de cette époque, la GRC posait des bombes, qu’elle faisait ensuite passer pour des actions terroristes du FLQ. Ce n’est pas rien! Sinon même, l’épisode de Montebello, plus récent lui, où l’on avait, nous les manifestants pacifistes, démasqués des turbulents manifestants, encourageant aux actions brutales et violentes! Déguisés en manifestants, maladroitement je dois dire –ils portaient des chandails de Jeff Fillion!-, ils incitaient les autres à prendre des roches et à les lancer sur les policiers, étant eux-mêmes de vrais policiers! Cela ne peut que nous faire remarquer que les tactiques ressemblent étrangement à celles employés chez nos voisins du sud à l’encontre des manifestants anti-guerre. Mais le simple fait d’avoir collaboré avec une entité putchiste et terroriste, qui use de ces tactiques dégradantes pour arriver aux fins désirées Washington, vient mettre le SCRS à un pied d’égalité avec quelconque putchiste ou  ces lâches poseurs de bombe, qui n’hésitent pas à tuer des civils pour aller chercher une sympathie d’action d’envergure.

Il n’est donc pas étonnant que le SCRS agisse de la sorte, mais il est par contre étonnant que le CSARS ferme les yeux sur les affiliations du SCRS avec d’autres organisations, comme la CIA. Pourquoi? Pour les raisons évoquées ci-haut, et pour d’autres. La CIA, sous Reagan, a commis des atrocités qui n’ont rien à voir avec le geste légitime d’un soldat vis-à-vis son ennemi soldat d’en face. Sous Reagan, les milices mercenariats ont vu le jour en Amérique latine. Elles ont été largement financées par la CIA, donc par les contribuables états-uniens, afin d’endiguer le problème «communiste». Parce que se développaient à vive allure les mouvements d’émancipation socialistes à travers l’Amérique latine, Reagan, en commençant par le Nicaragua, a financé des dizaines de milliers de mercenaires, lesquels furent bien entendu entraînés, puis armés, aux seules fins de stopper l’avancée incroyable des «méchants communistes». S’en est résulté des dizaines de milliers de morts, civils surtout, pour lesquels les États-Unis n,ont jamais payé, ni subit quelconque sanction économique.

Le CSARS, fermant les yeux sur cet aspect historique, vient donc légitimer l’existence de tels réseaux, qui nous le savons désormais, ont pavé la venue des dictatures en Amérique latine, ont collaboré avec des entités terroristes dangereuses, sinon, qu’elles ont-elles-mêmes usé de ces tactiques disgracieuses. Le CSARS donne donc son approbation, quant aux liens qu’entretiennent les membres du SCRS avec la CIA, malgré les agissements illégaux et terroristes de cette dernière. Le CSARS n’est donc aucunement compétent pour juger des situations dans lesquelles se mettent les agents du SCRS, eux qui nous les savons, collaborent avec des terroristes connus et reconnus à travers le monde, sauf bien sûr, aux États-Unis et dans les pays collaborateurs.

Le SCRS, comme l’entend toutefois le CSARS, a brimé les droits fondamentaux du jeune enfant-soldat d’alors, qui n’avait à cette époque, pas l’âge légal pour être emprisonné de la sorte, encore moins dans des prisons illégales elles-mêmes, où l’on connaissait les pratiques tortionnaires des agents de la CIA, ou des soldats des états-uniens qui, rarement, respectent eux-mêmes le droit international. Le SCRS a donc collaboré avec des terroristes, afin de recueillir des informations cruciales disait-on. Cruciales pour qui, au juste? Cruciales pour ceux et celles qui ne respectent pas les droits internationaux. Car, en sautant les étapes, on nie ces agissements, puis on les appuie, sans s’en rendre compte, et l’on tombe dans le panneau. Tout à coup, très vite, le Canada se retrouve collaborateur d’une mission illégale, montée sur des mensonges (voir le livre de Denis Morissette des Joint Task Force), où l’on peut emprisonner des gens dans des prisons illégales, où se pratiquent la torture et les exécutions arbitraires, soit des assassinats. Puis l’on ne peut que constater, finalement, l’illégalité du SCRS qui, comme la GRC, a commis et commet toujours à l’heure actuelle, des bavures volontaires.

Je ne m’attarde pas ici à la complexe histoire du jeune enfant-soldat, mais aux simples faits qui  démarquent  le SCRS d’une simple agence de renseignements. Ce n’est pas une agence de renseignements normale, mais une agence terroriste, puisqu’elle collabore avec des terroristes, si l’on tient compte des accusations puériles qui par le passé, ont fusé de la part de ces mêmes terroristes à l’endroit de parfaits inconnus, qui n’étaient parfois que des proches d’une telle ou d’une autre personne, elle, vraiment terroriste. Toutefois, il y a eu ici, pure collaboration. Le SCRS a fermé ses yeux sur les actions entreprises par les États-Unis, via son agence de renseignements, pour arriver à ses fins. Il a par ce, fermés les yeux sur des crimes brutaux, qui furent commis au fil des décennies ayant marqué le dernier siècle. Il ne considère donc plus les crimes de ses semblables, mais reconnait celui d’Omar Khadr, un enfant-soldat qui, pourtant, si reconnu comme un enfant-soldat, n’a commis que le crime d’avoir été enrôlé. Mais encore…

Si on pousse l’analyse plus loin encore, qu’Omar Khadr ait été jeune ou vieux n’aurait rien dû changer à l’aspect d’illégalité de sa détention, encore moins de sa torture. Une guerre, c’est une guerre, et nul n’a besoin de savoir qu’il est illégal, selon les conventions signées par le Canada du moins, d’emprisonner indéfiniment des prisonniers, et que ceux-ci doivent avoir les mêmes droits que tous prisonniers de chacun des camps. Certes, l’ennemi «islamiste», consenti par nos autorités capitalistes impérialistes, n’ont pas signé ces traités, mais nous l’avons fait, et cela serait sensé, selon nos autorités toujours, nous diférencier d’«eux». Aussi, il apparaît absurde qu’un enfant-soldat, ou qu’un soldat quelconque soit accusé d’avoir assassiné l’ennemi, car tel est le risque d’une guerre, et ce sont des aspects connus des soldats lorsqu’ils s’enrôlent, dès lors qu’ils portent l’uniforme de combat. Il est donc totalement ridicule que l’on accuse Omar Khadr d’avoir tué un soldat états-unien, d’autant plus que ce dernier était l’envahisseur, et cela ne serait pas sans nous rappeler que les allemands nazis, dans le camp de Varsovie, lorsque les «méchants juifs» se rebellaient, accusaient ces derniers de s’adonner au terrorisme. Et si cela devait s’avérer, qu’omar Khadr ne soit qu’un vulgaire assassin, et bien, nous somems nous canadiens, et nos collaborteurs états-uniens, qu’une meute de meurtriers et les prisons seront pleines dès le retour des forces occupantes de l’Afghanistan.

Alors, si l’on regarde les «motifs raisonnables», cités par le CSARS, pour avoir permis cette mission de recueillement de renseignements auprès du jeune enfant-soldat -emprisonné toujours, dans une prison illégale-, ils ne sont qu’aussi puériles que l’analyse fait au départ de leurs propres alliés, à moins qu’ils n’aient finalement, que les mêmes intérêts! En permettant l’entretient avec Omar Khadr, le CSARS permet donc également, l’emprisonnement illégal, l’enlèvement, la séquestration et la torture des soldats adverses, et de quiconque -puisque la CIA enlève des gens à travers le monde et use de ces mêmes tactiques ailleurs dans le monde-.

Le CSARS ferme donc les yeux sur les liens qu’entretiennent une agence dite «de renseignements», avec une organisation spécifiquement terroriste, tortionnaire et arbitraire quant à ses droits d’aller perpétrer des enlèvements à l’étranger, que ce soit en Afghanistan, ou ailleurs. Elle ferme également les yeux sur les faits qui nous poussent à croire que ces mêmes agents terroristes de la CIA, ont non seulement collaboré avec l’ennemi «islamiste», mais qu’ils ont en plus de ça, dans le passé, financé ces derniers! Les États-Unis, via leur agence terroriste (CIA), ont armé et entraîné les milices d’Al-Qeada et leur ont même versés quelques milliards lorsque les russes étaient les envahisseurs de l’Afghanistan. Car à l’époque, ces milices étaient des alliées, et le terrorisme qu’elles manifestaient à l’encontre des ennemis des États-Unis ne gênaient guère ces derniers.

Mais également, pour ajouter de l’absurde, les derniers relevés de cette histoire nous confirment que la grenade ayant tué le soldat états-unien était de fabrication états-unienne, alors tout un tapage pour un potentiel délit entre forces alliées, une bavure quoi. Car, au gré de la mêlée à laquelle se sont adonnés, et les états-uniens, et le groupe d’Omar Khadr, beaucoup de grenades furent lancées. Dont des M-67! Et c’est précisément ce type de grenade, que ne possédait pas le groupe de Khadr, qui aurait tué le soldat états-unien. Alors, on peut certainement soupçonner un autre états-unien, membre du groupe du «tué», d’avoir accidentellement tué l’un de ses camarades…., et ses autres camarades, pour lui éviter la cour martiale, aurait facilement pu témoigner du «meurtre commis par Khadr», afin de sauver la peau de leur frère d’armes. Certes, nous pourrions nous questionner à savoir qui ne commet pas de meurtre dans une guerre, mais là n’est pas mon intention aujourd’hui. Car tuer, n’est-elle pas l’action entreprise par tous les soldats vis-à-vis leurs ennemis?

Bref, cette histoire n’a pas fini de faire couler de l’encre et d’user nos empreintes digitales sur nos claviers, mais au fil de son avancée, les médias capitalistes ne soulèvent aucun questionnement de fond, mais de simples effleurements de surface. Et les coupables, les véritables, s’en tirent encore une fois, grâce à leurs confrères sensés les surveiller, des complices finalement!

2 Réponses

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  1. sylvainguillemette said, on 18 juillet 2009 at 13:40

    Et certes, ceux-ci (C.I.A.), venant tout droit des États-Unis, ne figurent pas sur une liste de groupes terroristes, alors qu’ils usent pourtant de ces disgracieuses tactiques. Ben coudonc! Double-mesure!

    J’accuse donc le Canada de financer le terrorisme, de collaborer avec des États voyous terroristes et de s’en laver les mains à travers le filet médiatique capitaliste, lui-même dénué de toute impartialité.

    La C.I.A. a également formés les militants d’Al-Qeada et a financé ce groupe obscurantiste afin qu’il défende ses intérêts de jadis. Comme quoi Washington a de ces alliés, temporaires!

    Les talibans, également, furent de leurs alliés, et maintenant, ils les chassent, puisqu’ils ont refusé de céder le passage à l’oléoduc états-unien, voulant lui, entrer en compétition avec celui des russes en Europe -ce à quoi se rattache ce qui se passe en Géorgie-.

    Bref, les États-Unis, de par la C.I.A., ont commis des meurtres de masse comme nul autre pays ne l’a fait durant les deux derniers siècles. Ni même l’Allemagne nazie, si l’on calcule la pauvreté qui a découlé des actions de la C.I.A..

    Et que pensent donc les médias capitalistes canadiens, sinon québécois de la C.I.A. ou du S.C.R.S.? Rien! Ils en parlent tout bonnement, comme s’il ne s’agissait que de groupes d’espionnage, n’ayant jamais porté une idéologie au bout de leur canon, de leurs putchistes ou d leurs terroristes…

    LA C.I.A. est l’organisation terroriste la mieux financée du monde et jamais n’a t-elle payé pour ses crimes, encore moins ses financiers, Washington! La justice ne touche que les perdants, celle-ci n’est donc que relative.

    À quand les présidents des États-Unis passeront-ils au TPI?

  2. Jean-Sébastien Vézina-Girard said, on 18 juillet 2009 at 13:03

    La CIA à été reconnu officiellement de plusieurs crimes il y a quelques années et ce publiquement. L’organe d’enquête a changé de nom pour le NED mais c’est toujours le même chose sauf pour leur passé de tortionnaire, mais eux vont crée le leur si ce n’est pas déjà fait. En Amérique du Sud la CIA donnait des cours de tortures à la police locale, l’armée et les forces spéciales des régions. Il y avait même des manuels de tortures de la CIA , il est très clair que le SCRS a reçu des formations sur le collecte de renseignement peu importe la manière et de a différent degrés d’importance pour les différentes situations. Ici par exemple la phobie des «séparatistes» du gouvernement fédéral pousse ses agents à les surveiller et même a pôusser du monde a les infiltrer.

    Pour en savoir plus sur la CIA je vous conseille L’État voyou de William Blum .


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