Quand le matérialisme s'en mêle…

(Vidéo) Thierry Meyssan : un massacre ordinaire de l’ASL par Thierry Meyssan

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 4 août 2012

Après avoir échoué à se maintenir à Homs et avoir perdu la bataille de Damas, l’Armée « syrienne » libre a lancé une attaque contre Alep.

L’ASL a réussi a prendre le contrôle de deux quartiers de la ville et d’un vaste parc public. Elle s’est emparée de plusieurs commissariats, massacrant tous les policiers.

La majorité de la population des quartiers concernés s’est réfugiée dans la partie de la ville contrôlée par les loyalistes. L’ASL voudrait ériger un Émirat islamique dans le quartier d’Al-Nereb comme elle le fit à Baba Amr, un quartier de Homs. Pour cela, elle a expulsé les résidents non-sunnites restés sur place, non sans avoir massacré au préalable les familles jugées « favorables au régime ».

Sur cette vidéo, filmée par l’ASL le 31 juillet 2012, 15 membres de la famille bédouine Al-Berri sont alignés contre un mur et fusillés. On notera l’état d’extrême excitation des islamistes qui, pour la plupart, sont sous l’emprise de drogues.

Les journalistes occidentaux "embedded" dans l’ASL, qui sont entrés illégalement en Syrie avec les combattants de l’ASL stationnés en Turquie, ont été ramenés à la frontière depuis plusieurs jours déjà pour ne pas assister aux exactions. Ils n’auront été baladés que quelques jours par les services de Relations publiques de l’OTAN, ne voyant que ce qu’on avait décidé de leur montrer et que l’on avait parfois mis en scène pour eux. Ils persistent à décrire la situation comme une révolution populaire et démocratique bien qu’ils aient constaté par eux-mêmes que les combattants venaient de Turquie et n’avaient d’autre soutien en Syrie que des groupuscules de fanatiques religieux.

(Photo : Ali Zein al-Abidin Al-Berri, le chef de la tribu, avant son assassinat par les junkies de l’Armée « syrienne » libre.)

 

 

Source: Voltaire

 

Syrie : l’incroyable aveu de Laurent Fabius (mondialisation.ca)

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 16 juillet 2012

Selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les grandes puissances préparent déjà l’après El Assad. Elles ont même réfléchie à trouver un successeur au président syrien, au mépris de la souveraineté du peuple. Pierre Levy «se frotte les yeux».

Chaussures, bagages et valises de luxe. Voilà quelques-uns des articles que les Vingt-sept ont placés sous embargo à travers la énième vague de sanctions contre Damas. On aurait presque envie d’en rire (on avait en effet cru comprendre que les dirigeants européens souhaitaient la fuite du président syrien) si la situation n’était si tragique. Cette énumération surréaliste (figurent également cigares, caviar, eau de vie et bijoux…) illustre l’insondable suffisance qui domine à Bruxelles, où l’on semble considérer Bachar el-Assad comme une marionnette s’accrochant au pouvoir pour le plaisir de «massacrer son propre peuple» entre deux orgies.

En tout cas, on peut être rassuré sur un point : la propagande de guerre n’a rien perdu de son allant. Ainsi la BBC (modèle de rigueur journalistique, dit-on) a-t-elle mis à la une de son site la photo d’un massacre syrien… prise quelques années plus tôt en Irak. Quant à la tuerie d’Houla – des familles entières achevées à l’arme blanche – qui a été présentée comme un «tournant dans l’horreur», ses auteurs ne semblent pas être les affidés du président, mais bien ses adversaires armés ; c’est en tout cas ce qu’indiquent les indices et témoignages recueillis par un reporter chevronné, et publiés dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung , qui ne passe pas pour être un suppôt du président Assad.

Le régime de ce dernier serait-il alors blanc comme neige ? Certes non. Mais cela est l’affaire du peuple syrien, qui semble loin d’être majoritairement acquis à l’opposition. En réalité, les souffrances de celui-ci sont bien la dernière des préoccupations des chancelleries : celles-ci tentent de déstabiliser la Syrie afin d’affaiblir l’Iran, contre qui l’étranglement économique vient de monter d’un cran. Pour l’heure, une intervention armée directe n’est pas à l’ordre du jour : Moscou et Pékin semblent cette fois décidés à garantir le principe de non-ingérence, seul fondement d’un ordre international qui ne soit pas la loi du plus fort. Et quand bien même ce verrou sauterait, il n’est pas certain qu’une invasion soit envisagée avec enthousiasme par les alliés atlantiques, tant le terrain est miné. Ce qui n’empêche nullement les livraisons d’armes occidentales, ainsi que la présence de forces spéciales (notamment sous couvert qatari et saoudien) aidant les rebelles armés, qui multiplient les attentats.

«Un pouvoir doit avoir un successeur»

Le ministre français des Affaires étrangères assume un soutien officiel à la rébellion, confirmant en la matière la parfaite continuité entre les deux locataires successifs de l’Elysée. Mais Laurent Fabius ne s’en tient pas là. Appelant à ce que «le tyran (soit) dégagé au plus tôt», il a précisé au micro de France Inter : «un pouvoir doit avoir un successeur ; donc il y a des discussions très précises et très difficiles». On se frotte les yeux : pour la première fois ouvertement, un responsable avoue que les grandes puissances entendent non seulement abattre un régime, mais choisir qui le remplacera. Le plus extraordinaire est qu’une telle déclaration soit passée quasiment inaperçue, comme s’il s’agissait d’une chose finalement très naturelle.Après tout, n’étaient-ce pas déjà Bruxelles, Berlin et Paris qui avaient organisé la mise à pied de l’Italien Berlusconi et du Grec Papandréou, puis nommément introduit leurs successeurs ? Plus discrètement, un double règlement européen (baptisé «pack de deux») est actuellement en discussion entre le Conseil et le parlement européens, qui permettrait de placer directement sous tutelle (et sans son aval) un pays qui se montrerait incapable d’«assainir» suffisamment ses finances publiques. La banalisation, en quelque sorte, de l’expropriation politique que subissent Grecs, Portugais et Irlandais.

La raison d’être des empires a toujours été d’imposer leurs choix. En cette ère postmoderne, les armes, selon les circonstances, sont celles des services spéciaux ou de l’Otan ; ou bien de la BCE, de la Commission et du FMI.

On n’en a décidément pas fini avec les derniers des Troïkans.

Pierre Lévy

Pierre Lévy : Rédacteur en chef de Bastille-République-Nations, mensuel progressiste radicalement eurocritique.

Source: http://www.centpapiers.com/syrie-l%E2%80%99incroyable-aveu-de-laurent-fabius/100853

Le Pentagone établit que l’avion turc a été abattu dans l’espace aérien syrien

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 10 juillet 2012

Le Pentagone a confirmé au Wall Street Journal que l’avion turc abattu par la Syrie, le 22 juin 2012, a bien été descendu par une batterie anti-aérienne et non par un missile sol-air.

Le département US de la Défense invalide ainsi la version turque et crédite la version syrienne de l’incident.

Le Pentagone a précisé au quotidien que le rayon d’action limité d’une batterie anti-aérienne laisse supposer que l’avion a bel et bien été abattu dans l’espace aérien syrien. La version du F-4 Phantom détruit est généralement utilisée pour des missions de renseignement. En outre, a-t-il poursuivi, la décision d’actionner cette batterie ressort d’un commandant local, tandis que celle de tirer un missile relève du commandement militaire national.

Sur la foi de la version turque, le Conseil atlantique a vivement condamné l’action syrienne, stigmatisant le « mépris des autorités syriennes pour les normes internationales, la paix et la sécurité, et la vie humaine ». Les révélations du Pentagone interviennent postérieurement à cette condamnation. Aucune réunion du Conseil atlantique n’est prévue pour réviser la position de l’OTAN sur la base de ces nouvelles informations. Bien que démenti officiellement, le mensonge est donc appelé à durer.

 

U.S. Contradicts Turkey’s Jet Story”, par Julian E. Barnes, Adam Entous et Joe Parkinson, The Wall Street Journal, 2 juillet 2012.

Drones assassins pour la « kill list » par Manlio Dinucci

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 15 juin 2012

C’est à un bien étrange rituel auquel se livre quotidiennement le prix Nobel de la paix. Chaque jour dans son bureau ovale, Barack Obama coche la liste de personnes à assassiner : hommes, femmes, adolescents, enfants, « révèle » le New York Times. Comble du cynisme, dans un pays où le lobby militaro-industriel est tout puissant et où l’on interprète toute volonté d’apaisement comme un signe de faiblesse, il est parfois payant, quand débute une campagne électorale, de faire savoir qu’on est un « tueur ».

Les États-Unis doivent se défendre de ceux qui les attaquent, déclare le secrétaire à la Défense Leon Panetta, rejetant les protestations sur l’augmentation des attaques de drones étasuniens au Pakistan.

Selon Panetta, les Pakistanais doivent comprendre que les Predators sont là aussi pour leur bien : ils volent au dessus de leurs têtes, téléguidés depuis les USA à plus de 10 000 kilomètres de distance, pour frapper avec leurs missiles Hellfire (Feu de l’enfer) les dangereux terroristes nichés en territoire pakistanais.

Conclusion opposée, après une visite au Pakistan, de Navi Pillay, Haut Commissaire de l’Onu pour les Droits de l’homme : les attaques par drones, qui ont lieu en moyenne tous les quatre jours, « provoquent les morts indiscriminées de civils, qui constituent une violation des droits humains ». Elles soulèvent en outre de graves questions de droit international, en ceci qu’elles sont menées « en dehors de tout mécanisme de contrôle civil ou militaire ». Pillay demande donc l’ouverture d’une enquête officielle. Accusation sèchement rejetée par le président Obama, lequel assure que les attaques par drones —effectuées aussi en Afghanistan, Irak, Yémen, Somalie et autres pays— « ne provoquent pas de grosses pertes civiles ». Elles sont en fait « sous contrôle très étroit ».

Personne n’en doute. Comme le rapporte le New York Times [1], c’est le président lui-même qui effectue les « nominations top secret » des présumés terroristes à tuer, pour la majeure partie avec des attaques de drones. La «  kill list » —comprenant des personnes du monde entier qui, jugées nocives pour les États-Unis et leurs intérêts, sont condamnées secrètement à mort sous l’accusation de terrorisme— est mise à jour chaque semaine par « le plus étrange des rituels bureaucratiques » : la téléconférence, gérée par le Pentagone, de plus de cent responsables de la « sécurité nationale », lesquels retirent les fiches des tués et en ajoutent d’autres dans une sorte de jeu macabre qu’un fonctionnaire compare à celui des figurines des champions de base-ball. La liste est ensuite soumise au président pour approbation. Surtout quand « en même temps que le terroriste, qui sera touché par le drone, il y aura sa famille », « l’évaluation morale finale » revient au président. Quand celui-ci a donné son autorisation, l’opérateur, commodément installé aux États-Unis à la console de commande du drone, lance les missiles contre cette maison au Pakistan, indiquée comme refuge du terroriste. De toutes façons, dans l’explosion, les enfants ne se voient pas.

Voici ce qu’est la « guerre non conventionnelle » menée par l’administration Obama. On développe pour elle des drones de plus en plus sophistiqués : comme celui à propulsion nucléaire, en mesure de voler de façon ininterrompue pendant des mois, et un petit « drone kamikaze » qui plonge sur l’objectif en le détruisant avec sa charge explosive. Des affaires en or pour les industriels (General Atomics, Northrop Grumman et autres) : le Pentagone a décidé d’augmenter de 30 % sa flotte actuelle de 7 500 drones, en dépensant 32 milliards de dollars. L’Italie participera à la dépense à hauteur de 4 milliards de dollars pour cinq drones fabriqués aux États-Unis, déployés par l’Otan à Sigonella (Sicile), et achètera des missiles et des bombes de précision pour ses propres drones, eux aussi made in USA. Cela, souligne le Pentagone, servira à « protéger » non seulement l’Italie mais aussi les États-Unis.

À quand une « kill list » italienne ?

par Manlio Dinucci

Source Voltairenet.org

 

Des États membres de l’OTAN et du CCG préparent un coup d’État et un génocide sectaire en Syrie. Si vous voulez vous opposer à ces crimes, agissez dès maintenant : faites circuler cet article sur le Net et alertez vos élus.

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 14 juin 2012
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Dans quelques jours, peut-être dès vendredi 15 juin à midi, les Syriens qui voudront regarder les chaînes nationales verront celles-ci remplacées sur leurs écrans par des télévisions créées par la CIA. Des images réalisées en studio montreront des massacres imputés au gouvernement, des manifestations populaires, des ministres et des généraux donnant leur démission, le président el-Assad prenant la fuite, les rebelles se rassemblant au cœur des grandes villes, et un nouveau gouvernement s’installant au palais présidentiel.

Cette opération, directement pilotée depuis Washington par Ben Rhodes, conseiller adjoint de sécurité nationale des États-Unis, vise à démoraliser les Syriens et à permettre un coup d’État. L’OTAN, qui se heurte au double veto de la Russie et de la Chine, parviendrait ainsi à conquérir la Syrie sans avoir à l’attaquer illégalement. Quel que soit le jugement que l’on porte sur les événements actuels en Syrie, un coup d’État mettrait fin à tout espoir de démocratisation.

Très officiellement, la Ligue arabe a demandé aux opérateurs satellitaires Arabsat et Nilesat de cesser la retransmission des médias syriens, publics et privés (Syria TV, Al-Ekbariya, Ad-Dounia, Cham TV etc.). Il existe un précédent, puisque la Ligue avait déjà œuvré à la censure de la télévision libyenne pour empêcher les dirigeants de la Jamahiriya de communiquer avec leur peuple. Il n’y a pas de réseau hertzien en Syrie où les télévisions sont exclusivement captées par satellite. Mais cette coupure ne laissera pas les écrans noirs.

En effet, cette décision publique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon nos informations plusieurs réunions internationales ont été organisées cette semaine pour coordonner l’opération d’intoxication. Les deux premières, d’ordre technique, se sont tenues à Doha (Qatar), la troisième, politique, s’est tenue à Riyad (Arabie saoudite).

Une première réunion a rassemblé les officiers de guerre psychologique « embedded » dans quelques chaînes satellitaires, dont Al-Arabiya, Al-Jazeera, BBC, CNN, Fox, France 24, Future TV, MTV — On sait que depuis 1998 des officiers de l’United States Army’s Psychological Operations Unit (PSYOP) ont été incorporés dans la rédaction de CNN ; depuis, cette pratique a été étendue par l’OTAN à d’autres stations stratégiques—. Ils ont rédigé à l’avance de fausses informations, selon un « storytelling » élaboré par l’équipe de Ben Rhodes à la Maison-Blanche. Une procédure de validation réciproque a été mise au point, chaque média devant citer les mensonges des autres pour les rendre crédibles aux yeux des téléspectateurs. Les participants ont également décidé de ne pas uniquement réquisitionner les chaînes de la CIA pour la Syrie et le Liban (Barada, Future TV, MTV, Orient News, Syria Chaab, Syria Alghad), mais aussi une quarantaine de chaînes religieuses wahhabites qui appelleront au massacre confessionnel au cri de « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites au tombeau ! »

Le second meeting réunissait des ingénieurs et des réalisateurs pour planifier la fabrication d’images de fiction, mêlant une partie en studio à ciel ouvert et une partie d’images de synthèse. Des studios ont été aménagés durant les dernières semaines en Arabie saoudite pour reconstituer les deux palais présidentiels syriens et les principales places de Damas, Alep et Homs. Il existait déjà des studios de ce type à Doha, mais ils étaient insuffisants.

La troisième réunion regroupait le général James B. Smith, ambassadeur des États-Unis, un représentant du Royaume-Uni, et le prince Bandar Bin Sultan (que le président George Bush père désignait comme son fils adoptif, au point que la presse états-unienne l’a surnommé « Bandar Bush »). Il s’agissait de coordonner l’action des médias et celle de « l’Armée syrienne libre » dont les mercenaires du prince Bandar forment le gros des effectifs.

L’opération qui était en gestation depuis des mois a été précipitée par le Conseil de sécurité nationale des États-Unis après que le président Poutine ait notifié à la Maison-Blanche que la Russie s’opposerait par la force à toute intervention militaire illégale de l’OTAN en Syrie.

Cette opération comprend deux volets simultanés : d’une part déverser de fausses informations et d’autre part censurer toute possibilité d’y répondre.

Le fait d’interdire des TV satellitaires pour conduire une guerre n’est pas nouveau. Ainsi, sous la pression d’Israël, les États-Unis et l’Union européenne ont successivement interdit des chaînes libanaise, palestiniennes, irakiennes, libyennes, et iraniennes. Aucune censure n’a été effectuée envers des chaînes satellitaires provenant d’autres régions du monde.

La diffusion de fausses nouvelles, n’est pas non plus une première. Cependant, quatre pas significatifs ont été franchis dans l’art de la propagande au cours de la dernière décennie.
• En 1994, une station de musique pop, la Radio libre des Mille Collines (RTML) a donné le signal du génocide rwandais en appelant à « Tuer les cafards !  ».
• En 2001, l’OTAN a utilisé des médias pour imposer une interprétation des attentats du 11-Septembre et justifier les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak. À l’époque déjà, c’est Ben Rhodes qui avait été chargé par l’administration Bush de rédiger le rapport de la Commission Kean/Hamilton sur les attentats.
• En 2002, la CIA a utilisé cinq chaînes, Televen, Globovision, Meridiano, ValeTV et CMT, pour faire accroire que des manifestations monstres avaient contraint le président élu du Venezuela, Hugo Chavez, à démissionner, alors qu’il venait d’être victime d’un coup d’État militaire.
• En 2011, France 24 faisait de facto office de ministère de l’Information du Conseil national libyen, avec qui il était lié par contrat. Lors de la bataille de Tripoli, l’OTAN a fait réaliser en studio et diffuser par Al-Jazeera et Al-Arabiya des images des rebelles libyens entrant sur la place centrale de la capitale, alors qu’ils étaient encore loin de la ville, de sorte que les habitants, persuadés que la guerre était perdue, cessèrent toute résistance.

Désormais, des médias ne se contentent plus de soutenir la guerre, ils la font.

Ce dispositif viole des principes de base du droit international, à commencer par l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme relatif au fait « de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Surtout, il viole les résolutions de l’Assemblée générale des Nations-Unies, adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir les guerres. Les résolutions 110, 381 et 819 interdisent « les obstacles au libre-échange des informations et des idées » (en l’occurrence la coupures des chaînes syriennes) et «  la propagande de nature à provoquer ou encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ». En droit, la propagande de guerre est un crime contre la paix, le plus grave des crimes, puisqu’il rend possible les crimes de guerre et les génocides.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanThierry Meyssan : Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Professeur de Relations internationales au Centre d’études stratégiques de Damas. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007).

DVD Gouverne(mental) « Anonymous Quebec » (Copiez et distribuez!)

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 31 mai 2012

 

Les conservateurs canadiens: Les champions de l’interventionnisme!

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 30 mai 2012

La patience des conservateurs

En à peine 5 jours, les Conservateurs d’Ottawa ont trouvé suffisante, la durée des négociations entre le «Canadian Pacific» et ses employés, pour arbitrairement trancher en faveur de l’employeur. En effet, contre toutes attentes quant au discours idéologique du laisser-faire capitaliste habituel des conservateurs, bien au contraire, ces derniers brandissent aujourd’hui «l’économie», comme raison valable d’une telle intervention, dite «spéciale» de l’État dans un litige employeur/employés.

Mais alors, si l’économie est une bonne raison pour l’intervention de l’État, pourquoi les conservateurs n’appliquent-ils pas irrémédiablement ce principe dans tous les autres contextes? Tout simplement parce que les conservateurs ne sont que les valets de ceux qu’ils défendent bec et ongles, ce sont les laquais des employeurs et non ceux du peuple, comme ils se devraient pourtant d’être, vu leur titre d’élu «populaire». Ils n’appliquent d’ailleurs leur idéologie, que lorsque cela avantage leurs amis bourgeois et leurs intérêts limitrophes qui, sait-on, pourraient allonger leur carrière après celle-ci, sinon les commodités d’une retraite bien dorée. Mais n’est-il pas ironique et sensé de dire que : Les conservateurs, en brisant les retraites des travailleurs, arrangent la leur?

Les rois de l’économie gaspillent les fonds publics sans compter…

Les conservateurs se disent champions de l’économie, mais ce n’est pas ce qu’ils défendent, de toute évidence. Un employé qui se voit diminué en salaire, ou en pension de vieillesse, ne voit pas son pouvoir d’achat grandi, tout au contraire et il n’est pas nécessaire d’être comptable pour s’assurer d’une telle équation. Il m’apparait clair que le pouvoir d’achat réduit des travailleurs, ne peut que les limiter dans leurs dépenses, donc dans leur devoir respectif de consommateurs –aux yeux des capitalistes-, faisant rouler l’économie. Mais voilà que les conservateurs vident les coffres de l’État, pour refiler aux travailleurs, le fardeau de leurs services perdus au public, que ces derniers devront retrouver, plus coûteux per capita, au privé.

Et pourtant, les conservateurs arguent que l’économie est leur priorité absolue, ce qui cache mal, quand on aperçoit le gaspillage étatique depuis leur arrivée à Ottawa, la vérité absolue. F-35, lac artificiel et tout le tralala au G-20, et une panoplie de petits et grands scandales chez la députation conservatrice, quant aux montants d’argent illégalement redistribués dans les circonscriptions lors de campagnes électorales. Sinon la mission libyenne, un Coup d’État plutôt, qui aura coûté bien plus cher que prévu, tant en vie humaines, que les conservateurs disent chérir, qu’en deniers publics. Et de fait, cette agression de l’OTAN n’aura servi qu’à troquer un régime pour un autre, à la saveur des conservateurs celui-là. Mais encore, n’oublions pas les prisons, les impôts baissés au maximum pour les grandes entreprises et la facilitation pour les minières et les pétrolières, du pillage de nos richesses naturelles…, et j’en passe.

Les conservateurs ne peuvent plus se cacher derrière un masque, ils ne peuvent plus se prétendre le parti du p’tit peuple, le parti des régions, ni le parti de l’économie, puisque ce n’est visiblement pas ce qu’ils défendent dans les faits. Les conservateurs ont un autre agenda, que celui de servir ceux et celles qui les ont élus. Ils ont décidé de porter l’étendard patronal au parlement, comme d’autres portent le carré rouge dans la rue. Ce sont les champions de l’interventionnisme économique et ils se tiennent très loin de leurs promesses en ce sens, que les conservateurs veulent le moins d’État possible. Tout compte fait, ce n’est pas l’État que les conservateurs détestent, mais bel et bien le peuple auquel il était destiné et pour lequel et par lequel, il a été créé. Les conservateurs détestent les syndicats également, soit des associations populaires, issues du peuple, elles aussi. Les conservateurs détestent les mouvements sociaux, sauf quand ils appellent au retour à la peine de mort et à la condamnation de l’avortement, ce qui ne les empêche pas de larguer des bombes sur les femmes enceintes, des pays où le peuple tient véritablement l’État.

Le masque

Bref, les conservateurs portent un masque. Celui de la «démocratie», celui de l’«économie» et celui de la dignité humaine. Mais il n’en est rien. Là où les Humains quémandent, les conservateurs balaient de leur inconscience, de leur insouciance et de leur indifférence, surtout. Les conservateurs se fichent du peuple, comme ils se fichent d’être incohérents, avec leurs beaux discours sur les droits humains, alors qu’en même temps, ils collaborent avec des dictatures, sinon, en installent de nouvelles avec leurs alliés de l’OTAN.

Le courant libertarien devra attendre un autre poulain, pour voir ses rêves se réaliser. Stephen Harper n’a que faire, de leurs principes utopiques. Sinon, c’est que leur utopie risque de se confronter à la réalité capitaliste, laquelle n’a pas besoin d’État pour converger les intérêts de la minorité parasitaire bourgeoise, contrairement à ce que prétendent ces hurluberlus d’une autre époque.

La population dépasse le cynisme. Jean Charest répond par l’État policier.

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 16 mai 2012

Terrorisme au Québec?

Depuis le début de ces injonctions, imposant aux étudiants en grève, la libération des accès aux établissements d’éducation, la plupart n’ont pas été respectées. Et pour cause. Ces injonctions ne respectent elles-mêmes pas le sort des votes étudiants dans leurs fédérations respectives. Comment est-il possible que les injonctions soient reconduites par les juges, alors qu’on reconduit de l’autre côté, le vote en faveur de la grève étudiante majoritairement?

D’autre part, l’accessibilité aux études supérieures, davantage limitée sous le principe de l’utilisateur payeur, n’est-elle pas le sujet préféré des marxistes, des communistes, des socialistes, des anarchistes et des anticapitalistes de toutes sortes? Pourtant, très sincèrement et sérieusement, le ministre des finances du gouvernement de Jean Charest, Raymond Bachand, les a sommés de se mêler de ce qui les regardait. C’est ironiquement ce même ministre, qui nous a imposé une taxe sur la santé, la même pour toutes et tous, qu’importe le revenu de chacun, chacune.

Par ailleurs, les 4 présumés «invitants à la crainte d’un attentat terroriste» du métro de Montréal, seront accusés de ce que nos chefs d’État ne risquent pas de porter comme blâme. Et pourtant, le gouvernement de Stephen Harper a peut-être lui-même, avec ses alliés états-uniens, financé les rebelles Syriens, qui  sont tout sauf Syriens, pour qu’ils commettent des attentats terroristes contre le régime de Bachar el Assad et les innocentes victimes de ces actes barbares. Il a également ordonné aux forces aériennes canadiennes, le bombardement massif des forces de Kadhafi, en Libye, à l’aide de bombes à uranium appauvri… Il y a de fortes chances pour que des femmes enceintes, et leur fœtus, se soient trouvées sur la trajectoire de ces armes de destruction massives. Où étaient les défenseurs de la vie, ce jour là? Pas à Ottawa en tout cas…

Ah, cette violence!

«Il faut condamner la violence», disaient nos amis libéraux et leurs collègues de l’Assemblée nationale… Mais nul d’entre eux, sauf Amir Khadir, ne s’est outré de la venue sur notre sol québécois, de ce tueur de masse, nommé George Walker Bush Jr. D’ailleurs, le lancer de chaussures d’Amir sur l’effigie du terroriste aura permis à Richard Martineau d’en vivre au moins pendant 2 ans, puisqu’il a surfé sur cette «fausse nouvelle» pendant ce temps, ajoutant démagogie sur démagogie, au ridicule de sa plume!

Jean Charest parait-il, s’apprêterait à promulguer une loi spéciale, forçant le respect absolu des injonctions. Jean Charest parie-t-il la cohésion sociale, pour éviter de perdre la face devant la contestation nationale? Qu’importe, avec la mise en place de son État policier, il risque plutôt je crois, de se tirer dans les pieds, il en a pris l’habitude durant cette crise. Les contradictions se succèdent suffisamment  dans notre système économique, pour qu’elles apparaissent  au grand jour et qu’elles dérèglent la cohésion sociale établie, qui n’était en réalité qu’une conciliation de classe, mal ficelée, où les repoussants de l’ignorance collective étaient limités de parole.

Maintenant que le débat est ouvert, allez-vous laisser les défenseurs de cet ordre établi le refermer? Ils vont tenter de le refermer, allez-vous les laisser faire? Et demandez-vous donc, tant qu’à y être, si ce gouvernement est encore légitime, avec toutes ces allégations douteuses qui handicapent sa crédibilité…

Ouganda : les objectifs inavoués de la campagne « Kony 2012 » par F. William Engdahl

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 4 mai 2012
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Même si peu de gens s’opposeraient à l’idée de mettre l’ougandais condamné pour crimes de guerre Joseph Kony en prison, les motivations et le timing de la campagne vidéo virale lancée par l’ONG Invisible Children sont moins clairs. Celle-ci brouille la frontière existant entre œuvre humanitaire et instrumentalisation politique en prônant l’intervention militaire humanitaire. Ainsi pour William Engdahl, la campagne « Kony2012 » est avant tout une opération de propagande destinée à promouvoir la présence militaire de l’AFRICOM dans la région du monde la plus riche en minéraux avant que la Chine ne puisse s’y installer. Le combat pour l’Afrique ne fait que commencer.
Joseph Kony.

Selon son site Internet, l’ONG américaine Invisible Children prétend avoir comptabilisé plus de 80 million de visionnage de sa vidéo YouTube « Kony2012 » depuis sa sortie il y a quelques semaines. Pour qui a réussi à trouver la patience de regarder cette vidéo jusqu’au bout, ce chiffre d’une audience 80 million suscite des interrogations quant à sa véracité. Quatre-vingts millions, c’est un taux d’audience sans précédent dans l’histoire de YouTube.

La vidéo met en scène des personnalités Hollywoodiennes dont Angelina Jolie, George Clooney, Lady GaGa, Bill Gates, Bill Clinton, Sean « Puff Daddy » Combs et d’autres célébrités. Il s’agit d’une narration habile et sentimentale mise en scène par Jason Russell, un cinéaste américain de 33 ans actuellement hospitalisé, ayant subi une étrange déconnexion mentale dans les rues de San Diego [1]. La vidéo publiée sur YouTube met en scène un jeune ougandais, Jacob Acaye, que Russell prétend avoir pris sous son aile il y a une dizaine d’années après qu’Acaye aurait échappé à sa conscription forcée comme enfant-soldat dans l’armée de Joseph Kony, la Lord’s Resistance Army (LRA) à l’âge de 11 ans. Le film dépeint Kony comme étant le monstre et le terroriste le plus infâme du monde – rien de moins qu’un Osama ben Laden africain [2].

L’ONG Invisible Children est elle-même on ne peut plus opaque. Elle récolterait des millions provenant de ventes de badges et de t-shirts, de bracelets et d’affiches vendus entre 30$ et 250$ ; mais elle manque de transparence en ce qui concerne ses autres donateurs ou mécènes. Le groupe, qui emploie une centaine de personnes, pourrait récolter des millions de dollars à travers cette vidéo « Kony2012 », mais pour l’instant refuse de communiquer le montant des dons ou la manière dont ces fonds seront dépensés.

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Les fondateurs d’Invisible Children – Bobby Bailey, Laren Poole, et Jason Russell – au côtés de membres de l’Armée Populaire de Libération du Soudan (APLS).

Les fondateurs du groupe, qui appellent à un intervention militaire directe des États-Unis contre la LRA, avaient été critiqués précédemment pour avoir posé en 2008, l’arme à la main, avec des membres de l’Armée Populaire de Libération du Soudan (APLS), organisation souvent accusée de viols et de pillages. Le groupe a répondu aux critiques avec ce commentaire : « On trouvait que ce serait marrant de ramener une sorte de photo potache à nos amis et nos familles. Vous savez, du genre « Hi hi – ils ont des bazookas à la main mais tout le monde sait qu’ils se battent pour la paix »  [3]. Hi hi…

Selon le Guardian de Londres, les comptes d’Invisible Children « montrent qu’il s’agit d’une opération à grosse trésorerie, dont les revenus ont plus que triplé en 2011 » pour atteindre près de 9 millions de dollars, provenant principalement de dons individuels. Sur ces sommes, près de 25 % ont été dépensées en voyages et dans la production de films. La plus grande partie de l’argent récolté a été dépensé aux USA – et non pas pour les enfants d’Afrique, qu’il soient invisibles ou visibles… Selon les informations obtenues par le Guardian, « les comptes montrent que 1,7 million$ ont été versés à des salariés aux USA, 850 000$ pour des coûts de production de films, 244 000$ pour des « services professionnels » – vraisemblablement à des lobbyistes à Washington – et 1,07 million$ en frais de voyage. Près de 400 000$ ont été dépensés en frais de location de bureaux à San Diego.  » Charity Navigator, une agence américaine d’évaluation d’organisations de bienfaisance, n’a accordé à l’organisation que deux étoiles pour sa « responsabilité et transparence ». [4] L’USAID, l’agence du Département d’État (Ministère de Affaires Etrangères) étasunien qui coordonne ses interventions à l’étranger avec le Pentagone et la CIA, avoue ouvertement sur son site Internet avoir financé Invisible Children Inc. dans le passé [5].

Mais l’aspect le plus bizarre de l’affaire « Kony2012 » est le fait que Joseph Kony lui-même aurait soit quitté l’Ouganda en prenant la fuite, ou aurait été tué en tentant de fuir il y a plus de six ans. On dit qu’il se serait réfugié dans les régions sauvages du Congo ou de Centrafrique, et en cela il constitue un pendant parfait à l’insaisissable Osama ben Laden, servant de justification à des opérations militaires à travers les riches régions de Centrafrique entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud, la République centrafricaine et au-delà [6]. Et comme dans le cas de Joseph Kony, selon des sources fiables Osama ben Laden serait en fait mort en Afghanistan des années avant son meurtre supposé aux mains d’un commando Navy Seals l’an passé. On aurait maintenu sa légende en vie afin de justifier l’expansion de le « guerre contre la Terreur » américaine ; il en va de même de la légende de Joseph Kony, propagée par Invisible Children Inc. à San Diego. La question n’est pas de savoir si Kony avait commis des exactions ; cela, nul ne le conteste. La question est de savoir si « Kony2012 » est en train d’être promu frauduleusement afin de justifier une intervention militaire américaine là ou aucune partie ne la souhaite.

Selon les dires d’un activiste étasunien des droits de l’homme en Ouganda interviewé récemment, « La campagne de Invisible Children est un prétexte adopté volontiers par le gouvernement US pour aider à justifier l’expansion de sa présence militaire en Centrafrique. Les gens d’Invisible Children sont des « idiots utiles » utilisés par ceux au sein du gouvernement des États-Unis qui veulent militariser l’Afrique, y envoyer de plus en plus d’armes et d’aide militaire, et conforter le pouvoir dans les états alliés des US. La chasse à Joseph Kony est une excuse parfaite pour une telle stratégie – il est rare pour le gouvernement des USA de trouver des millions de jeunes Américains qui réclament une intervention militaire dans un endroit riche en pétrole et d’autres ressources » [7].

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La vidéo « Kony2012 » aurait encouragé le Congrès américain à réclamer l’envoi de troupes américaines non seulement en Ouganda, mais dans toute la région de Centrafrique prétendument terrorisée par l’insaisissable Kony et son armée d’enfants-guerriers. Le Démocrate Jim McGovern de Massachusetts et le Républicain Ed Royce viennent de déposer un projet de loi au Congrès qui appelle l’AFRICOM (Africa Command) du Pentagone à procéder à un « accroissement du nombre de forces régionales en Afrique pour protéger les civils et imposer des restrictions sur les individus ou gouvernements qui soutiennent Kony » [8]. L’an dernier, avant la publication « virale » sur YouTube de « Kony2012 », McGovern et Royce ont également sponsorisé « The Lord’s Resistance Army Disarmament and Northern Uganda Recovery Act. » L’attention prêtée à YouTube par les médias renforce leur argument en faveur d’une intervention militaire. Après tout, il s’agit d’intervention « humanitaire » ; il s’agit d’enfants…

Même le très politiquement correct Washington Post a pris une attitude critique : «  La campagne virale pour la capture de Kony par l’association à but non lucratif Invisible Children s’est limité surtout aux USA. Selon les Ougandais, la LRA n’est plus active depuis des années.  » [9].

Le président Obama a déjà envoyé 100 soldats d’élite en Centrafrique pour servir de « conseillers » dans l’effort de capturer Kony. La ressemblance avec la situation au Viêt Nam au début des années 1960 n’est pas fortuite. Il s’agit aujourd’hui d’un prélude à une militarisation massive par le Pentagone de toute la région centrafricaine, après la destruction de l’ordre en Libye par l’OTAN et le chaos en Égypte et dans d’autres états islamiques ciblés par le « printemps Arabe » du département d’État des USA – qui depuis son début a pris plutôt des allures de « cauchemar Arabe ».

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Jason Russell.

« Kony2012 » est produit donc par une ONG de San Diego apparemment bien financée et dirigée par Russell, appelée Invisible Children Inc. La vidéo pue la propagande du Département d’État, avec ses effets caméra et ses scènes répétées du petit garçon de Russell destinées à créer une certaine crédibilité. Rosebell Kagumire, journaliste ougandaise de renom, a réagi contre le fracas médiatique autour de la vidéo « Kony2012 », accusant l’association Invisible Children « d’utiliser des vieilles séquences pour créer l’hystérie » [10]. Et Kagumire d’ajouter : « Est-ce une question de dollars, ou d’une fausse croyance selon laquelle si l’on ne sensibilise pas les Américains nous ne verrons aucune solution ?… Les négociations de paix de Juba en 2006-2008, qui ont rendu la stabilité et ouvert la voie à une fin des enlèvements en Ouganda de nord, ne sont pas une invention des Américains. C’est la société civile locale et des acteurs de paix comme les Acholi Religious Leaders Peace Initiatives (ARLPI) qui ont poussé à une solution négociée. En fait, à partir du moment où l’Amérique s’y est mêlée, nous avons eu droit a « Operation Lightning Thunder » – une opération militaire dont les effets ont été désastreux puisque le LRA a échappé aux attaques aériennes et s’est dispersée en République Démocratique du Congo et en République centrafricaine, où elle continue de commettre des exactions pour se venger » [11].

Le tollé autour de Joseph Kony a tout l’air d’être une opération qui s’inscrit dans une campagne majeure d’AFRICOM et du Département d’État visant spécifiquement à saper l’influence chinoise en Afrique centrale, après avoir réussi à forcer les compagnies pétrolières chinoises à quitter la Libye et à créer une nouvelle « république » du Soudan du Sud, où se trouve une grande part du pétrole nécessaire à faire tourner l’économie de la Chine. Cette scission du Soudan du Sud et de son pétrole, pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire de près, était la conséquence de l’envoi des forces spéciales des USA et de l’OTAN pour « stopper le génocide » au Darfour. George Clooney avait déjà servi d’égérie pour l’action au Darfour.

Il y a de bonnes raisons derrière cet intérêt apparemment soudain du Pentagone et des ONG politisées pour l’action en Centrafrique. Tant que le monde l’a largement ignoré, la politique de Washington consistait à permettre à des institutions comme le FMI de saigner des pays comme le Congo et aux compagnies minières occidentales d’extraire la richesse minérale en centuplant les bénéfices. Il y a quelques années, tout cela a commencé à changer quand la Chine a tourné les yeux vers l’Afrique, et particulièrement vers la vallée du Grand Rift.

La région en question, selon les réalisateurs de « Kony2012 », comprend non seulement l’Ouganda, où un vaste champ de pétrole a été découvert récemment, mais aussi des terrains miniers parmi les plus riches de la planète – y compris en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et dans la république soutenue par les États-Unis au Soudan du Sud. La région se situe dans cet extraordinaire conjoncture géographique appelée vallée du Grand Rift (Great Rift Belt), qui s’étend au nord depuis la Syrie à travers le Soudan, l’Erythrée et la Mer Rouge pour pénétrer profondément dans le sud de l’Afrique en traversant l’Est du Congo, l’Ouganda, le Kenya, l’Éthiopie, la Somalie et jusqu’au Mozambique.

Ce que les géologues appellent le Système du rift d’Afrique de l’est (East African Rift System) est « l’un des merveilles géologiques du monde » et en termes de prospection l’un des plus riches trésors qui soient en minéraux souterrains, ainsi que de vastes réserves inexploitées de pétrole et de gaz [12].

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La ligne rouge sur la carte montre les failles est et ouest de la vallée du Grand Rift, qui parcourt 7 200 kilomètres à partir du sud de l’Afrique, sous la Mer Rouge, et jusqu’en Syrie et en Asie du sud-ouest. Cet élément géologique est si immense qu’il est clairement visible aux astronautes depuis la Lune et les navettes spatiales.

Depuis la découverte par une compagnie pétrolière britannique Tullow Oil, d’un gisement estimé à 2 milliards de barils de pétrole en Ouganda en 2009, l’importance géopolitique de la région centrafricaine tout entière a soudainement évolué. CNOOC Ltd., la plus importante compagnie chinoise d’exploration de pétrole offshore, a crée une joint-venture avec Tullow Oil pour développer trois champs pétroliers dans le bassin du lac Albert en Ouganda [13].

Selon les géologues, « L’East African Rift pourrait être l’un des derniers grands gisements de pétrole et de gaz naturel de la Terre. » Dans un récent article, l’hebdomadaire étasunien Time a signalé que «  des tests sismiques ces 50 dernières années ont démontré que les pays de la côte d’Afrique de l’est possèdent du gaz naturel en abondance. Les données préliminaires collectées par des consultants suggèrent également la présence de gisements massifs de pétrole au large des côtes » [14].

Cette région d’Afrique centrale et de l’est est considérée comme étant l’une des régions inexplorées les plus prometteuses au monde en matière d’hydrocarbures – pétrole et gaz. En 2010 la compagnie pétrolière texane Anadarko Petroleum a découvert un immense réservoir de gaz naturel au large du Mozambique. Selon les estimations, la Somalie recèlerait peut-être 10 milliards de barils de pétrole inexploités. [15] Les troubles politiques chroniques de la région et les tensions entretenues par l’AFRICOM – qui arrangent les majors pétrolières occidentales qui cherchent à maintenir des prix du pétrole ridiculement élevés en contrôlant l’offre – font obstacle au développement de ce pétrole. Tandis que l’Afrique de l’ouest et le Maghreb ont connu des dizaines de milliers de forages pétroliers pendant les dernières décennies, l’Afrique de l’est et l’Afrique centrale, y compris le Darfour et le sud Soudan, le Tchad et la République centrafricaine, sont quasiment terra incognita en termes de forage.

Tout ceci va à l’encontre du débat populaire autour du « Pic pétrolier ». Loin d’épuiser les ressources de pétrole et de gaz de Terre, les compagnies pétrolières – partout, de l’est de la Méditerranée aux côtes du Brésil et au Golfe du Mexique, et maintenant dans la vallée du Grand Rift en Afrique orientale et centrale – découvrent presque quotidiennement d’énormes réserves potentielles. Comme le dit l’économiste pétrolier Peter Odell, on n’est pas à court de pétrole, mais… « à long ».

Le pétrole est une des industries les plus politisées de la planète, et chez les quatre géants pétroliers anglo-américains il règne un niveau de secret à côté duquel la CIA et MI6 font figure d’amateurs. Depuis la publication en 1956 par le géologue du pétrole de chez Shell, King Hubbert, de sa thèse non prouvée [16] selon laquelle les champs de pétrole s’épuisent selon une courbe de Gauss, l’industrie pétrolière entretient le mythe d’une menace de pénurie pétrolière. Ce qui sert évidemment leur objectif de maintenir leur emprise sur la source énergétique principale de l’économie mondiale… Le pétrole et le contrôle du pétrole est la base géopolitique du projet post-1945 de « siècle américain ».

La Chine change la donne géopolitique africaine

Tant que l’Afrique demeurait le « Continent oublié » en termes d’exploration indépendante pour le pétrole et le gaz, la politique de Washington consistait à l’ignorer. Comme l’a dit récemment l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, « Libérés de l’obligation d’assurer l’allégeance de l’Afrique indépendante dans le contexte de la lutte globale antisoviétique, les États-Unis avaient trouvé que l’Afrique n’avait par ailleurs aucune importance dans le contexte de ses intérêts stratégiques globaux » [17].

Mais, avait signalé Mbeki, en 2007 tout cela avait commencé à changer avec le début des incursions économiques et diplomatiques de la Chine un peu partout en Afrique : « La concurrence internationale pour l’accès au pétrole et aux autres ressources naturelles de l’Afrique augmentait, y compris de la part de la Chine. La Chine était devenu un formidable compétiteur pour l’influence et pour les contrats lucratifs sur le Continent » [18].

Mais la vision de Washington de la « globalisation » du système économique mondial n’admet pas que quiconque s’écarte de la partition musicale imposée… par Washington. Hillary Clinton s’est exprimée de façon relativement claire : « Si des gens choisissent un chemin différent, vous devez employer tous les outils de persuasion pour essayer de les convaincre du fait que le chemin que vous souhaitez suivre est également celui qui est dans leur intérêt » [19]. George W. Bush, lui, l’avait exprimé de manière plus succincte : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ».

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La troisième réunion ministérielle du Forum de la coopération Chine-Afrique (FOCAC), Beijing, le 3 novembre 2006.
(Photo Xinhua)

Depuis l’invitation à Beijing de plus de 40 chefs d’état africains en 2006 par la Chine, suivi de visites d’état dans toute l’Afrique au plus haut niveau – qui ont vu la signature par les compagnies pétrolières et industrielles chinoises de contrats se chiffrant à des milliards avec cette Afrique « oubliée » – Washington a soudain remarqué qu’il se passait quelque chose. En 2008 le président Bush a autorisé pour la première fois au Pentagone la création d’un commandement unique, AFRICOM, pour le continent africain [20]. Comme la remarqué Daniel Volman, directeur de l’African Security Research Project a Washington : « un certain nombre de développements – et en particulier l’importance croissante de ce continent comme source d’énergie et d’autres matières premières – a changé radicalement la donne. Ils ont conduit à une implication économique et militaire grandissante de la Chine, de l’Inde et d’autres puissances industrielles émergentes en Afrique et à la ré-émergence de la Russie comme puissance économique et militaire sur le continent. En réponse les États-Unis ont augmenté dramatiquement leur présence militaire en Afrique et créé un nouveau commandement militaire – l’Africa Command ou AFRICOM – afin de protéger ce qu’ils ont défini comme étant leurs « intérêts stratégiques nationaux » en Afrique. Ceci a provoqué ce qui est désormais appelé couramment la « nouvelle ruée vers l’Afrique » et est en passe de transformer l’architecture sécuritaire de celle-ci » [21].

Dès 2012 la Chine était devenue le deuxième investisseur étranger en Ouganda après la Grande-Bretagne. Le pays est l’investisseur majeur dans les ressources pétrolières du Soudan du Sud. En juillet 2007, la compagnie pétrolière chinoise CNOOC a signé un accord avec le gouvernement somalien pour la prospection pétrolière dans la région de Mudug, dont certains estiment les réserves entre cinq et dix milliard de barils [22]. Parmi les investissements chinois dans cette partie de l’Afrique il y a également la joint-venture crée avec la Tullow Oil par la CNOOC en 2011 concernant les champs ougandais [23].

Ce qui est clair, c’est que « Kony2012 » n’est pas un documentaire mais une œuvre de propagande, instrumentalisée afin de promouvoir la cause d’une présence militaire de l’AFRICOM dans la région minéralière la plus riche au monde avant que la Chine, et peut-être l’Inde et la Russie, ne s’y installent. Cela rappelle les guerres de ressources coloniales du 19ème siècle ; la seule différence étant l’existence d’Internet et de YouTube, qui permettent de de diffuser sa propagande à la vitesse de la lumière.

F. William Engdahl

Traduction
Snake Arbusto

 

Source: Voltaire: http://www.voltairenet.org/Ouganda-les-objectifs-inavoues-de

 

La CLASSE cautionne la violence? Ah ouais?

Publié dans Uncategorized par sylvainguillemette le 17 avril 2012

Ah misère! Ah malheur! Ces étudiants détestables de la CLASSE, refusent de condamner la violence et le vandalisme! Qu’on leur interdise l’accès aux cercles-citoyen! Ne lésons pas sur les mots!

Ridicule! Demande-t-on  à la ministre de l’éducation, ou à son frisé de patron de condamner le terrorisme d’État international, d’anciens chefs d’État venant ici pour faire leurs conférences calomnieuses, en toute impunité internationale et nationale? Quand George Walker Bush Jr  est venu faire sa conférence au palais des congrès, à Montréal, il ne me semble pas avoir perçu de critique de la part de nos chefs d’État locaux et il est très probable que la réponse du gouvernement Charest à cette critique serait semblable à celle des étudiants de la CLASSE : «NOUS N’AVONS PAS LE MANDAT DE CRITIQUER LES CHEFS D’ÉTAT DU MONDE ENTIER.»

Nous pourrions développer le même argumentaire sur les agissements belliqueux de l’État d’Israël, que le gouvernement québécois ne condamne pas non plus, parce que ce n’est pas son mandat. Pourtant, Netanyahu est bel et bien responsable de tueries barbares et peut, en toute impunité, fouler le sol canadien. Cela ne perturbe aucunement nos amis du gouvernement Charest, qui n’y voit que des opportunités d’affaires après tout. Vive le libéralisme.

Que de double-mesure et d’hypocrisie! Le gouvernement Charest ne cherche que la division et la confrontation, afin de mieux régner sur la totalité des étudiants. La réalité, c’est que la violence, quand elle est exercée par le gouvernement, à l’endroit des étudiants ou à l’endroit des manifestants de tous genres, ça ne dérange pas le moins du monde notre premier ministre Jean Charest. Quand nous prenons des coups de matraque, du poivre de Cayenne plein la gueule et le mépris des policiers casqués, barricadés derrière leur armure de fibre de verre et leur «air de bœuf», Charest n’a que faire des appels au calme des manifestants. C’est de la pure hypocrisie.

Elle est là, la réalité. La CLASSE exige l’impossible et ne perd plus de temps à quémander les miettes, Jean Charest le sait. En réalité, nous n’assistons pas au recul du mouvement étudiant, ni à son apogée ou à son impasse, comme le prétendent les «Marrisal»  et cie de la brochette de spécialistes du réseau national cadenassé (Radio-Canada). Au contraire, la CLASSE a mis le doigt sur le bobo et son argumentaire pour refuser la hausse des frais de scolarité paraît sans faille, cela déplaît au gouvernement habitué de gouverner par démagogie, sans entrave aucune.  Ce dernier tente donc de pousser dans un coin, les plus militants des grévistes, afin de les faire passer pour des «radicaux».

Il s’agit d’autre part, d’une mesure antidémocratique indéniable. Exclure d’un groupe de discussion, une part majoritaire de ce groupe, sous prétexte que ce groupe n’agit pas tel que le dicte le «président de l’Assemblée», ça n’a rien d’une démocratie, sinon tout d’une démocratie de «république de bananes».

Par ailleurs, la logique libérale n’a aucun sens, ou du moins, le sens qu’elle porte dérangera l’auteur de cette rhétorique. Les libéraux de Jean Charest accusent la CLASSE de cautionner les actes de vandalisme et de violence, sous prétexte que la CLASSE ne condamne pas directement les actes. Or, le gouvernement Charest ne condamne pas les actes terroristes et belliqueux de certains chefs d’État qui foulent son sol, le gouvernement Charest cautionne donc ce terrorisme d’État, visiblement.

Si c’est bon pour minou, ça l’est pour pitou. La CLASSE n’a pas à condamner, ce qui l’est déjà, de par le fait qu’elle précise bel et bien qu’elle n’encourage pas ces gestes et qu’elle ne les cautionne pas, sans aller jusqu’à la condamnation. La CLASSE devrait rendre la pareille au gouvernement et le questionner sur le terrorisme d’État de ses partenaires économiques, voire lui demander s’il ne cautionne pas ces actes…

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