Quand le matérialisme s'en mêle…

Le mérite, sous toutes ses coutures

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Le mérite est un bien grand mot, de par les attributions qu’on lui donne. Mais que défend cette mise en valeur, en bout de ligne, qui n’est pas nécessairement liée au mérite d’un individu, mais qui tente à excuser bien d’avantage qu’un simple et réel mérite?

Par exemple, on dira d’un individu, tentant de grimper au pommier pour s’attribuer de ses fruits, qu’il a le mérite de prendre le risque de grimper à cet arbre, car certes, il pourrait chuter et s’y blesser. Et ainsi, il se méritera les fruits de cet arbre fruitier, sans toutefois faire ombre à la collectivité qui n’ira pas à sa place, chercher la pomme dans l’arbre. Mais qu’en est-il lorsque l’on encense le mérite d’un individu au point de suggérer qu’il est légitime qu’il exploite le labeur d’autrui?

Est-ce là un véritable mérite? Peut-on travailleur durement au point d’en mériter de suite, le fruit du labeur d’autrui? Y a-t-il tout d’abord, une quelconque règle équivalente, permettant de calculer le mérite de chacun? Non. Cette règle n’existe pas. On ne peut donc pas, pour ainsi dire, quantifier le labeur de chacun, sauf par ses heures de travail, ou par ses réalisations, mais en cela, rien ne définie la ligne juste permettant l’exploitation d’autrui, puisque cette règle, comme dit ci-haut, n’existe tout simplement pas et d’ailleurs, elle serait brisée par les faits, puisque bon nombres de bourgeois ne travaillent plus, mais dépendent du labeur d’autrui. Mais alors, pourquoi donc les capitalistes usent de cette dite loi du mérite, pour exprimer leur affirmation que le bourgeois, propriétaire des moyens de production, puisse retirer un profit du labeur d’autrui?

C’est entre autre, parce que rien n’explique l’exploitation d’autrui. Rien ne l’explique, rien ne la justifie. Mais les capitalistes, manquant considérablement d’argument pour expliquer l’inexplicable, s’y en remettent, quitte à répéter le mensonge jusqu’à ce qu’il devienne vérité aux oreilles du visé, l’exploité, le prolétaire. Mais alors, comment peuvent-ils quantifier le labeur, rendant au mérite et sinon, qu’est-ce qui fait d’un être vivant, ce bourgeois dit «méritant»?

Ils ne le peuvent pas, puisque la règle quantifiable du labeur n’existe pas. Ils acclament donc le bourgeois méritant, en l’affirmant tout aussi simplement que jadis, on affirmait que la Terre était plate. Il faut aux idéalistes, donc aux capitalistes, une raison pour défendre l’indéfendable exploitation du labeur d’autrui, alors ils s’inventent des raisons plus farfelues les unes que les autres. Car de fait, un entrepreneur n’a pas toujours les capitaux nécessaires pour démarrer une entreprise, il finira donc, parfois, ses jours en tant que prolétaire, puis s’abstiendra de se lancer en affaires, faute de moyens insuffisants pour ce. Par contre, l’individu détenant ces capitaux indispensables, ou se les faisant attribuer par une quelconque instance, un ami, ou une subvention du public par exemple, pourra accomplir le rêve de plusieurs, soit de pouvoir gagner du capital sur le labeur d’autrui et donc, de cesser de se faire exploiter. Ce faisant, il n’aura pas mérité le fruit du labeur d’autrui, mais aura atteint cette ligne démarquant l’exploité de l’exploitant, lequel, ce dernier, on dira méritant, malgré les faits démentant cette affirmation puérile. Mais alors, qui donc est réellement méritant dans cette société capitaliste?

Le producteur de richesses, l’entrepreneur qui ne dispose pas des moyens de production*, ou d’autres travailleurs, comme l’ensemble du prolétariat par exemple, sont toutes et tous des acteurs qui créent la richesse, sauf qu’ils doivent, excepté dans les cas où ils travaillent pour une instance publique, s’en remettre aux moyens de production privés, lesquels sont détenus, eux,  par la bourgeoisie qui, elle, ne représente qu’une infime minorité de la population. C’est elle que les capitalistes disent «méritante». Mais de fait, ce sont ses exploités, qui créent la valeur ajoutée nécessaire au capitalisme qui repose d’ailleurs sur le profit, comme s’il s’agissait d’une seule et véritable voie, mais il s’agit là d’un dogme. La demande et l’offre sont importantes, mais le profit ne l’est, lui, que dans ce système capitaliste qui, lui, favorise bien évidemment, la bourgeoisie dite «méritante».

Le travailleur moyen, le prolétaire, doit comme dit ci-haut, créer la richesse, mais ce faisant, il se doit d’avoir des outils de production, lesquels malheureusement, dans ce système capitaliste, ne sont accessibles qu’aux mieux nantis d’entre nous. C’est alors qu’il se voit forcé, pour manger, avoir un toit et vivre convenablement (sinon faire vivre les siens qui peuvent en dépendre), de travailler pour un bourgeois, à qui il vendra sa force de travail. Ainsi, le travailleur crée la richesse chez le bourgeois, dans on usine, puis ce dernier, récolte les fruits du labeur du prolétaire, qu’il distribuera ensuite à se guise.

Certes, une partie des profits ira directement à l’amélioration de l’entreprise, afin je l’espère, de la rendre plus productive. Mais une autre partie, celle du dit «méritant», revient elle au bourgeois, qui s’en servira comme bon lui semble, puisqu’un dogme le défend d’en faire ainsi, le «mérite». Et c’est là, la preuve incontestable, indéniable, que l’on exploite les prolétaires, d’où le nom, et que l’on favorise une minorité de la population, la bourgeoisie détentrice des moyens de production, ce, au fil même du labeur d’autrui.

Donc, certes il y a des méritants, mais ils sont mal identifiés, on attribue le mérite à ceux qui profitent largement de la création de richesse par les autres, tout en se faisant croire qu’il y aurait là mérite, mais ce n’est visiblement pas le cas. Peut-on dire que le bourgeois travaille avec la même ardeur que ses prolétaires dans le milieu de la construction? Peut-on faire ce même parallèle avec la voirie, les poseurs de bitume, etc..? Y a-t-il, dans quelconque exemple, un méritant du labeur d’autrui, peu importe son entreprenariat? Aucunement,  et c’est pourquoi il nous fallait aujourd’hui démystifier le mérite, pour en conclure, que tous les travailleurs faisant leur part dans la collectivité, sont des méritants. Et qu’aucunement, quelqu’un n’a le mérite d’exploiter le labeur d’autrui.

Nous pourrions, pour approfondir la démarche, cette analyse, expliquer la provenance du capital, et là, rien ne pourrait plus expliquer ce soit disant mérite, affirmé par les capitalistes et les autres idéalistes de tout acabit. Allons-y!

Le capital est le terme employé pour signifier, dans notre ère, l’argent, ou tout objet digne d’une valeur, aux yeux de quelqu’un, permettant l’échange de services. Certains en ont plus que d’autres, mais un processus historique explique clairement pourquoi il en est ainsi. Et les exemples seraient sans fin.

Par exemple, une famille X, et une autre Y, peuvent avoir autant d’enfants l’une que l’autre, mais ce n’est pas toujours le cas, et cela déjà, explique les coûts engendrés chez la famille X ou Y qui s’en suivent.  Chez ces mêmes familles X et Y, il peut y avoir des imprévus, des évènements qui perturberaient les budgets d’une ou l’autre des familles et encore là, ce la change du tout au tout la capacité de ces familles à se lancer en affaires. Sinon, la maladie, qui peut comme nous le savons, frapper quiconque, non par hasard, mais par des causes toutefois inconnues à ce jour, et cela également perturberait les plans d’une des deux familles, rendant la vie inéquitable, voire injuste pour une ou l’autre des familles. Encore, l’exemple d’une famille qui, par admettons, perd l’un des deux tuteurs, si encore là, il y a deux tuteurs! Encore une fois, nous voyons l’équité prendre la porte et la situation, n’est guère égale d’une famille à l’autre. Et je peux continuer des années comme cela, à nommer des caractéristiques qui peuvent décider de mener une famille à la bourgeoisie ou non. Une chose est certaine, toutes les familles ne s’y rendront pas.

Certains diront que le bourgeois mérite, par son épargne, par son risque, et même par son héritage du« risque et du mérite de leurs parents»! Certains diront également, que le gagnant à la loterie, devient un méritant, mais constatons s’il vous plaît, que rien ne prouve ces dires! D’autres, parlant de risque, diront que les bourgeois en ont pris de gros. Mais là encore, je ne peux que vous inviter à voir, qui, au sein de GM ces temps-ci, perds son emploi, et donc, son gagne-pain menant au mérite! Bref, là encore, nous assistons à un éventail d’affirmations qui, pour la totalité, ne sont que pures affirmations, justement! Et que donc, il n’existe aucune raison d’affirmer le mérite de quelqu’un, jusqu’à concevoir une forme de liberté d’exploiter son prochain, le prolétariat.

Nous venons de voir qu’il y avait des situations bien différentes et ce, partout dans le monde si l’on tient compte du fait que des pays sont pauvres, et que d’autres sont riches, soit par leurs ressources naturelles, mais autant par leur développement acquis jusqu’à ce jour. Et que, par conséquent, les chances ne sont pas justes, équitables, comme le prétendent les capitalistes défendant l’indéfendable, mais plutôt, injustes et différentes dans tous les cas, comme le prétendent les marxistes, plus tentés vers l’analyse que par l’affirmation simpliste.

Ainsi, nous pouvons conclure qu’il y a certes des méritants,  mais qu’ils n’ont toutefois, en aucune légitimité, le droit d’exploiter le labeur d’autrui, sinon, que rien ne l’explique dans cette ère capitaliste. Et que bref, le mérite du bourgeois n’est autre chose que le mérite d’avoir posséder, au moment opportun, le capital indispensable à l’élaboration d’une entreprise privée.

*Du moins, l’entrepreneur bourgeois, n’est méritant que de ses idées, non pas du labeur d’autrui.

Termes employés:

Bourgeois: Le bourgeois est celui qui possède les moyens de production et ne sert en aucun cas à définir le riche du pauvre.

Prolétariat: le prolétariat, constitué de prolétaires, définit la classe qui doit vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins et ceux de ses proches.

6 Réponses

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  1. sylvainguillemette said, on 9 juillet 2009 at 20:20

    Oui, je reconnais la plume. bienvenue sur notre blogue et bienvenue dans notre bloguoliste, dès que je trouverai la façon de l’afficher! 😛

    • David Gendron said, on 9 juillet 2009 at 20:24

      Va voir sur « liens » sur le Tableau de bord. Rien ne presse.

      Merci!

  2. David Gendron said, on 9 juillet 2009 at 20:03

    En fait, je suis Anarcho-pragmatiste!

  3. David Gendron said, on 9 juillet 2009 at 20:02

    Il ne faut pas oublier que la déformation du concept mérite par le dogme étatiste:

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/06/16/le-dogme-etatiste-deforme-la-selection-naturelle-et-le-merite/

    D’accord avec votre billet en général.

  4. Sylvain Guillemette said, on 9 juillet 2009 at 20:02

    Et vous avez une adresse monsieur Gendron?

  5. David Gendron said, on 9 juillet 2009 at 19:58

    Intéressant, je parle souvent du mérite dans mon blogue ces temps-ci!


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